Greville, Manche, arr. de Cherbourg, cant. de Beaumont
3. C'est en 1 3 20 que Philippe le Long, pour augmenter les revenus des trésoriers et chanoines de la Sainte Chapelle, obtint du pape Jean XXII Tunion des cures de Lithaire, Aubigny et Greville à leur pro6t. Le droit de patronage de ces cures fut donné au trésorier et aux chanoines de la Sainte Chapelle par lettres de Charles le Bel, du mois d'avril i322, confirmées la même année par le pape. (Morand, Histoire de la Sainte Chapelle, p. 119. Voy. aussi, sur les possessions de la Sainte Chapelle dans ces paroisses, ûelisle, Notice sur les biens de la Sainte Chapelle en Normandie dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, t. XVII, p. 297.)
DU RàONB DB PHIUPPB Yt DB TALOIS. 253
Donné à Lyon le jour de Pasques, l'an de grâce mil CGC trente et six.
Par le roy. Barrière.
i336, avril. Lyon.
Philippe VI autorise les chapelains et chanoines de la Sainte Chapelle à convertir en achat de rentes la somme qu'ils retireront de la vente âdte à PéTéque de Coutances des droits et revenus qu'ils percevaient sur les ^ises d'Aubigny et de Greville.
(JJ. 69, n* 3o8.)
Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir faisons à touz presenz et avenir, que nous avons veu noz lettres seellés en laz de soie et en cire vert, de[s]quelies la teneur est telle.
Philippe, par la grâce de Dieu roys de France*, etc..
Nous qui touz jours desirrons Faccroissement du service Nostre- Seigneur, mesmement en nostre chapelle royal dessusdite, en laquelle sont gardées et honourés la sainte couronne d'espines dont nostre Sauveur Jhesu-Crist fu couronnez et porta sur son saint chief le jour de sa glorieuse passion, et grant partie de la vraie croiz en laquelle il fu crucefîez, et moult d'autres précieuses et glorieuses reliques; en honneur et révérence de nostredit Sauveur et pour le salut de nostre âme, nous avons ottroié et ottroions de grâce especial à noz chapellains dessusdiz que des deniers que il auront de la vente dessusdite, il puissent convertir en achat de rentes et ycelles acquerre ensemble ou par parties en noz censives et alleus, ou de noz subgez, et en autres choses sanz fié et sanz justice, jusques à telle somme et quantité de terre ou de rentes annuelles et perpétuelles, comme il pourront avoir et acquerre de la somme d'argent dessusdite, en accroissement de leurs prouvendes et du service divin, et que ladite terre ou rente ainsi acquises, il et leurs successeurs tiengnent et puissent tenir paisiblement et perpetuelment sanz ce que il soient ou puissent estre contrainz à les vendre ou mettre hors de leur main, et sanz paier finance quelle que elle soit à nous ne à noz successeurs, laquelle finance tele comme elle en pourroit estre deue, nous avons quitté et quittons de nostredite grâce à nozdiz chapellains. Et que ce soit ferme et estable, etc..
Donné à Lyon sur le Rone, Tan de grâce mil CGC trente-six, ou mois d'avril.
Par le roy. Barrière.
I. Suivent les lettres précédentes (n* CLX) datées de Lyon le 3i mars i336. (JJ. 69, n* 307.)
254 DOCUMBNTS PARISIENS
i336, mai. Bois de ViDcennes.
Philippe Vly à la requête de Guillaume Ami, prévôt des marchands, et d'Adam des Essars, bourgeois de Paris, gendres de Jean Petit, drapier, amortit 20 1. p. de rentes assises sur plusieurs maisons de Paris, que ce dernier et Jeanne sa femme ont destinées à la fondation d'une chapelle en rhdtel des Aveugles à Paris.
(JJ. 69, n» 3i3.)
Philippe^ par la grâce de Dieu roys de France, savoir faisons â toux presenz et avenir que, comme feu Jehan Petit et Jehanne sa famé, jadiz drapiers et bourgois de Paris, trespassés de cest siècle, eussent fait édifier en Tostel des povres avugles de Paris fondez par Monseigneur saint Loys, une chapelle en Tonneur de Dieu et de sa glorieuse mère et de saint Jaques Tapostre^ et eussent ordené en leur derraines volentés que ladite chapelle feust douée de vint livres parisis de rente perpétuelle chascun an, et Guillaume Ami ', prevost ad présent des marcheanz, et Adam des Essars, bourgois de Paris, mariz de Eudeline et Jehanne, jadiz filles desdiz Jehan le Petit et Jehanne sa famé, soient tenuz pour cause de leursdites famés â asseoir et assigner ladite rente pour le douement de ladite chapelle, laquelle est et sera touzjours maiz de nostre coUacion et de noz successeurs roys de France ; et pour accomplir la volenté desdiz mariez trespassez, les devantdiz Guillaume et Adam aient baillé et assigné ou veulent bailler et assigner à ladite chapelle et pour le douement perpétuel d'ycelie les rentes qui s'ensuivent; c'est assavoir : dix livres dix soulz parisis sur la meson Jehan de Cent Noiz, séant en la Tonnelerie à Paris ; et sis livres cinq soulz parisis sur deux estaus es hautes halles aus merciers, qui sont a présent Raoul et Pierre diz les Charrons; et quarante soulz parisis sur la meson Mannetela Poissonnière assise â la porte Baudoier; et vint soulz parisis sur la meson Raoul de Mande ville, assise en la rue aus Prescheurs', et il nous aient supplié
1. La fondation de cet autel remonterait à l'année i3o7 environ. (Voy. Léon Le Grand, les Quinje-Vingts depuis leur fondation jusqu'à leur translation au faubourg Saint-Antoine^ publié dans les Mémoires de la Société de P Histoire de Paris, t. XIII, p. 216, note 9.)
2. Guillaume Ami, prévôt des marchands, n*est pas indiqué par Leroux de Lincy dans les listes des prévôts des marchands et échevins qu'il donne à la page 2o3 de la deuxième partie de son Histoire de l'Hôtel de Ville de Paris,
3. La rue des Prêcheurs» qui existe encore, va de la rue SainUDenis i la rue Pierre-Lescot.
DU RàONS DE PHILIPPE Yï DB TALOIS. a55
que lesdites rentes vousissions amortir pour ladite chapelle. Noos, pour le salu de nostre ame, enclinaxu; à leurdîte supplicacion, avons ottroié et ottroions de grftce especial que ycelles rentes il puissent transporter en ladite chapelle pour le doement d'ycelle, et que le chapellàin qui est et pour le temps avenir [sera] estabii à la deservir, lesdites rentes puisse tenir en nom et pour cause de ladite chapelle perpetuelment et paisiblement, sanz estre contraint à les vendre ou mettre hors de sa main et sans en paier jamaix aucune finance. Et que ce soit ferme et estable à touz jours, etc..
Donné au Bois de Vincennes, l'an de gràce mil CGC trente et six, au mois de may.
Par le roy.
Barrière.
i336, mai. Paris.
Philippe VI amortit 12 L p. de rente à prendre sur une maison de Paris, destinées par Aubert Belot à fonder une chapelle en Téglise Saint-Gervais, et abandonne en sa ftiveur la d. p. de cens qu'il prenait sur cette maison.
(JJ. 70, n« 10.)
Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir faisons â touz presens et avenir, que comme nostre amé Aubert Belot, aiant en propos de fonder une chapelle ou autel en Teglise Saint-Gervais de Paris ou ailleurs, en lieu convenable, pour acroistre le service divin, pensant pour le salut de s'ame et des âmes de ses bienfaiteurs, et de douer ycelle chapelle ou autel et assigner au prestre qui perpetuelment célébrera illec le divin service, selon Tordenance dudit Aubert, de douze livres parisis de rente à prenre, parcevoir et avoir chascun an perpetuelment par ledit prestre sus une maison assise à Paris au dessouz de Saint-Gervais, qui fù jadis Baudouin Tiroust de Laon, et est appellée la maison à l'Ours et au Lion, tenant d'un costé à la mai« son aus hoirs feu Guillaume SoufBot et d'autre costé à la maison Jaquet Tiger, et aboutist par derieres à la maison Jehan de Pacy et par devant, sus la rue en alant en Grève; laquelle maison est à présent audit Aubert et en laquelle nous avons et prenons chascun an douze deniers parisis de cens ou de rente de fons de terre, au terme de la Saint-Remy, si comme il dit; nous ait humblement supplié, que de nostre grâce especial, nous 11 voussissiens ottroier licence et auctorité, et en oultre ampller nostre grâce à faire les choses dessus* dictes. Nous, voulans, et de tout nostre courage desirans le divin ser* vice estre acreuz, approuvans le leable propos dudit Aubert, encli* nans à sa supplicacion dessusdicte, pour ce que nous, nostre chère
compaigne la royne et noz successeurs puissiens estre participans ou divin service dessusdit, avons quitté, remis et donné, quittons, remettons et donnons perpetuelment audit Aubert les douze deniers de cenz ou de rente dessusdiz, et avec ce, li avons ottroié et ottroions de grâce especial, de certeine science et de nostre auctonté royal et plaine poissance, par ces lettres, que il, sus ladicte maison, puisse douer, bailler et assigner douze livres de rente perpétuel à prenre, parcevoir et avoir chascun an perpetuelment ou temps avenir par le prestre qui deservira à ladicte chapellenie ou autel, aus termes qu'il establira à ce, et que li diz prestres, perpetuelment, ycelles douz[e] livres, chascun an, ait et puisse avoir, louer, recevoir et parcevoir ausdiz termes et tenir en sa main perpetuelment, comme chose assignée et rente d'église, sanz estre contrainz de les vendre ne de mettre hors de sadicte main et sanz paier à nous ne à noz successeurs, ores ne ou temps avenir, finance ou redevance aucune. Et pour ce que ce soit ferme et estable à touz jours, etc..
Ce fu fait à Paris, l'an de grâce mil CGC trente et six, ou moys de may.
Par le roy,. à la relacion de messires Jaques Rousselet et Maurice Chamaillart.
P. d'Aunoy.
t336, mai. Bois de Vincennes.
Philippe VI, à la requête des exécuteurs testamentaires de feu Dreue de la Charité, son clerc, amortit 20 1. p. de rente annuelle destinées à la fondation d'une chapellenie en i*église Notre-Dame de Paris.
(JJ. 70, n* 18.)
Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir faisons à touz presens et avenir que comme les exécuteurs du testament ou derreine volenté de feu maistre Dreue de la Cherité, jadis nostre clerc, aient ordené, si comme il dient, à fonder en Teglise de Nostre- Dame de Paris une cha{>ellenie, en laquelle sera célébré pour l'ame dudit feu maistre Dreue, laquelle chapellanie sera douée de vint livrées au parisis ou environ de rente annuel et perpétuel, de laquelle lesdiz exécuteurs ont ja acquis partie, et il nous aient supplié que lesdites vint livrées de rente nous voussissons amortir. Nous, considerans les bons services que il fit longuement et loialment à noz prédécesseurs roys de France, si comme nous a esté tesmoigné, avons ottroié et ottroions, de grâce especial et pour le salu de nostre ame, que lesdiz exécuteurs, lesdites vint livrées de rente acquises ou à acquerre senz fié et sens justice, puissent transporter en ladite chapellenie et ycelle
DU RàONE DB PHILIPPE VI DB VALOIS. 257
douer de ladite rente perpetuelment, et que le chapellain qui la
deservira pour le temps, ladite rente puisse tenir et tiegne à toux
jours mais paisiblement en nom et pour cause d'icelle chapelleniei
sanx ce que il soit constrainz à la vendre ou mettre hors de sa main
et sanz en paier aucune finance, laquelle nous acquitons de nostre-
dite grâce. Et que ce soit ferme et estable en touz temps, etc..
Donné au Boys de Vi[n]cennes, l'an degrftce mil CGC trente et six,
ou mois de may.
Par le roy.
CharroUes.
i336, juin.
Philippe VI, à la requête de Jean, seigneur de Harcourt, Ticomte de Châtellerault et exécuteur testamentaire de feu Gui de Harcourt, évéque de Lisieux, amortit 60 1. p. de rente destinées à fonder une maison pour l'entretien d'un certain nombre d'écoliers.
(JJ. 70, n* i6a.)
Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir disons à touz presenz et avenir que comme par nostre amé et féal chevalier, Jehan, seigneur de Harecourt et viscontc de Chastel Ayraut*, nous ait esté donné à entendre que nostre amé et féal feu Guiart de Harecourt, jadiz et derrenierement evesque de Lisieuz^, duquel ledit seigneur de Harecourt est hoir principal et exécuteur avec plusieurs autres en son testament ou derreniere volenté, ordena especialment et de certaine science pour le salu de s*âme et en augmentacion de rUniversité et estude de Paris, qui moult est profitable et neccessaire à l'exaltacion et sustentacion de la foi crestienne, instituer à perpétuité certain nombre d'escoliers en ladite estude de Paris, et pour yceus, édifier et fonder certaine meson ou hostel en nostredite ville de Paris, en laquelle ledit nombre d'escoliers puisse perpétuel-
1 . Jean IV de Harcourt, vicomte de Châtellerault. (Voy., sur ce personnage, de la Roque, Histoire généalogique de la maison de Harcourt, t. I, p. 3by à 370.)
2. Gui de Harcourt, fils de Jean I*' de Harcourt et d'Alix de Beaumont, devint évéque de Lisieux en i3o3 et mourut le 24 avril i336; c'est lui le fondateur du collège de Lisieux à Paris. (Voy. de la Roque, op, cit., t. II, p. 1761 à 1765, et t. IV, p. 1228 à 1234, et Gallia christiana, t. XI, col. 783.) — Sur le collège de Lisieux, dont l'emplacement est occupé aujourd'hui par la place du Panthéon, voy. le P. Chapotin, Une page de ^histoire du vieux Paris, le Collège de Dormans^Beauvais et la chapelle SainS-Jean-VÉvangéliste, Paris, Pedone-Lauriel, 1870, in-8*, p. 493 et suiv.
OOCUMBNTS XI I7
ment habiter et fiiire leur résidence, et ycelle meson douer perpetuelment de certaine quantité de rente à convertir à l'usage du vivre et neccessités dudit nombre d'escoliers, si comme nostredit chevalier afferme estre contenu plus plainement ou testament, ou derreniere volenté dessusdite; suppliant à nous humblement que ausdites fondacion et dotacion veilliens mettre nostre assentement et volenté. Nous adecertes, oye la supplicacion de nostredit chevalier le seigneur de Harecourt, consideranz le propos dudit evesque en ce estre louable et consonant aus euvres de miséricorde, pour contemplacion d'icelli seigneur de Harecourt et pour estre participanz es bienfaiz qui s'en pourront ensuivir, de grâce especial et de certaine science avons volu et ottroié, voulons et ottroions, par la teneur de ces présentes lettres, que des biens de Texecucion dudit evesque, ledit sires de Harecourt ou les autres exécuteurs et chascun d'eulz, puissent édifier et fonder en nostredite ville de Paris une meson ou hostel pour Tabitacion ou résidence perpetuele dudit nombre d'escoliers; et pour douer ycelle maison ou hostel, acquerre par titre d'achat ou autrement, à Tusage du vivre et neccessités desdiz escoliers, en quelconque lieu de nostre royaume que miex et plus profitablement leur semblera et trouver le pourront, sanz fié et sanz aucune justice, jusques à la somme de soixante livres parisis de rente perpetuele et annuelle, et que ycelle quantité ou somme de rente ainssi acquise, ledit nombre d'escoliers ainssi instituez en ladite meson ou hostel, selon Tordenance dudit testament ou derreniere volenté et leurs successeurs semblablement puissent tenir, posseir et en joir paisiblement comme perpétuel et propre héritage de ladite meson sanz estre contrainz à les delessier, mettre hors de leurs mains, ou â en paier à nous ou à aucun de noz successeurs aucune finance, laquelle finance, nous, pour nous et noz successeurs leur avons quitté et quittons par ces meismes lettres. Et que ce soit ferme chose et vaillable ou temps avenir, nous avons fait mettre nostre seel à cesdites lettres, sauf en autres choses nostre droit et en toutes Tautrui. Ce fu fiait l'an de grâce mil CGC XXXVI, ou mois de juing.
Par le roy. Barrière.
i336, juillet. Paris.
Lettres de Philippe VI, par lesquelles il lève la défense de veodre à Paris
d'autres a cendauz i que ceux qui étaient teints en graine, et permet à
tous marchands, de quelque pays qu'ils soient, d'apporter et de vendre à
Paris tous c cendaux » bons et loyaux, teints de toutes couleurs, de graines
comme d'autres >.
(JJ. 69, n* 36o.)
I. Publiées dans le Recueil des Ord. des rois de France^ t. XII, p. 33.
DU ftàONS DB PHIUPPB VI DB VALOIS. %5g
i336, juillet Gonflans«sur-Seine.
Philippe VI amortit, en foveur des frères de Fhôpital de la Charité Notre- Dame, une maison sise près de leur ^lise, que leur donna Jean Roussel et 52 sous de rente annuelle que leur laissa par testament Érart du Noir ^
(JJ. 69, n* 363.)
Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir faisons à touz presenz et avenir que comme les frères de l'ospital de la Charité- Nostre-Dame, demouranz à Paris', nous aient supplié que une meson séant emprés leur église, laquelle Jehan Roussel, bourgois de Paris, leur a donnée pour Dieu et en aumosne, nous leur vousissions admortir avecques cinquante deux soulz de rente annuelle et perpétuelle que Erart du Noir leur a lessiez en son testament pour paier les cens que ladite meson doit. Nous, enclinanz à la supplicacion desdiz frères, pour Teslargissement de leurdite église et lieu qui sont moult estroiz, de nostre grâce especial, leur ottroions que il puissent tenir ladite meson et les cinquante et deux soulz dessusdiz à perpétuité, paisiblement, sanz estre contrainz à les mettre hors de leurs mains et sanz paier pour ce à nous ou à noz successeurs aucune finance quelle que elle soit. Et pour ce que ceste chose soit ferme et estable à touz jours, etc..
1. L*original de cette pièce est dans le carton des Arch. nat., L. 929, n* 14. On y a joint Tacte passé les 25 juin et 6 juillet z336 par-derant Pierre Belagent, prévôt de Paris, ratifiant cette donation fieiite par Jean Roussel et Alix sa femme. Nous voyons que cette maison donnée à c l'ospital ou église des miracles de Paris en la rue des Jardins i était sise en cette même rue, en la censive Hue Aubert, bourgeois de Paris, appelée autrefois le fief aux Flamands. Elle avait appartenu auparavant à Aubert Gez et tenait, d'une part, à l'hôpital et, d'autre part, à la maison de Jacques Rousselot, aboutissant par derrière à Thôtel de Pévéque de Beauvais. L'année suivante, comme le constate une lettre de Philippe VI, datée de Brunoy, au mois de novembre 1337, Jacques Rousselot, clerc et conseiller du roi, archidiacre de Reims, neveu et exécuteur testamentaire de feu Raoul Rousselot, évéque de Laon, leur donna la maison voisine qu'il tenait de son oncle. (Arch. nat., L. 929, n* 18.)
2. Les frères de la Charité- Notre- Dame étaient établis à Paris, rue des Billettes, dans une maison que Philippe le Bel leur avait donnée au mois de décembre 1299; ils y demeurèrent jusqu'en z63x, année où les Carmes leur succédèrent. (Jaillot, op, ciï., quartier Sainte-Avoie, t. III, p. i3.)
Donné à Conflans sur Saine, Tan de grftce mil CGC XXXVI ou mois
de jullet.
Par le roy, à la relacion de l'aumosnier.
R. de Molins.
i336, juillet. Brunoy.
Philippe VI amortit en ftiveur de Pierre de ViUiers, prêtre, 12 1. de rente annuelle assise sur certaines maisons de Paris qu'il destine à la fondation d'une chapelle en l'église Saint-Eustache.
(JJ. 69, n* 373.)
Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir faisons à touz presenz et avenir, que comme Pierre de Villiers, prestre demourant à Paris, en Tonneur de Dieu et de Nostre-Dame, et pour le salut de l'âme de li et des âmes de Jehan de Vaus, jadiz recteur de l'église parrochial de Saint Eustace de Paris, de Jehan Gouyer et de Marie sa femme et du père et de la mère de touz les bienfaiteurs dudit Pierre de Villiers, ait entencion de fonder une chapelle en ladite église de Saint Eustace, et ycelle veille douer de douze livres de annuel et perpétuel rente à avoir, tenir et posseoir par le chapellain qui pour le temps sera, à perpétuité sur certaines rentes de croiz de cens que il prent à Paris; c'est assavoir : sus la meson qui fu Jehan Goier et Marie sa femme, laquelle tient à présent Guiart de Biauves et Ysabiau, sa femme, et Ânsiau de Biauvez et Marie, sa femme, et quarante soulz sur la meson qui fut Guyart Hasart, laquelle tient â présent Jehan Piquet et Denise, sa femme, assises en la Tonnellerie, en nostre terre. Nous, oye sa supplicacion, pour Dieu, et en faveur de l'acroissement du divin service, et que nous en soions participans, avons ottroié et ottroions de certaine science et de grâce especial, audit prestre, que les chapellains de ladite chai>elle qui seront perpetuelment chascun en son temps, puissent tenir sanz fié et sanz justice les dites douze livres de rente la ou ledit prestre les a assignées ou assignera, perpetuelment, paisiblement, franchement et quittement, sanz estre contrainz à les mettre hors de leurs mains ou de en faire finance à nous ou à noz successeurs ou temps avenir quelle que elle soit, laquelle finance nous avons remise et quittée, remettons et quittons au dit prestre, de la grâce dessusdite et de nostre plain povoir royal; sauf en autres choses nostre droit et en toutes l'autrui. Et pour ce que ce soit ferme chose et estable, etc..
Donné à Brunoy, l'an de grâce mil CGC XXXVI ou mois de juillet.
Par le roy en son conseil, présent messire Jehan des Prez.
Savigny.
DU tdSQHB DE PHILIPPE VI DB VALOIS. 26 1
i336, juillet. Brunoy.
Philippe VI, confirmant des lettres de Philippe V le Long, du mois de mars iBig (n. st.), amortit 80 1. p. de rente que Simon dit Cordelier, de Macy, chevalier, donne aux doyen et chapitre de l'église Notre-Dame de Paris >.
(JJ. 70, n» 28.)
Philippe, par la grâce de Dieu roys de France, savoir faisons à tou2 presens et avenir que comme nostre très cher seigneur et cousin Philippe, jadis roy de France et de Navarre, eust ottroié de grâce especial à nostre amé Symon dit Cordelier, de Macy, chevalier, que en ses fiez ou arrerefiez, ou ailleurs, il peust acquérir par quelconque juste titre jusques a quatre vinz livres à parisis de terre ou de annuel rente, et ycelles, quant il les auroit acquises, transporter en quelconques personnes, nobles et bourgois, ou non nobles, ou en églises ou en personnes d'église ou religieuses, en moustiers, en convenz, communautez, chapitres ou collèges ou en autres lieus pietables, et voust et expressément ottroia que celles personne ou personnes d'église ou religieuses, moustiers, convenz, communautez, chapitres ou collèges es quels il auroit transporté lesdites quatre vinz livres de terre ou de annuel rente, ycelles peussent tenir, percevoir et avoir paisiblement et quittement, sanz contrente de les vendre ou mettre hors de leur main et sanz faire pour ce quelcunque finance à li ou à ses successeurs. Et nous, voulans ceste grâce estre gardée en toutes choses, eusmes fermes et aggreables toutes les choses contenues en icelle grâce et les louasmes et approuvasmes et de nostre auctorité royal confermames, si comme toutes ces choses sont contenues es lettres de nostre devant dit cousin et es nostres, des quelles la teneur s'ensuit.
Philippus, Dei gratia Francorum rex, notum focimus universis presentibus et fiituris, nos litteras clare memorie domîni Philippi quondam Francie et Navarre régis vidisse, formam que sequitur continentes.
Philippus, Dei gratia Francorum et Navarre rex, notum facimus universis presentibus et futuris quod nos, dilecto nostro Simon! dicto Cordelier, de Maciaco, militi, gratîam volentes facere specialem, eidem, tenore presentium concedemus {sic) graciose, ut ipse in feodis nostris, allodiis, usque ad quatuor viginti libratas terre, seu annui redditus possit acquirere quoquomodo justo titulo, easque, cum
I. Guérard, dans le Cartulaire de l'église Notre-Dame de Paris, t. II, p. 5ia, n'a donné que l'analyse de cette pièce.
202 DOCmiBim PARinBNS
ipsas acquisiverit, in quascumque personas nobîles sive burgenses, vel ignobiles, aut ecclesias seu ecclesiasticas personas vel religiosas, monasteria, conventus, communitates, capitula seu coliegia aut in alia loca pia transferre; volentes et expresse concedentes quod persone iUe, ecclesie seu ecclesiastice persone aut religiose, monasteria, conventus, communitates, capitula sive coliegia in quas, seu que predictas quater viginti libratas terre seu annui redditus ad parisienses tamen, transferre contigent, eas tenere possint, percipere et habere pacifice et quiète sine coaccione vendendi vel extra manum suam ponendi, aut prestandi nobis seu successoribus nostris fînanciam propter hoc qualemcumque. Quod ut fîrmum et stabile permaneat in futurum, etc. ..
Actum Parisius, anno Domini millesimo CGC decimo octavo, mense Marcii.
Et nos volentes gratiam hujusmodi in omnibus observari, omnia contenta in ipsa rata et grata habemus, etc..
Actum Parisius, anno Domini M. CGC vicesimo octavo, mense Aprilis.
Et comme le devantdit Simon nous ait supplié que ladite grâce à li faite, si comme dessus est dit, nous vousissons faire à noz amez le doien et le chapitre de l'église de Nostre-Dame de Paris, et que il en peust prendre d'euls tel profit comme il en pouroît avoir. Nous, enclinans à sadite supplicacion, especialment pour révérence et en honeur de la benoite Vierge Marie, mère de Nostre Seigneur Jhesu* Grist nostre sauveur, et en âiveur du divin service, l'encroissement duquel nous desirons touz jours; et pour ce que lesdiz doyen et chapitre soient plus tenuz à prier Dieu pour nous et pour le bon estât de nostre royaume, à yceulz doien et chapitre avons ottroié et ottroions de grâce especial et de certeine science, que en noz fiez ou arrerefiez ou ailleurs, il puissent acquerre par quelconque juste titre, jusques ausdites quatre vinz livres à parisis de terre ou de rente jinnuel et perpétuel, et ycelles acquises ensamble ou par parties tenir en leur nom et de leurdite église perpetuelment et paisiblement, sanz ce qu'il soient ou puissent estre contrains à vendre ou mettre hors de leur main ladite terre ou rente et sanz en paier à nous ou â noz successeurs quelcunque finance, laquelle nous leur avons quitté et quittons de nostredite grâce; et les originaus desdites lettres encorporées dedans cestes, nous avons fait retenir chancellées en la Ghambre de noz comptes. En tesmoing desquelles choses, et a perpétuelle fermeté d'icelles, nous avons fait mettre nostre seei en ces lettres, sauf en autres choses nostre droit et Tautry en toutes. Donné à Brunay, l'an de grâce mil trois cens trente six, ou moys de juillet.
Par le roy, présent le viconte de Meleun^
Guichart.
I. Le vicomte de Melun était Jean I**, seigneur de Tancarvillo, qui rem*
DU RÈ6NB I» PHIUPPB VI 1>B VALOIS. 203
CoUacion est fiùte avec les originauz retenus cancelles en la Chambre des comptes.
i336, juillet. Becoisel.
Philippe VI amortît en feveur des religieux et prieur de l'ordre de Saint- Guillaume, de Paris, 40 1. t. de rente annuelle qui leur sont données par diverses personnes.
(JJ. 70, n* 3o.)
Philippe, par la grftce de Dieu roys de France, savoir fiaisons à touz presens et avenir que à la supplicacion des relîgieus, le prieur et le couvent de l'ordre de Saint Guillaume, de Paris ^, qui sont povres mandians et n'ont point de propre, combien que leur ordre soit fondée sur propre, et ou temps passé il eussent trouvé et encores trouverroient aucunes bonnes personnes et dévotes meues de pitié, qui pour le salut de leurs âmes eussent donné et encores veulent donner aucunes rentes pour leur sustentacion et de leur ordre, et pour célébrer plus curieusement et plus fervenment le divin office, se lesdiz prieur et couvent les puissent tenir amorties franchement. Nous, considerans les bonnes devocions desdictes personnes et qui sommes touz desiranz de i'acroissameut du divin servise, avons ottroié et ottroions de nostre grâce especial ausdiz prieur et couvent, et pour le salut de nostre âme, qu'il puissent acquérir, par quelconque juste titre, quarante livrées à tornois de rente annuele et perpétuelle en nos censives ou ailleurs ou de noz subgiez, senz fié et senz justice, et que lesdiz prieur et couvent et leur successeurs puissent tenir et tiegnent perpetuelment et paisiblement ladicte rente, sens ce qu'il soient ou puissent estre contrains en aucun temps à la vendre ou mettre hors de leurs mains comment que ce soit, et sanz en paier à nous ou à noz successeurs aucune finance, laquele nous leurs avons quittié et quittons de nostredicte grâce et pour le salu de nostre âme et pour le bon estât de nostre royaume, pour lequel il nous ont ottroié de leur bonne et pure volenté à célébrer en leur église une messe chascune semaine à touz jours mais perpetuelment. Et pour ce que ces choses soient fermes et estables à touz jours, etc..
plit les fonctions de chambellan sous Philippe de Valois et mourut en 1347. (P. Anselme, Hist, généaL, t. VIII, p. 443.)
I. Ermites de Saint-Guillaume, qui, en vertu de la bulle de Bonîface VIII, du x8 juillet 1297, succédèrent dans la maison des Blancs-Manteaux aux religieux serf s de la Vierge, (Jaillot, op, cit, quartier Sainte- Avoie, p. 20, et D. Pélibien, op^ cit., t. I, p. 373.)
264 PO CUHRHIS PAUSONS
Donné à Bec Oysel, Fan de grâce mU CGC trente et six on moys de
juillet.
Par le roy.
Mellon.
i336y août. La Villeneuve- Saint- Denis.
Philippe VI amortit 20 1. p. de rente en foyenr des orfèvres de Paris, de la confrérie de Saint>Éloi, pour leur permettre de fonder une chapellenîe'.
(JJ. 70, n« 36.)
i336, août. Coaflans, près Paris.
Philippe VI donne à Jean de Lyon, physicien de la reine, une maison sise à Paris, en la rue Pavée, qui avait été confisquée sur Hugues de Crusy après sa forfaiture*.
(JJ. 70, n« 38.)
Philippe, par la gritce de Dieu roys de France, savoir faisons à touz presens et avenir, que pour consideracion des bons et agréables services que nostre amé maîstre Jehan de Lyon, phîsician de nostre très chère compaigne la royne, a faiz longuement et loiaument et fait encores chascun jour à nous et à nostredite compaigne, nous donnons et ottroions à touz jours mes audit matstre Jehan, pour li et pour ses hoirs, en héritage perpétuel, la maison que feu jadis Hugue de Crusy', chevalier, avoit ou temps que il vivoit, assise à Paris en la
1. Cette pièce est publiée par G. Fagniez dans ses Études sur Vinduttrie et la cloue industrielle à Paris au XIII* et au XIV* siècle, p. 288.