‹ Documents parisiens du règne de Philippe VI de Valois (1328-1350): ExtraitsChapitre 40 sur 97 · Il doit y avoir ici un membre de phrase omis · texte numérisé non relu

Il doit y avoir ici un membre de phrase omis

l5o DOCUMENTS PARISIENS

dessusdites et en nyent le fait proposé contre lui par ledit procureur, tant de traïson comme d'agait appensé, et touz austres quelconques qui contraires li serroyent et li pourroyent nuyre. Et noz, oiz lesdiz procureur et Gautier en tout ce que il vouldrent proposer l'un contre l'autre, par vartus des lettres du roy nostre sire ci dessus transcriptes, et pour plus deuement aler avant et procéder à la délivrance ou entrourblance dudit Gautier, de l'accort et assentement desdiz procureur et Gautier conmeisme Robert de Lorriz et Symon de Baignex, examinateur de par le roy nostre sire oudit Chastellet, pour otr et nous rapporter deuement, et soubz seel autantique, les rappors de mestrè Pierre de Largentiere, mestre Symon Godichal et mestre Pierre d'Orliens, mires du roy nostre sire oudit Chastellet, de mestre Jaques d'Âunoy, cirurgien de monseigneur d'Alençon, et de mestre Estienne de Chaumont, phisicien et mestre en medicine, qui ledit feu Pierre avoyent veu et visité au temps de sa maladie et après sa mort, si comme ledit Gautier disoit; et avecques ce, pour savo[i]r et enquérir de la vérité dudit fait et des circonstances d'ycellui et aussi de la vie, renommée et conversacion dudit Gautier. Lesquex commissaires, après ce que il orent oiz lesdiz jurez et autres dessus nommez, nous rapportèrent par escript tout ce que fait en avoyent, avec une acte faite en jugement, seellée du seel de Chastellet, qui baillié lur fu ; desqueux rappors et acte les teneurs sont ci après escriptes de mot à mot en la manière qui s'ensuit. Et premièrement, de mestre Pierre de Largentiere.

A touz ceulz qui ces lettres verront, Raoul du Fruit, garde du seel de la prevosté de Paris, salut. Savoir faisons, que par devant nous vint en jugement maistre Pierre de Largentiere, mire juré du roy nostre sire ou Chastellet de Paris, et afferma en bonne vérité, par son serment, que du commandement de honorable homme et saige sire Pierre Belagent, garde de la prevosté de Paris, il estoit alez ja pieçà en l'oustel Pierre de Nangis, pasticier, demorant lors à Paris, en la Grant rue, devant le Sépulcre 1 , pour icelui Pierre visiter pour raison de la maladie ; qu'il avoit dès lors trouvé que ledit Pierre avoit esté blecié ou coi, si comme il apparoit par la playe que il y avoit eue et laquelle playe estoit lors toute reviriée et ledit Pierre gary de ladite bleceure, si comme ledit maistre Pierre nous rapporta par sondit serment, et rapporta encore ledit juré que, nonobstant ce que ledit Pierre feust gary de ladite playe, ycelui Pierre estoit moult griesment malades d'autre maladie, de laquelle maladie ledit Pierre estoit visi- (ié par un phusician appelle maistre Estienne de Chaumont, et dès lors, estoit bien avis audit phisicien et audit mire juré que, selon

i. C'est l'église du Saint-Sépulcre dont nous avons déjà parlé précédemment (t. I, p. 222, note i), qui donnait dans la rue Saint- Denis.

DU RÂGHK M PHILIPPE YI DC VALOIS. l5l

leur science, ledit Pierre ne povoit eschaper d'ycelte maladie* si comme il disoit. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre à ces lettres le seel de la prevosté de Paris, Tan de grâce mil CGC trente et neuf, le premier jour d'aoust.

/tem, de maistre Symon Godichal. A touz ceuz qui ces lettres ver* ront, Raoul du Fruit, garde du see) de la prevosté de Paris, salut» Savoir faisons que par devant nous vint en jugement, en sa propre personne, maistre Symon Godichal, mire juré du roy nostre sire ou Chastellet de Paris, et afferma en bonne vérité, et recongnut et confessa que, du commandement de honorable homme et discret, sire Pierre Belagent, garde de la prevosté de Paris, dès pieça avoit esté en l'oustel de feu Pierre de Nangis, demourant lors à Paris, en la Grant rue Saint Denis ; et y fu par quatre fou pour le visiter d'une playe que ledit Pierre avoit en la gorge, ou costé senestre, si comme il li sembloit ; et avoit veue, diligenment regardé ladite playe, et vit que, dès la première fois que il vit ladite playe, ycelle commançoit à garir et sot et vit que, pendant ladite visitacion, ladite playe fu garie et senée et tout consolidée, si comme il disoit ; et pour ce, nous rapporta par son sermant que, considéré ladite playe et l'ordonnance de la cure d'ycelle, mort ne mehaint ne s'en povoit ensuir ; mays pendent ladite cure, une maladie li survint, de laquelle un phisicien appelle maistre Estienne de Chaumont le visitait, et de laquele maladie [q]ui ne li estoit pas venue pour cause de ladite playe, ledit Pierre ne povoit eschaper de mort, si comme il li sembloit ; et disoit que ladite maladie li estoit survenue, non pas pour cause de ladite ployé, comme dit est, et estoit advenue, occidant ainssi comme elle peut adveni? à tout homme navré ou [non] navrrer, si comme ledit maistre Symon disoit. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre en ces lettres le seel de la prevosté de Paris, Tan de grâce mil GGG trente et neuf, le dymanche premier jour d'aoust.

Item y de maistre Pierre d'Orliens. A touz ceus qui ces lettres verront, Raoul du Fruit, garde du seel de la prevosté de Paris, salut. Savoir faisons, que par devant nous vint en jugement maistre Pierre d'Orliens, [mire] juré du roy nostre sire ou Chastellet de Paris, et afferma, par son serment, et recognut et confessa que, du commandement de honorable homme et saige sire Pierre Belagent, garde du seel de la prevosté de Paris, il s'étoit tramporté de pieça en l'ostel Pierre de Nangis, pasticier, jadis demourant à Paris devant l'église du Sépulcre, pour visiter ycelui Pierre de la bleuceure que il avoit eue ou col; pour cause de laquele bleceure il avoit une playe; et avoit esté ledit maistre Pierre, pour ce faire par trois foiz ; laquelle playe commançoit dès la première foiz à garir lorsque il la vit premièrement et à soy reprendre, et ne li apparoit pas que ladite playe feust passant en la gorge, et aussi procéda en gar[i]ssant, par toutes les

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foiz que il vit ladite playe, tant que à la darniere foiz que il la vit, elle estoit toute garie et reprise nettement, si comme plaie puet estre; mais à la darriere foiz que il la vit, il trouva que une grief maladie li estoit venue, laquelle puet avenir à tout homme playé et non playé, de laquelle maladie un phisicien le visitoit ; et leur sembloit que d'icelle ne povoit eschaper ; mais il ne li sembloit pas que ladite maladie li rast advenue pour cause de ladite plaie, premièrement, selonc leur science, comme ladite plaie fust toute garie, comme dit est, et si comme ledit maistre Pierre le nous a rapporté. En tesmoing de ce, nous avons mis en ces lettres le seel de la prevosté de Paris, l'an de grâce mil CCC trente et neuf, lie seconc jour d'aoust.

Item, de maistre Jasques de Daunoy et maistre Jehan le Fevre, cireurgiens. A touz ceuls qui ces lettres verront, Raoul du Fruit, garde du seel de la prevosté de Paris, salut. Savoir faisons, que par devant nous vindrent en jugement, en leurs propres personnes, maistre Jasques de Daunoy, cireurgien monseigneur le conte d'Alençon % et maistre Jehan le Fevre, cirurgien, et affermèrent en bonne vérité, par leurs seremens qu'il pour ce firent aus sains euvengiles de Dieu, que jà pieça, il avoient eu en cure feu Pierre de Nangis, jadis pasticier, d'une plaie qui li fut faite entre la gorge et l'os du coul en tournant la plaie vers la partie senestre, et laquelle cure dura environ cinq sepmaines ou un mois ou environ, et en la pourfin le laissèrent guari netement de laquele plaie, senz aucune chose mettre dessus ; et estoit ladite plaie senable et curable et non penetrans, et tele plaie que mort ne s'en deveoit ensuir par raison, si comme lesdiz cirurgiens le nous ont raporté et tesmoigné par leursdiz seremenz. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre en ces lettres le seel de la prevosté de Paris. Ce fa fait l'an de grâce mil CCC XXX et neuf, le tiers jour d'aoust.

Et de maistre Estienne de Chaumont. A touz ceuls qui ces lettres verront, Raoul du Fruit, garde du seel de la prevosté de Paris, salut. Savoir faisons, que par devant nous vint en jugement maistre Estienne de Chaumont, phisicien et maistre en medicine, si comme il disoît, et afferma en bonne vérité, par devant nous, que il avoit visité jà pieçà feu Pierre de Nangis, jadis paticier, de mourant à Paris, en la rue Saint Denis, d'une maladie qu'il avoit pour le temps, et de laquelle maladie il morut; laquelle maladie estoit appellée emoccoigne passion, et c'est une maladie, quant on murt, sanc saut hors par la bouche, et est assavoir que ledit sanc vient de voyne du pourmon, si comme ledit cirurgien le nous a rapporté par son serement. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre en ces lettres le seel de la prevosté de Paris, l'an de grâce mil CCC trente et neuf, le v e jour d'aoust.

Item y la teneur de l'acte, dont mention est faite ci-dessus, s'ensuit :

DU RÈGNE DE PHILIPPE VI DE VALOIS. l53

A touz ceuls qui ces lettres verront, Pierre Belagent, garde de la prevosté de Paris, salut. Savoir faisons que nous, l'an de grâce mil CCC trente et neuf, le jueudi avant la feste saint Barnabe, apostre, furent presens en jugement, par devant nous, ou Chastellet de Paris, Gautier le Marinier, talemelier, pour lui et en son nom, d'une part, et Guillaume Cusac, le fevre, Raou[l] le Breton et Jehan le Breton, tuteurs et curateurs de Lorencim, Jehannin et Jehannete, enfanz de feu Pierre de Nangis, jadis pasticier, d'autre part. Auquel jour lesdiz tuteurs ou curateurs avoient esté adjournez par devant nous contre ledit Gautier, prisonnier oudit Chastellet, pour veoir la délivrance d'icelui de la prison que il tenoit, pour la suspecon de la mort ou occision faite en la personne dudit feu Pierre, si comme l'en disoit, et dire, de par lesdiz tuteurs ou curateurs, cause pour quoy ce ne deust estre fait, se aucune chose vouloient dire, comme il, si comme il disoit, fust innocent et sanz coulpe de ladite mort. Et, de par lesdiz tuteurs ou curateurs, oye et entendu ce que dit est, il, de leurs bonnes volentez, sanz contraindre, et de certainne science, distrent que pour ce que il estoient sou ffisau ment enformez, tant par les mires jurez, comme par autres, que ledit Pierres qui fu navrez par ledit Gautier, qui li fist une plaie seulement, n'avoit pas esté mort de ladite p[l]aie, mais pour son mauvais gouvernement et par appostume, et que ladite playe n'estoit pas mortele, si comme il disoient, ne mettoyent, ne entendoient à mettre aucun empeschement à la délivrance dudit Gautier, en disant encore que il, ycelui Gautier ne vouloient ne entendoient à suivir dudit fait par voye d'accusation, dénonciation ou autrement. Et ce fait, nous demandasmes ausdiz tuteurs ou curateurs, par leurs seremenz, qu'il, pour ce, firent aus sains euvengiles de Dieu, par devant nous, se pour cause des choses dessusdites, pour (sic) euls dites, comme dit est, il, ou nom tutoire ou en leurs propres nons, avoient eu ou entendoient à avoir dudit Gautier ou d'autre pour lui aucuns dons, promesses d'argent ou d'autres choses, ou que il, avecques ledit Gautier ou autres pour lui, avoient fait aucune composicion. Lesquieux tuteurs et curateurs nous distrent et respondirent, et par leursdiz sermens, que pour les causes dessusdites, il, dudit Gautier, ne d'autres pour lui, n'avoient eu ne entendoient à avoir aucuns dons, promesses, ne autres choses; ne il n'avoient fait, ne entendoient à faire avec ledit Gautier ne autres pour li, pour cause de ce, aucune imposition. Et après ce, Eudeline, aaigiée fille dudit feu Pierre, vint et fu présente par devant nous ; à laquelle, en la présence dudit Gautier, Jehan le Breton, son mari, et des autres tuteurs ou curateurs, demandasmes se elle, ledit Gautier, de la mort dudit feu Pierre vouloit ou entendoit à suir en aucune manière, par voie de dénonciation, d'accusation ou autrement, et que nous estions prest et apparillié de faire sur ce acomplissement de

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droiture. Laquelle Eudelot (sic) dit et respondit que elle ne vouloit ne entendoit à poursuir ledit Gautier de ladite mort, par voie d'accusation [de] dénonciation ou autrement et que elle ne mettoit ne entendoit à mettre aucun empeschement à la délivrance dudit Gautier; et affirmant par son serement que elle, pour ce, fist par devant nous aus sains euvengiles de Dieu, que pour ce, dudit Gautier, ne d'autres pour lui, elle n'avoit ou ne entendoit à avoir aucuns dons ne promesse. Et ce fait, nous li demandasmes par son serement fait comme dit est, se ledit feu Pierre son père es toit mort de ladite plaie à lui faite dudit Gautier ou non ; iaquele Eudeline dit et respondi, et par sondit serement, que elle creoit que ledit feu Pierre son père estoit mort de la plaie que ledit Gautier li avoit faite comme dit est, si comme elle disoit. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre en ces lettres le seel de la prevosté de Paris. Ce fu fait en jugement l'an et le jour dessusdiz.

Et ce fait, ledit procureur du roy nostre sire, d'une part, et ledit Gautier, d'autre part, pour ce presenz en jugement par devant nous, vouldrent et accordèrent que ledit procès vaussist enqueste, et sur ycelui vouldrent et acorderent prendre droit et oir droit, comme par enqueste et sur enqueste. Après lequel acort ainssi fait, nous furent présentées, de par ledit Gautier, unes lettres du roy nostre sire conte nans la fourme qui s'ensuit :

Philippus Dei gratia Francorum rex, preposito Parisiensi aut ejus locuntenenti, salutem. Cum proutex parte Galteri le Marinier, bolengerii, acepimus ipse pro suspiccione mortis deffuncti Perreneti de Nangis, quondam pasticerii, a regno nostro Francie bannitus fuisse, suis contumaciis exigentibus, nosque postmodum, dictum bannitum revocasse dicamur et quicquid ex eo sequtum erat, et eidem remisisse, de gratia speciali, sub tali conditione quod se prisonarium redderet in Castelleto nostro Parisîus infra certum tempus, juri super facto mortis predicte periturum (sic), prout in confectis inde litteris nostris plenius dicitur contineri; ipseque, in dicto Castelleto nostro, infra tempus sibi prescriptum se reddidisse dicatur, in quo diu captus extitit et adhuc detineri dicitur carceri mancipatus ; et super hoc concesseris ad inquestam contra ipsum. Mandamus tibi quatinus, si vocatis evocandis tibi constiterit de premissis, secundum dictam inquestam, si in statu sit judicandi, exhibeas eidem in hac parte, ut ad te pertinuerit, debitum justicie complementum. Datum Parisius, vn* die Augusti, anno Domini M CCC tricesimo nono.

Lesqueles lettres veues, nous assignasmes jour ausdix procureur et Gautier, et de leur acort, à oïr droit en diffinitive, au vendredi après la feste Saint Martin d'iver 4 , l'an de grâce mil CCC trente et

i. la novembre.

DU RÈGN1 DI PHILIPPE VI DE VALOIS. l55

neuf. Auquel jour, lesdiz procureur et Gautier, pour ce présent en jugement par devant nous, vouldrent et accordèrent, comme devant prendre droit et oïr droit sur ledit procès et comme par enqueste, et nous requistrent o grant instance icelui droit a oïr. Saichent tuit que nous, veu ledit procès, lesdites lettres du roy nostre sire, par lesqueles le bam estoit remis audit Gautier avecques les rappors des mires jurés et autres ; considéré aussi la bonne renommée dudit Gautier, avec tout ce qui faisoit à considérer et qui sur ce nous povoit et devoit mouvoir à droit faire; eu surtout conseil et délibération à saiges, deismes et prononçasmes en ceste manière.

Veu les procès fait par devant nous à la requeste du procureur du roy contre Gautier le Marinier, lequel procès lesdiz procureur et Gautier ont volu et acordé valoir enqueste, et parmi ycelle, requis à avoir droit pour cause de la suspeçon de la mort de feu Pierre de Nangis, pour laquelle ledit Gautier a esté poursuiz, banni du royaume et depuis rappelle par grâce du roy sur certaines conditions, lesquelles ont esté de par lui acomplies. Considéré la bonne renommée dudit Gautier, laquelle est souffisaument prouvée par la déposition des tesmoings produiz de par lui. Considéré avec ce, que il appert par la relacion des cirurgiens jurez ou Chastelletde Paris et de plusieurs autres, avecques la relacion d'un maistre en medicine, tant soulz leurs seaulz privez comme soulz le seel dudit Chastellet, que ledit feu Pierre ne parut pas mort pour cause de la plaie que ledit Gautier li avoit faite, comme ycelle "plaie eust esté senée avant sa mort, mais pour cause d'une maladie autre, que l'en appelle emoccoigne passion; avec ce, que présent ledit Gautier en jugement par devant nous, les tuteurs et curateurs des enfanz et hoirs dudit feu Pierre, ou nom d'iceulz enfanz, et yceux sur ce souffisaument enformez, si corne il disoient, descourperent ledit Gautier de ladite souspeçon à plain, si comme par lettres faites aussi souz le seel dudit Chastellet, puet apparoir. Veu le mandement du roy par lequel mandé nous est aussi que sur ladite enqueste nous faciens droit audit Gautier. Nous, ycelii Gautier absoulons à plain de ladite suspeçon et poursuite et de tout ledit fait, et le délivrons à plain de la prison dudit Chastellet, et ses biens, se aucuns en soit pris ou arrestez pour ceste cause, li mettons aussi au délivre. Et pour ce qu'il a confessé avoir féru ledit Pierre, nous l'avons condempné et condempnons à amender au roy nostre sire civillement, la taxacion réservée par devers nous par nostre sentence diffinitive et par droit. En tesmoing de ce, nous avons fait mètre à ces lettres le seel de la prevosté de Paris. Ce fu fait et pronuncié en jugement l'an et le venredi aprez la Saint Martin d'iver dessusdiz.

Item, la teneur d'unes autres lettres seellées du seel de nostre amé et féal conseiller le seigneur de Til, reformateur député de par nous

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en la ville et viconté de Paris, annexées es lettres dessus transcriptes, s'ensuivent en ceste manière.

Nous, Jehan *, sire de Til, chevalier, conseillers du roy nostre sire, réformateur député de par icelli seigneur en la ville et viconté de Paris et ressort d'y celle, savoir faisons à tous p resens et avenir que nous, toutes les choses et singulières contenues es lettres parmi les* quelles ces présentes sont annexées, en tant comme elles sont bien et deuement, louons, gréons, ratifiions et approuvons, et de nostre auctorité et plaine puissance confermons. En tesmoing de ce, nous avons mis nostre seel en ces lettres. Donné à Paris, le xxii e jour de mars, Tan de grâce mil CCC quarante et deux.

Nous adecertes, les lettres dessus transcriptes et toutes les choses et singulières contenues en ycelles, ayans fermes et aggreables, etc..

Et que ce soit ferme et estable à tousjours, nous avons fait mettre nostre seel à ces lettres, l'an de grâce mil CCC XLII, ou mois d'avril.

Par le roy, à la relation de messires H. de Malestroit, G. de Villers et Jehan Richier.

Sine financia, quia de justicia.

Rougemont.

Justice.

1342, avril. Paris.

Confirmation par Philippe VI de l'absolution donnée par I'official de Paris à Pierre Sellier, d'Arras, clerc, accusé d'avoir assassiné Jean dit Chevaux.

(JJ. 74, n* 2Ô4.)

Philippus, etc., universis présentes litteras inspecturis, presentibus pariter et futuris, salutem. Notum facimus nos quasdam vidisse litteras, formam que sequitur continentes.

In nomine Domini, Amen. Universis présentes litteras inspecturis, offîcialis curie Parisiensis, commissarius specialis reverendi in Christo patris ac domini, domini Et. Dei gratia Parisiensis episcopi, super commissis et committendis excessibus et delictis in civitate et dyocesi Parisiensibus perpetratis et perpetrandis et etiam corrigendis, ubicumque delinquerint et undecumque sint vel venerint, in jurisdi-

1. Jean, seigneur de Thil et de Marigny, conseiller de Philippe de Valois et connétable de Bourgogne, mourut avant i355. (P. Anselme, Hist. généal., t. VIII, p. 427.) Nous voyons qu'en 1342 il fut envoyé comme réformateur dans les sénéchaussées de Poitou et de Saintonge. (J. Viard, Lettres d'état enregistrées au Parlement sous le règne de Philippe VI de Valois, dans V Annuaire-Bulletin de la Soc. de F Hist. de France, 1897, n - 169.)

DU RÈGNE DE PHILIPPE VI DE VALOIS. \5j

cione Parisiens! reperti, salutem in Domino.. Notum facimus quod cum Petrus Sellari de Attrabato, clericus, fuisset nobis delatus, culpabilis super homicidio in personam deffuncti Johannis dicti Chevaux perpetrati, et ob hoc, ipsum Petrum detineremus nostro carceri mancipatum, proclamari fecimus pluries in curia Parisiensi et in ecclesia Sancti Salvatoris Parisiensis 4 , ac etiam in ecclesia Sancti Eustachii Parisiensis, in qua parrochia, Egicjhis de Vacheria, Rogerus de Penin ejus frater et Rogerus de Ambianis ser viens Gastelleti Parisiensis, moram trahebant, quod si aliquis vellet se opponere contra prefatum Petrum, quod ipse compareret certis diebus in dictis proclamacionibus contenus, coram nobis dicturis et proposituris quicquid vellet contra ipsum detentum. Quibus diebus aliqui non comparuerunt evocati et expectati et a nobis contumaces reputati et positi in deffectu. Tandem nos, ex officio nostro procedentes, una cum promotore curie nostre, contra predictum Petrum diximus et proposuimus articulos formam que sequitur continentes : fama publica, insinuacioneque clamosa referentibus, non a malivolis, sed a.fidedignis ortum habentibus, que nostras aures sepe et sepius propulsarunt, nos, officiaiis Parisiensis, commissarius specialis reverendi in Christo patris ac domini, domini St. Dei gratia Parisiensis episcopi, super commissis et committendis in civitate et diocesi Parisiensibus, necnon alibi, ubicumque et a quibuscumque in nostra jurisdicione repertis, corrigendis et puniendis, diximus et proponimus in jure, una cum promotore curie Parisiensis hujusmodi negocium promovente, contra Petrum dictum le Selier de Atrabato clericum in nostra prisione detentum, quod dictus Petrus, maligno ductus spiritu, cum suis complicibus, manu armata, hostiliter invasit Johannem dictum Chevaux tune sanum existentem, ipsumque crudeliter vulneravit pluribus vulneribus, adeo quod ex vulneribus hujusmodi infra modicum tempus decessit. Occasibne cujus malefficii, dictus Petrus fuit captus ad justiciam secularem et fecit financiam cum amicis dicti hocisi, et iterato fuit raptus per gentes régis in civitate Parisiensi et nobis ut clericus restitutus per nos puniendum pro calitate delicti ; nosque et nostri predecessores, officiales Parisienses, fuimus [et] sumus in possessione vel quasi taies maleffactores puniendi et corrigendi quoeiens et quando in nostra jurisdicione sunt reperti, de stilo, usu et consuetudine notaria curie Parisiensis ab antiquo tempore observata. Et sunt premissa, magnifesta et notaria, et ea confessus e[s]t idem Petrus sufficienter et légitime esse vera ; et pre-

i. L'église Saint-Sauveur, succursale de Saint-Germain-l'Auxerrois dès le commencement du xin" 'siècle, était située au coin de la rue Saint-Sauveur et de la rue Saint-Denis. Elle fut détruite en 1787. (Lebeuf, op. cit., édit. Cocheris, t. I, p. i35 et 267.)

missa contra ipsum clericum, ex officio nostri (sic) debito, diximus et proponimus, una cum dicto promotore, ad hune finem, quod si in premissis vel aliquo eorum reperiatur culpabilis, per nos canonice puniatur, corrigaturque, ac per nos statuatur et dece[r]natur contra ipsum quod jus erit non astringentes nos approbendo (sic), nisi quod nobis sufficit de premissis. Datum anno Domini MCCG vicesimo tertio, die lune post Trinitatem Domini.

Super quibus, fuit ex parte dicti Pétri detenti in hune modum contestata, litem contestando super articulis et contentis in eisdem a vobis, ex officio vestro procedentibus ad promocionem vestre curie promotoris, hujusmodi negocium promoventis contra Petrum dictum le Selier, de Attrabato, clericum, moram Parisius nufn]c trahentem, traditum, in vestro carcere.detentum, licet sine causa traditum ipsî Petro super suspicione homicidii, dudum in personam deffuncti Johannis dicti Chevaux, ut dicitur, perpétrasse, eidem Petro a vobis impositi, licet falso conffitetur dictus Petrus de contentis in articulis memoratis, in primis vos habere commissionem illam specialem quam habere dicitur in articulis memoratis, vosque esse commissarium modo et forma contentis in eisdem. Conffitetur eciam se esse clericum vestrumque justiciabilem, maxime ratione domicelli sive more; conffitetur etiam se in nostro carcere detentum, licet minus juste de Castelleto Parisiensi adductum antea per judicem laïcalem, videlicet per quendam servientem Castelleti Parisiensis captum, licet minus juste, et in Castelleto Parisiensi carceri mancipatum. Cetera omnia et singula in dictis articulis contenta, prout sunt posita et narrata, et ad finem ad quam tendunt, tam famam quam factum continencia, cum protestacione de ineptitudine et insufficiencia articulorum et contentorum in eisdem, et de sua bona fama et de suis defFensionibus legitimis alias proponendis et probandis, negans esse vera et petita fieri debere, dicens et exipiendo proponens ad fines per quos ei melius vallere poterit et debebit, et specialiter ad finem quod a vobis, super sibi imposttis, licet falso diffamendo, finaliter absolvatur et a nostro carcere abire libère permittatur. Infrascripta et in primis proponit et dicit, quod idem Petrus semper fuît et est bone famé, conversacionis honeste, cum bonis et probis ambulans et conversans et mallorum et perversorum consorcia semper fugiens et evitens, pacifficus, non bellicosus, et pro tali, ut premittitur, semper habitus, et maxime pro innocente et inculpabile super sibi itripositis, licet falso, quarum, etc..

Et super hiis petit ad fines predictos dictus Petrus a vobis, quod se interloqui statuique et decerni, ut jus erit, offerens de premissis in facto consistensibus fidem facere compétente^ Petrus ad hoc a vobis admitti. Quibus factia appositis, nos relevando ab interlocutoria ferenda factum per dictum clericum, proposita eo modo quo pro-

ponuntar et ad finem ad qnam tendunt, negavit dictits promotor vera esse. Lite igitur super premissis, ut premittitur, hinc inde légitime contestata, juramentoque de calumpnia in eadem causa prestito, nonnullisque testibus hinc et inde, approbando intenciones suas predictas, productis, receptis, juratis et diligenter examinâtes, eorumque intestifficacionibus in scriptis reda[c]tis et postmodum in judicio publicatis, et omnibus aliis et singulis rite et légitime ppractis, juris ordine prout decuit observato et in causa hujusmodi habito pro concluso. Demum, die veneris post Octabas Trinitatis Domini, hora vesperarum, dictis [partibus] presentibus coram nobis ad audiendum jus seu diffinitivam sententiam in dicta causa coram nobis per hec assignata; eaque die, dictis partibus, coram nobis hora p redicta personaliter comparentibus, et a nobis jus, seu sententiam diffinitivam in dicta causa ferri sibique reddi cum instancia petentibus ; nos, visis actis et processu in hac causa factis et habitis, et eis attends, neenon et aliis que nos de jure movere poterant et debebant ; attento eciam quod nos, magistrum Reginaldum de Granceyo, clericum, tune dictis die veneris et hora vesperarum coram nobis présentera, se gerentem pro procuratore prepositi Parisiensis, nomine procuratorio ejusdem prepositi, et pro ipso, interrogamus si dictum Petrum in aliquo vellet impedire seu contra eum aliquid dicere, vel proponere quare ad ipsius Pétri expeditionem, si expediri deberet, et ad nostram diffinitivam^ sentenciam ferendam procedere minime deberemus. Respondit idem magister Reginaldus, nomine procuratorio predicto, quod non. Attento eciam quod dictus Petrus super predictis sibi imposais a nobis, prout sibi indiximus, canonice se purgavit, de proborum et juris peritorum consilio, jus et nostram diffinitivam sententiam inter dictas partes pronuntietur in hune modum. Viso et diligenter inspecto toto processu et purgatione dicto reo imposita et ex habundanti et ab eo prestita, ipsum reum pronunciamus bone famé et boni nominis super sibi impositis predictis a nobis, et eum super hiis finaliter absolvimus in hiis scriptis. In cujus rei testimonium, sigillum curie Parisiensis, una cum signo et subscriptione tabellionis pabtici infrascripti, Htteris presentibus duximus apponendum. Datum anno Domini millesimo CGC XXIII, die veneris post octabas Trinitatis ejusdem 1 , hora vesperarum predictis.

Et ego, Jacobus Johannis de Trivio, clericus Bononiensis, publiais apostolica auctoritate notarius, predictis assertioni et responsioni factis per procuratorem régi u m predictum, ac purgationi, sentencie, probationi, ibi ubi incipit probatio ejusdem sententie, videlicet, viso et diligenter inspecto, et sunt eadem sententie probatio, in hiis scriptis probata per dominum officialem Parisiensem predictum, in

i. 3 juin.

IÔO DOCUMENTS PARISIENS

quadam aula parva ubi sententie ejusdem curie reddi consueverinf, presentibus hiis testibus ad hoc vocatis specialiter et rogatis; scilicet : providis viris et magnis* Jacobo de Miseraco, legum professore, Petro Allemanny, officiali curie, archidiacono Parisiensi, Egidio de Guyriaco ac Yvone de Bonavalle advocatis in eadem curia Parisiensi, Johanne Légal, Johanne Bonet, notario publico inclito dicto Lyalte, procuratore in eadem curia, et Johanne Morelli de Senonis notario sententiarum ejusdem curie presens interfui, eaque redigendo in hanc pubiicam, rogatus subscribere, me subscripsi, meoque signo consueto et nomine roboravi, sub anno Incarnationis Domini millesimo CCC XXIII, die mensis junii hora vesperarum ejusdem diei tertia, una cum appensionis (sic), sigillo curie Parisiensis predicte presenti appenso.

Quamquidem absolutionem ac omnia et singula in suprascriptis litteris contenta, modo et forma quibus superius sunt expressa, in quantum juste et rite acta, volumus, laudamus, approbamus, etc..

Actum et datum Parisius anno Domini millesimo trecentesimo quadragesimo secundo, mense aprilis.

Per dominum regem, ad relationem dominorum Henrici de Malestret et Hervey le Goch.

D'Orly.

Financia est xx 1. p. redditarum régi per compotum thesauri ad Nativitatem Domini CGC XLHR

Justice.

Collatio facta est cum originali.

1342, avril. Saint-Germain-en-Laye.

Philippe VI confirme une lettre du 3 avril 1340 de Louis de Poitiers, comte de Valentinois et de Diois, son lieutenant général en Languedoc, par laquelle il anoblit Etienne de Lestre, bourgeois de Paris et garde de la monnaie royale de Toulouse, en récompense des services qu'il rendit pendant la guerre de Gascogne en fournissant l'argent nécessaire à la défense du duché, et ce moyennant 5o 1. t. versées au trésorier de Toulouse pour le roi.

(JJ. 74, n« 368.)

Par le roy, à la relation messires J. Rousselot et J. Richier.

J. de Gova.

Collatio facta est cum litteris originalibus suprascriptis per me.

J. de Cova.

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