PEINTURES
CONMENT IL, CtC
Il se met à genoux devant un religieux bernardin assis, vestu de blanc, qui a les mains joinctes, et le visage tout couvert de playes de ladrerie, devant une table couverte d'une nappe, d'un plat de poisson, un pain, une souppe et ung pot. Auquel le roy porte à manger jusques à la bouche ^ Et est suyvy d'un trinitaire, croisé d'un autre religieux vestu de sa chappe, et d'un de ses gardes qui porte une massue.
dont se servit Geoffroy de Beaulieu, le confesseur et l'un des biographes du roi (c. xvi) que la discipline dont parle, avec moins d'autorité, le confesseur de la reine Marguerite (1. I, c. 14). « Il avoit trois cordeles ensemble jointes, lonu gués près de pié et demi », dit ce dernier auteur, « et chascune de ces cor- « deles avoit quatre neus ou cinq; et tous les jours de vendredi par tôt l'an, et « en quaresme es jours de lundi, de mecredi, il cerchoit moût bien en sa « chambre par touz les angles, que nul n'i demorast ilecques ; et donc il clooit « l'uis et demoroit enclos avec frère Giefroi de Beaulieu, son confesseur, de « l'ordre des Precheeurs, dedenz la chambre où il estoient longuement enic semble; et estoit creu et dit entre les chambellens et hors de sa chambre, « que lors li benoiez rois se confessoit adoncques audit frère, et que adoncques « li diz frères le deciplinoit des dites cordeles (Historiens de France, t. XX, p. 108) ». Les courtisans ne se méprenaient point ; c'est Geoffroy de Beaulieu qui l'atteste et qui rapporte en même temps ce fait plaisant d'un de ses prédécesseurs qui frappait le roi à coups redoublés, de sorte que la peau du prince, qui était extrêmement tendre, en était fort maltraitée. Le bon roi ne s'en plaignit pas, tant que ce confesseur vécut; mais, plus tard, il ne put se garder d'en parler en riant à Geoffroy, selon lequel la discipline royale se composait de cinq petites chaînes de fer [catenulœ ferreœ) jointes ensemble et fixées par la tête au fond d'une petite boîte d'ivoire que le roi portait avec lui.
I . Cette scène VI, forme aussi le sujet de notre planche empruntée aux peintures de la Sainte-Chapelle, et celui de l'un des huit vitraux de l'abbaye de Saint-Denis (voyez plus haut, p. 11, note 2). Elle est racontée dans la plupart des Vies de saint Louis, qui l'ont toutes empruntée, plus ou moins directement au Confesseur de la reine Marguerite (1. \, c. 11 ; Historiens de France, t. XX, p. 96), dont le récit commence ainsi : « Et en l'abeïe de Roiaumont Il avoit un moine qui avoit non frère Legier, et estoit diacre en l'ordre, qui « estoit mesel et estoit en une meson dessevré des autres, qui estoit si dtspiz « et si abominables, que pour la grant maladie ses ieux estoient si degastcz que « il ne veoit goûte ».