DOC. V
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Hum archiépiscopal ' avec les croixsettes rouges), faict la sacrée onction sur les espaulles du petit roy toutes nues, tenant à sa main gauche la patène d'or où est le cresme. 11 est adsisté de deux autres evesques en chappe et tous trois en mittre (avec trois clercs vestus de blanc qui portent la croix archiépiscopale et deux crosses), et des pairs laïcs vestus de long tout simplement, dont l'un a une callotte, béguin ou scoffion blanchastre lié sous le menton, soubs lequel paroissent les cheveux, selon Pusage de ce temps là. Sur l'autel, il n'y a rien qu'une simple croix d'or, et en l'air un petit vase d'or en forme d'ampouUe, suspendu soubs un petit pavillon. La tapisserie de derrière est de rouge brun grenetté.
Le couronnement [planche IX].
A Midi, se void le couronnement de sainct Louys sur un théâtre ou jubé de charpante eslevé de la haulteur d'un homme, et tapissé de blanc, sur lequel le roy est vestu d'un manteau royal de drap d'or, fourré ou doublé de blanc, joignant les mains et regardant (ou bien tourné) vers l'autel, où l'evesque célèbre la messe adsisté de diacre et soubs-diacre, revestus d'ornements bleus. Le roy est environné des pairs de France, à sçavoir quattre evesques mittrez à sa main dextre, et six aultres teste nue à sa gauche, excepté un qui a la callotte et est vestu d'un sercot de couleur de rose ou chapperon orangé et fourré, lequel advance le bras par derrière les testes de ceux qui sont devant luy, pour porter sa main à la couronne du roy et ayder à la soustenir.
La tapisserie de derrière est eschiquettée d'or, d'azur et de gueulles.
La courone d'espines [planche X].
A Nonne est représentée la translation de la couronne d'espines
I. Cette circonstance montre bien, à notre avis, que l'auteur de ces miniatures se préoccupait médiocrement — et il n'en pouvait être autrement — de l'exactitude historique des détails de son œuvre : l'artiste, on le voit par ce détail du pallium, n'a certainement pas entendu représenter Vévéque de Soisjons dont il ignorait évidemment le rôle accidentel au sacre de Louis IX, mais bien V archevêque de Reims.
en la Sainte Chapelle ', où se void un evesque mittré qui va devant avec le goppillon de l'eau benitte, suivy du roy assez aagé, couronné et habillé d'un sercot de couleur rose ou capperon fourré et r'abattu au tour du col, la pointe du cappucin pendante par derrière quasi jusques aux reins, des bas orangez, des souliers noirs semez de croisettes orangées ou comme si le soulier estoit decouppé à jour, lequel porte sur ses espaules les deux bras ou bastons de la fierté ou brancan sur lequel y a un grand carreau ou coussin verd couvert d'un drap de soye rayé, sur quoy est mise une grosse couronne d'or, ouverte par le bord en trois endroicts, à travers lesquels se discerne la couronne d'espines. La fierté ou le brancan est porté par derrière par un prince plus jeune *^, vestu d'un sercot orangé ou chapperon fourré, ayant la teste toute nue. Les pieds semblent nuds, avec des sandales ou soulliers decouppez à jour. Il ne se distingue pas bien si ce prince est tout seul pour porter les deux bras du derrière du brancan ou s'il n'en porte qu'un, laissant porter Faultre à un aultre jeune prince qui est à costé de luy et marche en parallèle ou mesme rang. Derrière lesquels marchent trois aultres seigneurs dont l'un a la callotte ou scoffion. La tapisserie est bleue avec quelques poincts rouges.
La mort [planche XV]. •
A Vespres, se void le trespas de sainct Louys représenté gisant, à demy assis, en son lict, malade, avec sa chemise ou cotte ou tunique blanchastre, une couverture de couleur de rose doublée de verd, sa couronne en teste (mais effacée exprez, comme une faulte de Tenlumineur), adsisté de deux evesques mittrez et en chappe, tenant chascun leur crosse rouge, à l'un desquels il semble que le roy présente une petite croixsette rouge qu'il a dans sa main, que l'evesque veult
1. On peut lire tous les témoignages relatifs à la translation des reliques de la Sainte Chapelle (août 1 2 Sg) dans le savant ouvrage de M. le comte Riant (£xmvice sacres Consiantinopolitance, t. II, pp. 241-258).
2. Ce jeune prince est Robert, comte d'Ariois, le second des fils du roi Louis VIII et de Blanche de Castille; c'est du moins ce que dit Philippe Mousket dans sa Chronique fédiiion Reiffenberg, p. 667). Le transport des saintes reliques par les deux princes forme le sujet d'un vitrail de la Sainte-Chapelle, exécuté du vivant de Louis IX et reproduit en chromolithographie dans l'édition illustrée du Saint Louis de M. Wallon (p. 14).
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prendre de la main gauche d'où il semble avoir osté le gan pour cet effect, car l'aultre main est gantée. Entre cez deux evesques, il y a un cardinal ^ vestu et enchapperonné de couleur de rose fourré, couvert par dessus d'un chappeau rouge ^, faict comme une simple escuelle renversée, sans aulcun bord, avec deux attaches rouges pendantes aux costez. Derrière il y a un prince vestu d'un sercot orangé à chapperon jaulne, fourré et renversé sur les espauUes, avec sa calotte ou son béguin lié soubs la gorge, ayant les bras croisez en posteure fort dolente. Il y paroit une aultre persone enchapperonnée d'un chapperon jaulne, et plus loin quattre aultres figures, teste nue fort tristes, et tous de bout. La tapisserie par derrière est lozangée d'or, d'azur et de gueulles, l'azur et les gueulles chargées de fleurs de lis d'argent fort menues.
Le sermon ou harangue funèbre [planche XVI].
A CoMPLiE, ce peult estre la harangue funèbre, car il semble que ce soit un sermon que faict un cardinal en chappe de couleur de rose, avec son cappeau rouge, adsisté de trois prélats mittrez, deux desquels qui sont à ses costez portent des crosses d'or et le troisiesme qui est derrière a une croix d'archevesque. Il y a encores derrière luy trois religieulx, l'un desquels se recognoit estre dominicain, l'aultre vestu d'un gris tanné pour cordelier ou carme, et le troisiesme noir, possible bénédictin. Trestouts comme dans un jubé, tapissé d'estoffe rayée de verd, jaulme et rose seiche (si ce n'estoit que ce fust la bière du roy defîunct "), tant il y a qu'ils semblent estre relevez sur le reste de la compagnie, laquelle est en bas assise par terre, en posteure attentive, comme pour ouyr le sermon, où se void encores le prince vestu d'orangé avec son béguin et sept aultres figures, les unes avec leurs chapperons vestus (entre aultres une à robe verte et chapperon jaulme) les aultres teste nue. Au prez de laquelle compagnie, il y a un jeune prince de bout, teste nue, vestu d'un sercot bleud, au chapperon orangé doublé de verd rabattu sur les espaules, lequel tend la main au cardinal qui parle
1. La présence de ce cardinal n'est peut-être pas en rapport avec l'histoire.
2. « Les chappeaux rouges avoient esté donnez aux cardinaux par le pape Innocent dez l'an 1262 (note marginale de Peiresc )>,
3. Celte parenthèse est tirée d'une addition marginale de Peiresc.
DE LA REINE DE NAVARRE Sy
à luy et luy présente une croisette rouge. Ce pourroit bien estre le filz du roy, avant son couronnement et, pour ce, ne portant pas couronne.
La tapisserie du derrière est de rouge brun, croisé de noir.
Et à la fin de l'office est escript en rubrique :
Cy finent les heures monseigneur saint Loys ROY DE France et confesseur.
Aprez : sainct Martin, sainct Gilles et sainct Joce.
Cy commence mémoire des reliques et de tous autres