SUR L ICONOGRAPHIK DE SAINT LOUIS
Tête de saint Louis : hauteur, ©""igo; largeur, o"'253. ' Saint Louis captif : hauteur, o^iôH; largeur, o'"240.
Saint Louis lavant les pieds aux pauvres : hauteur, o"'i6i ; largeur, o^iiB, Saint Louis recevant la discipline : hauteur, o"'i55 ; largeur, o'^i^j. Saint Louis donnant à manger à un religieux lépreux : hauteur, o"'i64; largeur, o"'24i.
Si l'on suppose, ce qui semble assez probable, que la tète de saint Louis, extraite du second des tableaux de la Sainte-Chapelle, a été reproduite à la grandeur de l'original, on sera amené à penser que le tableau du Lavement des pieds a été reproduit par le dessinateur au vingtcinquième de l'original, mesurant, par conséquent, quelque chose comme 80 centimètres de hauteur sur i'"o6 de largeur.
La troisième source à laquelle ont été puisés les documents iconographiques sur saint Louis est le livre d'heures de Jeanne II, reine de Navarre, fille de Louis Hutin, roi de France et de Navarre, et de Marguerite de Bourgogne, sa première femme.
Ce manuscrit, dont on ignore la destinée actuelle, était, en 1621, aux mains des Cordelières de Lourcines qui le communiquèrent à Peiresc par l'intermédiaire de Charles du Lis, l'arrière-neveu de Jeanne d'Arc. Il fut exécuté vers 1 33o ^ et, semble-t-il, par ordre du roi Philippe de Valois ou de sa femme la reine Jeanne de Bourgogne, tante maternelle de la destinatrice, la reine de Navarre : on peut, du moins, l'induire d'une miniature (planche XI) qui représente le roi, la reine de France, leur fils le prince Jean et deux personnes de leur suite agenouillés devant l'autel de la Sainte-Chapelle, leur chapelle royale, garni de la grande châsse.
Selon la minutieuse et excellente description qu'en a laissée Peiresc, et qui, formant un cahier du manuscrit X de Carpentras, en a été détaché et détourné par le fameux Libri, dans le cabinet duquel on l'a reprise en 1848 ^, ce livre d'heures débutait par un calendrier historié
1. Ces dernières dimensions sont celles de la feuille où a été dessinée, sans encadrement, la tête de saint Louis.
2. Cette date résulte, à notre avis, de l'étude de la planche XI dont on trouvera plus loin (p. 37) la description.
3. Lambert, Catalogue descriptif et raisonné de la bibliothèque de Carpentras , t. II, p. 46. Ce cahier, qui comprend les feuillets 58 à 65 du volume X de Peiresc, a été renvoyé à la bibliothèque de Carpentras; mais il n'a pas été réintégré
dont les calendriers de plusieurs autres manuscrits de même nature, exécute's de i36o h 1409 ", peuvent donner une idée assez exacte, car ils paraissent dériver, sinon de celui-ci, du moins d'une source commune.
Dans la partie supérieure de chacune des pages consacrées aux douze mois de l'année, est représenté un édifice crénelé qui, suivant le commentaire d'un des miniaturistes qui ont eu à exécuter cette ornementation, représente successivement les douze portes de la Jérusalem céleste '. Au haut de l'édifice, la Vierge tient une bannière bleue sur
dans le volume auquel il appartenait, l'administration voulant conserver la trace des détournements criminels de Libri. Il y a peut-être là un fait regrettable pour les études : en effet, n'ayant pas tout d'abord connaissance de la mutilation du manuscrit, nous avons failli publier les documents réunis par Peiresc en faisant force conjectures, d'ailleurs confirmées pour la plupart, sur l'origine des sujets du livre d'heures de la reine de Navarre.
1. Ce sont : 1° le tome I'='" du bréviaire de Belleville (Biblioth. nat , fonds latin, n° 10483), exécuté, selon toute apparence, pour Olivier de Clisson, seigneur de Belleville, vers le début du règne de Charles V (malheureusement les feuillets consacrés aux dix premiers mois de l'année n'existent plus) ; 1" un livre d'heures du duc d'Anjou, cousin germain de Charles VI. en date de iSgo (Biblioth. nat. fonds latin, n» 919); 3° un livre d'heures exécuté pour le duc de Berry, oncle de Charles VI, en 1409 (Bibl. nat., fonds latin, n» 18014^.
2. Ce commentaire intitulé : L'Exposition des y mages des figures qui stiitt u kalendrier et u saut ter, et est proprement Vacordance du Vieil Testament et du Novel, a été publié en 1875 par M. Marcel de Fréville dans les Nouvelles archives de Vart français (années 1874-1875, p. 144 et ss.). Nous en reproduisons ici le début comme complément de la Notice de Peiresc sur ce livre d'heures de la reine de Navarre :
(' Premièrement sont les Apostres qui sont exécuteurs du Nouvel Testament, « qui cueillent les clauses du Viel Testament oscurement bailliées, et les des- « cuevrent et desclairent, et en font les articles de la foy ; si que en chascun des « XII mois à I des xn Apostres et i des xii Prophètes, en tel manière que le a Prophète baille à l'Apostre une prophétie envelopée, et l'Apostre la descuea vre et en fait un article. Et, pour ce que de la Synagoge, qui fu ou temps ic de l'Ancien Testament, et de l'Eglise qui est ou temps du Nouvel, nous par- « lent en deus manières, et quant au sens gros et matériel et quant au sens « sentil et esperituel, met je l'un sens et l'autre; quar, au derrière de chascun, « a une synagoge matériel de quoy le Prophète trait une pierre que il baille à « l'Apostre avec la prophecie, et va tous jors celé Synagoge en défaillant, selonc « ce que il vont plus avant, et les articles en mouteploiant, si comme vous poés « voir es figures.
« Et, pour ce que les articles de la foi sont la voie et les portes d'entrer en a Paradis, met je les xii portes de Jérusalem de Paradis au desus des xn « apostres en la Vierge Marie par quoi nous fu la porte ouverte, qui tient sur « chacune des portes ou panoncel, où est paint en ymage l'article que l'Apos-