SUR L ICONOGRAPHIE DE SATNT LOUIS
laquelle est peinte une figure dont on trouvera plus loin la raison d'être. Le signe du zodiaque, re'pondant au mois, est représenté sortant de l'édifice crénelé ou bien, déjà sorti, figure dans l'ovale de droite où sont dépeints les différents temps de l'année. Enfin, à gauche de l'édifice, on voit saint Paul en extase d'abord, prêchant aux diverses nations ensuite.
Au bas des mêmes pages, est peint le Temple ou la « synagogue » des Juifs dont douze prophètes hébreux arrachent successivement deux pierres. Chacun de ces prophètes présente à l'un des douze apôtres une phrase prophétique ' dont le texte est inscrit sur une banderole et, de chacune de ces phrases, l'apôtre compose un desdouze versets du Credo; c'est à ces versets du Credo que correspond la figure peinte en la bannière de la Vierge, dans la partie supérieure de la page. C'est ainsi, selon le commentaire auquel nous faisions allusion, que l'église du Nouveau Testament a été construite avec les matériaux de celle de l'Ancien.
Peiresc décrit, non moins scrupuleusement, les miniatures qui, dans le livre d'heures de la reine de Navarre, accompagnent les offices de la Trinité, de Notre-Dame, de saint Louis, etc., mais il s'attache surtout aux miniatures qui précèdent chacune des heures de l'office du saint roi et dont voici la liste :
A Matines. — L'étude.
A Laudes. — La prière.
A Prime. — Le voyage du sacre (planche VII).
A Tierce. — Le sacre (planche VIII).
A Sexte. — Le couronnement (planche IX).
A None. — La translation de la couronne d'épines (planche X).
A Vêpres, — La mort.
A Compiles. — Les funérailles ou la harangue funèbre.
« tre fait au desous par parole. Et respont chascun panoncel à chascun article « en droit soi.
« Et, pour ce que mesires saint Pol n'estoit uncore pas ou collège des Apos- « très, quant ils firent le Credo et assemblèrent les articles de la foy, met je « son ravissement comment il fu ravi et apelé, soz le premier article que la « Vierge Marie H tent ou pennoncel; et, puis après tantost, es autres mois, « comment il preeche et monstre les articles que la Vierge tient sur la porte « as onze manières de gens à qui il escrist onze epistres.
« Puis après tôt ce veu, vient une page où les Apostres s'asemblent et edi- « fient une église des pierres qu'ils ont traites et aportées de la Synagoge. »
I. Les calendriers du livre d'heures du duc d'Anjou et de celui du duc de Berry que nous citions plus haut (p. 8, noie i ' offrent ici quelque différence avec le calendrier du livre de la reine Jeanne : les prophètes ne sont pas identiquement les mêmes ou figurent dans un ordre différent; par suite, leurs paroles, qui s'accordent avec le Credo, sont empruntées à d'autres passages de l'E-
D'excellents dessins à la plume avaient été' faits, sous la direction de Peiresc sans doute, de chacune de ces huits miniatures relatives à la vie de saint Louis et de deux autres compositions du même manuscrit : i» l'autel de la Sainte-Chapelle, devant lequel est agenouillé le roi Philippe de Valois et sa famille, qui précède l'office des reliques et des martyres (planche XI) ; 2» saint Louis de Marseille servant les pauvres à table, à l'exemple de son grand-oncle le roi Louis IX (planche XII) '. Bien que ces deux dessins ne se rattachent qu'indirectement au sujet qui nous occupe, on les trouvera plus loin.
Ces divers dessins exécutés pour Peiresc et qui reproduisent, avec une fidélité et un sentiment archéologique remarquables chez un artiste du temps de Louis XIII, des scènes empruntées à un manuscrit du moyen âge,nenoussont pas tous parvenus : le manuscrit de Peiresc ne contient ni l'Etude, ni la Prière, ni la Mort, ni les Funérailles de saint Louis; mais la description qu'en donne le savant magistrat, les reproductions que celui-ci ou quelqu'un de ses amis en fit faire par la gravure, atténuent, à un certain point, les regrets que leur perte peut inspirer.
Le manuscrit de Peiresc renferme une épreuve, la seule peut-être qui subsiste ^, des gravures ^ exécutées d'après les miniatures que nous venons d'énumérer et destinées sans doute à un ouvrage sur le roi Louis IX, lequel n'a pas vu le jour. Malheureusement ces gravures, qui ne sont point, paraît-il, dénuées d'un certain mérite artistique, altèrent assez profondément le caractère des dessins originaux qu'ils interprètent et complètent, comme le prouve l'examen de celles dont nous
criture.On pourra se rendre compte de ces dissemblances en recourant, soit aux mss., soit à l'article déjà cité de M. de Fréville qui en donne une description.
1. Six de ces dessins figurent, dans le ms. de Carpentras, dans l'ordre suivant : le Voyage du Sacre (f° 83), le Sacre (f" ^5j, le Couronnement (f" 86), la Translation de la couronne d'épines (f" 87), l'Autel de la Sainte-Chapelle (f" 88), Saint Louis de Marseille (f° 89).
2. Notre confrère M. Duplessis, conservateur adjoint au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale, nous a dit n'avoir jamais rencontré cette série de gravures, ni même une des pièces dont elle se compose. — Ces gravures, non-seulement ne portent aucun titre, mais elles ne représentent pas toujours un état achevé de la planche; ainsi, dans la gravure du Sacre, le « sinsenier » suspendu au-dessus de l'autel est seulement esquissé.
3. Elles y sont disposées sans ordre aucun : le Voyage du Sacre (f* 70), le Sacre (f" 71), la Prière (f'' -jt), l'Etude (f" 73), l'Autel de la Sainte-Chapelle (f° II 3), la Translation de la couronne d'épines (f^ 114)» 1^ Couronnement (f" Il 3), la Mort (f" 116), les Funérailles f» 11 7). Nous n'oserions affirmer que le dessin représentant saint Louis de Marseille ait donné naissance à une gravure, mais il est certain qu'il ne se trouve pas sous cette forme dans le ms. de Peiresc.