‹ Documents Physio-Pathologiques sur la CholécystectomieChapitre 10 sur 39 · TROISIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME SÉRIE

EXPÉRIENCE VI. — L'animal d’expérience est un chien de 9 kgs 800. Le 12 février 1926, on pratique sur cet animal une cholécystectomie par la technique habituelle. Les suites furent normales. Le 8 décembre 1926 — soit 300 jours plus tard — l’animal est sacrifié sous anesthésie chloroformique. On pratique l’examen macroscopique: après avoir enlevé le foie en entier, l’estomac et une certaine partie du duodénum, on constate une dilatation indiscutable de la voie biliaire principale. Cette dilatation était le plus manifeste à la portion haute du cholédoque, avec un maximum au point de confluence des voies biliaires, et elle s’étendait aux branches du canal hépatique. Le moignon cystique a aussi l’aspect d’un sac communiquant largement avec le cholédoque. La radiographie après injection de iodure de sodium confirme l’exis-

tence d’une dilatation des voies biliaires extrahépatiques et elle est encore plus démonstrative pour ce qui touche . les voies biliaires intrahépatiques dont on voit les plus fines ramifications. |

EXPÉRIENCE VII. — On opère le 21 janvier 1926 une chienne de 20 kgs 750 de la cholécystectomie par la technique habituelle. Les suites opératoires sont normales. Le 20 mars 1927, soit 14 mois après, on sacrifie l’animal au moyen d’inhalation de chloroforme. A l’autopsie on rencontre une dilatation du cholédoque, dilatation sacciforme, située au confluent des voies biliaires et correspondant au moignon du cystique dont l’extrémité présente un aspect cartilagineux. Les canaux intrahépatiques sont dilatés.

La radiographie après injection de iodure de sodium montre une dilatation de tout l’arbre biliaire tant intra qu’extrahépatique.

EXPÉRIENCE VIII. — L'animal employé est un chien de 16 kgs 150. Cet animal est opéré le 25 janvier 1926 de cholécystectomie avec ablation totale du canal cystique. Les suites opératoires furent simples. Le 25 avril 1927 — soit quinze mois après — on sacrifie l’animal au moyen d’inhalation de chloroforme. On trouve, à l’autopsie, un cholédoque uniformément dilaté, mais principalement dans sa portion haute, celle qui se continue avec les branches de l’hépatique. On note au carrefour, une grosse dilatation du moignon cystique ayant presque les mêmes caractères que dans le cas précédent.

L'examen radiologique permet de constater une dilatation diffuse de toutes les plus fines ramifications de l'arbre biliaire.

Après avoir exposé en détail ces expériences de Canavero, nous allons, avec l’auteur, essayer de tirer

des conclusions.

DR

Pour résumer, nous pouvons, comme nous l’avons dit précédemment, classer ces expériences en trois groupes suivant les époques auxquelles furent sacrifiés les animaux, c’est-à-dire suivant la durée qui sépara la cholécystectomie de la vérification autopsique.

1° Dans la première série d’expériences, dans laquelle les chiens furent sacrifiés quinze jours après l'intervention, on constate que la cholécystectomie ne détermine pas de modifications de la voie biliaire hépato-cholédocienne. La voie principale apparaît comme remplie de bile ét présente un calibre normal. Au point de ligature de la voie accessoire on ne relève aucun indice de formation d’un moignon cystique.

Ces résultats ne concordent pas avec les recherches de Hautefort qui a rencontré dans plusieurs cas, trente-six ou quarante-huit heures après la cholécystectomie, une légère dilatation de la voie biliaire principale. Mais il faut noter cependant que les résultats obtenus par la majeure partie des expérimentateurs dont nous avons rapidement analysé les travaux, confirment ce fait qu’il n’y a pas immédiatement après la cholécystectomie de modification appréciable de l’arbre biliaire.

2° La seconde série d'expériences intéresse des animaux sacrifiés de trente-cinq à quatre-vingt-dix jours après l’opération. On constate dans ces cas que la voie biliaire est notablement dilatée et que la dilatation va en augmentant depuis la portion inférieure du cholédoqué pour atteindre son maximum au point de confluence des deux voies biliaires principale et acces-

soire.

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