‹ Documents Physio-Pathologiques sur la CholécystectomieChapitre 19 sur 39 · NOR · texte numérisé non relu

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singes. Cet auteur utilisa dix chiens et deux singes. Il administra aux chiens une nourriture fondamentale de pain noir, avec de la graisse et, de temps en temps, du pâté de foie, ainsi que de l’eau ou du lait coupé d’eau ; aux singes, des légumes, du pain blanc, du riz au lait, de l’eau. Le repas d’épreuve était retiré avec une sonde. Les expériences furent faites avant, puis après cholécystectomie sur tous les animaux.

Nous n’entrerons pas dans le détail des longues et précises expériences de Dahl Iversen. Nous en donnerons seulement le résultat et les conclusions à en tirer.

Les examens ont montré que la cholécystectomie n’a point d'influence sur la sécrétion de l’acide chlorhydrique dans l’estomac, tandis que la sécrétion de la pepsine subit une augmentation considérable. Cette augmentation de la pepsine s’élève, en moyenne, à 0,161 % chez les chiens adultes, à 0,173 % chez les petits chiens et à 0,361 % chez les singes, dans le repas d’'Ewald. L’augmentation de la pepsine est trouvée lors du premier examen, fait le deuxième jour après l'opération.

Des expériences faites chez l’homme montrent une grande différence, entre les chiens et les hommes, dans le taux d’acide chlorhydrique, comme dans le taux de pepsine qui est sécrétée en quantité huit fois plus grande chez l’homme que chez le chien dans les mémes conditions.

Ces expériences montrent qu’il y a presque les mêmes valeurs de pepsine dans le suc gastrique des chiens que dans le repas d’'Ewald chez l’homme. Dans

le détail, tous ces examens — qui furent au nombre de 498 — chez des chiens et des singes ont montré que les chiffres de l’acide et de la pepsine ont subi de très grandes variations, même de jour en jour. Le taux de l’acide chlorhydrique libre se trouve presque toujours négatif chez les chiens. Mais, malgré cela, le taux. de l’acide lactique est le même que chez les hommes.

Dans le suc gastrique, les valeurs des chiffres de l'acide chlorhydrique et de la pepsine ont subi, dans les mêmes conditions et dans le même quart d’heure, des variations considérables, comme d’un quart d'heure à l’autre. La sécrétion de l'acide chlorhydrique et celle de la pepsine sont indépendantes l’une de l’autre. On ne peut jamais relever entre ellés de variations directement, ni inversement proportionnelles.

La. quantité du repas d’épreuve, retirée de l’estomac, est la même après et avant cholécystectomie, ce qui indiquerait que l’évacuation de l'estomac n’est pas modifiée après cette intervention. Cependant, comme l’a dit Thomsen, il y a une perturbation dans le fonctionnement du pylore après l’ablation d’un organe intra-abdominal quelconque. C’est ce qu'a vu Dahl Iversen dans deux cas. Chez deux animaux, il trouva, le premier mois après la cholécystectomie, une entrée importante et périodique de la bile dans l’estomac. Le reflux de cette bile, plus important dans les quinze premiers jours, existait encore après deux mois. Ce phénomène eut lieu presque exclusivement dans un estomac vide et ne fut rencontré qu’exceptionnellement au cours d’un repas d’épreuve.

Ces faits étant établis, il semble plausible de considérer les valeurs de l’acide dans le liquide bilieux non pas comme l'expression d’une hypersécrétion continue, mais comme une sécrétion provoquée par l'entrée de la bile, d'autant plus que, dans les cas observés, environ un mois après l’opération, on trouva une seule fois, à jeûn, un contenu d’acidité normale, tandis que, sans reflux de bile, on ne trouva jamais de sécrétion à jeûn.

Hohlweg avait tiré de ses expériences la conclusion que la cholécystectomie donnait une diminution de sécrétion de l'acide chlorhydrique dans l’estomac parce que, dans la plupart des cas, il avait trouvé un manque total d'acide chlorhydrique libre. Cette conclusion cependant, conséquence d’un défaut de technique, n’est pas justifiée, nous l’avons vu. On doit donc admettre que la quantité d’acide chlorhydrique totale n’est pas modifiée après cholécystectomie.

Quant à l’augmentation considérable de la pepsine, constatée après la cholécystectomie et à laquelle on ne peut comparer aucun fait semblable dans la littérature des ferments, il faut, semble-t-il, la considérer comme une fonction compensative du côté de l’estomac, compensant la diminution de sécrétion du pan-

créas.

Pour résumer, les modifications, apportées par la cholécystectomie à l’état de la sécrétion gastrique, ne sont pas de nature à déterminer des troubles à elles seules, puisqu’elles se bornent à l'augmentation d’un ferment.

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La digestion intestinale et pancréatique

Il n’en est pas de même au niveau de l’intestion où les glandes pancréatiques et intestinales sont atteintes beaucoup plus directement par le fait de la cholécystectomie. La littérature sur ce sujet est encore restreinte et nous ferons appel principalement aux notions relevées dans le travail le plus récent, celui d’un auteur italien, Agrifolio.

L'auteur fait appel à des notions de physiologie normale et considère que l’absence de fonctionnement vésiculaire ne peut qu’entraîner des modifications dans les phénomènes chimiques de la digestion qui ont leur siège dans l'intestin.

Le flux de la bile dans le duodénum coïncide exactement avec le moment de la digestion pendant lequel le chyme acide passe d’une façon rythmée de: lestomac dans l'intestin, le chyme acide étant comme l’excitant physiologique principal du suc pancréatique comme de la sécrétion biliaire. La vésicule a, de plus, une fonction de concentration de la bile par'absorption d’eau et une fonction de production de mucine rendant la bile plus dense, plus visqueuse, moins limpide.

Les expériences de Dastre, de Minkowski et d’Abelmann ont montré que la digestion et l’absorption des graisses nécessitaient la coexistence du suc pancréatique et de la bile.

On a recherché si les modifications apportées par la cholécystectomie sur la composition et le rythme

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de l’excrétion biliaire pouvaient en quelque sorte modifier le fonctionnement et la structure intime du pancréas. ; Agrifolio étudie l'absorption des graisses et des protéiques d’abord chez l’animal normal, puis chez l’animal cholécystectomisé, à des périodes plus ou moins éloignées de l'intervention. Cet auteur pratique plusieurs séries d'expériences dont nous allons donner un résumé succinct. Disons, tout d’abord, que pour toutes ces expériences, les chiffres que nous publions sont des moyennes obtenues à la suite d’analyses chi-

miques nombreuses.

PREMIÈRE SÉRIE D'EXPÉRIENCES. — Cette série comporte des examens sur des animaux témoins qui n’ont pas encore été opérés de cholécystectomie.

Expérience n° 1. — Il s’agit d’une chienne de 20 kïlogs nourrie pendant huit jours avec un régime quotidien composé de 300 cc de lait, 150 gr. de pain blanc, 100 gr. de viande maigre, 40 gr. de graisse. L’analyse des fècès fait méthodiquement, montre que le pourcentage des graisses absorbées est de 17, 51 %. Celui de l’azote non absorbé est de 2, 96 %.

Expérience n° 2. — Autre chienne de 22 kilogs. L’alimentation est la même que dans l’expérience précédente. Les graisses non absorbées sont trouvées dans les fécès au taux de 15,28 %. L’azote non absorbé au taux de

Expérience n° 3.— Chien de 23 kilogs. Même alimentation pendant quatre jours. Le pourcentage des graisses

rejetées dans les fécès est de 13,68 %. Celui de l’azote non absorbé est de 1,52 %.

Expérience n°°4. — Chien de 16 kilogs. Pendant cinq jours, même alimentation que dans les expériences précédentes. Les graisses non absorbées sont trouvées au taux de 12,52 %. L’azote non absorbé au taux de 2,83 %.

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