SUSPENSION D'ARMES
Convenue entre M. le major général, comte Gifflenga, chargé des pleins pouvoirs de S. E. le comte de La Tour, lieutenantgénéral commandant les troupes austro-sardes devant Grenoble, d'une part; M. le colonel d'Haulpoul, chargé du pouvoir de M. le maréchal de camp Motte-Robert et M. le major Lavaudan, chef delà seconde légion de la garde nationale, d'autre part.
Art. i w .
Il y aura trois jours francs d'armistice , sans que l'on puisse l'enfreindre de part et d'autre.
Art. 2.
A l'expiration des trois jours, c'est-à-dire le 9 à midi , s'il n'y a pas eu d'arrangements ultérieurs, les hostilités recommenceront.
Art. 3.
On ne fera de part et d'autre aucuns travaux de fortification et particulièrement aucune tranchée ni batterie, à aucune distance que ce soit de la place.
Art. 4.
H sera facultatif à la garnison de faire toutes les réparations d'entretien aux bâtardeaux d'amont et d'aval qui soutiennent les eaux dans le fossé, ces travaux n'étant point considérés comme travaux de fortification.
Art. 5.
Les faubourgs seront occupés par les troupes de la division austro-sarde, aux ordres de H. le comte lieutenant-général La Tour, de sorte que tous les dehors de la place leur appartiendront, les demi-lunes et chemins couverts exceptés. Les postes seront posés de concert avec M. le major-général, comte Gifflenga, et le colonel d'ftautpoul.
Art. 6.
Le général La Tour n'entend occuper que la rive gauche de l'Isère, et toujours à la distance réglée ci-dessus.
Art. 7.
S'il s'élevait quelques difficultés sur l'exécution des articles ci-dessus, elles seront réglées à l'amiable entre les parties contractantes.
Fait à double, au faubourg Joseph (sic) de Grenoble, le 6 juillet 1815, à une heure de l'après-midi.
Signé : Lavàudan.
Signé : Gifflenga.
Signé : d'Hautpodl.
Approuvé par nous maréchal de camp commandant supérieur de la place en état de siège.
Signé : Motte.
Ce môme jour, le maire dut prendre certaines précautions : « Permettez-raoi, écrivait-il au général Motte, de vous entretenir d'un objet qui n'a pas été sûrement prévu dans le traité d'armistice que vous avez conclu aujourd'hui. Il s'agit de l'enterrement des morts qui pourront avoir lieu pendant trois jours, si vous ne pouvez laisser ouvrir la porte de Très-Cloîtres, pour remplir ce devoir, etc. » (1) .
Le lendemain 7, ce cas se présente :
Le maire de Grenoble, ensuite de la lettre de M. le maréchal de camp Motte, commandant supérieur de la place, du 7 de ce mois, et vu les circonstances où se trouve la ville de Grenoble, autorise le fossoyeur à enterrer les morts de la ville de Grenoble jusqu'à nouvel ordre dans l'ancien cimetière de Saint-Laurent de cette ville (2).
Voici encore la suite des séances du conseil municipal. (V. les Pièces justificatives CC, DD, EE, FF.) Comme on le voit, un certain nombre d'habitants étaient
(1) Registre de la correspondance.
(î) Idem.
hostiles à la reprise du siège. La lettre suivante du maire, en date du 8, vient encore à Pappui de ce fait :
Monsieur le colonel-commandant d'armes de la place,
Le conseil municipal vient d'être informé que quelques personnes inquiètes se promettent de s'emparer de divers postes de la ville et notamment des portes, et de sonner ensuite le tocsin. Je vous engage à prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter un pareil événement qui jetterait l'alarme et le désordre dans la ville, et notamment de faire garder les clochers.
J'ai l'honneur, etc. (1).
Le 9 juillet arrive, et avec lui la fin du siège. Voici la capitulation qui, à l'exemple de l'acte d'armistice, doit trouver sa place ici.