‹ Documents pour servir à l'histoire de Grenoble en 1814 et 1815Chapitre 49 sur 52 · XXXVIII. - Pièce wm · texte numérisé non relu

XXXVIII. - Pièce wm

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Séance du 14 juillet 1815, à 11 heures du malin.

La Commission administrative du département de l'Isère ayant, par son arrêté du treize de ce mois approuvé par S. Exc. l'Intendant général de l'armée impériale et royale d'Italie, nommé, pour composer le Conseil municipal de la ville de Grenoble, MM. Beyle, de Saint-Maurice, adjoints; Giroud, rerereur général , de Montai, Gerboud, Verney, Allemand-Dulauron, ïlèhepère, Ma\ire\, président, Pina Saint-Didier, Bernard, avocat, de Bérenger, Borcl S'-Victor, Flauvan, Piat-Desvial , Ducruy, Périer (Augustin), Chanriont aîné, Pasquier, Durand (Charles), de Gauteron, Humbert Dubouchage, Morand (Paul), Gauthier (Augustin), avocat, Falatieu, notaire, Jacquemet, président, Favier, négociant, Pison (Félicien), avoué , Gagnon, Berthier , juge de paix, l'abbé de la Mairie, Silvy, médecin, Comte, médecin;

M. de Lavalctte, maire, ayant reçu communication dudit arrêté, a fait convoquer pour ce jour, lieu et heure , les personnes y

(1) llegistre des dèlibèi ations de l'Hôlel-Ue Ville.

désignées, auxquelles, étant assemblées dans la salle ordinaire des séances, M. le Maire a fait donner lecture du susdit arrêté.

Il a ensuite mis sous les yeux du Conseil municipal une lettre delà commission administrative contenant l'envoi d'une formule de déclaration que M. l'Intendant général de l'armée impériale et royale d'Italie demande à chaque fonctionnaire public ; ladite déclaration conçue en ces termes : c J'engage ma foi et mon

> honneur que, pendant que les troupes des hautes puissances » alliées occuperont ce département, je n'entretiendrai aucune » relation avec leurs ennemis et que j'accomplirai tout ce qui sera

> de mon devoir pour satisfaire exactement au service qui m'est » confié. >

Sur quoi le Conseil municipal a unanimement consenti à signer ladite déclaration, ce qu'on a à l'instant exécuté.

Le Conseil a ensuite unanimement voté l'adresse suivante à S. M. Louis XVIII et prié M. le Maire de la faire parvenir incessamment aux pieds du trône, comme le témoignage libre et spontané des sentiments du Conseil pour S. M. et son auguste famille.

Sire,

La France recueillait les fruits de votre administration paternelle , lorsqu'un homme dont nous ne voulons pas môme prononcer le nom est venu la replonger dans un abîme de maux , en appelant sur elle tous les fléaux de la guerre civile et étrangère.

Devenue en peu de jours si malheureuse, elle s'élance une seconde fois dans vos bras. . . Qu'une seconde fois elle vous doive le bienfait de la paix et .sa réconciliation avec l'Europe !

Si les Français avaient à dispeser d'une couronne, Sire, si le sceptre ne vous appartenait par les antiques sermens de nos pères, le grand bienfait de la paix que vous allez rendre à la nation vous appellerait au trône dont votre sagesse et vos vertus vous rendent si digne.

Mais, Sire, puisque la véritable royauté consiste autant dans l'amour des peuples que dans l'exercice d'une puissance légitime, vous n'avez pas cessé de régner sur les Français.

Que votre sceptre paternel s'étende sur tous, et bientôt toutes les divisions seront éteintes, toutes les opinions se rapproche-

ront, tous les sentimens se réuniront dans un seul, celui de l'amour pour votre personne sacrée.

Poursuivez, Sire, ces magnanimes desseins si noblement exprimés dans votre proclamation de Cambrai ; affermissez, agrandissez cette Charte Constitutionnelle que nous avons reçue de votre sagesse, et que Votre Majesté a confirmée ainsi que les princes de votre famille, dans cette mémorable séance où furent resserrés les liens qui attachaient les Français à votre trône, au moment où elle s'éloignait de sa capitale.

Ces nobles institutions , en assurant par la liberté publique un bonheur durable à la nation , seront les monumens de votre gloire, de vos vertus : Louis-le-Dêsiré et la France présenteront le spectacle le plus grand qui puisse s'offrir sur la terre, celui de la puissance tempérée parles lois (1).

(Suivent les signatures.)

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