‹ Documents pour servir à l'histoire de l'évolution des effets de commerce et notamment de la lettre de changeChapitre 3 sur 124 · GosACK* Traité de droii cûTÀniercial, t. û, I^aris · texte numérisé non relu

GosACK* Traité de droii cûTÀniercial, t. û, I^aris

La lettre de change forme un acte sous-seing privé portant

rengagement unilatéral du tireur '.

L'idée de la lettre de change est liée intimement au contrat de change.

Le règlement des affaires commerciales s'est effectué par le troc, par Temploi des métaux précieux, par le papier-crédit. Sans parler du troc primitif, il est évident que le seul secours du numéraire, même dans les temps les plus reculés, s'est trouvé insuffisant pour permettre les transactions.

La difficulté des communications, Tinsécurité des routes rendaient difficile, sinon presque impossible, le transport du numéraire d'un point à un autre. De plus, les monnaies ont presque toujours eu deux valeurs. Tune intrinsèque et réelle, l'autre arbitraire et nominale, d'où une difficulté pour opérer un paiement dans un lieu différent de celui où avait été contractée l'obligation.

La valeur d'une chose et surtout d'un métal n'en fait pas toujours le prix. C'est souvent son abondance ou sa rareté ou le besoin que plusieurs personnes peuvent en avoir au même moment *.

C'est l'abondance et la rareté relative des monnaies des divers pays qui forment ce qu'on appelle le change, dit Montesquieu \ Le change a appris au banquier à comparer toutes les monnaies du monde et à les mettre à leur juste valeur.

Partant de cette idée, il est aisé de voir que la lettre de change a une utilité telle, qu'elle a dû être utilisée à des époques extrêmement anciennes et prendre naturellement naissance dans tous les milieux commerciaux de la plus haute antiquité.

Ce n'est pas parce que nous n'avons pas encore découvert

1. Thaller. Traité élémentaire de droit commercial. Paris, 1904.

2. Pardessus. Traité du contrat et des lettres de change, des billets à ordre et autres effets de commerce, Paris, MDGGGI.X.

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