CHAPITRE VI
Formation de Vëcole de M. de Saint-Simon. —«De la religion des Saiott- Simoniens , de leur métaf^ysique et de leur économie sociale;
Quand les fondateurs de la charboiinerie , qui devaient embrasser plus tard le sacerdoce Saint- Simonien , eurent renoncé aux conspirations politiques , ils se mirent à étudier les travaux historiques de FAUemagne dans les écrits périodiques et les traductions. A cette époque , les publications de M. Rossi, dans une Revue ge*nevoise, leur donnaient beaucoup à réfléchir, car ils étaient comme tout le monde sous Fem-^ pire dès traditions , des coutumes , et dans vku profond désespoir des réformes sociales ^ j9ribri,
A côté d'eux, M. de Saint-Simon subissait la même influence et faisait de l'histoire à sa manière. Toutes les entreprises morales qui datent de la seconde restauration , la charbonnerie ex^ ceptée, ont ce caractère d'argumentation historique. Les écrits ingénieux de M. de &tintH£îmon
«eut entièrement consacrés à prourcr par l'histoire que la société a toujours eu une tendance progressive vers un gouvernement pacifique^ dirigé dans l'intérêt de tous^ par les plus habiles représentans de la science , de l'industrie et des beaux-arts. Sur la fin de sa vie y lorsque la compagnie de Jéw§ s'emparait de tout dans l'état, il déclara , dans sa brochure duiVbttwtîM CA/iy^a-» nîsmey que les progrès de Fhumanité étaient les progrès mêmes de la-tradition , et que toutes les réformes sociales devaient aboutir à une appli- ^tioQ vériiablft^ pajf çcH^séquent universellet^ de oe:jp*iii€ïqpfe éypiig^Hqp«^<^ Tfaitez-vous/les uns Je» a^tro^ 'wnim^rij^è. frère^^. »>; H now sembfe 4jùe \^^JSmh^^uCkf:i^^nkn^S^' wrtout unç ftféeaktiori â^son awteqrpoflj: ametieràses idées âé gc»i^ei^i9eii^t 1^ esprit^.opn^rlp^é^ .parr.lç ^p^Twr ^vQt: qui: drégniBMit i^tlprs dans toute so» iiiteiÉi|^r£it^cQ4 t'éekotî^ine , l'aveugle emi3^ dp rins'foîre etide la tittdîtipn siont des âymptôqve^ d» décj^pitude pourld» p^ilpsQphié etls^ révolu;iÎQn-vfràDçdîàeïrf La ivérilJ^ïe philosophie étu4îj^ sàMdétburs^l'jerittgiiil^ëdi^iûdeîarnatui^^ / : M. de Saktt-Simob yei^t de mourir lorsque de fidèles amis y qui^javiai^t été ses premiiers disciples , rencontrèrent i.qitekpies fondateurs de la dmr&omierie. Ceux-ci i^yai^l: acquis dans le^ aventures politiques Uart descasseç^^lées et;des
iléli^epàltions; il$ se di8itii^aient;|)iàr^eette énar^ g^eet c^lte prudêncç dacti<m gui ser^^eixta^c^ 1^ esjnâÉs ; mais les anité^ de M. de Sai^ t^Sinvàn leur appoi^iant en éclmnge^ lin: s)Sl]èhièi:|iliii taste; cpie ee qufils avai^t vti dàtxs iliesîém^odo l^A'Mëmdgwe et d^rla Ffa^acé. Bieiït6f:a«*4tiibKt entoe.eiis uj^rajpprochement (kiclée^ihisiori^^Mis^ Nous avoii& dit que b'étaitiaussr Ipai; FiiiM;oÎTe qu'une partie des écriva»» ^de l'kûcieb G/bte àn^it passe au Sâiùt-SimonisfaQe* dette reiYiafi^ue làe suffît pas; il est vrai, pour expliquer ces coïi4 versions mutuelles et successives. L'entraïnemenb des associations, le d^ir. loimble dé s'illiistr^f dans le monde intellectuel par une^ti^|Hrisé inouïe , |)îùs grande ' que^ toutes les autrœ , les sentimens d'humanité que la doctrine Saint-Simonienne exalte sous beaucoqp de rapports , Yoilà des motifs qu^ nous = reconnaissons bien XBôloil^tiers 4ans^ les résolutions des anciens carbonàri et des doctrinaires devenus prêtres.
''■ Les premiers eflbrfé de la nouvelle école de M;>^ Saint-Simon ftiï*Jnt d'aboid philosophique. Le titre de Producteur adopté pow désigner le recueil où elle exprimait ses opinions , indique assez un but économique et tout-à-lait terrestre. Mais l'école du Producteur ne pouvait s'en tenir à recommander vaguement un£ association d'efforts entre les diverses classes de Fins-
titut et les plus habiles représentans de Findustrie, ipour la plus grande exploitation de notre planète. Placée entre réclectisme doctrinaire et la tradition chrétienne^ animée par les critiques et cependant influencée jusqu'à un certain point par les sentimens de ces deux sortes d'adversaires, elle imagina un plan qui lui parut domi-' ner et la philosophie de la restauration , et le catholicisme lui-même.
V En théorie y ce plan consistait : 1** à réaliser l'accouchement de l'éclectisme, qui promettait depuis fort long-temps un résumé de tout ce que les religions et les philosophies pouvaient avoir de vrai.
2** A supplanter la tradition catholique, tout en se Tî^ssimilant par l'histoire.
Dans la pratique , il s'agissait de continuer, au profit d'une secte fondée sous l'invocation de feu M. de Saint-Simon, ces soins de propagande dont les agitations politiques avaient donné l'expérience et l'habitude. Ainsi, l'on entreprit une sorte de charbonnerie religieuse. La dernière brochure de M. de Saint-Simon devint uii Nouveau-Testament, et les articles du Producteur lurent métamorphosés en évangiles.