ÉCOLE D'ALLEMAGNE
Ainsi, n'attribuons pas à la nature des Allemands l'esprit qu'on remarque dans leurs recherches de philosophie et d'histoire. Si la pa-^ tiencé et l'érudition en sont les qualités, si le vague dans les théories en est le défaut, cela tient aux gouvernemens de cette partie de l'Europe orientale. Quelques institutions heureuses, et surtout l'organisation municipale, dont la plupart de ces pays jouissent en compensation de
la liberté législative dont ils sont privés ; voilà ce qui explique et leur merveilleuse patience qui s'égare souvent dans la nuit des siècles , et leur stérilité en fkit de réformes sociales. Une industrie et une aisance fort remarquables, des mœurs simples et tranquilles qui imposent aux gouverneméns eux-mêmes une certaine modération, telles sont les circonstances où l'érudition allemande s'exerce en pleine sécurité. D'un auFtre-côté, l'application de nouveaux principe^ politiques ne peut être que fort gênée , par une multitude dé traditions et dé coutumes locales qui ont souvent leurs avantages. Il faut en même temps oibserver que les universités d'outre-Rhin n'ont jamais brillé d'un si bel éclat qu'à travers les bouleversemens où la révolution et l'empire les ont j^.' Leur philosophie s'est animée dans le tumulte des armes, soit en adoptant la nôtre, soit en la repoussant avec passion. Les efforts de la Landwei* ont bien servi la querelle des codificateurs et des coutumiers : ce mélange d'anciennes habitudes de recueillement et de distractions orageuses a été pour nos voisins un moment de gloire, qui serait peut--être suivi d'un long déclin, si notre dernière révolution ne troublait pas de nouveau le cours languissant de leur existence trop contemplative.