DN DISCOURS
(N. 102, BQoeiabre 1833.)
Un des abonnés du Courrier de Lyon , ayant mis son bonnet de coton sur sa tête, s'est tellement identifié avec l'esprit de son journal qu'il s'est cru roi de France et a composé le discours suivant :
Messeigneurs les paies 1 DiPDTés !
Je suis bien aise de me retrouver au milieu de vous dans cette enceinte où vous avez reçu mes sermons ' dont, entre nous, vous connaissez la valeur. J'aurais préféré me passer de vous tout-à-fait, mais il me faut des douzièmes provisoires , il me faut de l'argent j'ai donc jugé à propos de vous convoquer de bonne volonté puisque je ne puis faire autrement. J'ouvre la session attendu que les coflFres de mes sujets vont se fermer.
J'ai dit que la charte serait une vérité , je n'ai pas dit quelle le fût actuellement: remarquez-bien, suivons plaît cette distinction : Je veux être coupé en morceaux SI ce n est pas là une exceUente plaisanterie; je pensé aué vous serez de mon avis. ^
Vous le savé;B, messieurs, grâces à mes soins, la France est puissante et respectée au dehors comme elle est tranquille et heureuse au dedans: je m'applaudis tous les jours du bonheur de mes sujets.
En effet , à T^xception de la guerre civile , des assassinats et des incendies de l'Ouest, à l'exception des troubles du Midi , des menées carlistes et des voyages de la duchesse de Berry dans l'intérieur de la France , Sur lesquels il est bon de fermer les yeux ; à l'exceptioa des collisions qui ) de temps en temps ensanglantent le$ principales villes du royaume et occasionnent à mes préfets bien aimés de légers désagrémens , la France est calme et heureuse comme l'assure la bonne presse. Ëa outre le commerce reprend à merveille : Tétat florissant de la bourse , les marchés de fusil , les fournitures d'armes , les exportations considérables d'or et d'argent ponr les Etats-Unis et les ventes multipliées par autorité de justice , témoignent assez de la prospérité du pays.
Au dehors , nous avoirs lieu d'être encore plus satisfaits. Je vous annonce la solution définitive de toutes les grandes questions européennes, comme je vous l'ai fait annoncer tous les quinze joiirs ; je vous promets le désarmement général qui ne peut manquer de s'effectuer puisque je vous le promets depuis deux ans.
Nos relations extérieures sont toujours extrêmement amicales : seulement la Hollande continue à nous berner et à se moquer de nos protocoles. Il serait cruel de l'en empêcha et par humanité nous la laissons faire d'accord avec les puissances étrangère's.
Quant à la Prusse , elle nous est toujours favorable , à condition que nous ferons toujours ce qui lui conviendra, et il nous conviendra de nous soumettre à toutes ses conditions : elle partage les dispositions bienveillantes pour nous de sa majesté Néerlandaise.
•L'Autriche n'a plus que 4 à 5 cent mille hommes sous les armes ; mais nous saurons la désarmer par 'notre sagesse.
Pour la Russie , elle achève en ce moment la punition de quelques rebelles Polonais assez difficiles pour ne pas s'accommoder des douceurs du régime moscovite : mais je l'ai juré , messieurs , et je le jure encore , non la Pologne ne périra pas, seulement elle ne sera plus habitée que par les Russes. J'ai le plaisir de vous annoncer que la France peut compter sur l'amitié de Nicolas autant que la Pologne sur;, sa clémence. Il se propose même de venir visiter Paris; c'est une chose convenue avec les puissances étrangères.
Vous le voyez , messieurs , si j'àî tout sacrifié pour a^ir la paix , je n^ai pas trop mal réussi , et je n^ai qu'à itie féliciter de nos relations amicales avec toutes ie& grandes puissances, nous concourons tous au mémpbût^ et j'ai la consolation de rencontrer là plus grande conformité entre mes vues et les déclarations de la^ <Jiéte de Francfort.
Mon gouvernement est fort , 11 est même très fort ^ je vous prie de le croire :c^e5t pour cela que mon système poliliqde sera toujours le même pour changer, c^pst le système du juste-milieu, excellente invention dont vous m'êtes redevables et que je continué à l'aide des gtaads hommes que voici:
D^abord, M. Soult , cet illustre guerrier qui s'est ruiné à la guerre ; on verra toujours son cierge au chemin de rhonneur ;
M. Thiers, que j'estime beaucoup , auquel je confie les fonds de l'état, ce que j'aime infiniment mieux que de lui confier les miens ;
M. Barthe , chàt^i (Tcfétrèye^ là |us^det de fairçdire la messe; M. Humano , (pA s'est gHssé là pat con^ébaiidfe ; M. d'Argout, plus curieux par le vplume de sonnes que par l'étendue âef sètt esprit. Il me prépare un chemin de for de Pa^isà Cherbourg, afin de me procurer
un exercîée q.ui sera très sal"*^'
Vous voyez encore -MM. d et plusieurs autres que la p mer. Je veux être pilé dans \ là les gaillards les plus hah père donc que vous leur prê raffermir le sol ébranlé de 1 la chimère de la république me des révolutions.
Au milieu des soins inf^porfans qui m'occupent, je n^ai pai Imlrable
invéntic attribut,
de la I té civile'
qu^oQ c qui me
procure \\ aussi^'
dans ih ^up pro-
mis , j< lux dans
mes prières.
Xutodt'de moi , messieurs , voos voyez ^Pe^pë^afice et le soutien de fa quasi-légitimité , nos fils, jeunes gens dharmans dont l'éducation m'a déjà coûté fort cher. Voyez Pair martial du prinde Rosolin, qui danse la galoppe à ravira Pour le bonheur de mes sujets , ce jeune prince est déjà connu par ses bons mots dynastiques et son heureuse facilité à rétamer tous les vieux calem^ bourgs. Voyez tous ces principicules rangés autour de moi , tous prêts à combattre pour ma très haute , très puissante et très excellente liste civile , et vous ne douterez pas que ma postérité ne me fasse autant d'honneur que ma généalogie.
Messeigtfeurs'les pairs , députés !
Je termine en vous disant : Je veux le bien de la France ! vous m'aiderez à Pobtenlr !
LES DINERS BU ROt
(M i06> 8 novembre 1832.)
Le roi dine tdùis lès jours. — Lé peuple paie Pécot^
£t. régulièrement.
Mais lui ne dîne pas tous léâ jours.
Quelquefois seulement. "^
Il se contente de faire les honneurs et il les fait large^ ment.
L'un paie , Paùtre mange.
Et cela est tout-à-fait dans l'ordre.
Car Pun est peuple , voyez-vous , Pautre est roi ; —-et il faut bien qu'une royauté soit bonne à quelque chose.
Tout bien considéré , je trouve cela à merveille , et vous devez être de mon avis.
Pourtant j'aurais bien envie de faire quelques rapprochemens gastronomiques , entre les dîners du roi et les dîners du peuple. — Mais ce n^estpas le moment ; j'envjsage ici la question sous une autre face.
Je ne veux parler que du dîner politique , du dîner
principe^ du dîner considéré comme moyen d'action gouvernementale ou comme instrument d'(q>posi(lon.
Les dîners de cour et les dîners ministériels ont eu leur beau temps ! La restauration, comme chacun sait, en fit un de ses grands moyens de gouvernement.
Aujourd'hui on dîne encore au château.
On y dîne même fort bien .
Mais onii'ose plus le dire tout haut , et quand on soft de là , on a bien soin de regarder si Ton n'est; vu dé personne^
Car le peuple sait fort bien que ceux qui dînent avec le roi , dînent à ses dépens. (
Etil.se souvient de leurs noms, pour les huer, berner> sifiQer , bafouer et charivariser .
Qu'un député se vende corps et amè au pouvoir , qu^ se fasse les os de ses os et la chair de sa chair, il sera hué , berné , sifflé , baffoué et charivarisé par le peuple, mais il sera loué, caressé, choyé, récompensé et festoyé par le roi.
Qu'un autre soit fidèle à son mandat; ^-^ qu'U denture te défenseur des intérêts populaires, le véritable repré-^ sentant de la France , — qp'il refuse de prodiguer l'of du pays pour acheter des consciences et satisfaire à d'i-^ gnobles dépenses de police ; -^ qa'il flétrisse d'une énergique voix toat système anti*national ; -^ qu'il ne craigne pas de proclamer en toute occasion le principe de la souveraineté du peuple, -^ il ne sera ni loué, nirécom^ pensé , ni festoyé par le roi ; mais il pourra compter sut nous tous; il aura l'attachement, l'estime, la reconnaissance de la nation.
Celui-là dînera avec le peuple.
. Et le peuple Faccorde à peu de gens, cet honneur ; '^ il n^nvite pas à sa table les hommes de cour, mais ses hommes à lui; -^ il n'a ni places, ni cordons, ni grades , ni pensions à distribuer ; mais les dignités qu'il confère en valent bien d'autres ; — il connaît ses amis; il les distingue au milieu de la foule et il leur dit tout franchement: Garnier-Pagès , Gabet, Hetnoux, Mauguin , asseyez- vous là. Représentans de la France , vous avez bien mérité! La place d'honnejar vous appartient , prenez-law ^
Et la nation applaudit.
Aussi applaudira-t-elle au banquet offert par les pa«
trioiçs de Dijon à MM. Cabet, Hernoux et Maij^i|in, d« même (|u'elle a applaudi naguère au bauquel donné à Lyon à M. Garnîer-Pàgès.
G'estqu^aueun de oes députés n'a jamais dîné chez le roi .
Et qu'en résumé, quand on dîne avec le roi, on ne dûie pas avecle peuple.
Il faut qu'on çoit pour l'un ou pour' Fautre.
Gomme dit l'Evangile : On né saurait servir, deux maHres.
Et comme dit M. Vautour: On né peut pas être l'am^ de tout le monde;
ORAo! pcni!,.
iN. 106, 8 novembre 1832.)
Tel est le titre d'une nauvellé comédie e^ trt \s actes mêlée de couplets, d'évolutions, de combats et de marchea mili^ires. Cette pièce sera représentée sws peu de jours sur le théâtre de$ Cèles tins, nous croyo^^ liahre plaisir à nos leclour& en leur donnant d'avance ^analyse de ce- nouvel ouvrage , auquel nous piçomet- Ions un succès de vogue.
Premier acte,