LA ROYAUTÉ RÉPUBLICAINE
(N. 111 , 20 novembre 1832.)
Moi aussi , je suis républicain !
Loitis-Philippe.
Ce sont 9. ma foi , de drôles de gens 9 q^e vos républicains !
Mais^ de quoi se plaignent-ils ?
Où trouveront-'ils un gouvernement qui fasse mieux leurs affaires ?,
Moi , mes. amis , je vous le dis sans cérémonie : Je suis pour mon^ compte fort content du gouvernement actuel.
Je trouve qu'il ne nous reste rien à désirer.
£t qu'il faut ètre.bien sot pour lui en vouloir.
C*est n'avoir pas le sens commun.
Oh ! entendonS'-nous : si j'étais royaliste , je^ serais furieux contre le gouvernement de Louis-Philippe, je maudirais sa conduite , je lui reprocherais de perdre la royauté.
Et je ne le lui pardonnerais pas.
Mais comme je suis républicain de cœur et d'ame , je suis enchanté qu'il fasse ainsi sa besogne ; il se charge de prouver à tout le monde que la royauté est usée , et il faut convenir qu'il s^acquitte de ce soin à merveille.
Ma foi, je suis tenté de croire que Louis-Philippe est décidément républicain* ^
Qu'il nous cache son jeu-
£t que tout ce qu'il en fait n'èsjt que pour nou4 dire ; Yoirs voyez que la royauté n'est bonne à rien.
Ëh! dit«s-moi, qye ferait-il de mieux s'il était républicain comme vous et moi ?
Rien, sans contredit. — Louis-Philippe travaillé, gUis ^ que qui que ce soit pour la république^.
On voit qu'il y va de tout cœur, et qu'il n'y perd pas un instant.
Il veut que nous arrivfons k la république le plus tôt possible i
Donc Louis>Philippe est républicain..
Cela me paraît clair comme le joiu*.
Mais supposons un instant que Louis -Philippe soil royaliste : il se conduirait tout autrement, à moins que d'être un sot , ce qui n'est pas.
Si Louis-PhiHppe était royaliste^ il prendrait à t&che de nous faire aimer la royauté'^
Il s'efforcerait de prouver que les intérèts^dela^coyauté sont toujours ceux de la nation^
Au lieu de chercher un vain appui à Pétranger, il ^voudrait fonder sa puissance sur l'amour des citoyens.
Il écouterait les sympathies de la France , ferait r^^ pecter au dehors son indépendance , son honneur, sa dignité.
Il travaillerait à détruire tous les privilèges et à amélioreiT le sort du prolétaire;
Il respecterait la liberté de la presse , le droit d'association-, la liberté individuelle.
Il respecterait même chez les fonctionnaires.^ liberté de conscience , d'opinion.
Il ne ferait pas de la corruption un moyen de gouvernement. •
Et ne prodiguerait pas.d^Por du pay^ à 4es dépenses de police secrète.
Les récompenses distribuées à Parméê De seraient pas le prix du sang des. citoyens.
Et Pon ne construirait pas dans nos villes des fortei;esses pour mitrailler le peuple.
Tout cela tend évidemment à nous désabuser de plus en plus de la royauté , à la décréditer de jour en jour davantage, à combler pour elle la mesure de la haine, du mépris et du dégoût ; tout cela tend à nous prouver
que la royaulé ne peut avoir le$ mèine$ iqlérèU que les intérêts du peuple ; qu'elle ne peut vivre qu'en a'appuyant sur les privilèges et les abus du passé; qu'ea violant chaque jour les proine$$es et les sermens de la veille , et en foulant aux pieds les lois dp pays.
Qr^ Lopis-Philippe ne ferait pas tout cela s'il était royaliste : il voudrait au contraire entourer la royauté, de respect, de considération.
Et qui sait? Il parviendrait peut-être à la fairp
durer qqolques années de plus.
Mais il veut nous lasser bien vile de la monarchie*
Et nous conduire p^lgré nous à la république.
En vérité , en vérité, je Vous Iç dis :
Je ne cojinais pas 4e meilleur républicain que Louis^ Fhilippç.