DE LA GLANEUSE
ARTICLI^S IDiGRIAfEXESw
(N. lU.— Jeudi 7 février iSU.)
. La personne, da roi ésl inyiobble et sacrée. ( Chanfe bâclée ,^trt, 12. )
Le canon de juillet avait balayé I^ monarchie; Pimbéeile mitrailleur fuyait sur la route de Cherbourg ; le peuple , toujours confiant et toujours trompé , avait dé^ posé les armes. LHgsensé ! il confiait ses destinées à une chambre iUibéralo , dan« le sein de laquelle on comptait à peine quelques patriotes, mais où se trouvaient des hommes qui pendant les trois journées avaient réuni leurs efforts pour arrêter le char de la révolution. Casimir Périer / Sébastiani , Dupin , Bertin de Vaua> » Guitot^ etc. i parlaient de l'égalité et s'opposaient à la prise de là cocarde tricolore. Sébastiani proposait une lettre respectueuse à S. M. Charles X ; C Périer négo^ ciait secrètement avec ce monarque stupîde v et le par-^ jure vivant, TaUeyrand , qui vendit la France eh 1814 et en 1815, Tci/feyra^rf, les yeux fî*xéë sur notre glorieuse révolution, se préparait à fêter sur elle sa Mve iinj[)ttre.
Voila les honltnes^qui après la victoire du peuple présid^ent aux destinées de la France.
Quel est cetùi de nous qui a oublié cette journée du 7 août dans laquelle deux eent cinqtêante'ééua> députés revisèrent en SEPT HEURES une charte octroyée , et eurent Fimpudence de conserver Farticle 12 de c^ette charte qui proclamait l'inviolabilité du souverain.
Députés du 7 août, la nation vous demandera compte un jour de cette précipitation. ^
La personne du roi est inviolable , dites-vous , et à l'abri de cette absurde fiction , un roi peut être? àvaré , fourbe , traître , voleur et assassin ; il peut mitrailler le peuple ou le faire égorger dans l'ombre par sessicaires; et si vous osez dire qu'il est uni assassin, on vous jettera dans un cachot , et il se trouvera des avocats-généraux pour vous accuser , et des juges qui après avoir prêté serment à deux ou trois rois vous condamnei^ont au nom . de l'inviolabilité royale.
Députés du 7 août, après avoir proclamé la «ouveraineté du peupU\j avez- vous pu conserver cette absurde fiction de V inviolabilité du souverain. Car si le rôi trahit la cause de ses sujets, le peuple nç peut punir cette trahison, votre article 12 de la charte doit retenir son bras prêt à frapper ; et dan^ ce cas , la souveraineté nationale n'est plus qu'un vain mot.
Si le roi est inviolable , pourquoi avëz-vous exigé que Louis-Philippe pt'étât serment à la charte lors de son avènement au trône ? Quelle est la garantie que vous avez exigée de lui ? S'il viole son serment , où est la punition que vous lui infligerez ? Je la cherche en vain dans votre charte ; le roi est inviolable,^,. Et vous n'avez pas reculé devant cette monstrueuse absurdité!
Consultez un de nos sauveurs , il vous répondra : Nous avons en effe); bàcléuoe charte en quelque^ heures, mais les mon^ens étaient précieux , la républiqu^e pouvait être proclamée , et dans ce cas , c'en était fait.de nous , du budget, des monopoles, des sinécui^es. Nous nous sommes un peu dépêchés , mais enfin , bonne ou mauvaise , vous ayez une charte , dans laquelle, il est vrai , se trouvent bien dés contradictions, ce qui ne vous empêche pas de jouir de tous les avantages qui résultent d'un gouvernement à bon marché , d'une monarchie cl-* toyen^e et de la meilleure des républiques.
Ah ! j'oubliais : si le roi est inviolable , les ministres sont responsables , c'est-à-dire , seront responsable^^ Quand le seront-ils ? ma foi , je n'ep sais rien et je m'en soucié fort peu. Car cette loi sur la responsabilité des ministres ne saurait atteindre le souverain dont la personne sera toujours Inviolable et sacrée , et dans ce cas, que le roi conspire contre la souveraineté nationale ; que,
sans coQSullér les ministres , il appelle les baïonilettes étrangères , vous ne pourrez pas lé punir , il est inviolable , mais vous aurez la satisfaction de faire pendre les ministres pour des crimes auxquels ils seront étrangers. N'est-ce pas , que c'est logique , et surtout très moral ï
Faites des lois , députés , faites des lois ; consacrez V inviolabilité du roi , consacrez même, si vous le voulez, son infaillibilité. Courtisans] doiivrei votre idole des brillans oripeaux de la royauté , prostei*nez-vous à ses genoux , rampez k Ses pieds, pour obtenir quelques par- . celles de cet or dont vous Pavez gorgée. Députés , courtisans, le peuple Soiirit de pitié en voyant les efforts que vous faites pour recrépir cette vieille muraille monarchique à l'abri de laquelle les rois ont commis tant de crimes.
^ La personne 4u souverain est inviolable et sacrée ^ dites- vous ; mais Louis XVt , Bonaparte, Louis XYIII , Charles X , étaient inviolables. Cependant Louis XVI est mort sur l'échafaud ; Bonaparte est tombé du plus beau trône du monde , sur le rocher de Sainte-Hélène, ; Louis XVIII a été chassé de sa capitale par Napoléon; et Charles X ! vous avez vu comment le peuple a respecté son inviolabilité.
Députés ! tournez autour du cercle vicieux des fictions constitutionnelles. Faites des lois , construisez sur le sable un échafaudage que le peuple renvei:sëta de son souffle puissant. ^ est Un principe saint, un principe sacré , écrit avec le sang des Parisiens sur les pavés de juillet. Vpus qui vous dites les représentans du peuple, jetez les yeux sur ces pavés, vous y lirez les dernières volontés des martyrs de là liberté.
(iV. 120, 11 décembre 1832.)
Eh bien ! ils dnt parlé ces députés de cour !
Bals des mains, peuple heureux ! — Ohf de ce vain concours
Que, sans le saluer d'un seul cri d'espét'ance,
D'un œil insoucianl a régardé la France ,
Je n'attendais pas mieux. Je savais Qu'aujourd'hui
La presse et non la chambre est notre unique appui ;
Je savait <f}i'on verrait de sermeqs» de teQdre88e9 Ces vils adulateurs parfumer leur adres.se ; Oui , j'avais tout prévu » mais je préveis aussi, Quelle sera bteatôl ia fin de tout ceci ! . . .
Horreur^ qui fait frémir , de pe siècle eu mw»^ somnies,
Que pDur «eprés^taotf nous ayon» tMis ccats. hoiiine&
CapalUefi de châtrer ainsi la vérilé»
Pour ne pas effrayer la chaste rayauté;
D'étendre sans pitié sur le Ut dé Procuate
Le corps majestueux de cette vierge augu$te.
Puis de passer de longs et de précienx jours-
A couper » à tronquer ^ mutiler €«ujours»
AÂp qW3^% temp« venu* ils n« pii)ifi|iBtef]t ^ptaire;
Au mâlire dont chacun re4oute lacoiéfe!
l^ous lui rendrons sa taille et sa nudité , nous Que jamais nul pouvoir ne vil à ses genoui^ ; Nous, chargés d'un maùdat, d'un périlleux ouvrage, Qoe nous accomplirons au inoin* aviéc oéuragej - Nous qui • quand le: der^ir noua a dii ; il le âtrl. Mesurons d'un ceil sec la prison ^ réphaft^u4i Nous , peuple , mal instruits ei de^ paroles feintes* Et des phrases de cour; et qui laoçons nos plaintes Non plus , quand ils ont ri des maux que nous souffrtJAs , A roreille des rois, mais aux cœurs, mai» aux fronts!
Philippe, ils font menti oes làah«ê. manducaims^, .
3ottt^neurft avilis de tous les ininji9tèrçfi^
Ok! durant leur discours la rongeur à ion front >
N'a-t-elle pas monté comme après un affront ,
Quand ils te rappelaient ton sublime courage ,
Ta magnanimité dans ces deux jours «forage
Oà icttat[*é s'arrêtait le carnage insensé.
D'un miiHer de Mdals tu pariif cuirassé ; \
Ou qu'au lieu de bénir Gisquet.eit sa pru^nce,
Us rendaient niaisement grâce à la providence
D'avoir sauvé leur roi , de t'avoir protégé
Contre ce pistolet... qui n*était pas chargé !
Ils t'ont dit qve le peuple aimait 1« d^noErtie ;
De tant dé faussetés c'est la pljus démentie.
Ah ! si d'un même élan il ne s'esl paa lev^
Quand il s'est vu ravir ce qu'il avait rêvé ,
Quand chaque heuxe qvi pfasseiajfiMte i>sa souffffance.,
Ce n'est pas par, auHMir ou par indi^re^ce !
Non ; non ; mais il compr^^^ qu'U ^u^t» avant d'aller
Abattre ce présent qui doit bientôt -crouler ,
Que pour le remplacer un monvmeut s'élév«
Et que de l'avenir le long travail s'achète!
Réjouiesez-vous diwc de vous voir épargnés » • Tratlres parjures ; nains , ô vous tous qui régnez ! Mais attendez : un jour, quelques instans encore , Et ce nouveau pouvoir que la presse élabore.
Du moule que n'a pu briser aucun effort A vos yeux effrayés surgira grand et fort !
Entre nous désormais toute paix est brisée , Le peuple vous l'offrait ; vous l'avez refusée ; y^s restez cramponés au pouvoir : eb bien ! roi , Puisque lu l'as voulu, guerre !
Guerre à tes favori si guerre à la valetaille
Dont tu t'es entouré quand la grande bataille
Eut laissé détourner vers une royauïé
Ses flots du^boc de qui naissait la liberté !
Guerre a Soult qui, depuis qu*il a quitté la lente,
Déshonorant sa vie autrefois éclatante,
A nous faire oublier une part de ses jours
Passe l'autre qu'il plonge aux intrigues de cours!
A (tArgout qui brûla ce qu'il dit qu'il adore!
A ce Barthcy à ce ThierSi plus dégradés encore ;
A Gidzot le Gantois ! à ce Montalivet
Qui sauta du collège au fauteuil qu'il rêvait !
A ce fat qui brisa la charte souveraine.
En rangeant sa cravatte aux glaces de la reine !
Guerre à ces députés qui s'unissent aux rois .
Et qui, justifiant le viol de nos droits.
Au lieu d'anéantir, dans la main des ministres,
I/arme qui du sept juin frappa les coups sinistres ,
Au lieu de les punir, sans détour ont osé
Demander qu'on leur fit ce crime plus aisé !
Guerre enfin! guerre â mort! guerre jusqu'à sa chute.
Au système éphémère avec qui juillet lutte,
A l'infâme doctrine , à l'horrible milieu ;
Et nous verrons pour qui se déclarera Dieu !