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Le Dieu, poursuivant sa carrière,
Versait des torrents de lumière
Sur ses obscurs blasphémateurs.
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Ainsi en est-il parmi nous de ceux qui attaquent la liberté. La liberté les couvre, les inonde, les protège et les défend jusque dans leurs imprécations. | l LU
Le Dieu, poursuivant sa carrière,
Versait des torrents de lumière
Sur ses obseurs blasphémateurs.
Mais nos adversaires, tout en nous reprochant d'être les. amis de la liberté, nous reprochent encore, par. une inconséquence .qui serait
: très grave, si l'accusation était fondée — de refuser à l'église. la li-
berté à laquelle elle à droit. Ils nous reprochent de vouloir fermer la bouche aü corps administratif de l'église, au clergé, de vouloir
‘ l'empêcher d'enseigner au -peuple ses devoirs de citoyen et d'électeur.
Îls nous reprochent pour me servir. de la phrase consacrée, de vou-
Joir empècher le clergé de se méêler de portique e et de le reléguer
dans la sacristie. ” ou
Au nom du parti libéral, au nom des principes libéraux, je re. pousse cette assertion!
Je dis qu'il n'y a. pas un seul Vibéral canadien qui veuille’ empè-
cher le clergé de. prendre part aux affaires politiques, si le clergé”
veut prendre part aux affaires politiques.
Au-nom de quel principe les amis de la liberté voudraient- ils . "refuser au prêtre le droit de prendre part-aux affaires politiques ? Au
..nom de quel principe les. amis de la liberté voudraient-ils refuser au prêtre le droit d'avoir ‘des opinions politiques et de les exprimer, le
droit d'approuver ou -de désapprouver . les hommes publics et leurs
“actes, et d'enseigner au. peuple ce qu'il croit être son devoir? Au
nom de quel principe le prêtre n'aurait-il pas le-droit de dire que,
je” -je suis élu, moi; la religion est menacée, lorsque j'ai le droit, moi,
- de dire: due;-si mon ad adversaire est ‘élu; l'état est en danger ? Pour-
quoi le prêtre n'auraitil pas pas Je droit de dire que, si je suis élu, la
. religion va être infailliblement détruite, lorsque j j'ai:le droit de dire que, si mon adversaire est élu, l'état s’en va droit à la banqueroute ? Non, : que le prêtre parle ‘et prèche comme il l'entend, c'est son :
droit, Jamais ce droit ne lui sera contesté par un libéral canadien.
ir 3
La constitution que nous avons invite.tous les citoyens à pren-
dre part à la direction des affaires de l'état; elle ne fait d'exception pour personne. Chacun a le droit, non-seulement d'exprimer son opinion, mais d'influencer, s’il le peut, par l'expression de son opi-. niOn, l'opinion de ses concitoyens. Ce droit-là existe pour tous; il ne peut y avoir de raison pour que Je prêtre en soit privé. Je suis ici pour dire toute: ma pensée, eb j'ajoute qué je suis loin de trouver * opportune l'intervention du clergé dans le domaine politique, comme elle s'est exercée depuis ‘quelques années. Je crois au contraire que le prêtre à tout à perdre, au point de vue du respect ‘dû à son caractère, en s'immisçant dans les questions ordinaires de la politique; cependant son droit est hicontestable, et s’il croit bon de s’en servir, votre devoir à nous, libéraux, est de le lui garantir contre toute .… contestès | Fe 1.
“__ Cependant, ce droit n'est pas illimité. Nous n'avons pas parmi nous de droits absolus. Les droits de chaque homme, dans notre état de société, finissent à l'endroit précis < où is embiétent sur les droits, d'un autre. 1. ne) |
Le droit d'intervention en politique finit à l'endroit où il empiéterait sur l'indépendance de l'électeur.
= La constitution“de notre pays repose sur la volonté librement éxprimée de chaque électeur. La constitution entend que chaque électeur dépose son vote, librement, volontairement, comme il l'entend.
Si le plus grand nombre des électeurs d’un pays sont d'une opinion . actuellement, et que, par suite de l'influence exercée sur eux par un ‘ou plusieurs hommes, par suite des paroles ‘qu ils auront entendues ou des écrits qu'ils auront lus, leur opinion change, il n'y a là rien que de parfaitement légitimé. Bien. que l'opinion qu ‘ils expriment soit différente de celle qu'ils auraient exprimée sans ‘cette intervention, cependant l'opinion qu'ils expriment est bien : celle qu'ils. veulent exprimer, celle : qui est--au fond de leur conscience; la constitution reçoit son entière application. Si. cependant, malgré tous les raisonnements, l'opinion des ‘électeurs est restée la même, mais que, par intimidation ou ‘par ‘fraude, vous les forciez à voter différemment,
l'opinion qu ‘is “expriment n'est plus leur opinion, et la constitu= 7.
tion esb dès lors violée. La constitution, comme .je l'ai déjà dit,
entend que l'opinion de chacun soit librement exprimée comme il ou
la conçoit, au moment qu'il l'expriine,. et la réunion collective de chacune de ces opinions individuëlles, librement exprimées, formé | ; .
le gouvernement du pays. |
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- . . . a 80 : — | “La loi veille d'un oeil” si jaloux à ce que l'opinion de l'élecseur soit exprimée telle qu'elle est, que si,. dans un comté, l'opinion exprimée par un seul des électeurs n'est pas son opinion réelle, mais une opinion arrachée par la crainte, par la fraude ou” par ‘la corruption, l' élection devra être annulée. Il est donc parfaitement permis de changer l'opinion de l'é--
‘lecteur, par le raisonnement et par tous les autres moyens de
persuasion, mais jamais par l'intimidation. Au fait, la persuasion change la conviction de l'électeur, l'intimidation ne la change pas. : Quand, par persuasion, vous avez changé la conviction de l’électôur, l'opinion qu’il exprime est son’ opinion; mais quand, par ter- . reur, vous forcez l'électeur à voter, l'opinion qu’il exprime, c’est: votre opinion; faites disparaitre la cause de terreur, eb alors il exprimera une autre ppinion, la sienne propre, ‘ Maintenant : on le conçoit, si l'opinion, ëxprimée de Ia majorité | des électeurs n’est pas leur opinion réelle, mais une épinion arra- . chée par fraude, par menace ou, par corruption, la constitution est
. violée, vous n'avez pas le gouvernement de la majorité, mais le gou-
vernemient d’une minorité. Or, si un tel état de choses s@ continue et se répète; si, après chaque élection, la volonté exprimée n’est pas la volonté réelle du pays, encore une fois, vous entravez la constitution, le gouvernement responsable n'est plus qu'un vain mot, et +ôt ou tard, ici” comme ailleurs, la compression amiènera l'explosion, la violence et les ruines. -
Mais ‘il ne manquera pas de gens qui diront: que le clergé a droit de dicter au peuple quels sont, ses' devoirs. Je réponds simple-
. ment que nous sommes ici sous le gouvernement de la Reine d’An- ? .
gleterre, sous l'autobité ;d’ une constitution qui nous a été accordée ”
comme un acte de justice; et” qüe, si l’exercice des droits ? que ‘vous réclamez devait avoir pour effet d'éntraver ce de constitution 6 de
. nous exposer. à toutes les . conséquences d'un x" acte, le “dergé
lui-même n’en voudrait pas. :
. Je ne suis pas de ceux qui se donnént aved afféctation comme
es amis et les défenseurs du clergé. Cependant, Je dis céci: comme
la plupart des jeunes gens, mes. compatriotes, j'ai été élevé par des prêtres, et au milieu de jeunes gens qui sont devenus des prêtres.
de : me flatte que je compte parmi eux quelques amitiés sincères, : èb
Ë ceux-là du moins JFG dre, ot je dis: “ Voyez s'il y a sous lé
soleil & un pays plus. heureux que le nôtre; voyez s'il J. a sous le soleil
- nous régissent aujourd'hui, comparons l’état actuel de notre pays avec . ‘ ce qu'il était avant, qu'elles nous ‘eussent été octroyées.
(Um | —81— | 1
an pays on l'église catholique soit plés libre et plus privilégiée que celle-ci. Pourquoi donc iriez-vous, par la revendication de droits in-
tations dont les conséquences sont impossibles à prévoir? , . Mais je m'adresse à tous mes compatriotes indistinctement, et je leur dis: !
“ Nous sommes un peuple heureux et libre; et nous sommes 8 heureux.et libres, grâces aux institutions libérales qui nous régissent, institutions que nous dèvons aux efforts de nos pères et à la sagesse de
, la mère-patrie. ‘ !
“ La politique du parti Hpéral. est de protéger les institutions, de les défendre et de les propager, et, sous l'empire de ces. institu-
tions, de développer les ressources, latentes de notre pays. Telle est.
la politique du parti libéral ; il n'en à pas d'autre. , / . Maintenant, pour apprécier toute la valeur des institutions qui
Il y a maintenant quarante ans, le pays se trouvait sous le coup
d'une émotion: fièvreuse, en proie à une agitation qui, quelques mois “plus tard, éclatait en insurrection. La couronne “britannique ne fut
maintenue dans le pays que par la force de la poudre et du canon.
Et cependant, que demandaient nos devanciers?. Ils ne demandaient rien autre chose que les institutions que nous avons maintenant, ces
institutions nous ont été octroyées, on les ‘a appliquées loyalement;
et voyez la conséquence: le déapeau britatffique flotte sur la vieille
citadelle. de Québec, il. flotte ce soir au-dessus de nos têtes, eb il ne
‘se trouve pas dans le pays un seul soldat anglais pour le défendre; ‘sa seule défense, c’est la reconnaissance que nous lui devons pour la : “liberté et la sécurité que nous avons trouvées sous son ombre.
Quel est le Canadien qni, comparant, son pays aux pay même.
les plus libres, ne se sentirait fier des institutions qui le protègent ? Quel est le Canadien qui, parcourant les rues de cette vieille
” cité et arrivant au monument élevé, à deux. .pas d'ici, à la mémoire
des deux braves morts sur Île même champ de bataille en se dispu-
tant l'empire . du Canada, ne se sentirait fier de son past
Dans quel autre pays, sous; le soleil, trouvetez-vous un monument
” semblable, élevé à la mémoire du vaincu aussi bien que du vainqueur }
Dans quel. autre paye sous Je soleil, trouverez-vous le nom : du vaincu
di
. compatibles avec notre état de société, exposer Ce pays & des agi.
— 82 — et du vainqueur honoré au même degré, occupant la mème-place dans le respect de la population?
"Messieurs, lorsque dans cette dernière bataille, que rèppelle le. ‘monhment de Wolfe et Montcalm, la mitraille semait la mort dans les rangs de l'armée française: lorsque les vieux héros, que la victoire . avait tant de fois suivis, virent enfin la ‘victoire leur échapper; lorsque À, ee couchés sur le sol, sentant leur ‘sang couler et leur vie s'éteindre, ils virent, comme. conséquence de leur défaite, Québec aux mains de l'ennemi, et le pays à jamais perdu, — sans doute leur pensée suprême : dub se tourner sur leurs enfants, . sur ceux qu ‘ils laissaient sans pro- "A re tection et sans défense; sans doute ils les virent persécutés, asservis,. : TE burniliés, et alors, il est permis de ‘le croire, ‘leur dernier soupir put. s’exhaler dans un cri de désespoir. Mais si, d'un autre côté, le ciel ! . permit que Île voile de l'avenir se déchirät à leurs yeux mourants ; | si le ciel. permit, que leur regard, ayant de 50” - fermer pour jamais,
pénétrat dans l'inconnu; s'ils purent voir ‘leurs enfants. libres et
‘heureux, marchant le front haut dans toutes les sphères de la société;
s'ils purent ‘voir, dans la vieille cathédrale, le. banc d'honneur des gouverneurs français occupé par un gouverneur français ; s'ils purent
voir les flèches des églises s'élançant de toutes les vallées, depuis les
: eaux de Gaspé jusqu'aux plaines de la’ Rivière Rouge; s'ils purent ue . voir ce vieux drapeau, qui nous rappelle la plus belle de leurs victoires. ‘promené triomphalement dans toutes nos cérémonies publiques : s'ils purent, enfin, .voir nos libres institutions, n ‘est-il pas permis de croire que leur dernier soupir s'éteignit dans un murmure de rèconnaissance pour le ciel, et qu'ils moururent consolés?
Si les .ombres de ces héros planent encore sur cette pour laquelle . ils sont morts, si leurs ombres planent ce soir sur’ la salle où nou$ sommes réunis, il nous est permis de croire, à nous, libéraux, — dn moins nous avons cette chère illusion, — que leurs LE sympathies sont toutes avec nous.
De LT.
re
| DISCOURS DE L'HON. W: LAURIER EN FAVËUR DU MAINTIEN DE LA LOI DE M. MERCIER -SUR LES BIENS DES JESUITES, Lu | L
. prononcé dans la chambre des Communes, à Ottawa, le 28 mars 1889 (1)
Dr si T
. | Monsieur l'Orateur,
| ‘ ‘ Le LL, Te : __— 1 n'arrive pas souvent, monsieur, -que la gauche aït l’occasion
d'appuyer la politique du gouvernement: mais dans le cas présent,
lorsque le gouvernement est attaqué pat un certain nombre de ses
@) Le 26 rhars 1889, M. D'rien, député de Muskoka, fit la proposition sui, , vante aux Communes:
“ Qu'une humble adresse soit présentée a Son Excellencé le Gouverréêr ür é-: ‘néral, énoniçant, — | à
“ 1. Que cette Chambre considère le pouvoir de désavouer les actes des Assernblées législatives des provinces, ‘conféré à Son Excellence en Conseil, comme une prérogative essentielle à l'existence nationale du Canada. --
.“ 2. Que ce grand pouvoir, bien qu'il ne doive jamais être mis en usage inconsidérément,. devait être exercé sans crainte pour protéger iles droits d'une minorité, conserver les principes fondamentaux de la constitution et sauvegarder les intérêts généraux de la population. v ?
©: "8. Que; dans l'opinion de cette Chambre, l'adoption par la législature de la province de Québec, de l'acté intitulé: “ Acte concernant le règlement des’ biens . © des Jésuites ,, est en dehors des attributions de cette législature, Premièrement, . Parce qu’elle dote, à même les fonds publics, une-organisation religieuse, et qu’elle . viole par là même lé principe constitutionnel incontesté de la séparation complète : ., de l'Eglise eb de l'Etat .et de l'égalité absolue devant la loi de toutes les dénomi-, nations religieuses ;, Secondement, Parce qu'elle reconnait Tusurpation d’un droit par un pouvoir ‘étranger, savoir: Sa Sainteté le Pape, siégèéant à Rome, en prétendant que son consentement était nécessaire poûr autoriser, la législature provinciale à disposer d’une . partie du domaine public; eb aussi, parce que l'acte doit Fous ‘dépendre de la volonté .de ce même pouvoir, de mêmé que la. disposition de l'octroi . À ‘est soumise à son contrôle; et Troisièmement, Parce que la dotation de la société ‘ u de Jésus, qui est un corps, étranger, secref et politico religieux, dont l'expulsion de toute société chrétienne, où il s'était implantéa été nécessitée par son intolérance. et
vote de 188. contre 13.
!— 84 — ui propres partisans et que, sa conduite a déjà provoqué une agitation qui malheureusement n'est pas exempte d’animosité religieuse, je ne. dirai assurément rien qui soit de nature à attiser cette’ animosité:' religieuse; et, répétant ëe qu'a dit, cet après- -midi, mon honorable ami le député de Bothwell (M. Mills), dans son admirable ‘discours, je déclare que le-parti libéral, sauf quelques exceptions que je respecte, approuve entièrement l'attitude du gouvernement sur. la question qui fait l'objet de ce débat. D'ailleurs, nulle autre ligne de conduite de‘la part de la gauche ne serait conforme à la politique que vous défendons depuis quinze à vingt ans ou plutôt depuis la Con-
fédération. Aussi, je m'empresse de féliciter le gouvernement d'enréfre
enfin arrivé à admettre la vraie politique qu'il .a souvent combattue,
. Savoir: que le seul moyen d'administrer avec succès les affaires de la
Confédération est de reconnaître le principe des droits provinciaux. Et. je dois dire que, si le gouvernement est aujourd'hui en -butte à ces difficultés de la part de ses propres amis, s'il'se trouve en présénce
de l'agitation qui règne actuellement dans la province d'Ontario et à
dont nous n'avons pas encore vu la fin, d' après ce que ‘nous a déclaré
“hier l'honorable député de Simcoe-Nord (M. MeCharthy), c'est dû . entièrement à sa fausse politique devant les conséquences de laquelle il
est enfin obligé de reculer; c'ést dû entièrement à la manière dont
il a gouverné le pays et aux moyens dont il s'est servi pour obtenir
la majorité qui l'appuie. LU . °E Ceci, monsieur l'Orateur, n'est pas une question de parti: c'est
tout au plus une querelle de famille ; c'est simplement un désordre
domestique dans les rangs du parti conservateur. Une fraction de ce
. parti veut aujourd'hui que le gouvernement appliqué, quoiqu ‘il puisse
arriver, la doctrine du désaveu qu'il a enseignée et qu'il à ‘plus d’une fois demandé à ses partisans d'appuyer. Or, le jour de la rétribution doit, tôt ou tard, arriver, eb je crois qu'il s'annonce pour le gouvernement. Les deux principales provinces de la Confédération diffèrent
‘ considérablement entre: elles. L'une est française, l'autre anglaise,
l'une catholique et l'autre protestante. Chacune d elles a. des préjugés
Ù son ingérence indue dans les affaires de Etat, est très danger pour les Hiperhés civiles et religieuses du peuple canadien. ‘ - +. et
* Et cette Chambre demande, en conséquence, qu! #l plaise à à Son Excellénte |
‘de désavouer le dit acte. , , .
L'Hon. M. Laurier parla, tontre cette proposition. Elle ft rajotée | par un
He - a. - | - mes
Fe 8 —
particuliers ne ga race et à sa croyance. Je dis préjugés: à dessein;
et je n'emploie pas cette expression çomme terme de mépris, car tout |
le monde admettra que les hommes à convictions fortement enraci-
* hées sont généralement portés par une exagération ‘de sentiment à
- inflexible et inconciliable, et à tend que ‘les honorallles députés de l'opposition caurtisent bassement l'influence de dl'élémgnt français et catholique. Ce double jeu a longtemps réissi ;. mais-
dépasser les conséquences légitimés de leurs convictions. Or, j'accuse le. gouvernement et le pari conservateur de n'avoir réussi, depuis 1854, à garder Île pouvoir presque. sans interruption, qu'en exploitant‘
les préjugés. Dans la bonne provirice catholique de Québec où je : , demeure, les partisans du ‘gouvernement se sonb toujours donnés pour les champions de Ja cause catholique: romaine. Ils ont tou-
jours dénoncé leurs adversaires, les libéraux : d'origine française
comme. moi, ‘comme des hommes à doctrines et à tendances dan-gereuses. Îls ont toujours représenté Zes libéraux d'Ontario comme .
dés hommes mus dans tous leurs actes et dans toutes leurs inspira- ‘
tions par la haine de tout. ce qui,était français et catholique. En même temps, dans la bonne province protestante d'Ontario, le même parti à toujours été représenté : comme le parti du protestantisme jourd'hui la: presse conservatrice pré-
vant d'aller plus loin, je me permebtrai de rappeler que l'attitude du parti conservateur d' Ontario a toujours été telle que je viens de la écrire, comme le savent parfaitement tous ceux qui m'entendent. que l'on ne sait peut- -être pas aussix bien,
“par exemple, c ’est que /les conservateurs" de la provinge#d ‘de Québec accusent les libéraux d’Ontario, non de ce urtiser l'influence catholique,
mais de. lui être hostiles, et de cette manière les accusations portent
des: deux côtés. Dans une province, les libétaux. sont accusés d'une
chose, et dans l'autre on porte contre eux un lement ‘opposée. , Je pourrais citer articles sur r articles de. la presse qui appuie le
\faccusation diamétra-
très honorable premier ministre pour prouver ce fait, mais je vais
me borner à un court paragraphe. La question scolaire dans Ontario est une’ question brûlante. Hier, l'honorable député de Bruce a MeNeil) n'a guère parlé d ‘autre chose. Il y a quelques jours, un débat
‘a eu lieu sur cette question dans ia législature d'Ontario. Le parti
conservateur abcusait le cabinet Mowat -de favoriser indûment l'en-
‘-ssignement de là langue française dans les écoles d'Ontario. Dans là province de, Québec, on à comménté cette: discussion, æ la Minerve,
N k ET
or de
— 86 — Cr
ee a . ; ; d un des journaux qui appuient le gouvernement fédéral; nn organe du parti conservateur, en a parlé comme suit : | La motion! du député de Durham-Est nous a valu une réplique très brillante, très fortement pensée, très, large d'idées-et fort concluante de la “par de Phonorable M. G\ W. Ross, ministre de: lInstruction publique. M. Ross est an grit de la plus belle eau, mais nous sommes trop ‘hsbitués aux dénonciation fran-
* cophobes de ce parti et à leur intempérance de längage quand il s'agit de Ja pro-
vince de Québec pour ne pas nous réjouir de tout ce qui de près ou de loin, peut
ressembler à une conversion.
LA
La Minerve affirmait donc que le langage de M. Ross était une
exception,” tandis que le parti conservateur d’' Ontario accusait 16 gou- -:
CE
vernement, au nom duquél parlait M. Ross, de ce. qui est regardé ici comme une exception dans le cas de ce dernier. f'èn a toujours été ainsi. Ce parti a toujours eu deux faces, la face austère du protestan-
tisme dans l'ouest, et la face: dévote du catholicisme dans l'est, Dans la
province d'Ontario, le cri de ralliement du parti a toujours ‘été:
“ Protestants, méfiez-vous des grits; ce sont des protestants tièdes. ; » Quelques voix. — Non, ‘jamais! .
M. Laurier. — Parmi les habitants de la province de Qüébec,
le cri a toujours été : “ Catholiques, méfiez-vous des libéraux, ce sont
de mauvais catholiques. , Ce double jeu a réussi pendant longtempé mais il.n'en peut pas être tonjours ainsi st je dis que le jour de las
rétribution approche.
Je dis que la présènte motion est très régrettable sous plusieurs
rapports et j'approuve tout ce ‘qu'a dit l’autre jour lhonorable député de Northumberland (M. Mitchell). Tout son discours me pa
raît empreint d'une grande sagesse, mais je ne puis me défendre de la conviction que Je gouvernement ne fait que recueillir aujourd'hui ce qü il a semé. Il a ‘habitué une classe nombreuse de la popula-
‘ tion protestante d'Ontario à le considérer. comme, le champion du . protestantisme. I] a proclamé la doctrine du désaveu parmi cette classe et. aujourd'hui celle-ci s'écrie: “ Nous Vous avons toujours
considéré comme .le champion du protestantisme; voici une Jégislation que nous regardons cornme hostile aux intérêts du ‘pays en. général, et nous vous demandons. d'exercer ce pouvoir de désaveu que vous avez'si souvent exercé par le passé. , |
Quant, au parti libéräl,. son attitude sur cetto question. était”
connue avant qu'elle -eût été 8xbliquée dans le présent débat. ll.
ES
87 — Us
nes
envisage toujours ces questions non pas=äu point de vue catholi-
que, ou protestant, mais à un point de vue qui embrasse tous les différents intérêts religieux. ! ——
Parmi les diverses questions ‘qui ont divisé les deux partis," il
n'en est aucune au sujet de laquelle la politique des deux. partis ait ‘
été aussi clairement tranchée que dans le présent cas. Le parti conservateur dirigé par le très honorable premier ministre, a toujours prétendu avoir le droit de reviser /la législation des législatures pro-
vinciales. Pour notre part, nous avons toujours soutenu que le seul
moyen de maintenir la Confédération est de reconnaître que, dans sa sphère, dans la sphère que lui assigne la constitution, chaque province est aussi indépendante du contrôle du Parlement Fédéral que l'est ce dernier du, contrôle des législatures provinciales. L'honorablé premier. ministre, au contraire, à prétendu maintes fois, dans cette en-
.Geinte, ‘eb par ses actes administratifs, qu'il avait le pouvoir de reviser
| : É EA Jégislution provinciale, ‘d'examiner si elle était bonne où mauvaise,
or mnt mm
et de la désavouer si elle était: en conflit avec ses dées. La Chambre
se souvient de la fameuse loi des cours d'eau. Quest-ce que l’honorable premiér ministre a dit à ce sujet? Il a soutenu que c'était une
question purement locale, qu'elle était clairement de la compétence —.
de la législature d'Ontario, et cependant il a pris sur lui de désavouer cette loi. Et pour quelle raison? Simplement parce qu'elle était
‘en conflit avec ses’ notions du juste et de l’injuste. Voici ses propres
paroles :
ei,
Mais ici, ‘où les diverses provinces forment un seul et même pays, où nous
- allons d'üne. ; province TE l'autre comme nous allons d'un pays à un autre et d'une
ville à à ne “autre, doit-on supposer que les lois reconnues par les .sociétés civili-
l -‘aées, | due -les lois *qüi distinguënt. la civilisation de la barbarie, qui protègent a ,
vie, la réputation et la propriété, puissent. être différentes: que ce qui ‘constitue un mérite .dans une province soit un erime dans une autre eb que des lois différentes doivent exister ?
CU
es
Dans cette. occasion, l'honorable premier ministre a pris sur lui
de reviser la loi de la provinéé et, trouvant qu ‘elle “n'était pas con-
forme à ce qu'il croyäit être: juste, il l'a désavouée. Sa conscience
. délicate était offensée de ce que Ja législature d'Ontario eût, décrété |
que M. Caldwell n'avait pas le droit de flotter ses billots danë .ce
Cours d'eau . qu'avait amélioré M. McLaren, sans payer de droit, bien que lé Coriseil Privé ait décidé daris la suite que, sans cette” loi,
ide . —68 ES
M. Caldwell aurait pu a profiter de ces améliorations sans rien payer.
L’honorable premier ministre en arrive maintenant à la doctrine que nous avons maintes fois prèchée dans cette chambre, qu il n'a pas à s'occuper, Si cette loi pr ovinciale est bonne, mauvaise ou indifférente ; qu’elle est entièrement de la compéténce de la législature provinciale de Québec, tb partant qu elle doit suivre son cours. Examinons le rapport du ministre de la Justice d'alors sur,le bill des cours d’ eau,
mm
et comparons- -le avec celui fait par le ministre de la Justice. sur la
loi qui nous occupe. Le ministre de la Justice a dit alors:
Je crois que le pouvoir de la législature locale d'enlever à un particulier ses”
droits pour en investir un aütre, comme on le fait par le présent acte, est extrômement douteux, mais supposé què ce droit existe rigoureusement, je crois qu'il incombe au gouvernement fédéral de voir à ce que ce pouvoir ne soit pas exercé en violation flagrante des droits privés et de la justice naturelle, surtout lorsque, comme dans le cas actuel, outre qu il empiéte sur des droits particuliers de la “manière: indiquée, l'acte met de ‘côté un jugement d’un tribunal compétent en déclarant rétroactivement que la loi a toujours été et est encore différente de ce
que le tribunal a prétendu qu'elle était, ,
ee ——
DT
| Examinonsémaintonant le rapport du ministre de la Justice dans
Je “présent cas. Il est extrêmement concis. Le ministre de la Justice,
faisant allusion à des pétitions demandant le désaven ie le loi, dit simplement:
; Ê ur | a : HŸ , : - Avant que ces pétitions eussent été soumises à son examen, le soussigné avait,
GR IAG Ut
déjà recommandé à Votre Excellence de laisser”éette. loi suivre son cours. Les pé-.
tions en question n'ont pas convaincu le soussigné de l'opportunité de modifier cette recommandation. La matière de l'acte est d'intérêt. purement provincial, se rapportant à ‘une question financière qui est entièrement du ressort de la législaturé de Québec. . ‘
Voilà, M. l'Orateur, la saine doctrine libérale: c'est celle que l’op-
position à toujours prèchée et appuyée. eb j'offre encore une. fois à ‘
honorable premier ministre mes remerciements ét mes félicitations
pour avoir enfin adopté le vrai et l'unique moyen de maintenir avec succès notre constitution. Loue
“1 faut néanmoins bien du temps pour qu'un principe juste entre dans l'esprit, je’ pourrais dire perverti, des honorables ministres. Non, je me trompe, il ne faut pas toujours beaucoup-de temps; dans certains cas, l'opération se’ fait aussi promptement” qu'elle est lente dans d autres occasions. lu u a que. trois semaines, nous avons donné au
gouvernement un conseil sur la manière dont il devait traiter nos
amis les Américains, à propos du modus vivendi. Notre conseil a été reçu avec mépris et les honorables ministres ont déclaré que le peuple canadien accueillerait notre proposition aves ‘dédain; et cependant, trois semaines plus tard,. ils ont changé. d'opinion et ont adopté la
* politique que nous avions suggérée. Tant que .le gouvernement con-
Fos pere
tinuera à agir de cette’ façon, à rejeter d'abord là politique de l'op-
position ‘et ensuite à l'accepter, le pays n'y perdra point. Avant de me. résoudre à parler sur cette question, je me suis demandé si. je devais me borner à faire ces déclarations, mais je ne
puis paraître ignorer, de même què ceux qui ont à cœur les intérêts
du pays,. la paix et l'harmonie denotre pays; je ne peùx” voir avec indifférence l'agitation qui règne.en ‘ce’ moment dans la’ province
‘d’Ontario. Enfant de a province de Québec, membre de l'Eglise catholique ‘eb partisan du gouvernement qui a passé cette loi,. je ne puis.
m'empêcher de regretter. profondément que l'on essaie aujourd’hui de soulever nos concitoyens protestants de Ja province d’Ontario, contre cette législation. Permettez-moi de dire, ce qui doit être évident .pour
chacun d’entre nous, que, si nous examinons la présente question, ou
toute autre question, au point de vue des opinions religieuses que nous professons respectivement, nous sommes exposés à nous placer sur un terrain très étroit, très -peu : sûr et’ très” dangereux. Je dis on
“tériäin ‘dangereux, car l’histoire nous enseigne que c'est toujours au
nom. sacré de la religion que les passions les. plus violentes du genre
‘humain ont été excitées et que les crimes les plus effroyables ont été
commis. Je ne puis oublier que dans le cas actuel on a essayé de soülever les passions de la province d’Ontario, mais j'espère que cette tentative ne réussira pas eb qu'un. sentiment plus sage prévaudra ; j'espère que le langage modéré de la raison que nous avons entendu aujourd’hui sera compris et que, bien que cette loi puisse déplaire à . certaines personnes, “tout le monde reconnañtra que dans ces questions
mous deyons avoir de l'indulgence pour les sentiménts ‘des autres.
Quelle est la cause ‘de l'agitation qui règne aujourd'hui? Quelle est. la ‘cause de la législation qui..a provoqué ce trouble} La voici! il est regrettable que les” nations européennes, les Français et les
* Anglais, en venant Sur notre. continent, . aient emporté avec elles, non-seulement leurs: lois et leurs” institutions, non-seulement leur civi-
lisation, mais encore leurs haines. Aujourd'hui, et depuis plus de soi-
xante-dix aus, la France: et. l'Angleterre” vivent. en paix; et il était
‘ traité ces communautés
réservé à notre génération d'assister à un spectacle qui aurait sem- : blé improbable; pour.ne pas dire impossible, quelques années auparavant, Nous avons vu la France et l'Angleterre liguées contre un ennemi commun; et pour-nous, sujets anglais d'origine française, sujets anglais qui avons appris à aimer l'Angleterre, qui apprécions sa: biônfaisante domination, qui ne voudrions par retourner’ à l'allégeance de la France, mais qui nourrissons toujours dans nos coeurs l'amour du pays de nos ancêtres, rien ne pouvait être plus consolant que de voir , les drapeaux de la France et de l'Angleterre flotter ensemble sur les bords de l’Alma, sur les hauteurs d'Inkermann et au milieu des ruines de Sébastopol. Il en ést de même aujourd’ hüi. Il n’en était cependant pas ainsi lors de la découverte del’ Amérique, lors de l'établissèment dés postes anglais et français sur ce continent. A. cette époque, les Français et les Anglais étaient depuis des siècles “engagés. dans des querelles mortellés. Ils emportèrent avec eux les haines, les animosités
qui les avaient divisés en Europe, et.ici, shr ce continent, ils se poursuivirent à travers les rivières et les lacs, les montagnes et les-forêts,
et ; s'attachèront à se faire xéciproqüement . le plus de mal possible.
. Ils : avaient devant eux l'immense étendue de ce continent encore vierge,
et cependant ils se livrérent à une guerre moïtelle pour se disputer la possession des misérables huttes qui composaient leurs premiers établissements. Ce long duel se termina, comme nous le savons, sur les plaines d'Abraham. La guerre fut cependant prolongée encore une
année par le chevalier de Lévis, mais sans autre résultat que l’obten- :
tion de termes de capitulation” “plus généreux de la part du vainqueur.
.On a parlé de ces termes, et je d'a fai pas besoin d'y revenir. Les communautés religieuses furènt “maintenues dans la possession de tous : leurs biens, aussi librement ‘que si elles fussent restées sous la domi- | pation du roi de, France. L’ honorable député de Muskoka (M. 0° Brièa) a dit én ouvrant le présent’ débat que les. termes .de la capitulation avaient été modifiés pas le traité de Paris. Pour ma pàrt, je n'y puis voir de différence; mais, ‘si différence il y a, je suis parfaitement prêt
à accepter l'interprétation qu en a donnée le gouvernément”anglais E
lui-même. Relativement à fa manière dont le gouvernement .anglais a
uxquelles on avait promis une immunité spéciale, je ne vois aucune différence dans leur position sous le régime
français et sous le. régime anglais. Le gonvernement anglais à traité
“ces communautés et toute la population, sous le rapport. des intérêts
religieux, avec. la plus grande. générosité. Toutes les communautés
roligienses, sauf les Jésuites, ont été maintenues daris la possession de leurs biens. On a fait une excéption pour les Jésuites, et pourquoi?
Est-ce par droit de conquête, comme l'a affirmé lhon. député de Simcoe .
(LE McCarthy)? . !
"M. McCarthy. — L'houorable député voudrait-il me permettre de l'interrompre? Je n'ai pas affirmé cela. C'est en vertu de l'intro-
duction de la loi anglaise dans le pays, lors de la conquête, et nullement par droit de conquête, que. ces biens ont été confisqués au,
profité de la couronne,
" M.'Laurier. Quoi qu'il en soit, j'accepte la correction. Je n'ai pas l'intention de traiter le côté légal: de la question, parce que, suivant moi, il ne se présente pas dans le: çag actuel. Mais, quand même, comme l'a dit l'honorable député, le gouvernement anglais aurait pris possession de ces biens en vertu de l'introduction de la loi anglaise dans le pays, cela aurait pu s'appliquer tout aussi bien aux autres com-
munautés qu’à celle des Jésuites. Pourquoi ä-t-on fait cette exception ?
Pourquoi ces autres communautés religieuses ont-elles été maintenues dans la. possession de leurs biens, et Îles Jésuites exceptés? Je crois
.que le ministre de la Justice a,donné hier la vraie raison de. cebte
exception lorsqu'il a dit que, grâce à sa convoitise, lord Amberst, en
. 1770, avait obtenu du roi la promesse que ces biens lui seraient con-
cédés. Si, plus. tard, l’ordre n'eût été aboli par le pape, je crois fermement que les Jésuites auraient été maintenus dans la possession de leurs biens comme les autres’ communautés religieuses. Mais l’ ordre fut aboli, et, après la mort du dernier Jésuite, le gouvernement
anglais prit possession des biens. Plus. tard,- comme nous le savons,.
lès héritiers de lord Amherst réclamèrent ces biens. én vertu, de la promesse faite en, 1770 par le roi. Mais les protestations furent si vives, non- -soulement dela part des anciens sujets du roi, mais gussi
de ses nouveaux sujets, qu ‘il fut impossible au gouvernement de céder . ces biens aux héritiers de lord Amherst, comme il en avait l'intention.
D'un autre côté, bien que le gouvernement eût pris possession de ces biens et qu'ils ‘eussent été promis au général Ambherst, le gouvernement
.. ne put les inclure dans le fonds du revenu général, mais il en constitua,
un fonds de revenu spécial. Mais, que les lois anglaises aient, 6u.non, ,
été introduites dans la colonie, que les anciennes lois soient, ou non,
restées en” vigueg, il faut se rappeler que les. anciennes ‘lois françaises, continuèrent à subsister comme auparavant. Et il ne faut pas oublier
ion plus qu ’en verbn des. lois de Québec en vigueur sous de régime
français, certains biens de la nature de ceux des Jésuites, après l'abolition de l'ordre, seraient retournés à l'Ordinaïre du diocèse; des biens
de'ce genre seraient retournés à l'évèque. de Québec ou à L'évéqua, de Montréal. C'était la prétention de l'Eplise à cette époque, atjtéqu'à ce jour les autorités ecclésiastiques ‘de la province : de Québec n'ont
jamais cessé, de réclamer ce droit comme leur. appartenant. Les protestations se sont continuées depuis lors jusqu'à ce jour dans l’ordre
suivant: : . ; :
1. 4 février 1798, par les citoyens de Québec. 2. 18 novembre 1799, par Sa Grandeur Jean François Hubert, évêque de Québec. 3, Vers l'année 1835, .par Sa Grandeur Joseph Signay évêque de Québec; Sa Grandeur Pierre Flavien Turgeon, évêque de Sydime, coadjuteur de l'évêque de Québec; Sa Grandeur Jean Jacques Lartigue, évêque de Tellmosse, grand vicaire du district de Montréal. ,4 Janvier 1845, par Sa Grandeur Joseph Signay, archevêque de Québec, et par les évêques
de ‘Montréal, Kingston et Toronto. 5. Juin 1847, par le clergé des diocèses de Mont-
réal et de Québec. 6. Janvier 1874, par le R. P. Théophile Charraux, supérieur général de la mission en Canada. 7. .9 octobre 1878, par l'archevêque de Québec eb-les “évêques de Trois-Rivières, de Rimouski, Montréal, Skerbrooke, “Ottawa, St Hyacinthe et Chicoutimi. 8. 2 janvier F8: par l'archevêque de Québec.”
ee
On voit donc ‘que, ans que le gouvernement gi a pris possession de ces biens, les autorités religieuses de: la province de Québec n’ont pas cessé de les réclamer comme leur propriété.
Pouvait-on laisser les choses dans cet état? Etait-il possible que, . . dans un pays. catholique comme la province de: Québec, ces protesta-
tions -n'eussent aucun résultat? Bién des fois, vous le : savez, le gou-
vernement de Québec à essayé de disposer de ces biens et de régler
la question. M. Mercier n'est pas le seul. chef de gouvernement qui .
ait entrepris de la régler. A plusieurs reprises, ses prédécesseurs l'ont tenté. re avait une raison pour cela. Ces biens sont évalués aujourd'hui par M. Rivard, qui en à la surveillance, à 1,200 000 piastres. “Ils ne rapportent que 22,000 piastres de revenus, soit moins de'2 pour cent. Une partie des biens n’a aucune valeur annuelle. L'ancien collège des Jésuites, par exemple, au centre même de la ville de Québec, en face
.de la basilique, ne rapporte pas un sou de revenu, mais-au contraire;
il constitue une chatge pour le trésor de la province, tandis qu'il se vendrait un bon prix s'il était mis en vente. Le .Souvernement de Québec à souvent essayé d'en disposer, mais chaque fois les autorités religieuses ont réclamé la » propriété eë ont fait échouer la vente. |
Ês
Les choses devaient-elles rester éternellement daus cet état? Plus
d'une fois la question a été amenée sur le tapis. En 1876, M. ‘de.
«Boucherville. a essayé, mais en vain, de la régler avec lès autorités religieuses de la province. On a affirmé plusieurs fois dans les journaux, bien que la chose n'ait jamais été annoncée officiellement; que
M.' Chapleau était entré en négociation avec les autorités religieuses
lorsqu il était premier ministre, et qu'il était allé jusqu'à leur offrir
5b0, 000 piastres en règlement de leurs réclamations sur cés biens.
J' ignore jusqu’à quel point cela est vrai. Je ne parle que d'aprés ce
qu'ont dit les journaux. Mais il est cértain que M. Ross, qui lui à succédé
commé premier ministre quelques années après, a entrepris de régler
la question. Les négociations n'ont abouti à rien, et pourquoi? Parce
qu'il fallait du courage pour régler cette question, parce qu'il était certain que celui qui la règlerait aurait à affronter beaucoup, de pré: .
jugés, commé l'a prouvé l'événement. M. Mercier a eu ce courage, et
il l'a réglée; et quand. même la carrière de M. Mercier ne présente-
rait-rien autre chose de remarquablé, le courage qu'il a eu de régler
cette question suffirait pour lui donner droit au titre d'homme d’ État. Cette question, je crois, devait être réglée. Comment l'at-elle
été? Elle a été réglée de la façon la plus raisonnable pour tous; elle
a été réglée par compromis. M. Mercier, en effet, a dit aux autori-
” tés religieuses: Je suis en possession de ces biens en ma qualité de représentant de la couronne; le droit appartient à la province de Québec; nous avons un‘titre légal; je .n’admets pas. que vous. ayez - un'titre légal, bien que vous le prétendiez. Quoi qu'il en soit, dit-il, faisons, de part et d'autre, le sacrifice de nos prétentions ; je suis en possession de tons ces biens eb vous les réclamez tous: faisons un . compromis et réglons la question pour toujours. Je le demande à tout membre de cette chambre, quels que ‘soient Ses préjugés, je le demande à l'honorable député de Muskoka (M. O'Brion) lui-même, en . l'esprit de justice de qui j'ai la plus grande confiance, a-t-on jamais adopté, pour régler : une question publique, un moyen plus équitable que celui que l'on a adopté dans ce cas? Naturellement, il est bien fa- - cile pour le journaliste dans son fauteuil, il est bien facile pour le publiciste dans son bureau, il est bien facile pour le membre du
clergé dans son cabinet, der régler’ des questions d'après des théories;
mais l'homme public au pouvoir ou dans l'opposition ne peut pas ré-
gler. une question d'après des théories établies, mais il doit consuk ten les désirs, non seulement les désirs, mais aussi les passions et.
les préjugés des gens avec lesquels il doit traiter. Et,. dans un pays comme la province de Québec, où il y a plus de 1,000,000 de catholiques, avec une” hiérarchie régulièrement constituée, en face d'une ré-. clamation que les autorités catholiques pouvaient présenter, devait: . on dire que cette question ne devait jamais être réglée eb. que l'on ue devait jamais disposer de ces terres pour l'avantage du trésor de la province? Il me semble que, sur cette question, je puis encore en
. appeler avec confiance au témoignage de tous les gens disposés à exa-
miner Ja chose avec un esprit libre de-tout préjugé, Après tout, mon-
. sieur l'Orateur, l'on n'a jusqu’aujourd'hui trouvé qu’un seul moyen
pour gouverner les hommes d’une façon satisfaisante, et cé moyen
‘ consiste à les gouverner conformément aux désirs exprimés par l’opi-
nion publique. Je ne veux pas dire que l'opinion publique ‘soit toujours ?’ interprète de l'éternelle justice et de l'éternelle vérité; je ne veux pas dire que l'opinion publique soit. toujours l'écho de la sagesse, mais si vous gouvernez le peuple conférmément à l'opinion publique, vous êtes” sûr de voir régner la paix .et l'harmonie dans le pays, et
‘lorsque cette question à été réglée, elle l’a été conformément aux
désirs de l’opinion publique de la province de Québec. E agissant ainsi, vous faites règner la paix et l'harmonie dans le pays. Mais si vous cherchez à contrecarrer les désirs reconnus de la popülation de Ja province de Québec, au lieu de l'harmonie et de la paix, vous aurezprobablement de la discorde, dont je ne veux pas envisager les conséquences. Voilà pourquoi cette question a été. réglée commerzelle l'a été. .
Mais le député de Simcoe Qu. McCarthy) et quelques aûtres membres de cette chambre ont appuyé sûr le fait que cette législation est mauvaise au point de vue protestant. Cependant, chose étrange ! la minorité protestante est représentée dans la législature de la province: de Québec. Si je me rappelle bien, il y a environ douze députés protestants dans la législature provinciale. Lorsque cette. question est venue sur le tapis, deux députés seulement ont protesté et leur protestation à été très faible. Et ils ont protesté contre quoi? contre
‘une seule partie de l'acte, contre le fait que le nom de Sa Sainteté le Pape apparaissait dans le préambule. M. Mercier leur à fait, alors, : la réponse même faite hier par le ministre de la Justice et leur à
dit: Si vous ne voulez pas du nom du Pape dans cette affaire, veuillez me proposer le nom d’un autre, pour que je le mette à sa place. C'est un compromis fait avec les autorités religieuses de la pro-
st
vince de Québec et'M. Mercier à, je crois, agi équitablement et prudemment ex ‘traitant immédiatement avec le chef de l'Eglise catho- ” lique romaine. Ses arguments ont été si concluants que l'on n'a pas insisté sur ces objections, l'acte a été adopté unanimement et M. Mer- ‘ cier à pu parler dans les termes suivants de l'attitude prise par ses collègues protestants :
Je remercie les députés protestants de.la modération qu'ils ont montrèe en: discutant cette question. C'est de bon augure. L'unanimité qui existe. maintenant est unë preuve que les différentes races dont se ‘compose notre population, vivent en paix et en harmonie et ébndient les questions les plus délicates avec cet esprit de conciliation qui fait des merveilles “lorsqu'il est convenablement dirigé. |
Mais cette législation ne donne pas satisfaction à nos amis pro- “testants, au moins à quelques-uns de nos amis protestants d’Ontario. | Cependant, puisque les protestants de la province de Québec sont satisfaitsi - qui peut trouver à redire ?
J'ai compris que. ‘le député de Huntingdon (M. Scriver) avait dit, il y a un instant, que.les protestants de la province de Québec ne sont pas tous satisfaits. Il peut arriver, en effet, qu'ils ne. soient ‘pas tous satisfaits. Il est très rare que, sur une question qui se présente, des hommes de même croyance, de même race, soient complétement satisfaits ; mais si des hommes ont le droit de parler pour la minorité protestante de la province de Québec, est-ce que ce ne sont. pas ceux qui sont élus par le peuple de cette province pour. la représenter dans la législature ? Et:si ceux-là ne font aucune représentation, si, au contraire, ils disent qu ‘après tout cette question à été. réglée et’ approuvée, personne n’a le droit de se plaindre. Mais le député de Simcoe (M. McCarthy) n'a, paraît-il, aucune confiance’ en ceux qui représentent ses compatriotes dans la province de Québec. Si.j'en.crois ce qu'il à dit hier, il a une bien triste opinion de ceux à qui ses coreligionnaire de cette province ont confié le soin de surveiller leur intérêts dans la législaiure. Voici les paroles qu'i à prononcées hier : |
Ekt-ce que lecla signifie que les protestants de la province de. Québec voulaient et désiraient avec anxiété que cette législation restât dans le statu quo? Ow bien, est-ce qne cela ne signifie pas que, si l'on donnait un encouragement raisonnable à la minorité protestante de cette province, elle obtiendrait justice — eb elle n'a pas droit à autre chose de plus et j ’espère qu elle ne demandera jamais autre chose que justice — du parlement de ce pays? Puis, les protestants chercheront à à Obtenir
leur part de cette législation, mais dans la législature de la | province de Québec,
“telle qu ’elle est composée aujourd’hui, ils ne peuvent pas l'obtenir. Ca n'est que. © depuis.peu que les protestants ont eu un réprésentant dans le cabinet de cette province el, lorsqu'il a été nommé, il a fallu le faire élire malgré le vote de la
minorité protestante.
Sans en citer plus long, je désire, sur cette question, contredire la prétention émise- par le député de Simcoe-Nord (M. McCarthy), lorsqu'il a dit ici que le colonel Rhodes n'avait. pas été élu dans ‘ Mégantic par la minorité protestante. Le comté de Mégantic est un comté mixte. Le colonel Rhodes, le ministre dé l'Agriculture, à été élu deux ou trois mois après l'adoption de cet acte et les électeurs ont dû s'occuper de cette. question. Le colonel Rhodes a eu la majorité des Canadiens- français et des catholiques, mais j'aflirme aussi qu'il a eu la majorité des votes protestants, Sur ce point, je ne donne pas mon propre témoignage. Il ne m'a paÿ encore été, dorné d'examiner les chiffres. Mais je donne le témoignage du colonel Rhodes lui-même qui; le jour de l'élection, a télégraphié qu'il avait été soutenu par la majorité des électeurs protestants ‘du comté de Mégantic. |
Puis, le député de Simcoe-Nord à McOarthy) dit:
.—. Je puis comprendre que, s'il y voit; en cette chambre, un lutteur comme l'honorable député qui dirige ici le” tiers-parti, l’on pourrait obtenir quelque chose qui ressemblerait à de le justice, mais des hommes qui possèdent cette habileté et des connaïssances parlementaires suffisantes pour les seconder, de tels hommes, dis-je, ne se rencontrent pas tous les jours, eb nous ne jugerons pas les représentants de la province de Québec d'après un modèle aussi élevé. .
“Et pourquoi pas, monsieur l'Orateur, “ d’après un modèle aussi élevé ,? Peut-on croire que les protestants de la province de Québec,
qui sont à la tête du commerce du pays, sont cepeñdant tellement ‘arriérés sous ce rapport, qu'ils ue puissent pas .envoyer à la législa-
ture un homme assez habile pour les représenter? Peut-on croire que,-les protestants de la province de Québec sont obligés de sér meobtre sous la tutelle de mon honorable ami le député de Simcoe? Peut-on croire qu’ils ne peuvent pas administrer leurs propres affaires? Peut-on croire qu'ils ne peuvent pas surveiller leurs propres: intérêts? J'ai plus de confiance que mon ‘honorable ami dans l'habi-
leté. des représentants. protestants de la province de. Québec, car. j'ai. l'avantage de les connaître. personnellement .et- je sais que: ce: sont
des ‘hommés de mérite, des hommes d'habileté, et quelques-uns sont . d'ane très grande habileté. Mais, monsieur l'Orateur, c'est l'opinion .
que l’honorable député a de ses compatriotes et de ses-coreligionnaires .
de la province de Québec; s’il les croit. tellement”incapables de sur-
veiller leurs propres affaires que les protestants" des autres provinces
soient obligés de venir à leur rescousse, .il frouvera peut-être quelque
intérêt E connaître l'opinion émise par di aelques-üns des protestants =
de la province de Québec, au sujet de. ces ‘protestants trop zélés d'Ontario qui veulent se battre pour eux. J'ai ici un.extrait d'un.
journal publié dans les Cantons” de l'Est, l'Advertiser de Waterloo,”
rédigé par un disciple et” un” ‘ami de feu- M. “Huntington ; c’est un protestant aussi bon et aussf convaincu que les meilleurs. Voici ce que
. dit ce journal: /
fe ‘ | Tout Canadien. patriote doit déplorer le débat regrettable provoqué par le bill des Jésuites. Le projet” est devenu loi et aucune discussion ne peut changer le fait : ‘accompli, La chose regarde uniquement la province de Québec et toute intervention du dehors constitue, /simplement une immixtion impertinente dans nos affaires provinciales. Les ministres et les orangistes d'Ontario se sont donné la main pour faire la guerré ‘aux catholiques de Québec. La législature a réglé d'une manière. satisfaisante pour le peuple l’ancien différend qui existait au sujet des biens ‘des Jésuites. On 2’ fait disparaître, une fois pour toutes, une source d'irritation et .de mécontentement. Le bill des Jésuites a été. virtuellèment adopté à l'unanimité par la Tégi lature, Les représentants élus de la minorité protestante ont accepté la chose comme %e ‘règlement “équitable d'une question fâcheuse, Le règlement *- demandait une dépense des deniers publics et, pour,éviter toute possibilité de jalousie de la part de la mfinorité protestante, . une somime proportionnée a été en même temps potée pour l'éducation protestante. Cela était juste et raisonnable et la mino- . Hté là compiis ainsi.
La minorité de cette province peut parfaitement surveiller ses affaires, Dans les questions purement locales de la province, elle ne demande aucun secours et n'attend aucune sympathie du dehors. À tout considérer, la minorité a été traitée.
. Avec justice par la majorité. Il peut arriver qu’il y ait eu irritation, parfois, mais il n'y a pas, dans l'histoire de la province, d'exemples où les forces de la majorité aient été employées pour opprimer la minorité, ou Jui nuire. Puisque les catholiques et les protestants peuvent vivre en paix, pourquoi la province d'Ontario . interviendrait-elle ? La minorité protestante, règle générale, ne se plaint pas et ne s'est pas plainte du règlement de la question des biens des Jésuites. Les hommes patriotes et à vues larges admettent que ce règlement ést la meilleure chose ,-; que l'on pouvait faire dans les circonstances.
. Telle est, monsieur l'Orateur, l'opinion qui règne dans les Cantons. - ne de l’Est, au moins chez une partie de la population. Or, mon hono-. | ‘ 13
rable ami le député de Huntingdon (M. Scriver) a parlé, il.y à un instant, de lafaçon dont on traite la minorité dans la province de
Québec. Conime. mon honorable ami le sait, j'ai le plus grand respect : :
pour. tout ce: qu'il dit eb je suis, sûr qu'il admettra une chose: Si Ja minorité protestante de la province de Québec a quelque raison de
__se plaindre — et j'ai écouté ce que l'on pourrait appeler la liste des |
griefs que nous a lue aujourd’hui l'honorable député de N orfolk (M. Charlton) —:si la minorité protestante, dis-je, a quelque raison de : se plaindre, je le demande : n'en est elle pas elle-même responsable? Dans
. toute cette liste de griefs que l'on nous a° lue, est-ce qu'il y a un .
seul acte de législation contre lequel elle a protesté? N'a-t-elle pas . toujours appuyé le parti conservateur, qui a toujours été au pouvoir, et est-ce que chacun de ‘ces actes auxquels ôn a donné le nom de grief n’a pas été adopté. par le parti conservateur, que les protestants.
‘dé Québec ont toujours appuyé? Parlant comme canadien-français,:
monsieur l'Orateur, je dirai-simplement, si mes concitoyens d’origine anglaise ont des griefs réels où imaginaires, ‘qu’ils s’adréssent à la législature dé Québec; et bien que je n'aie pas de siège dans cette législature, je puis dire que j'y ai quelque influence — je n'ai même pas besoin d’influence — et je sais que la majorité de cette chambre, È comme, .du reste, la minorité conservatrice, sera toujours disposée à léur donner Ja législation qu'elle croira devoir remédier à ce dont ils
se plaignent. Avant ces jours derniers, je n’avais jamais entendu dire :
que la minorité protestante eut à.se plaindre de la façon dont la traitait la majorité de la province de Québec, et si elle avait eu des griefs sérieux peut-on dire: dans ‘ce parlement que ces griefs. n'auraient pas été” portés # la. connaissance des représentants du peuple?
Je répéterai ce que j'ai dit il ÿ à un instant: Il'est très facile av journaliste dans son fauteuil, au clergyman (ans son cabinet de. travail ou à toute autre personne qui n'est pas responsable ‘envers le public en général, il leur est: très facile de régler des questions par ‘des théories abstraites, mais c'est autre chose de les régler conformément à la volonté du peuple, et je n'admettrai pas qu'il existe des griefs. sérieux, tant: que l'on n'aura pas fait connaître ces griefs | à la. législature provinciale. — - |
L'honorable député. de Simcoe (M. MeGarthy) a dit aussi quelque chose, hier, au sujét .de M. Joly. Il a, prétendu que M. Joly avait'été obligé d'abandonner la vie publique. Je.ne sais pas par qui, mais je suppose qu'il a voulu dire que c'est le parti libéral qui l'a ainsi obligé d'abandonner la vie publique." |
, os. Ce.
— 99 — M McCarthy. — Ecoutez! Ecoutez! . : .
M. Laurier. — M. Joly a été au pouvoir pendant environ dix-
huit mois et on l'en a chassé par la guerre la plus malhonnèté que l'on ait encore faite à un homme public en ce pays. M. Joly à été chassé du pouvoir en grande partie par le fait. que ce parlement a
un des auteurs de cet acte. SE l'on avait donné franc jeu à M: Joly,
je crois qu'il serait encore au pouvoir dans la province de Québec. : M. Joly n'a amais rien.eu à souffrir de la part du parti libéral: au contraire, M. Joly est un homme pour lequel nous avons le plus :
. grand respect. Nous avons différé d'opinion avec Jui sur une seule question, sur la question du Nord-Ouest. M. Joly a envisagé çette
question .à un point de vue différent de celui auquel nous nous sommes .
” placés pour l'envisager. Je ne traiterai pas de rouveau cette question, mais je dirai seulement au député de Simcoe que, lors de la, dernière élection :qui à eu lieu dans Mégantic, alors qu'un meribre protestant
. du cabinet Mercier était devant le peuple et alors que la question même qui nous. occupe aujourd’ hui devait subir l'épreuve du scrutin,
: M, Joly s ‘est présenté .et a appuyé le candidat et le programe du
. gouvernement.
. It est évident, monsieur l'Oratour, d'après la discussion qui se.
fait- dans ce parlement depuis hier, que, bien que. ceb acte soit ré- préhensible. pour certaines gens. —. et je ne blâme pas le député de
‘ Muskoka, je ne blâäme pas mon honorable ami-le- député -de Simcoe de nourrir les idées qu ils ont exprimées; je crois que € ‘est leur cons- :
cience qui les fait agir, je crois que, dans leur opinion, ils agissent pour le mieux, qu'ils font ce qu'ils jugent ètre dans l'intérêt du peuple
en général — il est évident, dis-je, que, bien que cét acte soit repré- ” bensible pour certaines gens, leur jugement à. été très préjugé par
. le. fait. que le nom des Jésuites à été introduit dans cette législation. Il me semble que ce nom a réveillé un sentiment d’hostilité qui s'est manifesté contre cet. ordre célèbre, dans plusieurs pays eb pendant
. longtemps. On dit que ce sont des hommes dangereux. Supposons que -
toub ce: que l'on dif soit vrai, est-ce que cela serait une raison pour leur refuser la justice à laquelle ils ont droit? Supposons qu'ils soient aussi dangereux qu'on les représente; cela serait peut-être une raison pour leur refuser les droits civils, pour refuser de les reconnai-
tre? Mais ilé ont été constitués en corporation, il y a deux ans, par
s Ja législature de Québec, et l'acte qui les à ainsi constitués a reçu
l'approbation de ces faibles protestants dont parle le député de Simcoe, lesquels représentent la minorité à la législature de Québec.
M. Lynch, un ami politique de l'honorable député de Simcoe, parlant L
en cebte circonstance, s’est servi de ce langage remerquablé: M. Lynch, à propos du bill constituant les Jésuites en corporation, a. dit que malgré ce que l'on pourrait penser dans certains quartiers, le bill n'avait rien
d'alarmant de sa nature. Nous vivons, dit-il, dans un siècle où la sagesse prévaut,
nons vivons dans un siècle où la liberté est censée exister dans. tout l'univers, et nulle part, dans tout l'empire de Sa Majesté, la liberté ne règne plus.que dans la
province de Québec, En comité, avec l'équité dont font ‘toujours preuve les mem-
bres de la chambre, certaines parties du préainbule ont été retranchées. Est-il possible que l'opinion publique intelligente de la province de Québec refuse à ces Pères. Jésuites les droits civils que nous avons accordés à tous les autres? Si cette question à quelque caractère religieux, cela doit être réglé ailleurs que dans cette chambre. S'il y a, dans ce bill, quelque chose contre les droits civils, retranchonsle, Tant que l'on ne m'aura démontré cela, je suis disposé à appuyer ce bill. ÆEt le bill a été appuyé et adopté. Dans ces circonstances, il me semble que les plaintes que nous avons entendues aujourd’hui et hier -86 font entendre bien tard. Mais, mensieur l'Orateur, tout homme, qu’il soit l'ami ou l'ennemi des Jésuites, doit an moins admettre qu'ils
repoussent eb nient toutes les accusations portées contre eux; ile re-
poussent eb nient les doctrines dangereuses qu'on leur prête. Je ne tou-
.Cherais pas un seul instänt à cette question, sans les remarques faites. . ‘aujourd'hui par mon ami le député de Norfolk-Nord (M. Charlton); mais je ne ‘saurais laisser passer sans quelques commentaires des idées . comme celles- qui ont été exprimées, bien que ce ne soit ni le lieu -nile temps -convenables pour défendre ou attaquer les Jésuites. Tous . Ceux auxquels la littérature française est familière savent que Pascal, dans ses célèbres “ Provinciales : »» à Cité plusieurs paragraphes très répréhensibles qu'il attribue aux Jésuites. IL m'a été impossible, pour ma part, de découvrir ces extraits; j ‘ai. souvent cherché les livres dans : lesquels on Îes avait pris; mais je n'ai pu les trouver et je ne puis dire s'ils sont- vrais ou faux. Mais je sais ceci: c'est que des écrivains aussi.
éminents que Pascal ont affirmé à maintes et maintes reprises que tous : = les énoncés sur lesquels Pascal basait, son accusation avaient été réfutés
plus d'une fois par des membres de l’ordre, des Jésuites. Or les Jésuites, on l'admet, forment un corps d'hommes capables et, on doit l'admettre
”, aussi, un Corps d'hommes vertueux, renommés pour leur science, pour
leurs hautes Connaissances. Mais ce sont des hommes ; ils sont faillibles, n : . 4
“eb il serait étrange, en vérité, que dans un ordre aussi nombreux, il n'y
en eût pas quelques-uns qui aient écrit des choses répréhensibles. Mais dans l’hypothèse où l'on constaterait qu'un d'eux.a écrit des choses ré-
préhensibles, s'en suivrait-il qu'il faudrait en tenir tout l'ordre respon- ‘sable, comme un député l'a ditf Arrivez-vous à la conclusion que, parce qu'un membre de l'ordre aurait écrit des choses répréhensibles, tout
l'ordre doit être condamné? Ce serait aussi juste que de condamner tous Jes théologiens protestants d'Ontario parce que le révérend docteur Wild a dit, ilya quelques jours, que Je fait de tuer uni Jésuite ne cons+ tituait pas un Crime. | |
Je n'insisterai pas davantage sur Ce point. Je prétends que ce :
n'est pas le temps d'attaquer les Jésuites ni de les défendre. En
ce qui concerne ce bill, c'est dans la légistature de Québec qu'il pouvait convenir d'attaquer les Jésuites ; quant à cette question,
qu'un homme soit l'ami ou l'ennemi des Jésuites, il me semble que.
leur histoire en Canada, quelle. qu'elle ait été dans d'autres pays, à . été telle qu'elle ‘commande non-seulement l'admiration, mais la plus
grande admiration. Ils ont été les pionniers de ce pays. D'après le langage d'un grand historien, l'on n’a pas doublé un cap, l'on
n'est pas entré dans une rivière qu'un Jésuite n'ait tracé la voie;
u chaque pouce, du sol d'Ontario ‘avait été ‘foulé par leurs pieds au
moins. cent cinquante ans avant qu'il y eût un colon anglais dans
cette province. J' ajouterai que le’sol même de cette province à été
- conservé par le sang qu'ils ont répandu en cherchant à gagner des
ämes..à celui qui est le Dieu ‘des protestants comme des catholiques. Je n'ai rien.de plus à dire des Jésuites. Il ne convient pas, comme je l'ai dit, de traiter ici cette question ; si elle doit être traitée, elle doit l'être ailleurs qu'ici.
La résolution affirme qu’ils ont été expulsés, le député de Simcoe :
a dit hier qu'ils ont été expulsés de plusieurs pays et. le député de Norfolk- Nord dit aujourd'hui qu’ils Pont été de vingt pays. différents. . Cela st vrai, monsieur l'Orateur; mais ce qui est également vrai,
| C'est qu'ils n'ont pas encore été expulsés d'un pays libre. Ils ont été
expulsés des pays où les vrais principes de la liberté humaine, tels que nous les comprenons dans les pays. anglais, n'étaient pas compris. L'honorable député nous à dit, lui, qu'ils avaient été expulsés d’Allemagne en 1872. Pourquoi, dans un parlement anglais, nous demanderait-on d’'imiter l' ‘exemple de l'Allemagne? L'honorable député prétend-il que, parce que les Jésuites ‘ont été expülsés d'Allemagne — VAI
es je
| lemagne ést gouverués . par uñ ‘homme de génie, mais un despote, |
après tout — un pareil exemple devräit être suivi ici?
On nous a dit que les Jésuites avaient été expulsés dé France en, * 1880. Oui, ils l'ont été, et cela ‘80it dit à. la honte de Îa république, française. Mais cé ne sont pas les seuls .qui aient été expulsés par ce ne
gouvernement. En 1880, six ou sept différentes communautés religieuses
ont été expulsées. On a expulsé les soeurs de charité, les anges dela terre, s'il y en à; des femmes qui renoncent à tout ce que la vie
peut donnér, | pour passer leur existence .à secourir tous les jours les pauvres, les délaissés, ceux qui souffrent. Non seulement ces communautés religieuses, mais les princes de la maison d’ Orléans ont aussi “été expulsés de Ja France, les princes d' Orléans, des hommes qui. ‘étaient l'élite de la France, des hommes dont, il y a plus de quæxrante"ans; . le prince de Metterniqh « disait, lorsqu'ils étaient encor fants: * Ce -Sont des jeunes gens comme il y en a peu ‘et des u'y en à pas. , Le duc d'Aumale, l'un deux, à été expulsé; c était un des plus braves soldats de l'armée française, un homme\gont: l'âme est tellement élevée, que la seule façon dont il s'est vengé du traitement crue] qu’on. lui avait infligé -a été. de faire don à cette nation ingrate du château de Chantilly et de toutes ses richesses artistiques. Je répondrai simplement ceci à l'honorable député qui apporte . de tels argurnents. Je suis mille fois plus fier de mon pays natal, qui peut traiter les Jésuites justement et généreusement, que. du pays de mes
ancêtres, lequel, bien qu'il soit aujourd’hui administré par un gouver- . nement républicain, montre "un esprit si rétrograde dans l'application de sa constitution et la pratique de la liberté, qu'il bannit ceux qui * ne se mettent pas au niveau de ses principes. À ce sujet, je ,ANerTap. .
incès comme il .
pelle que l’honorable député de Simcoe. (M. MeCarthy) à à “dit, hier,
. que. les Canadiens-Français oublient parfois que le Cänade est un pays anglais. Voièi ses paroles : | :
Nous ne devons jamais oublier, dit-il, et je crois que .quelques-ans de mes -
- amis de la province de Québec l’oublient parfois, que le Canada est. un pays an- . glais, que la fortune des armes a voulu que-la plus grande moitié de ce continent passät à la couronne anglaise.
£ ce eu
Qu° est-ce | que l'honorable : député a voulu dire par. + Jo voudrais qu'il en eût dit un peu plus ou un peu moins. J aurais voulu
qu'il n'eût pas fait “’insinuation, mais que, s’il avait une accusation :
à portes, il eût le courage de la porter. Je dirai ceci à l'honorable
— "103 — LE h
député ; Je suis d'origine française et je suis fer de mon origine, et .
.je connais trop bien mes concitoyens de race anglo- saxonne por savoir . que, si je n'avais pas dans le coeur l’orgueil de mon origine, ils 26 me
régarderaient -jamais . -qu'avec le mépris que je mériterais. Je. suis d'origine française, mais je suis sujet anglaïs. Le député de Nôrfolk-Nord Po
(M. Charlton) a dit,il y a un instant, de ‘ne devrait y avoir qu ‘une. seule race ici ° 2 °
M. MeCarthy : — | Brobtez “Hcoutez!\ 7
M. Laurier : — Œh bien! quelle serait Sette race? Est-ce de. “lion anglais qui doit faire disparaître l'agñeau français, ou l'agneau français qui doit absorber le lion anglais À pl pébé: y, avoir Pit d’une race, mais il ne ‘doit y avoir qu'une seul nation. L'Écosse ‘n’a ‘pas oublié . , son origine, autant que je sache; cependant l'Ecosse est Anglaise. Je —— F + + n'ai pas l’intention d'oublier mon origine, mais je suis Canadien avant tout. Je me permettrai de dire ‘encore à mon honorable ami: Je suis fier de mon origine ; je comprends: la force du $ang qui coule davs : mes veines, mais, comme le poète latin, je. dis:.
Homo sum, humani nihil a me alienum puio. , Fo
* Je suis homme; et rien de ce qui est humain ne m "est étran-
ger ,; mais én même temps, bien--que je ne veuille jamais dubli r la Le
langue de ma nationalité, ma langue-maternelle, je déclare: à l'honorable député que, si j'avais le choix de revenir à l’allégeance fran- / . çaise, je n'y consentirais jamais. . En parlant ainsi, je n ‘exprimé paë {l' seulement mes propres sentiments, mais.je me fais l'écho des sen-
timents de tous mes: compatriotes ; je n'exprime pas seulement les OX sentiments des députés de la gauche, mais je suis sûr que j'ex- F— LE prime aussi les sentiments des députés canadiens- -français de la . | «
droite, qnand je dis que, si aujourd’hui une consultation populaire . . "+
:'avait Jieu dans la province de Québec et dans le Canada pour dé- ‘cider ‘entré l'allégeance à l'Angleterre -et l’allégeance à la France, , il n'y aurait pas un seul vote en faveur du retour à l'allégeance oh °
française. Nous voulons rester sujets anglais; mais parce que nous
sommes sujets anglais, doit-on compter que. nous allons nous mon-
trer traîtres à notre origine, ‘traîtres à tout ce qui ‘donxe du
prix à la vie ? Que serait la vie si un homme n'avait pas dans les
veines et dans le coeur une sympathie instinctive pour ceux de sa
racef L'honorable député nous à dit hier qu'il est irlandais. Vou-
drait-il renier la patrie de ses ‘ancètres ? Je le plaindrais de tout mon | À
coeur, s'il y était disposé. Mais après tout, si jamais nous oublions
que nous sommes d’origine française, je suis sûr que l'agitation ‘qui. se poursuit en ce. moment dans la province d’Ontario nous le rappel- | lerait, car il ne se passe pas de jour ni de semaine qu'une certaine presse ne nous demande, à nous d'origine française, à nous libéraux d'origine française, de voter pour le désaveu du bill des Jésuites. De jour en jour, dans une certaine presse, on fait appel aux libéraux de la
‘province de Québec, leur demandant de voter contre le gouvernement
sur cette question. J'aï ici un des derniers nüméros. d'un journal dont le rédacteur, après avoir ressassé toutes les vilenies dont on accuse les Jésuites, poursuit en disant :
On peut donc dire en toute sûreté que, si les libéraux Anglais ou de France :
. se trouvaient dans la position de M. Laurier et de ses partisans, ils n'hésiteraient
pas un instant à mettre à néant ce complot de Québec’ F ussent-ils d'avis que les actes ne*sonb pas absolument inconstitutionnels, ils voteraient pour: qu'ils fassent désaronés comme contraires à l’ intérêt publie. . v
En ce qui concerne les libéraux de France, je suis convaincu que ce journal a parfaitement raison. Sans aucun doùte, si les libéraux de. France avaient à voter sur cette question, ils voteraient pour le désaveu du bill; mais je-dois dire que je ne suis pas, que nous ne som-
mes pas ici des libéraux de l’école française. J'ai déclaré dix, vingt
‘fois, dans ma province; que je suis, moi, libéral de l'école anglaise,
car mes amis et moi, nous n'avons rien de commun avec les libéraux dé France. Il m'a fait peine d'entendre il ya un jostant mon honorable ami le député de Norfolk (M. Charlton) exprimer le regret —
c'est du. moins ce que j'ai compris — qu'il n’y eût pas de parti pro-
testant. I] y a dans ma province des hommes appartenant à ma nationalité qui sont de l'avis de l'honorable ‘député, . qui désireraient qu'il y eût un parti catholique. Je me suis toujours élevé’ contre cette doctrine et dès 1877, parlant en français devant un auditoire fran-
çais, dans la ville que j'ai. l'honneur de représénter, la bonne vieille
ville de Québec,. je disais à ceux qui, comme mon honorable ami,
voudraient diviser les, hommes d' “après leurs idées religieuses:
‘Vous voulez ‘organiser tous les catholiques comme un seul parti, sans autre lien, sans autre base que la communauté de religion; mais n'avez-vous pas réfléchi que par le fait même vous organisez la population-protestante coin un seul
” parti et qu'alors au lien de la paix et de l'harmonie qui existent aujourd'hui en-
tre les divers éléments de la population canadienne, vous amenez Ja guerre, la . guerre religieuse, la plus terrible de toutes les guerres? - |
Tels ‘étaient mes sentiments il y a dix ans, tels ils sont aujour- :
d'hui. Mon ‘honorable ami le député de Norfolk (M. Charlton) m6 dit
‘que nous ne devrions pas laisser cet acte entrer en opération parce
que. les Jésuites sont les ennemis de la liberté. Une telle déclaration
. 26 me surprendraib pas dans la bouche d'un libéral de la France, mais
je suis surpris de, l'entendre formuler dans ce parlement. Parce que des hommes sont ennemis de la Tiberté, ‘est-ce à dire qu'on ne leur donne pas la liberté? D' après nos doctrines et notre manière de voir, la liberté luit non seulement pour les amis, mais anssi pour les ennemis dérla liberté. Nous n'établissons pas de distinction. Et en: ce
qui céncerne les libéraux d'Angleterre, je suis sûr d’une chose, c'est : E Mail suppose qu'ils voteraient. Depuis plus d'un siècle, les libéraux : DS
anglais ont ‘été les: champions de la liberté dans tout le mondë, etai nous avons la liberté aujourd'hni, telle que nous la comprenons dans
que, s'ils étaient ici, ils ne voteraient pas comme le rédacteur du
ce pays et dans notre siècle, c’est en grande partie aux efforts du . parti libéral d'Angleterre que nous le devons. ll J.a longtemps qu'ils .
6nt compris que la liberté n est pas seulement pour les” amis de la liberté, mais pour tout le monde. H ya longtemps, qu ‘ils ont compris. que Ia sécurité de l'Etat dépend absolument de la plus entière
libèrté accordée à toutes les opinions, que chacun, doit avoir lai
bérté de son opinion, qu 'elle soit bonne ou mauvaise, qu'il faut. ac.
corder la plus entière liberté à toutes les opinions, laisser le jugement du peuple décider entre le grain et la paille, choisir l'un, reje. ter l'autre. Voilà le principe que, dans la” mesure de mes forces, j'ai
essayé depuis des années d’inculquer dans l'esprit de mes concitoyens, . ‘ d’origine «française. Ce principe, joint à une fidélité inébranlable aux - principes les plus larges ‘de liberté constitutionnelle, c'est l'étoile qui : . me guide eb que, dans la position que j'occupe aujourd’ hui et dans
toute position que je pourrai occuper pendant ma. vie, je m'efforcerai toujours de suivre. |
Pos -
en 7
OPINION DE MGR M. T. LABRECQUE Evéque de Chicoutimi . :
Le Maïbaïe, 11-juin 1896.
À Sa Grandeur Monsoigneur Laflèche, | Evêque des Trois-Rivières,
ca Monseigneur, e A
Je viens de lire, ‘durant ma visite; Iès-—artil les subveraifs de.
“ l'Electeur-Av sujet du sermon si juste si plein de doctrin et si néces- . EE per RPC TT Un : saire"que Votré Grandeur à fait dans sa cathédrale if a déjà-quelques-——
= 3# semaines. Les insultes de té journal, dont lasmission est d'étouffer Te la: vérité sur les lèvres épiscopales.. et en conséquence, je n’aï que . eco des félicitations à vous adresser, et:non des condoléances (5. * = Prions pour le succès de 1a bonne cause et la défaite des enne- | mis de l'Eglise. eo Vo
Veuillez agréer, Monseignetir, l'hommage de mon affectueux dé- | vouement en N.S. OUT . .
e Ü l “ | ‘ 2 oo M. T. Er. de Chicoutimi.
(*) Les lacunes GT y a dans cette léêtre. sont le fait ou de celui qui la livrée au public, ou de celni qui l'a publiée. - | ns L'approbation est formèlle : sermon si juste, st nécéssaire. Par conséquent, d'après Mgr Labrecque, un catholique ne saurait, sous peine de pêcher en matière grave, voter pour M. Laurier, ni aucun de ses partisans, tant qu'ils u’auron£ pas désavoué publiquement les paroles incriminées dans le sermon de Mgr Laflèche. . Cette: force de conviction ne surprendra pas, quand on se rappellera que Mgr Labrecque a refusé, à l'occasion ‘des élections, sa bénédiction à une partie
de son peuple, comme le rapporte, en° date- du 7 juillet, 1896, “ Le Progrès du -
Re
\ Î { ee nezn re
* Saguenay ,, journal publié dans. la : ville épiscopale de Chicoutimi, réppork qui n'a pas été contredit. '
“ Sa Grandeur Mgr Labrecque est de “réfour de sa visite pastorale, et a “ assisté à la messe dimanche. Le révérend M. Jos. Sirois, curé de St Alphonse, -
“ qui l’a accompagné, 2 donné Je serimon. #-
“ Avant de donner sa bénédiction aux s fidèles, à à là fn de la messe, Sa Gran- « deur à fait une courte allocution qui a produit la plus profonde émotion.
“ Il a refusé, conformément à l’évangile qui a été lu le jour de son sacre, à “ la messe, sa bénédiction, à tous ceux qui à l'occasion de la dernière élection, * ont parlé mal de l'épiscopat en général, de leurs évêques en particulier et da # clergé, et il a dit qu'il ne pouvait les .bénir avant qu'ils aient réparé leur
« faute. Sa Grandeur émue Elle même, a donné sa bénédiction avec c beaucoup de “ dificulté, »
soi
© OPINION DE MGX À. À BAR Evêque de Rimouski
“LÈTTRE À M. 6. P. ROY À s' Laurent de Méepédiac.
Rimouski, 5 juin E896.
ke » Js r ,
. Quant à l'attitude prise par Mongoigneur r évequé &s ois-
Mon Cher Monsieur, -
| Rivières, dans sa propre cathédrale, à propos du mänder ént collectif
des évêques sur la question des écoles du Manitoba, 1e règles canoniques m'obligent à déclarer qu'il usait de son droit (1. Ce vénérable . prélat avait le droit incontestable de donner les commentaires ou les explications qu'il croyait nécessaires ou Convenables sur ce grave : document dont il était, un des auteurs. Les prêtres avaient l'injonction de le communiquer: sans faite-de commentaires en chaire, mais cette . loi faite par les évêques pour leurs sujets ne pouvait pas lier les évèques eux-mêmes qui restaient juges de l'opportunité d'interpréter
leur mandement suivant les besoins de leurs diocèsains (?)..
: Votre dévoué serviteur - en N. 5.
!{ ANDRÉ ALBERT . | ” Er. de S' Germain de Rimouski.
() Mgr Blais, se retranchant derrière les règles canoniques, se contente de proclamer le droit que tout evêque a de faire des commentaires, dans ‘son. église, mais ilne se prononce pas sur la justesse- de l'application qui est faite, dans ces commentaires, de Ja doctrine catholique ay cas particulier de M. M. Laurier et
- Monet. Cependant, il faut avouer que, quand il sort du domaine théorique des
droits pour entrer dans le champ pratique des diréctions à ses diocésains, il semble se conduire d'après les mêmes principes, et il arrive certainement aux mêmes
. résultats,
(?) Nous ne contestons pas le droit, mais sar la question d'opportunité des milliers de catholiques se sont demandés : pourquoi un mandement collectif, si chaque