OPINION DE L'HONORABLE M. PRENDERGAST
ancien ministre, député à l'assemblée Législative du Manitoba. (5
Question. — Que pensez-vous du règlement de la question 8co-
Jaire du Manitoba? . \
Réponse. — Bien, les circonstances changent les choses, circumséances alter cases, et je dois vous dire en .cormmençant ce qu "est en résumé notre position au Manitoba: * .- .
Il y à actuellement 61 de nos ‘écoles qui ont. été ‘formées, les unes depuis un an et deux ans, d'autres depuis trois, quatre ou cinq ans, ce qui signifie en chifires ronds, en autant que celles-ci sont concernées, que 1000 à 1200 enfants ont été privés, presque pendant
. toute une génération, de l'éducation séculière et mème jJusqu'# un
certain point d'instruction: religieuse. | nil y à aussi 26 écoles qui sont organisées et qui fonctionnent
d’après le statut des Ecoles Publiques, mais naturellement il ne s'y
donne aucun enseignement confessionnel, ce qui, à notre point de vue, est une des principales objections à ce système. Nous ayons en outre 32 écoles qui existent comme écoles paroïssiales, c ‘est-à-dire qui sont maintènues par l'initiative volontaire et par des contributions particulières. Dans la plupart des cas, en outre des, contributions à . ces écoles paroissiales auxquelles ‘ils envoient leurs. enfants, mes coreligionnaires sont contraints en même temps, aussi bien dans la ville: de Winnipeg que dans une foule d'autres endroits, de contribuer au soutien des écoles publiques dontils ne peuvent présentement retirer
"conscienciesement aucun avantage.
Il est inutile. pour moi d'ajouter que, outre cette situation qui est intolérable et étant….données...les. conditions dans lesquelles se trouvent présentement le pays et les difficultés des temps actuels, cela : ne peut durer beaucoup plus longtemps et l'expérience nous enseigne que nos écoles séparées continueront, à l'avenir. comme dans le passé,
. à diminuer graduellement aussi bien en nombre qu'en efficacité.
ù) M. Préndergast faisait partie du gouverñement du Mauitoba, Jorsque M. Greenway fit passer la loi, dont se plaignent à juste titre les Catholiques. Il . n'hésita pas à remettre son portefeuille, à sacrifier bien des avantages matériels, pour prendre la défense de ses coreligionnaires; ét depuis il n'a. cessé d'être un avocat habile et intelligent de leurs droits lésés,
‘Q. — Selon votre opinion, croyez-vons .que les amendements proposés vont apporter un remède à ce malheureux état de choses?
R. — Je n'hésite aucunement à dire que l'arrangement auquel on est arrivé, sil est exécuté de bonne foi, améliorera sûrément et considérablement l'état de choses actuel.
“Mais sans doute,. je le répète ; ce n'est pas tant une affaire de législation et de la lettre de la loi qu'une affaire de ‘bonne foi entre les parties.
Toutefois, je suis houreux de voir, que l'opinion publique n'a pas, à vrai dire, suivi ceb arrangement, mais qu'elle l'a «plutôt de- -vancé et qu'elle en à préparé les voies.
* La masse da peuple - conçoit aujourd'hui que deux éléments de cette importance ne peuvent vivre à part l'un de l’autre, ainsi que
nous-l’avons fait dans le passé, et que les convictions connues et les
scrupules honhêtes d'urie portion considérable de la population ont
droit à quelque considération de la part de leurs frères d'autres +
croyances et dénominations. Je n'ai pas besoiu de dire que l'arraugement proposé ne nous réintègre pas dans l'ancien ordre de choses, car.les écoles seront à l'avenir, comme elles l’ont.été dans les six . dernières ànnées, sous le haut contrôle du gouvernement. Mais en même temps, je trouve dans ce ‘règlement une amélioration sensible qui doit être apportée aux lois actuelles et je crois que mes coreligionnaires commettraient une faute grave de De .pas. Je mettre sincèrement et honnêtement à l'épreuve... Lo »ÿ Q.— Quelles concessions nous at-on faites ? - : R. — Pour commencer, nous avons obtenu l'instruction religieuse. quand je dis “ nous , cela comprend aussi dans une grande propor- | tion presque toutes les autres dénominations, car le peuple de la pro-
: vince réclamait fortement’ ce changement.
‘ Puis les enfants canadiens-français seront enseignés dans leur langue et l'anglais leur. sera ‘enseigné selon Je: système bilingue. Seuement, je déclarerai qu'à notre point de vue je vois dans cet arran- . gement' les promesses de réformes considérables pour Yavenir et je crois qu'elles nous sont aécordées avec des garanties raisonnables. -
“En mème temps, je dois faire remarquer que l'on ne doit pas considérer ce: règlement comme étant un règlement irrévocable et gnterrant la question pour toujours. Pour ma part, j'ai l'intention de
. donner mon adhésion: la plus loyale au règlement eb de faire de sin- ‘cères efforts pour en tirer tout le bien qui peut en être tiré.
Mais. d'autre ‘part, je‘ dois déclarer que si.aux efforts sincères que nous ferons, on ne répondait pas par une somme correspondante ,
de bonne volonté, nous nous considérerons. parfaitement libres de re-
prendre notre ancienne position ou de prendre toute autre position que les circonstances pourront suggérer. : D ÈS Nous nous sommes débattus ‘depuis six äns SOUS : les difieultés . actuelles eb pour ma part je ne vois rien qui puisse. se produiré, pour
changer cette position,. pour au moins six autres années. ©‘ . :
Nous avons maintenant à prendre une-de ces déux resporisabi-
lités-ou de refuser le Règlement ou de l'accepter-dans l' esprit ct avec
. les conditions dont j'ai parlé. : UT Je ne voudrais certainemerñt pas pour ma part, comme chef d'u une h nombreuse famille ët comme. citoyen connaissant bien la position :de notre population. catholique, prendre la première responsabilité; et je déclare qu’ il serait assurément .très peu sage de refuser là seconde. Q. — $i:je comprends bien, alors, la: position dés catholiques est. critique au Manitoba. :
R. — Elle est des plus critiques. Parlant à-un: point de vue- général, L
je déclare que ce serait presque un crime de 1èse-nationalité de permettre à plus d'écoles de fermer leurs portes que les 51: qui sont déjà fermées, si nous. pouvons consciencieusement éviter ce malheur, et je: suis convaincu que nous le pouvons avec l’arrangement intervenu.
Au point de vue catholique je ne puis voir dans les résultats de:
“ l'arrangement auquel on en est'arrivé que de précieuses ‘réformes: dans les 30 ou 85 écoles françaises qui se sont. mises aujourd’ hui sous de statut des écoles publiques. . Fo ne
Quant k ce qui concerne nos écoles paroissiales, (il yena 32), |
sje ne crois pas faire injure à d'esprit dé: sacrifice .de.-ceux qui les ont
soutenues .en disant que, pauvrés eb'éplisés.- “tomme i ils” le ‘sont, ils ne pourronb au moins dans. dix-nenf Cas, qu arriver” à des résultats maigres.et lamentables. - |
Et non. soulemeït ils ont besoin de l'octroi de: la législature, mais ils ont terriblement. -besoin d'être. soulagés dela. double taxe qu'ils paient aujourd'hui. T r— La moitié des écoles . probablement, s'il faut en: juger par le passé, devront se fermer où se mettre: sous le statut-des écoles publiques avant un an ou deux, et ce sont ces deux extrémités que, poux : ma a paré, je: désire voir évitées.. Ft
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