OPINION DE M. C: BEAUSOLEIL
Député à ‘la Chambre des Communes du Canada pour le Comté de Berthier (1) Ce
Je n'ai pas d'objection à vous dire mon opinion sur le règlément qui vient d’être fait de la ‘question des écoles de Manitoba. ra
Il ne rétablit paë les écoles séparées, organisées et conthoiEés) pär les catholiques et conséquemment ne”les remet pas'eï. : possession de tous les droits dont ils jouissaient dopuis 1871 et” a ils ont été
privés par la législation de 1890. nn:
On ne peut nier, cependant, que la législation prôraile, -8i elle
est mise en: opération d'une manière loyale, libérale et sympathique, .
-nes“doive améliorer sérieusement le sort de nos. compatriotes.
Depuis 1890, les écoles de Manitoba ont été pratiquement. des .
écoles anglaises et protestantes que les catholiques ne pouvaient fréquenter sans danger de perversion. Nos compatriotes avaient à ‘’choïsif entre laisser leurs enfants dans une condition d’ignorance et
“d'infériorité, ou, créer de leurs seules ressources, des écoles séparées,
ne recevant aucune aid e ni du gouvernement ni des municipalités. : Dans une grande“partie .de* la province il n'y à pas du tout
d'écoles catholiques, ailleurs quelques unes ont été maintenues au
prix des plus grands sacrifices, Les ressources de nos’ compatriotes . ne sont pas grandes et l'on prévoit le jour où.la population, presque partout: ne pourra pas continuer à les soutenir. |
: En vertu des nouveaux arrangements, les écoles cessent d’être protestantes, elles: deviennent catholique une demi-heure par, jour à
condition. 1.° Que les commissaires d'écoles le décident par une |
. résolution, et:2.° Lorsqu'à défaut d'une telle résolution des commis-
saïres, la chose est demandée par les.‘parents de dix élèves dans. :
les districts ruraux et de vingt cinq dans les cités et villes.
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() M. Beausoleil, caractère indépendant, lors de la discussion en chémbre, de l'Acte Réparateur, s'est séparé de son chef, M. Laurier, et de son parti, pôur les raisons données au cours de- cette opinion : mais, en présence des avantages ‘ réels’ qu'offre le Règlement, il ne craint pas de se déclarer en ‘sa faveur, étant d'avis, qu'il serait très imprudent de les rejeter absolument, pour continuer une agitation dangereuse et, dans les circonstances, inutile.
. ee La population française et catholique st groupée dans le comté | de Provencher, où elle forme uñe majorité indiscutable. Pratiquement, cela signifie : que les commissaires élus par les contribuables 8e- S - .. ).. ront. français. ab, catholiques, que les instituteurs seront français eb ca- | | tholiques, et que l'enseignement sera français et, catholique. Le curé. aura ses entrées libres à l’école tous les jours et pourra donner l'instruction religieuse aux enfants.
Dans les endroits où les catholiques sont en minorité, il appartient aux parents de requérir l'enseignement religieux et même. d’obliger ‘les commissaires à engager un instituteur catbolique. ‘ On admettra volontiers que ce système est bien supérieur'à celüi : ‘qui a été adopté en 1890, en vertu duquel toutes les écoles créées ‘ neutres par”la loi, sont devenues. en. réalité des écoles protestantes, des centres de prosélitisme protestant, .
| Quant à la disposition qui autorise l'enseignement simultané du : a français eb de l'anglais dans toutes les écoles où il y à dix- enfants d'origine française, je l'approuve entièrement. ‘Dans .üne province ‘ ‘ ' comme Manitoba, où l'immense majorité est anglaise, il est. de’ l'in- | térêt évident, il est même essentiel que nos compatriotes soient fa miliers avec le langage de ceux qui ont à la fois, le nombre, la fortune, la position et les capitaux. Une instruction pratique dans les , deux langues et dans les affaires leur assure une incontestable supériorité dans la lutte pour l'existence à laquelle ils sont appelés." | . Voilà sous quels rapports je vois une améliorätion notable. au. | sort de nos compatriotes, voilà pourquoi je déplorerais le rejet . pur te eb simple du “ Modus vivendi ,. proposé. Si j'avais l'autorité nécegsaire, je dirais aux Canadiens- francais de. Manitoba: “ Faites, pendant quelques ‘annéès, du moins, un essai loyal et: “sincère: ‘du nouveau régime.. Sans renoncèr à vos droits ni à vos légitimes revendications, . mettez à l'épreuve la bonne foi ‘et la, sincérité du gouvernement : mn: nitobain. Si celui-ci faillit à l'épreuve, vous aurez donné une preuve de modération qui fortifiera votre cause st vous êtes obligés: de faire | de nouveau appel à. l'opinion publique. , . TT Len dt | Je les prierais encore de bien considérer les econstances + de 8e demander s'ils peuvent. espérer : davantage en- rejetant ce qui est” offert et. en continuant l'agitation. Ci ‘ ‘Le parti conservateur ” à eu six ans pour régler la questiôn. 1 a eu à sa disposition. poür. cela, outes les ressources de la Joi C2
de la conistitutiof, E A
a it. 2 +
Pourquoi la législation de 1890 n’a-t-elle pas été désayouée 1
C'était un moyen sûr, décisif, infaillible de maintenir les catholiques dans la plénitude de leurs droits. /
. Pourquoi, après avoir induit les catholiques à renoncer au dé- .. saveu et à recourir aux tribunaux, en pyornettant une loi remédiatrice s'ils étaient vaincus en cour, le gouvernement n'a-t-il pas entendu l'appel de la minorité après le premier jugement du Conseil Privé en 1893? Pourquoi a-t-il encore trainé la cause pendant deux ans, devant les mêmes tribunaux, sous prétexte de découvrir s'il avait réellement le droit d'entendre l'appel qu'il avait promis d'entendre én 18917? |
Pourquoi le bill remédiateur n'a-t-il pas été introduit à la session : d'avril 1895 ? :
. Pourquoi le. bill + n’a-t-il pas- été introduit, : au début de la. session de 18937? |
. Pendant six longues années, le ‘gouvernement conservateur s'est servi de ruses et de faux fuyants, pour éviter de donner une solution satisfaisante à la difficulté. scolaire, et ce n’esb qu'au dernier moment, lorsqu'il - ne pouvait plus reculer, qu'il introduit le bill réparateur.
‘J'ai appuyé ce bill, non pas parcequ'il rendait aux catholiques tous les droits, mais parcequ'il maintenait le .principe des écoles séparées et consacrait celui de. l'intervention fédérale pour la protoc- “tion des minorités. : - .
| Je serais prêt à agir de même. Je n'ai rien à changer, à excu-
. ser Où à atténuer. dàrs ce que j'ai dit et fait. Mais: je ne puis. fermer:les yeux sur le fait que- ces, six ‘années ont été employées par.
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le gouvernement du Mäniloba à fire appel au fanatisme protestant ie
. des äutres provinces eb qu'il à “grandement réussi. Je ne puis oublier que des élections . générales. ont éu lieu pour le parlement provincial | du Manitoba et pour le parlèment fédéral, et-:que dans l'un et l’au- : tre cas, l'immense majorité s’est. déclarée ‘contre l'intervention fé
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.. dérale. cu, | Le FL .
| Si telle est la position; ne serait à ps ‘plus . sage d'essayer : au moins le nouveau régime? . | «
. Je crois que M. Laurier a obtenu- tout ce qù fl pouvait obtenir et probablement plus qu’ ‘aucun autre homme politique aurait, pu Ob- .
tenir de Manitoba... | Montréal, 27 Névenbie 1896.