‹ Documents pour une biographie complète de Jean-Baptiste-Amdré GodinChapitre 18 sur 36 · OO · texte numérisé non relu

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Votes de quotités inférieures à 20 franes.

Votes de quotités allant de 20 francs à 50 francs.

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Votes de quotités dépassant 50 francs et allant Jusqu'à 200{ francs.

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Votes de quotités de 500| francs et plus.

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Abstentions ou inscriptions de zéros.

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Totaux des électeurs certi-l fiant leurs votes personnels.

Les votes certifiés (dernière colonne du tableau) sont en progression constante ; idem les abstentions ou inscriptions de zéros ; idem les votes de quotités dépassant 50 fr,, c'est-à-dire en se reportant à la base de Fessai , représentatives d'appointements dépassant 500 fr. par mois!

Plus de la moitié des électeurs, avons-nous dit déjà, apposent aux deux derniers essais leur signature sur les bulletins collectifs de façon à certifier chacun sa liste de votes.

A quoi pouvait tenir cette augmentation régulière des votes certifiés, alors que les électeurs avaient, à l'unanimité, répudié cet usage au premier essai du système? A noter que la signature des votes loin d'empêcher les allocations démesurées marche de pair avec elles, bien que de telles allocations obligeassent les répartiteurs à laisser sans aucune part un nombre toujours croissant de collègues*

En effet, les allocations excessives qui s'étaient maintenues aux chiffres de 146 et 147 dans les répartitions afférentes à mars et avril, passent au nombre de 265 au dernier essai ! Des votants distribuent à peu près toute la somme par portions de 50 fr., 100 fr., 200 fr. entre dix à vingt collègues et s'abstiennent du vote à l'égard de tous les autres.

En présence de ces faits, on se demande si l'augmentation des signatures certificatives de votes ne provenait pas, en partie au moins , du désir ou du besoin chez quelques votants de se faire connaître des intéressés à qui ils avaient voté de ces allocations exagérées auxquelles presque toujours répondaient des allocations semblables. Fournissons-en quelques exemples :

Les listes de votes sur bulletins collectifs bien et dûment certifiées par leurs auteurs se chiffrent -^

depuis les 6 de l'essai relatif à février jusque et y conipris les 47 de l'essai relatif à mai — par un total de 106.

En fait, ce total est fourni par 65 répartiteurs , les uns ayant certifié leurs votes à un seul essai, les autres à deux ou à trois.

De ces 65 signataires dégageons-en 22 entre lesquels se sont produits des votes en apparence concertés ; puis à ces 22 ajoutons 3 employés (total 25) se trouvant au rang de ceux à qui les 22 ont voté des allocations exagérées ; mais qui eux, ces 3, n'ayant pas certifié leurs votes n'arrivent ici qu'en rôle passif. Rapprochés de la liste des catégories d'après les appointements (ci-dessus p. 393), les 25 employés en question se trouvent faire partie :

1 de la 5« catégorie.

21 de la 4« > 3 de la 3« >

25 au total.

Rappelons encore avant d'aller plus loin que Tessai de répartition d'une somme correspondante au dixième du total des appointements mensuels dans la série des employés avait pour but « d'éclairer sur les valeurs relatives des appointements. > (Mémoire du rapporteur, ch. XV, ci-dessus p. 332.

Extraits de différentes listes de votes certifiées

au 5« essai.

(Somme à répartir : 1 .055 fr. entre 72 collègues.) (1) KE (membre du groupe No 5) emploie 770 fr. en allocations de 60 à 1(X) fr. en faveur de dix collègues : NA, K, DA, DE, KA, ME, QA, 0, Gl, RE (membres des groupes Not 1, 2, 4, 7, 8, 9, 10.)

(i) Signes repréBentatif s des noms, selon le mode indiqué ci-dessos, page 846.

^r: pju^mi les sus-nommés rendent vote pour vote. KK n';à gardé que 585 fr. pour la répartition indicatif^ vîo$ môrites de 62 autres collègues.

Tv>;;s ivs votants, RE excepté, font partie de la 4« «Tj^uV^^rio, RE fôit partie de la 3«.

O (^membre du groupe W 8) distribue — en allocations d^ 50 à 150 fr. — 750 francs entre buit collègues : TA, HU K j DA, KE, KA, GI, RE, membres d'autres groupes. Sept rendent vote pour vote. Il reste à 0 305 fr. pour les iV| collègues restants .

TA et RE sont des employés de 3» catégorie ; tous les autres font partie de la 4*.

QA (membre du groupe W 4) répartit 615 francs — par allocations de 50 à 100 fr. — entre neuf collègues : K, 0, DA, KA, DE, KE, ME, GI, RE. Six d'entre eux rendent vote jjour vote. QA et huit des bénéficiaires sont des employés de 4e catégorie, RE fait partie de la 3«. QA n'a gardé que 440 fr. pour les allocations représentatives du mérite de 63 autres employés. Autres exemples :

Votes de ME (membre du groupe N° 10), en faveur de 18 collègues : à onze d'entre eux (RI,' VA, PI, NE, Y, R, NI, T, BA, GI, RE,) chacun 50 fr., somme représentative de 500 fr. d'appointements par mois ; au douzième (QA), 60 fr. ; au treizième (DE), 100 fr. Ce dernier répond en allouant 70 fr. à ME ; QA en allouant au même 55 fr. Et parmi les onze bénéficiaires des allocations de 50 fr,, sur sept dont nous avons pu vérifier les votes, six répondent en allouant à ME 50 ou 60 fr. ; le septième en lui allouant 40 fr.

Ces 14 intéressés se répartissent comme suit dans la série des employés :

2 font partie de la 3« catégorie.

11» » de la 4« > 1 fait » de la 5« >

14 au total.

Notons au surplus que les 25 employés en cause avaient touché en mai 1870 des appointements dont le plus bas chiffre fut 99 fr. 50 et le plus haut 193 fr. 80. (Quelques-uns de ces employés étaient rétribués à rheure ce qui explique les fractions.) Continuons :

LI (groupe No 2) alloue à Ml (groupe N® 3) 150 fr. et Ml alloue à LI 200 fr., ce qui représentait des appointements mensuels de 1.500 fr. et 2.000fr. LI et MI gagnaient chacun 125 fr. par mois, ils étaient membres de la 4« catégorie.

KA (groupe N^ 2) alloue à K, 0, QA, KE, membres d'autres groupes) des sommes de 50 à 100 fr. et se voit allouer par K 90 fr. ; par 0 100 fr. ; par QA 50 fr. ; par KE 60 fr. Tous faisaient partie de la 4« catégorie, etc.

Evidemment, les employés qui se votaient mutuellement de telles sommes au préjudice de l'ensemble du personnel, perdaient de vue l'objet de la tentative et ne voyaient plus dans la répartition mensuelle qu'un moyen de distribution d'aubaines.

Mais c'était l'échec de l'entreprise : le suffrage se récusant lui-même à Tégard du jugement d'ensemble qui lui était demandé sur les valeurs relatives des mérites et des appointements. Voyons en effet quel était sur le classement final des employés d'une part, et sur le taux final des primes individuelles, d'autre part, le résultat de la ligne de conduite où le suffrage s'engageait de plus en plus.

Un exemple frappant est celui de l'employé en faveur

duquel un collègue employa toute la somme à répartir en mai : 1 055 fr.

L'employé qui en bénéficia était de la 2" catégorie d'après les appointements. Il touchait par mois 250 fr. En janvier, le vote sur bulletin collectif, (abstraction faite de celui sur bulletin individuel) l'avait classé 58* sur 66 avec une prime de 5 fr. 15, représentative conséquemment de 5i fr. 50 d'appointements mensuels.

En février, il est classé par le vote 66« sur 72, avec une prime de 4 fr. 34.

En mars, il est 63* sur 76 avec une prime de 6 fr. 15.

En avril, 57* sur 79 avec prime de 7 fr 75.

En mai — abstraction faite du groupe N^ 2 dont est membre l'employé qui nous occupe et où conséquemment le vote ne s'exerce pas sur lui — voici quel est son sort :

Groupe n© 1 moyenne résultant des votes. 1 1 fr. 62

Total 230fr.36

La somme de 230 fr. 36 divisée par le nombre des groupes : 10 fournit la moyenne définitive d'allocation de 23 fr. 05 pour l'intéressé.

Analysons les 72 répartitions dont est résultée cette moyenne définitive. Elles comprennent :

1 44 fois..

zéro.

dix francs.

quinze francs.

dix-huit francs.

vingt francs.

vingt-cinq francs.

trente francs.

quarante francs.

cinquante francs.

cent francs.

mille cinquante-cinq francs.

72 appréciations (1) au total.

L'attribution des 1,055 fr. a été faite dans le groupe n^ 9 où la moyenne pour l'intéressé s'est élevée , jon l'a vu, à 144 fr. 35.

*59 Répartiteurs (depuis les 44 qui ont voté zéro jusqu'aux 5 qui ont voté vingt francs) avaient apprécié l'individu en diminution d'appointements; il gagnait 250 fr. par mois ; 4 répartiteurs en lui votant vingtcinq francs le maintenaient à son rang ; les 9 autres lui votent de 300 fr. à 1 0.550 f r. par mois ; mais la moyenne définitive : 23,05 n'en représente pas moins une diminution d'appointements.

Quant au classement dans la série, l'individu passe du 57* rang (résultat du précédent vote) au 3* rang.

En résumé : la prime individuelle définitive était représentative d'une déchéance; et le classement final représentatif d'un avancement. Contradiction, incohérence : voilà ce qui ressort du cas observé.

Voyons-en un autre : celui de l'employé classé 1*' au 5« essai, avec une prime définitive de 26 fr. 75. Cet

(i) Ces appréciations fournissent un total de 1.843 fr., somme à diviser par 79 ( : chiffre des électeurs) pour avoir la moyenne cherchée.

employé est RE dont il a été question ci-dessus, p. 399 , 400. Il avait touché, en mai 1870, 193 fr.80 d'appointements.

Sur 72 appréciateurs de son mérite :

24 ne lui avaient rien alloué.

13 lui avaient voté des allocations représentatives d'appointements réduits.

12 lui avaient maintenu ses appointements. 1 les lui avait élevés un peu.

22 lui avaient voté des primes représentatives de 300 fr. à 2,000 fr. d'appointements par mois.

Nouveau résultat contradictoire : D'une part , la majorité des électeurs , 37 sur 72 , se prononce contre l'augmentation du traitement de RE, 24 en ne lui allouant rien, 13 en lui allouant des sommes repré-

sentant moins qu'il ne touchait ; d'autre part, la moyenne finale d'allocation : 26 fr. 75 était le vœu d'une augmentation de traitement : 267 fr. 50 au lieu de 193 fr.80.

Pécuniairement j les allocations exagérées n'aboutissaient qu'à faire toucher à l'individu quelques francs de plus ; la plus forte somme allouée au cours des cinq essais ne dépassa pas 26 fr. 75.

' Moralement, elles étaient l'échec de la tentative parce que se balançant par des abstentions, elles introduisaient l'incohérence et la contradiction dans les votes .

Poursuivons l'examen des faits. Englobons le plus de cas possibles et voyons les résultats de l'ensemble.

Parmi les nombres successifs d'employés appelés aux répartitions mensuelles, 63 individus figurèrent aux 5 essais. Attachons-nous à dégager les chiffres afi'érents à ces 63 intéressés en groupant ceux-ci par catégorie, d'après les appointements. Il est à noter que les employée des le, 2* et 3« catégories ont tous, sans ex-

ception, figuré aux 5 essais. Aussi sont-ils compris dans les 63 dont nous allons parler.

Certains d'entre ces 63 ayant touché çlus en mai qu'en janvier nous indiquerons les chiffres d'appointements :.r touchés en janvier, 2* touchés en mai, 3* inr diqués par la moyenne finale extraite des cinq essais. Enfin 4» une colonne indiquera la différence entre les chiffres qui eussent résulté du suffrage et les derniers appointements touchés par les intéressés .

Chiffres relatifs aux 63 employés qui ont figuré atcx

cinq essais :

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