Charité et Fraternité sociales
)) Le minimum nécessaire au soutien des malades, des infirmes et des vieillards a, de même que l'éducation, un chapitre spécial au cqmpte des frais généraux. Ces dépenses sont faites par l'association à titre de dévouement social, et servies avant tout partage de bénéfices.
» Les fonds de réserve et de prévoyanœ sont constitués de la môme façon.
» Il n'en peut être ainsi tant que chaque famille vit dans l'isolement, et est obligée de tirer d'elle-même tous les moyens de son existence. L'esprit de parcimonie est la conséquence de l'exiguïté des ressources, et l'état de division des intérêts de chacun oblige chaque famille à ne penser que pour elle.
» Le devoir social ne s'éveille alors que par l'aspect de la misère ; ce n'est qu'à la vue du mal et de la Boilfirance que l'homme pense à son semblable, et lui vielit en aide par l'aumône.
}) Mais l'aumône panse la plaie du paupérisme en avilissant les caractères, et de nouveaux désordres s'ensuivent pour la société !
» En association, l'esprit de prévoyance est au niveau des sentiments qu'inspire la justice; il n'attend pas que le mal et la souffrance naissent pour y remédier : il en empêche l'éclosion.
» Les devoirs de charité et de fraternité sociales sont les premiers que l'association remplisse et non les derniers.
» L'association intégrale conduit à l'égalité de chacun devant la jouissance des choses indispensables à la vie ; elle crée assez de richesses pour que chacun ioit bien logé, bien nourri, bien vêtu ; personne ne vit plus d'aumônes, la mendicité ne dégrade plus l'espèce humaine : chacun trouve une place fraternelle au banquet de la
vie, en se rendant utile à soi-môme et aux autres, car l'éducation intégrale a su élever tous les hommes à l'amour du travail.