‹ Documents pour une biographie complète de Jean-Baptiste-André GodinChapitre 26 sur 41 · Les premiers éoheos · texte numérisé non relu

Les premiers éoheos

Une véritable floraison de sociétés fouriéristes se produisit en 1843-1844. Malheureusement, la plupart de ces essais sombrèrent au bout de quelques mois, un an à peine, d'existence.

Ainsi à l'époque où nous sommes: mai 1845, sur les 35 sociétés qui avaient déjà vu le jour, 21 ont cessé d'exister. (Nous croyons devoir classer parmi ces 21 les essais dont le nom seul a survécu).

Résumant les causes de mort pour la généralité de ces premières sociétés, J. H. Noyés s'exprime ainsi :

€ La plupart de ces sociétés éphémères durent leur échec au manque de capacités administratives, aux dissensions intestines, religieuses et sociales, à la pénurie de ressources, à la soif des satisfactions individuelles, au manque d'amour du bien général, enfin à l'incapacité de faire face à leurs dépenses.

> Généralement , l'enthousiasme faisait supporter au début les duretés et les privations inhérentes à la création des phalanges ; mais les conditions de bonheur qu'on venait chercher là n'étant pas de na-

ture à être réalisées de sitôt , le découragement prenait chacun et il devenait impossible aux membres d'endurer des conditions de vie souvent moins confortables que celles dont ils avaient joui auparavant >•

La question sera reprise plus loin, à mesure que de nouveaux échecs se produiront, malgré les admirables efforts que vont faire les partisans de Tidée pour soutenir le mouvement. C'est que l'éducation de tout un peuple est chose lente et qu'aucun talent, si grand qu'il soit, ne peut l'improviser. Du reste, ce n'est pas seulement l'être humain qui est à perfectionner laborieusement pour l'approprier à des conditions sociales supérieures, c'est aussi tout l'outillage industriel.

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