CAISSE» DE PARTICIPATION ET DE RETRAITE ÉTABLIE
CHEZ MM. GODCHAUX ET c‘®, IMPRIMEURS-ÉDITEURS, A PARIS.
MM. A. Godchaux et C'% imprimeurs-éditeurs , à Paris, ont également abordé dé front le problème de la participation de leurs employés , ouvriers, ouvrières et apprentis aux bénéfices de leur industrie, et, comme MM. Chaix et C‘% ils ont, depuis le P'’ janvier 1872, résolu le problème à la grande satisfaction de leur nombreux personnel, qui, en maintes. circonstances, leur en a témoigné sa vive gratitude.
Le 31 décembre 1871, MM. Godchaux annonçaient qu’ils prélèveraient 5 p. c. sur les bénéfices nets réalisés parla maison pendant l’année écoulée, pour les affecter à la fondation d’une caisse dite de participation et de retraite, qui reçut, tout d’abord, la somme de 10,000 fr., à titre de donation.
Cette caisse ayant un doublé but, cette somme de 10,000 fr. a! reçu, par conséquent, deux destinations différentes. La première moitié a été immédiatement distribuée au prorata du montant des appointements et salaires gagnés par chacun des membres du personnel, en 1871 ; la seconde moitié a servi de premier versement pour l’établissement
d’un fonds de réserve, dont les intérêts, plus la moitié dans la répartition future des 5 p. c. sur les bénéfices de l’entreprise, ainsi que les intérêts accumulés, seront affectés au payement des rentes viagères constituées au profit du personnel, aux conditions suivantes •: ,
Tout participant ayant 50 ans d’âge et 20 ans de service non interrompu dans la maison aura droit à une pension de 1,000 fr. ; la même somme sera garantie au participant blessé ou infirme qui compterait plus de 10 ans de service; si le participant blessé ou infirme a moiifô de 10 ans de service, sa pension s’élèvera à une somme égale à autant de fois 50 francs qu’il aura passe d’années dans la maison.
Pour les femmes ou les filles, la pension s’élèvera à la moitié des sommes ci-dessus accordées aux hommes, et dans les mêmes conditions et hypothèses.
Afin de récompenser les services des employés et ouvriers qui, à la date de la fondation de la Caisse de participation, ont dépassé la limite de 50 ans et qui sont dans la maison depuis sept ans, MM. Godchaux leur donnent droit, à partir de leur 60“® année accomplie, à une pension égale à autant de fois 50 francs qu’ils auront d’années de service.
Les pensions accordées à chaque participant sont réversibles, pour un quart, sur la tête de sa veuve ou de ses enfants orphelins et mineurs.
Une fondation présentant des avantages aussi évidents, et en premier lieu celui de lier patrons et travailleurs plus
étroitement les uns aux autres, et de donner au travail un intérêt, un attrait qui lui manquaient, ne devait pas tarder à porter d’heureux fruits.
Le 23 février 1873, M. A. Godchaux annonçait, à la première assemblée générale des affiliés à la Caisse de participation et de retraite^ que la part proportionnelle dans les bénéfices nets réalisés par la maison pendant l’année 1872 répondait à une augmentation de 29 p. c. des salaires et appointements du personnel. Une moitié, soit 14,50 p. c., lui a été immédiatement remise, et l’autre moitié est allée augmenter la Caisse de retraite.
Cette caisse possède un capital de 11,726 francs. Grâce à l’accumulation des intérêts, à l’accroissement constant des bénéfices , elle sera en mesure, à l’époque voulue, de remplir le but que MM. Godchaux se sont proposé en la créant.