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ORPHELINAT ET INTERNAT MANUFACTURIERS DE

l’usine GROULT J®, A VITRY-SUR-SEINE.

Cet établissement, situé à proximité de la vaste manufacture de pâtes alimentaires de M. Groult J®, recueille (sans aucune rétribution) des jeunes filles orphelines ou appartenant à des familles pauvres. Il est dirigé par les Sœurs Augustines de Sainte-Marie.

L’enfant y reçoit une instruction morale et religieuse. On lui enseigne la lecture, l’écriture, le calcul, les soins du ménage et la couture.

Le' travail demandé à ces jeunes filles consiste simplement à trier des céréales et à les empaqueter.

L’ouvrière, à 21 ans, reçoit’ une dot en raison de son travail et de sa conduite durant son séjour dans l’internat.

A l’expiration de l’engagement, les jeunes filles peuvent rester dans la maison ; elles sont alors considérées comme ouvrières, et un salaire leur est accordé selonleurs capacités.

Tout ménage ayant un enfant dans l’établissement et possédant un livret de la Caisse d’épargne touche des mains de M. Groult, et jusqu’au capital maximum de 500 francs, le même intérêt que celui qui est servi par la Caisse d’épargne : ses économies lui donnent donc un rapport double.

Pour être admis dans cet orphelinat, il faut :

P Avoir de 10 à 12 ans;

2° Apporter un trousseau ou verser une somme de 100 francs, afiéctée à la confection de ce trousseau;

3° Un engagement des parents ou protecteurs de laisser l’enfant dans l’établissement jusqu’à l’âge de 21 ans.

11 n'y a pas de sortie pour les enfants. Les parents ou protecteurs peuvent les voir le premier dimanche de chaque mois, de trois à cinq heures ; deux personnes seulement sont admises pour chaque pensionnaire.

Toute fille qui viendrait à quitter la maison avant l’expiration de son engagement, quel qu’en soit le motif, le cas de décès compris, perd ses droits aux récompenses quelle aurait obtenues de M. Groult; l’argent, en ce cas, est versé à la caisse commune, au profit des autres enfants.

L’ouvrière n’entre en possession de l’argent accordé comme gratification qu’à l’âge de 21' ans, c’est-à-dire à la fin de son engagement. En cas de décès de l’enfant, ses parents ou héritiers n’ont droit à réclamer cette gratification que s’il a accompli sa 2L année.

Le but de l’œuvre que l’honorable M. Groult a entreprise peut se résumer en ces quelques mots : « Elever et instruire » l’ouvrière avec le salaire de son travail et lui assurer une

épargne pour sa majorité. 55

Actuellement 80 jeunes filles, presque toutes orphelines, sont recueillies dans cet établissement, qui, par son aménagement intérieur, répond à tous les besoins. Il a coûté 400,000 francs, et peut recevoir jusque 120 pensionnaires.

M. Groult constate que depuis 1868, époque de la fondation de cette belle œuvre, les résultats moraux ont dépassé son attente. En ce qui concerne la partie financière, elle est, quant à présent, onéreuse ; mais cet habile industriel espère, dans peu de temps, pouvoir établir un équilibre parfait entre les recettes et les dépenses.

§ 7. - PATRONAGE DES ENFANTS DE l’ÉBÉNISTERIE, A PARIS.

Le patronage des enfants de l’ébénisterie a été fondé à Paris, le 5 août 1866, par M. Henri Lemoine.

Son but, disent les statuts, est d’assister, de moraliser et d’instruire les enfants employés comme apprentis dans l’industrie de l’ameublement en général.

La position de ces enfants dans les ateliers a toujours, et avec raison, éveillé la sympathie des esprits qui pensent à l’avenir. La législation a établi leurs droits et défini leurs devoirs; mais, à côté de la loi, et pour lui venir en aide, la philanthropie peut et' doit s’occuper de leur procurer tous les avantages d’une bonne éducation morale et industrielle.

A cette fin, le patronage intervient entre les patrons et les apprentis pour établir une entente parfaite et assurer l’exécution de conventions clairement définies. Les apprentis sont donc efficacement protégés contre le pouvoir parfois abusif des patrons ; ceux-ci sont également garantis contre le mauvais vouloir et la rébellion de certains apprentis. Enfin, les parents sont assurés que leurs intentions sont fidèlement remplies.

De cette fidélité dans l’exécution des contrats découle naturellement la moralité de l’enfant, qui apprend à respecter les engagements dont il est l’objet.

Quant à l’instruction, elle est essentiellement pratique, grâce à la création de concours professionnels qui ont lieu tous les ans et pour lesquels les apprentis doivent se faire inscrire. Jusqu’à 18 ans, ils concourent gratuitement; de 18 à 21 ans, ils doivent payer, comme ouvriers, la somme de 12 francs, cotisation des sociétaires.

Ces concours ne seraient d’aucune utilité si la plus stricte impartialité n’y était assurée. Voici de quelle manière on procède : D’abord, une commission est chargée de dresser les plans, qui reposent, avant tout, sur les principes de la

construction, graduée • selon le temps de l’apprentissage.

Pour exécuter leur travail, les élèves, désignés par un numéro d’ordre, sont envoyés dans les ateliers qui leur sont étrangers. Ils inscrivent leur numéro sur leur travail, puis ce numéro lui-même est caché jusqu’après jugement ; de cette façon, les membres du jury ignorent le nom de l’auteur du travail qu’ils ont sous les yeux.

. Les lauréats reçoivent, en récompenses, des livres d’art, des outils et des livrets de la Caisse d’épargne de la valeur de 15 à 100 francs. Ces récompenses proviennent des dons du patronage et des libéralités du Ministre du commerce, du Ministre de l’instruction publique, de l’archevêque de Paris, des sociétés d’encouragement et de protection, etc., enfin d’un grand nombre de personnes qui tiennent à encourager l’œuvre.

Ces concours sont devenus un énergique stimulant dans l’industrie du meuble, et, d’année en année, le nombre des jeunes gens qui viennent y prendre part augmente dans de fortes proportions. Ainsi :

En 1867, on comptait 48 apprentis inscrits ;

En 1868 r r 65 ^ ^

En 1869 ^ . 135 r

Les événements de 1870-71 ayant empêché le concours, il fut repris en 1871 avec 121 apprentis et jeunes ouvriers. Enfin, le concours de 1872 comptait 124 concurrents.

Frappé de ces résultats, le patronage a voulu encore

agrandir son œuvre. Il a décidé la formation d’une école de dessin. Bien que de nombreuses écoles de ce genre rendent déjà d’immenses services, le patronage a pensé qu’une institution spéciale était nécessaire aux apprentis del’ébénisterie. Le programme limite l’étude du dessin à la géométrie élémentaire, au trait, aux plans d’exécution, aux caractères dès différents styles; pour les sculpteurs, au dessin d’ornement et au modelage. Les différents cours seront professés par des hommes pratiques, contre-maîtres ou ouvriers. On donnera aussi des conférences, où seront présentées des notions sur les bois, les vernis, l’histoire de l’industrie, la statistique commerciale, etc.

La ville de Paris a accordé pour cette école une subvention de 3, 000 francs. En résumé, le patronage a rencontré partout l’accueil le plus sympathique. Grâce à cette institution, les patrons voient se resserrer les liens qui les rattachent à la corporation tout entière; les parents et les apprentis se sentent sérieusement protégés dans leurs intérêts ; enfin l’industrie y trouve les éléments du progrès qui lui permet de soutenir la concurrence étrangère.

g 8. - ASSISTANCE PATERNELLE AUX ENFANTS EMPLOYÉS

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