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SOCIÉTÉ PROTESTANTE DU TRAVAIL DE PARIS

L’existence de la Société protestante du travail, qui remonte au mois de mai 1868, a pour but de servir d’intermédiaire entre les chefs de maisons de commerce, les industriels et les fabricants qui ont besoin d’employés ou d’ouvriers honnêtes et laborieux, et les personnes honorables qui cherchent du travail. Intermédiaire fraternel et gratuit, la Société exige, comme conditions essentielles des candidats qui se présentent pour réclamer son concours, la preuve de leur parfaite honorabilité et la justification de l’emploi de leur temps depuis leur entrée dans la carrière du travail.

La Société ne s’occupe d’aucun candidat sans avoir, au préalable, vérifié auprès de ses anciens patrons la valeur des certificats qui lui sont présentés et avoir recueilli de bons renseignements sur la moralité parfaite de chacun. Fondée

par des hommes appartenant au protestantisme, elle étend néanmoins son action sur tous, sans distinction de culte.

Les indications des places vacantes dans les maisons de commerce, les demandes de personnel, employés, gérants, comptables, garçons de magasin, hommes de peine, etc., ainsi que les offres de service, sont reçus à l’Agence de la Sociéfé.

Les dépenses sont couvertes par les souscriptions volontaires des personnes qui en approuvent le but.

La Société fait appel au dévouement de tous, et demande particulièrement le concours des hommes qui honorent le travail et qui veulent le prouver en s’occupant des intérêts des travailleurs.

Cette Société n’est autre chose qu’une bourse du travail, le marché de la main-d’œuvre, l’endroit où l’on peut rencontrer une occupation et d’honnêtes gens pour la remplir.

D’une grande sévérité sur les garanties que présentent les candidats, la Société protestante du travail ne patronne que les personnes dont elle croit pouvoir répondre moralement. Elle donne ainsi aux honnêtes et laborieux travailleurs qui s’adressent à elle une juste idée de l’importance et du prix qu’elle attache à ces hautes qualités, capital réel du travailleur.

Depuis sa fondation, la Société a placé 2,286 postulants, et rares sont les réclamations qui lui ont été faites au sujet de ces candidats. Pendant l’année 1872 seule, elle a pu caser 999 personnes, qui se répartissent entre les différentes

professions suivantes : professeurs et institutrices, teneurs de livres, comptables, employés de commerce, ouvriers de professions diverses, garçons de magasin, de bureau, gens de service, etc.

Cette excellente société est tous les jours plus appréciée par les patrons. Aussi en a-t-elle fait naître de semblables. Des sociétés de secours mutuels se sont préoccupées de s’adjoindre un service d’emplois. De plus, deux sociétés de travail ont été fondées sur le modèle de celle de Paris, avec son concours, et particulièrement celui de son digne et dévoué président, M. Ferdinand Rossignol.

La Société du travail, qui siège à la mairie du XL arrondissement de Paris, fonctionne et a produit d’excellents résultats en 1872.

Son principe fraternel, son but, ses espérances, sont les mêmes que ceux de la Société protestante.

Cette jeune société a déjà recueilli plus de 500 souscriptions et a placé un millier de personnes dans les professions les plus diverses.

A côté de'cette société, s’est fondée, le 23 novembre 1871, sur rinitiative de M. F. Rossignol, une autre association du même genre : la Société du travail en faveur du personnel des travaux publics et du bcitinient . Celte société professionnelle a pour but de fonder une association entre les ingénieurs civils, architectes, industriels, conslructeurs, entrepreneurs, et d’établir un lien amical entre les patrons et leur personnel dirigeant. La Société des travaux publics, qui a tenu sa

première assemblée générale le 24 janvier 1873, constate dans son compte-rendu quen 1872, sur 441 candidats inscrits, 266 ingénieurs civils, architectes, dessinateurs, métreurs, chefs d’atelier ont été placés à son intervention.

Au commencement de l’année dernière, une Société de travail s’est également constituée à Lyon, en vue "Surtout de soulager les souffrances de la population lyonnaise pendant les crises qui suspendent parfois le travail du commerce et de l’industrie de cette grande cité. Elle soutient les travailleurs par des prêts en argent , en matières premières, en instruments de travail, et en leur procurant du travail.

La Société protestante du travail doit être heureuse de voir adopter et pratiquer son principe chrétien : la fraternité, par trois groupes d’industriels ; les trois comités qui fonctionnent à Paris * sont composés de 220 notables, chefs d’industrie, négociants, etc. ; les adhérents qui ont affirmé leur approbation par une souscription à ces trois sociétés s’élèvent à 1,500 environ, et le nombre des candidats placés en 1872 par ces sociétés a atteint le chiffre de J 848 1

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