ÉGYPTE
L’Asile des aveugles du Caire et la carte en relief de l’Égypte et de la Nubie de MM. Streit et Walger ont obtenu les honneurs de la médaille de mérite. Une médaille de progrès a été décernée au Département de l’Instruction publique. Nous voyons, en effet, figurer au catalogue, groupe XXVP, 11° 1, les journaux, rapports et relevés statistiques relatifs aux écoles avec une collection de livres de classe. Bien que ces documents fussent en français et en arabe, ce qui nous permettait d’en prendre connaissance, le temps nous a manqué pour les analyser. Un des motifs principaux de la distinction accordée au Ministère de l’Instruction publique a été l’organisation des musées. En effet, celui de Boulak surtout mérite d’étre cité parmi les plus riches collections d’anti({uités égyptiennes. L’illustre Mariette Bey en est le créateur. L’Exposition de Vienne nous a appris qu’il existe, dans ce faubourg du Caire, une école industrielle ; elle est bien placée auprès du Musée dont l’intluence se fera certainement sentir sur le goût et les tendances des élèves qui y seront formés. On peut espérer que ceux-ci perpétueront le caractère de l’art égyptien, en l’accommodant aux besoins de la civilisation de notre siècle, mais qu’ils ne le laisseront point trop absorber par la contagion des modes européennes. On voyait encore dans ce groupe : un herbier de la flore de l’Égypte, recueilli par le docteur Pfund, du Caire; une col-
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lection de silex des premiers âges, de M. le docteur Reil.
Somme toute, on ne paraît pas avoir eu l’intention de montrer à l’Europe la situation actuelle de l’instruction publique dans l’Empire des Pharaons : on s’est contenté de quelques faits qui ne sont peut-être que des exceptions.
La fondation, en Egypte, des Écoles libres et gratuites universelles pour la vulgarisation de V instruction remonte à 1868. C’est à Alexandrie que ces institutions furent d’abord créées. Grâce à l’initiative d’un négociant, M. Dauphin, appuyé par un groupe d’hommes influents de la ville, européens et égyptiens, une souscription fut proposée. Six à sept cents personnes y prirent part et s’engagèrent à verser un franc par mois. L’enseignement y a été organisé au point de vue scientifique et professionnel exclusivement; aucun dogme religieux ne devait y être préconisé : les étudiants, hommes ou enfants de toutes les croyances, pouvaient venir et vinrent en effet s’asseoir sur les bancs des écoles d’Alexandrie, dès quelles furents ouvertes. Leur succès fut rapide et leur utilité bientôt comprise par le Gouvernement du Kedive, qui s’associa à r(feuvre en mettant un revenu annuel de 12,000 francs à la disposition de l’institution et en plaçant celle-ci sous le patronage de son fils, le prince héréditaire Mechmed-Tevfick-Pacha. Il décida, en outre, la création d’écoles semblables dans la ville du Caire.
D’après les ordres de S. A., un local vaste et bien aéré fut mis à la disposition d’un comité qui commença sur-lechamp ses travaux et, grâce aux libéralités du Souverain,