‹ Documents & rapports des jurés & délégués belgesChapitre 8 sur 42 · FRANCIS · texte numérisé non relu

FRANCIS

fr. 555,945-02 votés raiinée précédento, on propose une augmentation de 513,968 francs.

Le troisième document administratif est un rapport sur la situation de l’enseignement primaire à Paris et dans le département de la vSeine, en vue delà préparation du budget de 1873.

On y voit que, de 1871 à 1873, la dépense de l’instruction primaire dans ledit département, y compris la ville de Paris, s’est accrue de 2,734,238 francs, sans compter un crédit de fr. 20,000,000 de dépenses extraordinaires.

Le meme volume renferme encore un mémoire très-développé sur les écoles d’apprentis. L’auteur y examine la situation de l’apprentissage dans la ville de Paris, situation qu’il trouve bklieuse à tous égards ; il indique les causes et fait ressortir les effets d’une telle situation ; il étudie, dans leurs rapports, l’apprenti, le patron, la famille; il analyse la législation qui régit ces rapports, f^uis, passant aux efforts déjà tentés pour porter remède au mal, il signale ceux de l’initiative privée, faction des institutions municipales existant déjà en faveur des apprentis, et conclut en proposant la création d’une institution nouvelle, fondée sur des bases plus larges. L’auteur espère, par là, vaincre les résistances, détruire bien des préjugés, et arriver un jour à persuader aux parents ei^ aux patrons qu’il y a intérêt, qu’il y a profit, pour eux comme pour la société, à laisser l’apprenti grandir et se fortifier dans une atmosplièi'e de santé, de moralité, de travail intelligent. On ne peut que faire des vœux pour

FRANCE

que rinstitiition produise d’aussi heureux résultats; quel que soit d’ailleurs son avenir, M. Gréard aura rendu un service à son pays en publiant cette étude consciencieuse, dont l’exemple ne sera pas perdu pour les autres nations, grâce à l’Exposition de’ Vienne.

La France a obtenu, pour les objets exposés dans le XX VP groupe, deux diplômes d’honneur: l’un a été décerné au Ministère de l’instruction publique et l’autre à Y École pratique des hautes études \ dix-huit médailles de progrès ont été attribuées à ce pays. Parmi les institutions qui ont mérité cette distinction, je signalerai : l'Association pour ï encouragement des études grecques, V École spéciale d'architecture, l'Institut des écoles chrétiennes, la Société centrale pour ï encouragement du protestantisme . La ville de Paris a reçu la même médaille pour son exposition de modèles d’écoles et le Ministère des travaux publics pour la partie de sa riche exposition qui se rapportait à l’instruction.

Vingt-trois médailles et quarante-quatre diplômes de mérite complètent l’ensemble des succès obtenus par la France à l’occasion de son exposition de l’instruction publique.

GRÈCE

Les nations qui se rajeunissent, qui travaillent à reprendre le niveau intellectuel au-dessous duquel elles ont été maintenues pendant des siècles, méritent assurément de fixer Fattention : les Expositions universelles leur sont une occasion de se montrer, et ce serait un vrai déni de justice que de passer sous silence les efforts de leurs gouvernements pour reconquérir la place quelles avaient perdue, quand même ces efforts n’auraient pas encore produit tout l’effet qu’on en peut attendre. A ce titre, la Grèce méritait une attention particulière de la part des membres du Jury, et c’est avec surprise et regret que ceux-ci ont constaté que cette nation avait absolument négligé d’envoyer à Vienne des objets devant être rangés sous le XXVP groupe. Une belle collection des marbres, une autre des bois de la Grèce, quelques productions littéraires et artistiques figurent bien aux groupes I et XII ; mais l’école proprement dite, l’enseignèment, à ([uelque degré que ce soit, faisaient absolument défaut. Cependant des documents nous ont été distribués (pii rentrent bien dans le cadre de nos attributions, et je crois faire acte d’équité en les mentionnant et en les analysant ici. Je veux parler de la notice sur la presse helléni(|ue et du Catalogue raisonné des livres publiés en Grèce, depitis ]SC)S jîisqu'en \S12, rédigé à riniliative de la commission pour V encourage m en l de Tindusbde natioymle en Grèce, par

GRÈCE

lin

Démétius A. Coromüas. Athènes, imprimerie d'André Coromilas, 1873.

Le premier de ces documents donne des renseignements très intéressants sur la presse périodique en Grèce, ses vicissitudes, les lois qui Font régie et plus d’une fois comprimée, son développement et sa situation actuelle.

Avant la révolution de 1821, il n’existait pas même une imprimerie dans ces provinces, soumises jusqu’alors au joug delà Turquie. 11 était satisfait aux besoins intellectuels de la nation — ils ne devaient point être fort exigeants ! — par les presses des îles Ioniennes, de l'Italie, de l’Allemagne et de la France. C’est une maison de Paris qui dota- la Grèce de sa première imprimerie: M. Firmin Didot établit à Hydra celle qui, dès l’année 1822, servit à la publication du premier journal 0 roj 'Nôuo'j {VAmi de la loi). L’année suivante vit s’établir deux autres imprimeries, dont l’une à Athènes, où commença la publication du journal ^

Toiv ’A5y;vcov (le Journal d'Athènes), et l’autre, à Missolonghi, qui servit /à l’impression du célèbre journal Tà ^Exxrivr/x XfovLzx (les Annales helléniques).

Jusqu’en 1837, il n’y avait pas, en Grèce, de loi spéciale sur la presse. Des attaques dirigées contre l’armée auxiliaire bavaroise rendirent la répression nécessaire; mais,, comme toujours, le législateur se laissa entraîner trop loin. Le mouvement insurrectionnel de 1843 et l’installation du système représentatif rendirent une liberté plus large à la presse. On en abusa encore, -et une loi du 27 juin 1850

G^RlCCE .

édicta des peines sévères contre les écrivains qui s’attaquaient au Roi ou à la royauté. Cette législation défère aux cours d’assises les délits de presse ayant un caractère politique et laisse aux tribunaux civils le jugement des délits contre les particuliers. Cet état de choses a été consacré par la constitution proclamée à la suite de l’insurrection de 1862. La presse hellénique, à ce qu’assure l’auteur de cet exposé, n’a jamais propagé des idées antisociales ou communistes. Au contraire, ajoute-t-il, elle a toujours défendu avec zèle la religion, la sainteté de la famille et de la propriété et l'inviolabilité de la constitution et des lois du pays.

Les journaux grecs ne paraissent point tous les jours. Les plus grands sont hebdomadaires oh semi-hebdomadaires; ceux de petit format ont jusqu’à cinq numéros par semaine. Certains de ces journaux tirent de 500 à 1,000 exemplaires; les plus favorisés vont jusqu’à 1 ,500 et même 2,000. Le nécrologe de la presse hellénique est assez bien rempli : pendant sa courte existence, de 1821 à 1871, la Grèce a vu mourir trente feuilles 1

Parmi les journaux actuellement existants, il n’y en a que huit qui ne soient point politiques : deux sont consacrés aux affaires de l’Eglise, trois à l’enseignement et trois à la jurisprudence.

Le nombre des journaux, des revues et des feuilles hebdomadaires, mensuelles et annuelles s’élève à 160. Près de la moitié de ces éci'its, 74, se publient à Athènes;

CiRÈCE.

savoir : 69 dans la langue du pays, 3 en français, 1 en italien et 1 en grec et français.

Le Catalogue n’offre pas moins d’intérêt ; on peut,

en le parcourant, se rendre compte du mouvement intellectuel de la nation et, à ce titre, l’analyse que j’en vais essayer rentre parfaitement dans le cadre des matières rangées, par le règlement de l’Exposition universelle de Vienne, sous la 4^" section du groupe XXVP.

La philosophie ne figure dans la liste que pour quatre articles ;

h' éducation, ldi pédagogie, en a produit soixante-quatre;

La théologie et Y histoire de ï Église, quarante-six;

Le droit et Y économie politique, quarante-neuf ;

Les sciences médicales, vingt-deux ;

Les sciences naturelles, dix-liuit ;

. Les sciences mathématiques , vingt-huit;

Yi Histoire et les sciences accessoires, quatre-vingt-quatre;

U archéologie et les heauæ-arts , quinze;

La technologie , trente-quatre.

Je néglige une vingtaine d’articles qui ne peuvent être rangés sous aucune rubrique déterminée.

L’idée seule de dresser un pareil résumé bibliograliique fait honneur à la Commission pour l’encouragement de l’industrie nationale en Grèce, qui en a conçu le projet, et à M. Démétrius A. Coromilas, qui l’a exécuté.

Le royaume de Grèce n’est pas le seul pays où se cultive la littérature néohellénique ; l’éditeur du Catalogue raisonné

(tRECE.

regrette que le cadre proposé par la Commission impériale et royale de Vienne ne lui ait point permis de consigner dans ce travail, — qui était donc destiné à l’Exposition universelle, — les productions sorties des presses de Constantinople, de Smyrne, d’Alexandrie et de Brada , ce qui aurait donné un tableau complet du mouvement intellectuel des peuples de langue grecque, sous quelque domination qu’ils soient rangés aujourd’hui.

Indépendamment des journaux et revues, il se publie en Grèce d’autres ouvrages périodiques, qui n’étaient qu’au nombre de neuf en 1868, de quinze en 1871, et qui ont atteint, en 1872, le chiffre de trente.

La période quinquennale que comprend le catalogue a vu naître 676 ouvrages, répartis ainsi qu’il suit :

121 ouvrages.

Ces ouvrages se subdivisent de la manière suivante entre les diverses branches des connaissances humaines :

La bibliographie a fourni quatre ouvrages ;

La linguistique, vingt-trois ;

Les littératures anciennes et étrangères (traductions de ces dernières) sont représentées par soixante-seize ouvrages, qui se distribuent ainsi:

En 1868

GRÈCE

Littérature grecque aucienne ... 12 ouvrages.

— latine . . . 2 —

— italienne . 11 —

— française . 43 * —

— allemande . 4 —

anglaise . 3 —

— Scandinave . 1 —

La littérature néohellénique, la langue nationale actuelle, a produit cent dix-neuf ouvrages d’imagination: poésies, comédies, tragédies, etc.

Plusieurs des livres qui tigurent au Catalogue raisonné mériteraient une mention et même une analyse; mais les liornes de ce rapport ne comportent point de trop nombreuses citations. Je dois pourtant en signaler un, parce qu’il n’est, en quelque sorte, qu’une introduction à la bibliographie hellénique moderne: je veux parler du livre de M. C. Sathas: Littérature néohellénique ou Biographie des Grecs savants, depuis la chute de t Empire byzantin jusqu à l'insurrection hellénique, (1453-1821), ouvrage couronné au concours littéraire de 1867. Des concours de poésie ont lieu aussi tous les ans : le Catalogue signale l’existence de cette institution en mentionnant, chaque année, le rapport de la commission chargée d’apprécier les oeuvres des concurrents. Nous apprenons aussi, par ce même catalogue, que la Grèce possède un grand nombre de sociétés savantes, littéraires et scientifiques.

Si l’on cherche à discerner le goût du public grec par

TtRECE.

l’examen des livres que les écrivains de ce pays empruntent aux étrangers et transportent dans leur idiome national, on remarque d’abord que c’est la France qu’ils mettent le plus volontiers à: contribution, mais qu’ils ne lui empruntent guère que ses romans et ses pièces de théâtre.

Quant aux productions indigènes, la poésie y occupe une grande place, et la patrie de Sophocle, d’Euripide et d’Aristophane ne manque point d’écrivains dramatiques : ceux-ci ont le bon esprit de transporter dans leur langue actuelle les chefs-d’œuvre de leurs immortels devanciers.

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La Commission de l’exposition italienne a partagé en trois sections le groupe XXVP, et a désigné celles-ci par les lettres A, B et C.

Dans la section v4 , on a placé tout ce qui se rapporte à l’éducation de l’enfant, à son développement physique et moral depuis ses premières années jusqu’à l’âge d’école. Les ouvrages du professeur Scipione Giordano, de Turin, traitent particulièrement de l’allaitement du nourrisson, tant à la maison maternelle qu’au dehors. Les Asiles et Jardins d’enfants sont représentés dans cette section soit par des rapports de leurs conseils d’administration, par des plans et modèles, des photographies de locaux et du matériel employé; soit parles travaux manuels des élèves: tricot, broderie en laine, en soie, en coton; soit enfin par les règlements d’organisation et les programmes des exercices et travaux. La musique y tient aussi sa place : M. Giovani Verisco, de Milan, expose des tableaux pour l’enseignement du chant d’ensemble, dans les scuole infantüi, un modèle de clavier guide-voix et un tableau d’un nouveau système de notation.

La section B comprend les édifices consacrés à l’enseignement; les objets servant à l’ameublement des écoles, en nature ou en représentation graphique; les 'ouvrages et

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revues périodiques ayant l’éducation pour objet; l'exposition des méthodes; l’appréciation des résultats de renseignement; la statistique des écoles, leur organisation, les lois et règlements qui les régissent. Cette section est composée de 88 articles parmi lesquels figure le Ministère de l’instruction publique, qui expose, sous le n"' 5002, un volume de la statistique de toutes les écoles de musique et des sociétés musicales du royaume d’Italie, et un autre comprenant des rapports sur la situation des institutions musicales qui ont un caractère gouvernemental ; des documents de même nature sur les écoles de gravure de Parme, sur la chalcographie royale de Rome, avec un album contenant les principales productions de l’une et de l’autre ; sur les travaux des universités et instituts supérieurs du Royaume; des recueils de. dessins des éleves des écoles professionnelles [sciioli tecnichi) ; et differents volumes sur la statistique et les progrès de l’instruction primaire jusqu’à l’année 1870; un recueil de publications se rapportant à l’instruction élémentaire, d’opuscules relatifs aux collèges et aux écoles de tilles ; enfin un résumé de toutes les notes statistiques des diverses institutions et écoles dépendant du Ministère.

Le Ministère des travaux publics expose, sous le iP 2566, un discours académique de Cari Betocchi sur les avantages que la science de l’ingénieur peut retirer des grandes Expositions universelles.

Le îvlinistère de l’agriculture, de l’industrie et du commerce expose, sous le iP 5048, une collection de dessins

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reproduisant des objets trouvés dans les fouilles de Pompéi, et d’autres propres à servir de modèles dans les instituts fechniques.

Parmi ces derniers instituts, (pii exposent soit les plans do leurs bâtiments, soit leurs règiements, soit leurs programmes, soit les travaux de leurs élèves, on distingue : l’Institut technique d’Alexandrie; l’Institut industriel et professionnel de Cuneo ; l’Ecole teclinique de Saint-Charles, à Turin; l’Ecole d’application pour les ingénieurs; l’Institid industriel et professionnel de la même ville ; l’Institut technique [Pareggiato) l’Ecole supérieure de Gênes; l’Ecole technique de Crémone; l’Institut technique de Codogno, à Milan ; celui de Mantoue ; l’Ecole supériein^e d’agriculture de Milan; l’Institut technique d’Udine ; l’Institut royal, industriel et professionnel de Plaisance ; l’Institut des arts de Milan; l’Ecole normale pour la formation des instituteurs à Bologne; l’Institut Massini, section des garçons, à Venise; l’École de gravure et d’autres arts professionnels de Florence et enfin l’Institut de la marine marchande, dans la plaine de Sorrente, et celui de Naples.

Viennent ensuite, dans là même section, quelques travaux industriels, exposés par leurs auteurs : un cours élémentaire d’ornement, du professeur Balbo; du Cav. Santino Pellegatti ; des traités de calligraphie, de sténographie ; des méthodes de chant ; des systèmes plus ou moins nouveaux d’enseignement de la lecture et de l’écritiire. Les seuls éta- Idissements qui ne soient point représentés dans cette expo-

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sition sont les universités et les collèges dont l’enseignement a pour but l’étude des langues anciennes.

La section C se rapporte entièrement à l’enseignement qui s’adresse aux adultes, à quelque degré de culture qu’ils soient parvenus. On y a rassemblé tout ce qui contribue au développement intellectuel de l’homme fait, lorsqu’il est déjà entré dans la vie active et pratique. Là se rencontrent la Société protectrice de ï industrie, à Turin, association dans le genre de celle qui avait été fondée, à Bruxelles, par M. le bourgmestre De Bouckère, et qui organisait des expositions des produits des arts industriels ; la Commission de statistique de Milan, avec une statistique de l’apiculture

italienne; la Commission provinciale d’antiquité et des beauxarts ; les Comices agricoles de Bénévent ; la Société centrale ouvrière de Naples; la Société d’architecture de Païenne. Ces dernières institutions se présentent avec des comptes rendus de leurs travaux, des rapports, des statistiques des projet et enfin des travaux exécutés par les membres qui en font partie.

Le Ministère de l’instruction publique figure encore dans cette section. 11 y expose des rapports sur la situation des archives italiennes, des bibliothèques; cinq volumes sur les musées et galeries des beaux arts ; un sur les académies ; les actes des congrès artistiques ; deux volumes donnant la relation illustrée des fouilles pratiquées par l’ordre du Gouvernement italien à la recherche des anti-

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quités, avec un album des photographies des monuments les plus importants.

M. Cari- Antonio Ferrero, de Turin, expose trois opuscules, auxquels était joint un étui pharmaceutique, sur un nouveau système de médecine physico-mathématique, au moyen d’une nouvelle pharmacie physico-dinamique, accompagnée d’un album de dessins chromographiques ; des photographies stéréoscopiques d’anatomie pathologique et des préparations mégascopiques et microscopiques d’histoire naturelle.-

Le docteur Tofani expose un cours théorique et pratique de l’enseignement des sourds-muets, manuscrit en langue italienne, et une méthode pratique pour faire parler* les sourds-muets.

M. Ottino (par les soins du Ministre de l’agriculture, de l’industrie et du commerce) expose la statistique de la typographie et de la librairie ; M. Serra Carpi, un tableau-résumé de toutes les observations faites sur la température de l’Italie avec leur représentation graphique.

A son histoire de l’abbaye du Mont-Cassin, M. Pappalettre ajoute le catalogue des manuscrits de la liibliothèque de ce célèbre monastère avec des fac-similé de l’écriture.

Une division à part est consacrée aux travaux de femmes ; on y compte 98 exposants. En premier lieu, les ouvrages exécutés dans les institutions de bienfaisance, les Orphelinats, les Asiles, auxquels on a joint les travaux des détenues dans les prisons ; il s’y trouve jusqu’à des confections avec prix. Rien n’a été exclu, pas même les travaux de la cuisine.

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Les progrès que l’Italie a faits en matière d’enseignement, depuis dix ans, sont considérables; ils méritent qu’on s’arrête quelque temps à étudier l’organisation de cet important service dans le nouvel État.

Enseignement swpérievr.

Le royaume d’Italie compte 21 universités, dont 17 portent la dénomination d’Université royale et 4 sont des institutions libres.

Les études y sont partagées en cinq facultés ; la théologie; la jurisprudence ; la médecine et la chirurgie; les sciences physiques, naturelles et mathématiques ; la philosophie et les lettres. Huit des établissements royaux possédaient la faculté de théologie, ce sont les universités de Cagliari, Catane, Gènes, Padoue, Païenne, Pise, Sassari et Turin.

Les autres n’ont que les (piatre facultés. Toutefois, l’université de Macerata n’a (pi’une faculté de droit et quelques cours spéciaux de médecine. Cette université (de Macerata) est placée sous un régime particulier, soumise en partie à la législation en vigueur et en partie à la bulle pontificale Qiiod. divina sapientia. Elle a une administration spéciale et des revenus propres, outre la subvention de 20,000 livres qu’elle reçoit annuellement du Trésor public.

Celles de Modène et de Parme n’ont point de faculté de philosophie. Celle de Sienne n’a ni faculté des sciences ni faculté de philosophie. Une École normale supérieure est

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annexée à celle de Naples. Partout une École spéciale de pharmacie et un cours de l’art vétérinaire sont joints à la faculté de médecine.

Les quatre universités libres sont celles de Camerino, Ferrare, Peruze, IJrbin. Aucune d’elles ne possède la faculté de théologie ni celle de philosophie. La première n’enseigne que le droit et la médecine, et la dernière que le droit et les mathématiques pures, avec une École de pharmacie, un cours de phlébotomie, un cours d’accouchement et un cours de médecine vétérinaire.

La ville de Florence, qui n’a point d’université proprement dite, possède un Institut des études supérieures pratiques, et de perfectionnement. Créé par le gouvernement précédent, du grand-duc de Toscane, il continue à être régi par les décrets des 22 et 23 décembre 1859, par les décrets royaux des .24 octobre 1868 et 30 janvier 1870 et par les règlements qui découlent de ces derniers. L’enseignement y comprend une section de philosophie et lettres ; les cours de cette section sont ceux de langue et de littérature italiennes, de langue et de littérature latines , de langue et de littérature grecques ; d’archéologie, d’histoire ancienne et moderne, de géographie ancienne et moderne, de philosophie, d’histoire et de pédagogie, d’anthropologie, d’histoire de la philosophie , et de la philosophie morale.

Des cours complémentaires sont ajoutés à ce programme. Ils ont pour objet les langues de l’extrême Orient: le sanscrit, la langue et la littérature arabes, l’histoire de la littérature

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italienne, l’histoire de l’art militaire, la diplomatique .et la paléographie. Le musée d’anthropologie dépend de cette section.

La section de médecine et de chirurgie est constituée de manière à compléter les études médicales et chirurgicales qui se font dans les universités de Pise et de Sienne. Cellesci ne donnant que les quatre premières années d’enseignement, les deux dernières sont réservées à Florence 'qui possède plus de ressources pour les cliniques dans ses hôpitaux.

La section des sciences est aussi complète que les facultés correspondantes des universités. Il ne manque donc que la théologie et le droit pour que cet institut soit un établissement complet d’enseignement supérieur; mais un grand nombre de cours, comme ceux qui se donnent à la Sorbonne, à Paris, s’adressent moins à des étudiants qu’à des hommes faits.

La ville de Milan possède une Académie scientifique et littéraire, dans laquelle se donne aussi l’enseignement des littératures grecque, latine et italienne; l’esthétique; l’histoire ancienne ; l’histoire de la philosophie ; la philosophie de l’histoire ; l’histoire moderne ; l’archéologie et la numismatique ; la linguistique ; la géographie et l’éthnographie ; la langue et la grammaire grecques; les antiquités grecques et romaines ; la littérature comparée ; la philosophie théorique et la pédagogie. Remarquons cette particularité d’un cours de numismatique. C’est, en efièt, une science qui inté-

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resse Ifeaucoup l’Italie, mais qui aurait bien son utilité dans d’autres pays.

Trois écoles d’application ont pour objet spécial la formation des ingénieurs.

Celle de Turin, régie par la loi du 13 novembre 1859, le décret royal du 3 décembre 1865 et le règlement organique du 14 novembre 1867, a pour mission de former 'cinq catégories d’ingénieurs, ainsi que des architectes, des ingénieurs civils, des ingénieurs mécaniciens, des ingénieurs pour l’industrie agricole, pour l’industrie métallurgique et pour les industries chimiques. Le programme d’enseignement ne comprend que les matières suivantes : L, mécanique appliquée et hydraulique pratique; 2*^ architecture ; 3^" chimie inorganique; 4® économie et comptabilité rurale ; 5*^ minéralogie ; 6*^ chemins de fer et machines à vapeur; 7^ constructions civiles, ponts et chaussées [idrauliche e stradalê) \ 8*^ topographie et exercices de géométrie pratique; 9® législation. Cette école a pour dénomination : /?. Scuola d' applicazione per gli ingeneyd.

Celle de Milan porte le titre de : R. Instituto tecnico superiore. Fondée en vertu de la même loi du 13 novembre 1859, elle a un programme un peu plus étendu que celui de l’école de Turin et un nombre des professeurs plus considérable ; ainsi on y trouve : l’agronomie et l’économie rurale ; la géologie et la minéralogie appliquées ; la chimie générale et technologique ; la géométrie supérieure et la statique ; les éléments de la géodésie ; le dessin d’application et la géomé-

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trie descriptive ; la science de la construction des po^ts ; la jurisprudence agricole et les éléments du droit administratif ; la physique technologique ; la métallurgie ; la perspective; rornement; les matériaux de construction.

On ne voit point que les cours soient organisés en vue de l’acquisition d’un diplôme d’ingénieur de l’une ou de l’autre catégorie.*

A Naples, l’institution porte, comme à Turin, le titre de R. Scuola d'applicazione per gli ingeneri. Elle est régie par les décrets royaux des 24 juin 1863 et 30 juin 1867, et a d’ailleurs le même règlement et le même programme que l’institution piémontaise.

Les établissements d’enseignement supérieur comptent, en outre, une école normale supérieure, établie à Pise ; trois écoles de théologie, celles de Fossano, d’Ivrea, deVigevano; vingt-trois écoles pour les aspirants au notariat, dans lesquelles on enseigne les éléments du droit et de la procédure civile ; quatre écoles secondaires de pharmacie ; neuf écoles d’accouchements théoriques et pratiques, et trois écoles supérieures de médecine vétérinaire, à Turin, à Milan et à Naples.

Enseignement secondaire.

L enseignement secondaire, en Italie, est de deux sortes, selon qu’il s’adresse aux jeunes gens qui ont en vue les carrières libérales ou à ceux qui se destinent aux professions commerciales et industrielles. Les établissements de la pre-

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mière catégorie sont les gymnases et les lycées ; ceux de la seconde sont les écoles techniques. Les uns et les autres ont été réorganisés ou constitués par le décret royal du 10 octobre 1867.

Le gymnase et le lycée ne font en quelque sorte qu’une seule institution; le dernier complète l’autre, ce qui forme un ensemble de huit années d’études, dont cinq passées dans le gymnase et trois dans le lycée.

Le programme des gymnases comprend, pour les trois premières années, les matières suivantes : la langue latine, la langue italienne et la géographie. Pour la quatrième, on ajoute le grec, et la géographie est remplacée par l’histoire ; pour la cinquième, on ajoute à ces mêmes matières les mathématiques.

Le programme de la première année du lycée comprend les mêmes matières que la cihquième du gymnase. Pour la deuxième année, on ajoute, la philosophie. Enfin, pour la troisième, l’italien, l’histoire et les mathématiques sont remplacées par la physique, l’histoire naturelle et la géographie physique.

Mais cette organisation typique ne se rencontre que dans un petit nombre d’établissements. Dans plusieurs localités, une ou deux années de lycée sont ajoutées à celles du gymnase et forment une- institution mixte ; ailleurs, le lycée est augmenté de quelques-unes des classes du gymnase, ce qui produit des établissements désignés sous les noms de ginnasio-Liceû et Liceo-Ginnasiale ,

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Dans l’enseignement classique, les élèves ne passent du gymnase, établissement du premier degré, au lycée, établissement du deuxième, qu’en administrant la preuve qu’ils ont satisfait à l’examen de sortie de l’école inférieure.

Écoles techniques.

Le programme des écoles techniques comporte trois années. La langue italienne, l’histoire et la géographie ‘sont enseignées pendant les trois années ainsi que le dessin. La calligraphie ne figure qu’à la première année ; la géométrie et la langue française dans les deux dernières ; les cours d’algèbre, les droits et les devoirs du citoyen, la tenue des livres et les notions des sciences physiques et naturelles sont réservés pour la troisième.

Les écoles techniques avaient été instituées par la loi du 4 octobre 1848 exclusivement pour l’ancien royaume. L’institution a été étendue aux territoires successivement annexés et formant aujourd’hui l’unité italienne. L’Emilie et les Marches portèrent successivement à leur budget les sommes respectives de 50,000 et de 35,000 livres pour subvenir aux communes qui voulurent créer de ces écoles ; la Toscane suivit le même exemple; il en fut également ainsi à Naples et en Sicile. Mais les écoles techniques n’ont pas reçu absolument la même organisation dans toutes les régions de l’Italie. Par exemple, pour la Sicile, une loi du 27 octobre 1860 décide qu’une de ces écoles sera fondée dans chaque chef-

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lieu de province et d’arrondissement et entretenue entièrement aux frais de l’État. 11 en fut créé dix-huit dans la province napolitaine; mais une seule, celle de Naples, est à la charge exclusive du trésor public.

Dans les anciennes provinces piémontaises et dans la Lombardie, les frais de ces écoles sont partagés entre l’État et les communes ; dans l’Émilie, les écoles sont communément subventionnées par l’État ; dans l’Ombrie et les Marches, ces écoles sont gouvernementales, mais la moitié de la dépense est supportée par les communes. S’il n’y a pas de lois particulières réglant les obligations pécunières respectives de l’État et des communes en ce qui concerne ces écoles, la situation de fait est régularisée, chaque année, par le vote du budget.

Pour ce gencre d’écoles, comme pour les gymnases et les lycées, on a laissé aux administrations certaine latitude qui leur permet de joindre, soit une partie du programme classique à l’école technique soit une partie du programme technique au gymnase, selon les besoins et les ressources des localités ; ainsi il y a le Ginnasio-tecnico et la sciiola tecnica-ginnasiale .

En général, le lycée ou gymnase est un externat. Quant à l’internat [conmtto), il forme une institution à part, régie par le décret royal du 25 août 1860. Les convitii nationali ont pour objet l’éducation religieuse et civile des élèves, en même temps que leur développement physique. On leur enseigne l’amour [amore immenso) de la patrie italienne,

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coordonné avec tons les devoirs de riiomine, la piété envers Dieu, et le sentiment d’une morale pure et divine. Ces établissements sont administrés par un Recteur, assisté d’un Directeur spirituel et d’un Censeur de la discipline. Six articles du décret déterminent les attributions du Directeur spirituel; il n’est pas hors de propos de les résumer ici. Le Directeur spirituel a pour missioir de donner l’instruction religieuse aux pensionnaires. Il célèbre, tous les matins, la messe dans la chapelle du pensionnat. Les jours de fête, il donne, en outre, dans l’oratoire, l’explication de l’Evangile et du catéchisme. Il prépare les pensionnaires à la première communion et à la confirmation; il les dispose à la fréquentation des sacrements. Il ne doit user, dans son office, d’aucune espèce de coaction, ni par lui-même ni par l’entremise d’autres supérieurs. Le décrêt ajoute : « on aura soin que sa chambre soit à proximité de l’infirmerie, qui est spécialement recommandée à sa sollicitude. « Il assiste aux visites du médecin et du chirurgien ; il veille à l’exécution de leurs prescriptions ; il pourvoit, d’accord avec le Recteur, à tous les besoins des malades. Il est, en outre, chargé de l’instruction religieuse des domestiques.

Bibliothèques publiques.

La statistique fournie par le Ministère de l’instruction publique, sur le mouvement des bibliothèques publiques, mérite d’être étudiée. On n’y a compris que les institutions

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gouvernementales, au nombre de vingt-neuf, parmi lesquelles treize universités, à savoir : celles de Bologne, de Cagliari, de Catane, de Gênes, de Messine, de Modène, de Naples, de Padoue, de Pavie, de Pise, de Rome, de Sassari et de Turin. Cçs bibliothèques ont été fréquentées, pendant l’année 1872, par 722,430 lecteurs aux séances de jour, et 131,471, aux séances du soir. Il est évident que, dans ce chiffre, un même lecteur est représenté par autant d’unités qu’ils a fait de visites. Il y a des séances du soir dans onze bibliothèques ; neuf de celles-ci en ont aussi de jour; deux seulement, dans la* ville de' Naples, sont fréquentées exclusivement -le soir. Dix-huit n’ont que des séances de jour. La bibliothèque de l’université de Naples est celle qui a reçu le plus de visiteurs, ce qui n’a pas empêché la Bibliothèque nationale de la même ville d’en recevoir 89,482. Cette seule ville, dans ses cinq bibliothèques, a compté un nombre de lecteurs s’élevant à 246,651 . Après Naples, c’est l’université de Turin qui a attiré le plus de lecteurs, soit 92,026. Le nombre des ouvrages communiqués aux 853,901 lecteurs qui ont fréquenté les vingt-neuf bibliothèques gouvernementales a été de 1,218,887.

Le tableau statistique, auquel sont empruntés ces détails, partage en 16 sections les ouvrages consultés et en indique le nombre pour chaque section. La section de littérature et philologie y figuré pour le chiffre le plus important : 206,489 ouvrages. Viennent ensuite: la section d’histoire et

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de géographie qui en compte 140,997 ; puis celle de sciences naturelles, 104,499; la médecine et la chirurgie, 100,709.

Le prêt au dehors existe aussi dans quelques établissements, mais il se pratique sur une très-petite échelle relativement à la lecture dans les bibliothèques mêmes. Ainsi,^ pour 1871, il a été prêté au dehors 9,240 ouvrages; en 1872, 11,068.

L’accroissement de ces divers dépôts littéraires , pendant les deux dernières années, a été de 25, 162 ouvrages, répartis ainsi: 11,290 pour 1871, 13,872 pour 1872. On ne peut que féliciter un Gouvernement qui met de tels moyens d’instruction à la portée du peuple, et l’on peut concevoir les meilleures espérances d’une nation qui profite aussi largement de ce genre de trésors.

Si je fais un retour sur nous-mêmes et si je compare le mouvement de la Bibliothèque royale de Bruxelles ^avec celui des bibliothèques gouvernementales d’Italie, je suis forcé de convenir que l’avantage n’est point de notre côté, et qu’il s’en faut de beaucoup que le public bruxellois profite au même degré des richesses que le Gouvernement belge met à sa disposition.

Statistique de t enseignement .

Pendant l’année académique 1872-1873, il y a eu, dans les dix-sept universités italiennes, 6,947 inscriptions divisées en 5,614 étudiants et 1,333 auditeurs. Les Facultés se les

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sont partagés ainsi qu’il suit : Jurisprudence, 2,135; Médecine et chirurgie, 1,938; Sciences naturelles, physiques et mathématiques, 1,228; Philosophie et lettres, 170; Théologie, 5. 11 faut tenir compte de cette circonstance, que l’enseignement élémentaire de la philosophie (la partie exigée dans les examens) se donne, comme en France, dans les lycées. Les cours spéciaux de notariat ont été fréquentés par 92 élèves ; ceux de pharmacie, par 839 ; ceux de petite chirurgie, par 34; les cours d’accouchements pour les sages-femmes, par 128; enfin, les cours de médecine vétérinaire, par 278. Il faut encore joindre à ces chiffres celui des auditeurs des cours spéciaux donnés à Camerino, à Fer- .rare,à Peruze et à Urbin, lequel s’élève à 306.

Les instituts des études supérieures existant à Florence, à Milan, à Turin, à Naples et à Pise réunissent encore un nombre d’auditeurs qui a atteint, en 1872-1873, le chiffre de 1,143; ce qui fait un total de 8,090 élèves ayant, pendant cet exercice, fréquenté les établissements d’enseignement supérieur./

La population des écoles secondaires se partage de la manière suivante :

Pour 79 lycées royaux . . 4,228 élèves, en moyenne 53.52 par établissem.

— .104 gymnases . . . 8,462

— 62 écoles techniques. 6,162

— 26 conmtti regii (1) . 2,208

(4) Internats royaux.

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Ces chiffres n’indiquent point une population bien dense ; on doit cependant remarquer que dans les établissements royaux, le gymnase et le lycée réunis forment ce qui, en France et en Belgique, constitue un seul et même établissement. Mais, même en réunissant la population des institutions des deux degrés, on n’obtient encore qu’un chiffre peu élevé. Cela doit tenir à la concurrence que font, aux collèges de l’État, les institutions communales et provinciale, ainsi que les institutions libres. Cependant la situation semble s’améliorer, puisque la population des établissements royaux s’accroît d’une manière très-sensible. Ainsi, pour les lycées, l’accroissement de 1873 a été de 640 élèves ; pour les gymnases, de 1,056 ; pour les écoles techniques, de 3,431. Il y a là une heureuse promesse pour l’avenir.

L’enseignement de la gymnastique s’organise aussi^ par toute l’Italie. En 1864, on ne comptait que 255 de ces écoles ; il y en a aujourd’hui 673.

Le budget qui pourvoit aux dépenses du Département de l’instruction publique italien s’élève, pour l’année 1873, au chiffre de 21,622,625 fr. 25 c., dont 1,610,596 fr. 25 c., de dépenses extraordinaires.

Si l’on veut comparer ces dépenses à celles de la Belgique, en extrayant du budget du Département de l’intérieur les chapitres correspondants aux services qui constituent, en Italie, le Ministère de l’instruction publique, on arrive à un résultat qui est tout à notre avantage, eu égard à la population des deux pays.

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Belgique.

Italie.

Enseignement supérieur.

— moyen

— industriel. .

— primaire .

Sciences et lettres .

Beaüx-arts .

Extraordinaire .

Je ne comprends dans ce relevé, ni pour la Belgique ni pour l’Italie, la dépense occasionnée par l’administration centrale : je ne compte absolument que des dépenses supportées par l’État pour les écoles même. La Belgique ne serait pas moins bien classée si l’on tenait compte des sacrifices des provinces et des communes, si l’on y ajoutait la grande part qui revient à l’usage de la liberté de l’enseignement dans les etforts accomplis en vue de la diffusion des lumières; à savoir : pour le degré supérieur, deux universités libres; pour le degré moyen, des collèges en aussi grand nombre que ceux qu’entretiennent le Gouvernement et les communes; pour l’instruction primaire , une foule d’écoles ecclésiastiques ou laïques, dont les frais atteignent, s’ils ne les dépassent pas, les dépenses à charge du budget.

L’Italie, cependant, a prouvé, par son exposition à Vienne, qu’elle marche résolument dans la voie du progrès. Ce qui s’est fait en vue de ce résultat, depuis dix ans, dans ce pays, est digne d’être remarqué.

Parmi les actes de l’autorité accomplis pendant la der-

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nière année scolaire, ceux-ci paraissent mériter d’être signalés : deux décrets royaux érigent en personnes civiles (corpo morale) deux institutions scientifiques : la Societa di lettre e conversaizoni scienti fiche di Genova et VAcademia Raffaello delle belle-arti di TJrbino ; une loi autorise une dépense extraordinaire pour l’établissement, à Rome, d’un laboratoire scientifique; un décret institue, dans la même ville, une école normale pour les femmes ; une autre loi abolit la Faculté de théologie dans les universités royales, conséquence de la situation nouvelle faite à l’État vis-à-vis de l’autorité spirituelle. Les Facultés de théologie existant dans quelques universités' royales ne comptaient qu’un nombre insignifiant d’élèves; elles n’auraient bientôt plus pu trouver de professeurs, à moins que le Gouvernement ne se passât de l’agrément de l’Église. Il a sagement agi en écartant cette pierre d’achoppement.

Le Ministre de l’instruction publique surveille, au moyen de ses fonctionnaires ou d’autres personnes déléguées par lui, les écoles et les institutions privées (loi du 13 novembre 1859, art. 5j d’instruction et d’éducation et, lorsque les directeurs des dites institutions refusent de se conformer aux lois, il peut ordonner la clôture de celles-ci, après avoir pris l’avis du Conseil supérieur.

Les articles 23 à 27 de la loi du 13 novembre 1859 avaient créé, auprès du Ministère de l’instruction publique, un office [consultatore legale). Cette fonction a été supprimée par la loi du 6 décembre 1866.

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Le gouvernement italien montre la louable intention d'élever l’enseignement, dans son pays récemment constitué, au niveau qu’ont atteint les nations les plus avancées; il vient d’en donner une nouvelle preuve en créant, à Rome, ün Musée scolaire où seront réunis tous les éléments de l’organisation de l’enseignement et de l’éducation chez tous les peuples, offrant ainsi aux administrations, aux professsurs et aux instituteurs, les modèles les plus perfectionnés, tant pour l’installation des écoles que pour la production des livres et autres instruments d’instruction. M. R. Bonghi, qui faisait partiedu Jury pour le groupe XXVP,a été chargé d’acquérir •à l’Exposition de Vienne tout ce qui est susceptible d’être classé utilement dans le nouveau musée projeté. Plusieurs des objets envoyés par des exposants belges ont été honorés de cette distinction.

L’exposition particulière du Ministère de l’instruction publique de l’Italie dans le groupe XXVP, ne comptait pas moins de 688 volumes ou opuscules. On ^comprendra facilement qu’il était impossible à la meilleure volonté de lire même les titres de toutes ces publications, surtout lorsque les membres du Jury en trouvaient autant et quelquefois plus encore dans les expositions de l’Allemagne, de l’Autriche, de la France, des États-Unis d’Amérique, d’Espagne, etc.

Le Jury a décerné à l’Italie, pour son exposition du XXVP groupe, auquel ont été joints quelques objets exposés dans les IP, XIP et XIV® divisions, deux diplômes d’honneur,

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huit médailles de progrès, vingt-sept médailles et quarantesix diplômes de mérite.

Les diplômes d’honneur ont été accordés :

P Au* Ministère de l’instruction publique, en raison de la grande impulsion imprimée par le Gouvernement italien <à l’organisation de l’enseignement dans toutes ses branches et spécialemet des écoles techniques ;

A M. Fiorelli, directeur général des fouilles qui se poursuivent avec tant d’activité et de succès à Pompéi.

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