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SCÈNE II

Les précédents, CHIMÈNE, en deuih

CHiMÉNE, s'inclinant devant le roi.

Seigneur, une année s'est presque écoulée depuis que mon père est mort, des mains d'un enfant que les tiennes ont élevé pour en faire un meurtrier. Don Rodrigue de Bivar, superbe, orgueilleux et téméraire, profane tes justes (ois et tu le pro«

▲ l'histoies du gio. 9i

téges. Tes yeux veillent sur lui, ton palais Taccueille^ les ailes de ta faveur le soutiennent. Sa liberté est un affront pour moi. Si les rois justes sont l'image de Dieu et le représentent sur la terre près des débiles humains, devrait-il être roi, roi craint et aimé, celui qui désarme la justice et encourage les méchantes actions? La justice est un arbre où Ton cherche mi refuge et qui ne souffre pas de malfaiteurs sous ses rameaux. Tu t'es trompé^ pardonne si je parle mal : on tolère un reproche violent dans la bouche d'une femme. Que dira, que dira le monde de toi, grand Ferdinand, si tu châties l'of* fensé, si tu récompenses l'offenseur ? Roi, roi juste, tu noQ$ vois tous les deux en ta présence, l'offenseur et l'offensée^ celle qui gémit et celui qui triomphe, l'un avec ses bannières et ses trophées, l'autre avec ses vêtements de deuil et ses tristesses; lui fier, moi timide; on me persécute, on l'honore; on m'afflige, on le comble de joie; il rit, je pleure...

LE C1D, à part.

Beaux yeox, que ne pouvez-voug pleurer mon sang!...

ctrTMËifE, à part.

Ah! Rodrigue! Ah! honneur! Mes regards, où allez -vous t

LE ROI

Cest assez, c'est assez, Chimène. Levez-vous, cessez de pleurer à ce point que vos larmes, vos plaintes attendriraient des cœurs de marbre. Il n'est pas impossible que plus tard votre douleur ne se change en plaisir, et si je garde Rodrigue, peut-être je le garde pour vous.

LE cm.

Mon honneur, mon courage, ma force, ma vie, tout est à toi, grand Ferdinand îsToujours la vigueiu* descend de la tête à la main ; tu es la tête/je suis la main.

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