‹ Documents relatifs à l'histoire du CidChapitre 67 sur 85 · PREMIÈRE JOURNÉE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE JOURNÉE

ELVÎRA, NUKO.

mJNOl.

Cette lettre de Rodrigo est pour ta maîtresse^ ElVira^...

BLTIIIA,

Donne^ Nuqo^ et songe qae le comte artite.

NtNO.

Cette fois^ c'en est fait de tnoi. Je Toudrais être à mille lieues d'ici! (L^ comte paratl,)

LE CÔMTB.

Que faites-vous là? Parlez.

• NUNO, à part.

Il est dans son droite il va me faire empaler*

Dis^ toi^ que veut cet homme?

C'est un domestique...

NUNO^ à part.

A-t-elle dit nSon nom?

ELVIRA

De Rodrigo de Vivar.

NUNO

Non^ Monsieur, je suis peintre, et je suis entré ici pourvoir des tableaux.

LE COMTE

Je ne vous ai jattiais connu peintre'.

WUNO.

J*ai appris cet état comme par enchantement. Il y a du mystère dans cette bizarrerie. C'est que mon maître veut envoyer en ma personne à Jimena un peintre pour faire son portrait.

LE COMTE

Vous direz à Rodrigo qu'il faut que je l'estime bien pour vous renvoyer sans vous punir.

NUNO

Le mot de renvoyer sent la liberté.

LE COMTE, le prenant au èollet.

Vous partez libre... mais ne revenez plus ici.

mmo.

La réprimande n'est pas forte... INe m'ordonnez-vous pas, en définitive, de m'en aller?

LE coMTE^ le lâchant.

Allez en paix.

NUNO

Je me tire de là sans plaie ni bosses. Voici la première fois que M. le comte s'en tient à une correction de sa blanche main. Je n'y reviendrai plus. (Il sort,)

LE COMTE

Que dis-tu de cette démarche? Quel charmant enfantillage!

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ELviRA^ à part.

Voici mon tour. Ah ! quelle idée ! Je saurai ainsi son dessein. Puisque Jimena m'a recommandé de le sonder avec adresse^ saisissons celte occasion. {Havt,) Parmi les prétendants qui recherchent aujourd'hui l'amour de Jimena avec l'ardeur d'amoureux constants, Rodrigo et don Sancho sont ceux qui ont fait le plus d'efforts, et qui ont sollicité ses faveurs avec le plus de persévérance. Ce n'est pas que Jimena ait montré à l'un ni à l'autre un visage riant; elle est maîtresse de son cœur, et ne reconnaît point de maître. Elle est si réservée, si prudente, que, sans les encourager, elle ne leur ravit pas l'espérance, vivant, du reste, indifférente. Ne craignez donc de sa part aucun caprice ; ce n'est que de votre mala qu'elle recevra son époux.

L£ COMTE

Elle ne fait rien de trop en montrant son dédain^ Elvira.

ELVIRA

On voit bien qu'elle tient de vous. Les deux prétendants paraissent des sujets d'élite.

LE COMTE

Et d'autant plus précieux qu'ils sont d'un sang ancien et élevé, Rodrigo surtout : toutes ses manières, toutes ses actions, annoncent un jeune homme de prodigieuses espéran-* ces. Ce qui ne saurait étonner, appartenant à une maison dont la caste belliqueuse lui réserve les lauriers que son père a remportés à force de guerroyer; souvent je l'ai vu entrer dans la lice> et jamais je ne l'ai vu en sortir vaincu. Aussi, je saurai ce qu'elle pense : de tous deux je préférerais Rodrigo. Je dois voir aujourd'hui don Diego Lainez pour... Mais il Tant mieux ne pas dire ceci... Sonde le dessein de Jimena avec adresse, sans pourtant lui faûre part du mien; je viendrai te parler à mon retour du palais; car le roi doit nommer aujourd'hui un gouverneur qui sache diriger le prince, ou, pour mieux dire, il va me recompenser par un poste si

éminent. Mes espérances s^appuient sur ce que mon mérite fait tous les Jours pour son service. (// sort,)

ELVIRA

Quelles nouvelles j'apporte à ces amants fortuné^! et comme le sorties favorise en tout! iJimena parqU.)

JIMENA.

Eh bien^ Ëlvira^ quelle joie se peint sur ton visage? On dirait que tes yeux respirent l'allégresse. Pais*je attendre quelque bonheur de ton entretien avec mon père? J'ai bieû écouté un moment ^ mais presque tout m'a éebappé. Que penses-tu de son choix? Parle, que t'a-tril dit?

Il m'a dit qu'il aimait Rodrigo autant que vous pouviez Taimer; et, quoiqu'il m'ait recdriimandé de sonder votre CGdur sans trahir mon dessein, je tiens à vous d'abord.

JIMENA,

Que dis-tu, mon Elyira? Puis-je ajouter foi à cela^ ou esKe une illusion de mon désir?

ELVIRA

11 va encore plus loin ; il approuve votre amour, et doit, . dit-il, voir aujourd'hui le père de ftodrigo. C'est sans doute pour lui parler de cette alliance, car les Lainei et les Vivar ne s*aUient pa3 mal au sang et à l'état des Gormaz.

JIMENA.

Pourtant mon âme indécise craint de se perdra dans ea profond abîme de gloire et de félicité, oaTj en un jour, cin un moment, la destinée change d'aspect, et lf»s calamités aaivent souvent de près le bonheur«

BtViRA.

Bieintôt vous verrée U inér calmé, lé veiit sans force et le ciel sans nuages.

JIMENA.

Allons, attendons ce que nous réserve notre étoile; on

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éprouvé dëlix toJs le chagrin en le prévoyant d'avance,.. Mais c'est bieil Rodrigo qui vient.

ËLVIRA.

11 va vous émpôchef d'aller voir l'irifanté. Je comprends, j'y vais. [Elle sort. — Rodrigo entre,)

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