‹ Documents relatifs à la méthode éclectique employée contre la dysenterieChapitre 9 sur 11 · MARTINIQUE · texte numérisé non relu

MARTINIQUE

Nous avons employé avec succès, dans deux cas, les pilules composées d’ipéca, de calomélas et d’opium , recommandées par M. l’Inspecteur général du service de santé. La maladie, cornbattue d’abord par les antiphlogistiques , s’est terminée promptement sous l’influence de cette médication , et nous pensons que ce moyen convient beaucoup dans la dysenterie , surtout quand l’inflammation a été en grande partie détruite, et

qu’il ne reste plus qu’une diarrhée.

À Saint-Pierre , Martinique, novembre 1 835.

Signé y

Bernard, prévôt de l’hôpital.

Mouraille, chirurgien de première classe.

Cattel , médecin en chef.

— Une diète sévère, des applications de sangsues à l’épigastre , sur l’abdomen , à l’anus, sur la région de la vessie , selon les indications, en un

mot, partout où il y a douleur ; les bains , les demi-bains chauds et prolongés le plus possible ; les cataplasmes, les fomentations et les demilavements émollients; des boissons adoucissantes et mucilagineuses sucrées, prises en très petites quantités à la lois; tels sont les principaux moyens à Taide desquels , quand le malade est docile , on parvient à dissiper l’inflammation ; c est alors que les pilules composées d’ipéca, de calomel et d’opium terminent très bien la maladie ; mais il faut nécessairement détruire la phlegmasie intestinale par les antiphlogistiques avant d’administrer ce médicament composé , autrement on aggraverait le mai.

Pointe à Pitre , 2 novembre 1 835 .

Les memes .

Guadeloupe.

Nous avons commencé à expérimenter la méthode curative de M. le docteur Segond , selon les intentions de M» le Ministre de la Marine, Nous avons eu un trop petit nombre de malades soumis à ce traitement, pour donner les résultats obtenus. Cette médication, nous devons le dire , a beaucoup amoindri , dans les cas chroniques surtout , la gravité du mal.

Pointe à Pitre, isr novembre 1 835.

Signé ,

Brette , prévôt de l’hôpital.

Perra, chirurgien en chef.

Vanault, médecin en chef.

D'après la méthode anglaise , signalée par M. le docteur Ségond y et recommandée médecins des Antilles par M. l'Inspecteur général du service de santé , nous avons fait un fréquent usage de l’ipéca uni au calomel et à l’opium. Bien que nous n’en ayons point retiré des avantages constants, nous pouvons cependant attester que ce moyen est un puissant modificateur de la totalité intestinale, et qu’il doit être essayé dans la plupart des dysenteries chroniques.

Mais il exige de l'attention et de la réserve, car il détermine souvent des accidents, tels qu’une salivation abondante et rebelle, de violentes coliques, de vives douleurs à l’estomac^ des vomissements , des spasmes, etc. , tous symptômes qu’il est quelquefois difficile de réprimer, et qu’on doit prévenir autant que possible.

Basse-ïene , Ier janvier i836.

Signé y

(ton et, chirurgien en chef.

Corn ue l , médecin en chef.

Hôpital dé la Trinité.

Le nommé Sicard (J. P. ) } dit Piaroche, entré h ! hôpital le i ô décembre \ 8 3 5 ; pour cause de dysenterie (il y avait déjà huit jours qu'il en était atteint lors de son entrée ) , éprouvait les sym-

ptômeslès plus graves de celle dcitlgëVèuse maladie. Comme le sujet était vigoureux, et arrivait de France depuis quinze jours au plus, qu’il était d’un tempérament éminemment sanguin , je lui fis une saignée du bras et l’application de vingt sangsues an siège , ce qui fit tomber la fièvre et calma les coliques atroces qu’il éprouvait depuis plusieurs jours. Le lendemain, je lui fis prendre la première dose du remède de M. le docteur Ségond, suivant sa méthode, ce qui sembla , les trois premiers jours de son administration , diminuer la fréquence des selles ; le quatrième jour, il eut un fort accès de fièvre, les selles changèrent de caractère , le ventre devint météorisë et très douloureux , la langue sèche, aride et recouverte d’un enduit brunâtre , la voix devint faible, le pouls vif et petit, les yeux ternes et chassieux, délire constant. D’après tous ces accidents, je cessai l’administration de ce remède, pour revenir aux dérivatifs rubéfiants et aux amères ; cette dernière médication eut un résultat fâcheux , tous les accidents adynamiques et ataxiques augmentèrent d’intensité , et le malade est mort dans le dernier état de l’adynamie, huit jours après son entrée à l’hôpital, et le seizième de l’invasion de sa maladie.

L’autopsie a présenté : le péritoine un peu phlogosé , surtout vers la partie inférieure de l’abdomen , l’estomac un peu enflammé vers son ouverture pylotique, le foié de couleur lie de vin,

ses vaisseaux gorgés d’un sang très noir et très épais, ïa vésicule du fiel pleine d’une bile d’un vert très foncé et visqueuse^ et remplie de granu« latioris; le pancréas dans l’état normal, ainsi que la rate; le duodénum très phlogosé, et toute la muqueuse imprégnée d’une bile d’une couleur très foncée, et huit vers lombrics dans son étendue; le colon aussi phlogosé , surtout vers sa portion ascendante; les autres portions du tube intestinal presque dans l’état normal , hors le rectum, qui était aussi très enflammé, et présentait plusieurs ulcérations près son extrémité anale. La tête et la poitrine n’ont rien offert de particulier.

D’après la note de M. l’Inspecteur général de notre service, deux, hommes atteints d’une dysenterie aiguë , et deux de dysenterie chronique, ont été traités d’après la méthode de jM. le docteur Ségond. Ce mode de traitement a réussi sur trois de ces individus ; on vient de lire l’histoire et l’autopsie de celui qui a succombé (1).

Trinité ? ier janvier i836.

j Signé ,

IL , chirurgien.

N., médecin.

(i) Je ne pense pas qu'on doive conside'rer cette observation comme se rattachant uniquement à la colite; à moins qu’on ne veuille

Deux dysenteries chroniques ont cédé à remploi du remède du docteur Ségond, employé selon sa méthode.

A la Trinité , Ier mars.

Signé j

D. , chirurgien* N., médecin.

regarderies nombreuses complications anatomiques qui se rencontrent ici comme *e résultat du traitement par l’ipéca et le calomel , ce qui serait on ne peut plus injuste à côté des cas nombreux qui se sont heureusement terminés sous l’influence de cette médication.

En raccourci, cet homme avait huit jours de maladie, peut-être plus, car il a présenté des ulcérations au rectum. Cette circonstance (des huit jours) devait contre indiquer la saignée, j’en ai plus haut donné la raison. IL fallait donc ici couvrir le trajet du colon de sangsues , eu mettre de soixante à cent en fer à cheval sur l’abdomen ; puis le& taire couler incessamment au siège jusqu’à la chute de l’inflammation. Plutôt aussi, il fallait recourir aux dérivatifs rubéfiants. Alors., peut-être , nos pilules eussent jugulé la lésion fonctionnelle. — Dans tous les cas, le traitement que je m'efforce de faire prévaloir n’a pas la vertu de guérir, sans coup férir , une grave dysenterie déjà vieille et compliquée de gastro-duodéno-hépalite, voire même de péritonite ; circonstance qui se rencontre ici. — Je ne veux pas blâmer Fauteur de celte observation , seulement je veux faire ressortir que tout essai de cette nature ne saurait être qu’infructueux pour le malade comme il l’est pour saper et détruire le mode de traitement dont il s’agit.

Dans tous les cas , et encore une fois guérissez, par l’emploi absolu de la méthode antiphlogistique tant que vous le pouvez , seulement ^ quand celle-ci se montre insuffisante, vouez vous à d’autrès moyens, sortez de votre sommeil, par trop physiologique. . .

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