NOMENCLATURE
DES MALADIES TRAITEES A l’hOPITAL
DE DÉMÉRARY ,
pendant Tannée 1 833.
Fièvre intermittente , 1 155 , (morts , a), Fièvre rémittente , y5 , (morts, 5). Fièvre continue, 3o3 , (morts , 9). Phlegmon et abcès , 44 (mort , j). Angine (cjnauche) , 9. Pneumonie, 6. Gastrite, 9, (mort, 1). Entérite , 4. Hépatite aiguë, 7. Hépatite chronique, 2. Splénite, 3. Otite, 5. Rhumatisme aigu , 35. Rhumatisme chronique , 10. Erysipèle, 1» Epistaxis, 1. Hémoplisie , 3. Phthisie pulmonaire, 20 (morts, 8 ). HémoLT hoïdes, 3. Catarrhe aigu , 83. Catarrhe chronique, 10 . Dysenterie aiguë , 382 (morts, 2). Dysenterie chronique , 20 (morts 2). Àpopléxie, 1 . Paralysie^ 1), 5 (mort 1). Dyspepsie, 3. Epilepsie^. Asthme, 2 (mort 1). Coliques , 82 (2). Diarrhée , 11. Manie, 2. Delirium tremens , 97
morts, 3). Atrophie , 1. Anasarque , 4- Hydrocèle, 2. Vers, 1. Luxation spontanée du fémur , 1. Cachéxye syphilitique , i. Erythéma,3. Ictère, 2. Gonorrhée , 2. Hernie humorale ( chaude-pisse
(j) Suite de colique végétale , maladie peu connue, et sur laquelle ie vais incessamment faire paraître une monographie.
(2) La plupart appartenant à la colique végétale.
tombée dans les bourses), 1 1, Hernie, 2. lorticolis , 8. Anévrisme , 1 (mort , 1). Dysurie , 2 . Asphyxie, 1. Cephalagie, 1. Maladie simulée, 1. Fistule à l’anus , 3. Luxation , 2. Entorse 10. Plaie contuse , 22. Plaie tranchante, 19. Contusion , 36. Brûlure , 2. Ulcères, 365. Fracture, 9. Amputation , 1 . Convulsion , i3. Punis, 2.5. Maladies d’yeux , 4o-
Totaux 3,ooo (morts , 36).
Deux choses sont remarquables dans ce tableau de staslique médicale : i° un nombre tel de malades , comparé à l’effectif des troupes qu’il représente trois affections par individus; 20 une mortalité si minime , qn’on ne peut se défendre de la supposer fausse et de beaucoup inférieure à la perte réelle. Cependant, je dois dire qu’on me remit à l'instant même de ma visite à Fhôpital ( qui eut lieu le lendemain de mon arrivée) , ce tableau qui se trouvait déposé aux archives, ce qui , malgré le merveilleux apparent de la chose, me porte à la croire vraie et incontestable.
On remarque que , sur 3ooo malades, les affections fébriles figurent dans la proportion de 5i , 88,100 sur 100 , c est- à-dire , pour un peu plus de la moitié.
Ce qui me confirmerai t encore dans l’opinion que le chiffre de ce tableau n’est point controuvé, e est que la mortalité est parfaitement analogue à la connaissance acquise des maladies des An-
glais, soit comme conséquence de leur climat natal , soit des mœurs qui lescaraetérisent. Ainsi, nous voyons figurer 20 cas de phthisie pulmonaire ; 97 cas de délirium trémens. Les ulcères sont aussi très nombreux et semblent se lier à leur tempérament lymphatique. Les contusions , les plaies contuses et les fractures , représentent un nombre élevé , beaucoup plus que celui des plaies tranchantes , circonstance qui se rapporte naturellement à la fréquence de l’ivresse, chez un peuple qui l’a convertie en habitude ; à l’usage de boxer, et peut-être aussi d’appliquer la schlague aux soldats.
Mais quel étonnement n’éprouve-t-on pas à voir la mortalité de la dysenterie figurer, en y comprenant la chronique et l’aiguë , dans la proportion de ^ sur 100 !
La dysenterie sous l’équateur, sévissant sur des hommes qui font là , comme dans leur pays , un énorme abus de viandes et de liqueurs alcooliques, ne pas moissonner plus largement ! Comment la moitié de la troupe est , dans une année atteinte de cette grave maladie , et la mortalité n’est pas plus grande ! Avis à nos confrères des Antilles et du Sénégal; pour moi, j’ai déjà fait Fessai de la méthode anglaise mitigée avec celle des antiphlogistiques , et je m’en trouve bien ; se pourrait-il qu’en abandonnant entièrement les sangsues pour le calomel et l’ipéca, la
perte fut encore diminuée (1)? On se rappellera sans doute que , dans mon dernier rapport , je fis part de toute l’insuffisance de la méthode antiphlogistique en présence de la dyssenlerie bilieuse , je l'avais donc remarqué avant que les Anglais m aient, à propos de celte maladie, parlé d obstruction du foie , de saturation bilieuse de toute 1 économie. Je ne doute pas que les documents que je fournis ici , ne deviennent l’occasion de profondes réflexions sur la léthalité de la dysenterie dans nos colonies , et que les médecins de ces pays , ne tirent le parti le plus avantageux d une circonstance dont je n’aurai été que l’historien.
EXTRAIT
DU COMPTE RF.NDL DE LA CLINIQUE DF. t/ HOPITAL