V. Filonardi
ERITREA.
// Gavemo deU'Eritrea al Ministero degli affari esleri.
Massaua, il Febbraio 1896.
Ho il pregio di rassegnare alFEccellenza Yostra copia dei rapport! statimi rimessi dal Sig. AmmiraglioComandante qucsta Divisione Navale, in merito alla cattura d'un sarobuco di schiavisti/operata dalla R. Nave « Scilla» nei pressi di Eidd il giorno 30 Gennaio u. s.
Corne r Eccellenza Vostra ri lèvera, furono liberati ben 23 schiavetti, fra i quali 9 maschi e 14 feinmine, e furono catturati 7 delPequipaggio, due dei quali, un uomo ed una donna arabi, sembra siano i veri commercianti degli schiavi, mentre un sudanese sembra il Nacuda, e la restante parte dell'equipaggio riusci a sfuggire.
Gli schiavetti, a quanto mi si assicura, sono parte Wollo Galla e parte Galla Arussi, e la maggior parte ragazzetti. Essi furono consegnati al Padre Michèle da Carbonara, il quale, già da tempo, si era raccomandato a questo Governo perché fossero confidati aile sue cure gli schiavetti liberati, avendo un fondo, cbe credo di L. 30.000, statogli consegnato a taie scopo.
Essi saranno certamente trattati con ogni riguardo, e quando si renda possibile, si cercherà di facilitare, specie ai più grandicelli che lo desiderino, il ritorno fra i loro parenti.
Il sambuco fu dato in consegna a questa Capitaneria di porto, a disposizione delPAutorità Giudiziaria, la quale sta istruendo il processo, tenendo présente la convenzione di Bruxelles.
A suo tempo sarà mia cura di fornire airEccellenza Vostra più minuti particolari e comunicarle l'esito délia istruttoria ora pendente.
// Vice Goveniatare, Lambkrti.
ERYTHREE.
Le Gouvernetnenl de l'Erythrée au Ministère des Affaires étrangères,
Hassaouah, le 11 février 189G.
J*ai rhonneur de transmettre à Votre Excellence copie des rapports que j*ai reçus de M. TAmiral commandant cette division navale sur la capture d'une sambouque esclavagiste opérée le 30 janvier dernier, dans les parages d'Eidd, par le navire royal « Scilla ».
Ainsi que Votre Excellence le remarquera, vingt-trois jeunes esclaves, dont neuf garçons et quatorze filles» ont été libérés et sept personnes de l'équipage arrêtées. Deux de ces dernières, un homme et une femme arabes, semblent être les vrais trafiquants d'esclaves, et une autre, d'origine soudanaise, serait le nakoda. Tout le reste de l'équipage a réussi à s'échapper.
Les jeunes esclaves sont, à ce qu'on m'assure, les uns des Galla Wollo, les autres des Galla Arussi ; ils sont pour la plupart encore enfants. Je les ai fait remettre au père Michel da Carbonara, qui déjà auparavant avait demandé à ce Gouvernement de lui confier les jeunes esclaves libérés, pour lesquels il disposait d'un fonds spécial, de 30,000 lires je crois. Ces enfants seront certainement l'objet des plus grands soins, et, si la chose est possible, on cherchera à leur faciliter, particulièrement aux plus grands d'entre eux qui en exprimeront le désir, les moyens de retourner chez leurs parents.
La sambouque a été consignée à la capitainerie de ce port, à la disposition de l'autorité judiciaire, qui instruit en ce moment le procès, conformément à la convention de Bruxelles.
Lorsque le moment sera venu, je m'empresserai de fournir à Votre Excellence des détails plus circonstanciés sur cet objet, et je lui ferai connaître également le résultat de l'instruction qui se poui*suit actuellement.
Le Vice-Gouvemeur, Lambkrti.
Annesso 1.
Il Comandante delta R, Nave Idrografica « ScUla » (U Comando délia Divisione Navale del Mar Rosso,
Massaua, 6 Febbraio 1896.
Trovandomi alFancoraggio ad Eidd per adempiere la missione di cui fui incaricato dalla S. V. la mattina del 30 Gennaio u. s. essendo in vista un sambuco fu ordinato al S. Tenente di Vascello Sig. Casano di recarsi ad esercitarvi il diritto di vista.
Questo diritto fu esercitato seconde le regole prescritte dalle conferenze di Bruxelles, ed il sambuc fu trovato carico di schiavi.
Dei particolari di questa perquisizionc parla particolareggiamente il S. Tenente di Vascello Casano nel suo rapporto a me direlto e di cui accludo copia.
Rimorchiato questo sambuc, perquisito a bordo ed accertatomi cbe realmente esercitava la traita degli schiavi, ne ordinal il séquestre. Ed in proposito accludo pure i verbali che in tali casi si debbono redigere, noncbè cinque carte délie quali quattroscritteinarabo ed una in busta chiusa, più un quinternetto con quattro documenti acclusi.
Non appena il sambuc fu solto al bordo, ordinal che Tequipaggio fosse posto ai ferri e trattato colla razione dei detenuti ; gli schiavi in parte rimasero nel sambuc e V altra parte venne a bordo.
Il giorno appresso tutti quanti gli schiavi si fecero venire a bordo sistemandoli nel miglior modo possibile, e ne avevano bisogno, perché erano in uno stato da far pietà.
Non è stato possibile accertare se il Nacuda trovisi fra i sette delFequipaggio qui detenuti o fra quelli che fuggirono poco prima del momento délia perquisizione.
Pare che uno di quelli che trovavansi a bordo che délia fisionomia riconoscesi bene per un sudanese, possa essere il Nacuda. Perù ripeto difficilissimo ci è stato appurare qualsiasi cosa e neppure da dove il sambuc provenisse.
Da qualche vago discorso potrebbesi rite-
Annexe 1.
Le Commandant du navire royal « ScUla », du service hydrographique, au Commandant de la division navale de la mer Rouge.
Massaouah, le 6 février 1896.
Dans la matinée du 30 janvier dernier, pendant que je me trouvais au mouillage à Eidd à Teffet d'y remplir la mission dont vous avez bien voulu me charger, une sambouque se présenta à ma vue. Ordre fut donné au sous-lieutenant de vaisseau Casano de la rejoindre, afin d*y exercer le droit de visite.
Cette formalité eut lieu selon les régies édictées par la Conférence de Bruxelles. La sambouque fut trouvée chargée d'esclaves.
Les détails de cette perquisition sont exposés longuement dans le rapport que m'a adressé à cette occasion le sous-lieutenant de vaisseau Casano, et dont je transmets copie.
Je lis remorquer la sambouque et, après une perquisition à bord au cours de laquelle je m'assurai qu'elle se livrait réellement à la traite des esclaves, j'en ordonnai le séquestre. Ci-joint vous trouverez le procès-verbal dressé par moi suivant l'usage en pareil cas, ainsi que cinq lettres dont quatre écrites en arabe et l'autre sous enveloppe fermée, plus un carnet contenant quatre documents.
Dès que la sambouque fut arrivée à l'accostage, je donnai ordre de mettre l'équipage aux fers et de lui appliquer le régime des détenus. Quant aux esclaves, les uns restèrent sur la sambouque, les autres montèrent à bord du <c Scilla ».
Le lendemain, je fis venir tous les esclaves à bord et je les fis restaurer de mon mieux : ils en avaient bien besoin, car ils étaient dans un état à faire pitié.
11 n'a pas été possible de savoir si le Nakoda était parmi les sept hommes de l'équipage détenus ici ou parmi ceux qui s'échappèrent peu avant le moment de la perquisition.
Au nombre des gens du bord se trouvait un individu dont la physionomie trahissait l'origine soudanaise et qui pourrait bien être le Nakoda. Mais, je le répète, il nous a été impossible d'obtenir le moindre éclaircissement sur ce point et nous n'avons pas même pu savoir d'où venait la sambouque. Quelques
nere che provenisse da Ras Dumeirah sulla spiaggia di Raheita poco al sud di Assab.
Ollre Tequipaggio e gli schiavi trovavansî a bordo due arabi, un uomo ed una donna, che ai dichîararono passeggieri; questi non furono messi ai ferri, ma perô sotto la più stretta sorveglianza.
A quanto sembra queste due ultime persone sarebbero i verî mercanti incaricati di irasportare gli schiavi sulla costa d'Arabia ove avrebbero trovato chi gli riceverebbe.
Tanto pregiomi riferire alla S. V., restando in attesa di sapere dove dovranno essere trasportati i detenutie schiavi ed a chi consegnare ii sambuc e gli oggetti inventariati.
// Capitano di Corvetta, Omandante,
{F^) Margacci.
Annesso 2.
// Sotto Teneiite di vascello Casatio al sig. Comandante délia R. Nave Idrografica « ScUla ».
Rada di Eidd, 30 Gennaio 1896.
Questa mane, avvistato dalla vedetta un sambuc, mi fu ordinato dal Tenente Vascello Sig. Ferretli, incaricato délia sorveglianza délia costa, a visitare il sambuc scoperto, per accertare se taie nave fosse sospetta ed avesse carico di armi e munizioni.
infalti messomi nella barca a vapore, por* tando con me due interpreti e quattro uomini armati di soii revolvers ed una carabina, diressi sulla vêla che scorgevasi sull' orizzonte.
Dopo poco, vidi in vicinanza délia costa, a un miglio da Haycock Hill, ammainare la vêla al sambuc e feci fare rotta esatta sulla direzione délia nave.
in vicinanza del sainbuc, quasi ad un chiiometro, mi acceptai che non aveva inalberato
propos assez vagues surpris de temps à autre pourraient faire croire qu'elle venait de Ras Dumeirah, sur la côte de Raheita, un peu au sud d'Assab.
Outre l'équipage et les esclaves, il y avait à bord deux Arabes, un homme et une femme, qui déclarèrent être des passagers : ils n'ont pas été mis aux fers, mais je les ai fait surveiller étroitement. A ce qu'il paraît, ces deux personnes seraient les vrais trafiquants chaînés de transporter les esclaves sur la côte d'Arabie, où ils devaient les remettre en des mains connues.
Tels sont les renseignements que j'ai l'honneur de porter à votre connaissance; j'attendrai vos ordres quant au point de savoir où il conviendra de transporter les détenus et les esclaves et à qui j'aurai à confier la sambouque et les objets relevés dans l'inventaire qui a été fait de son contenu.
Le Capitaine de corvette.
Commandant, (s.) Margacci.
Annexe 2.
Le Sous ' Lieutenant de vaisseau Casano à M. le Commandant du navire royal <c Scilla », du service hydrographique.
Rade de Eidd, le 30 janvier 1896.
Ce matin, la vigie ayant signalé la présence d'une sambouque, je reçus ordre du lieutenant de vaisseau M. Ferretti, chargé de la surveillance de la côte, d'aller visiter ce bâtiment afin de m'assurer s'il n'était pas suspect et n'avait pas à bord des armes et munitions.
Je partis aussitôt dans la barque à vapeur, accompagné de deux interprètes et de quatre hommes armés seulement de revolvers et d'une carabine, et me dirigeai vers le voilier qui se profilait sur l'horizon.
Peu après, alors que la sambouque était dans le voisinage de la côte, à 1 mille de Haycock Hill, je la vis amener sa voile et j'ordonnai de faire route en droite ligne sur elle.
Arrivé à proximité de la sambouque, à une distance d'environ 1 kilomètre, je constatai
alcuna bandiera, feci alloraalzare la mia bandiera, appoggiandola con uncolpodi carabina tirato in aria. Visio che non decidevasi ad alzarc bandiera ed anzi al rumore del colpo salpava Tancora e muovevasi coi renii, preparandosi a meltere alla vcla, e che il suo zatlerino si avvicinava al bordo per scostare subito, dirigendo sulla costa, sbarcando moite persone, tirai un colpo a colpirc poco discosto dal sambuco, pcr obbligarlo a fermarsi ed alzare bandiera, giusta l'art. 27 délie istruzioni per la repressione délia tratia degli schiavi. Nello stesso tempo vedendo la gente dello zatterino sbarcare a terra e correre sulle colline, tirai anche contro loro un colpo per intimorirli, ma essi seguitarono a fuggire e si radunarono tutti su di un punto più alto, forse per scorgere meglio la mia operazione. Allora senza altro visto tali manovre, accostai al sambuc e profittando dei due intcrpreti che nvevo con me, intimai di alzare bandiera, che venue subito alzsita (bandiera egiziana).
Procedei ad una visita sommaria del bastimento e verificato che non aveva nome, numéro di tonnoUagio, carte che dimostrassero provenienza, ruolo dell'equipaggio e dei passeggieri, e visitato sotto una coperta fittizia e trovato degli schiavi, ordinal al padrone della barca a vapore di prendere a rimorchio il sambuc.
Al principio volevano far resistenza ; allora col revolver alla mano obbligai ad obbedirmi, ordinando che parte dell'equipaggio sbarcasse nella barca a vapore.
Domandato poi cosa fosse andata a fare la gente scappata a terra, mi fu risposto che il padrone era sbarcato con alcuni uomini deir equipaggio ed alcuni schiavi per prendere dell'acqua.
Considerando la mia presenza necessaria a bordo e non potendomi allontanare dai miei uomini lasciandoli soli, provvedei di far fuoco su quel punto bianco che scorgevasi sulla collina più alta ove si erano rifiiggiti i fuggiaschi. Infatti caricai la carabina che avevo con me e feci fuoco, vidi un uomo cadere, forse ferito, e gli altri scappare, tirai altri coipi e dopo poco non vidi più nessuno.
qu'elle ne portait pas de pavillon. Je fis immédiatement arborer le nôtre, en appuyant cette manœuvre d'un coup de carabine tiré en l'air. Comme elle ne se décidait pas à hisser son pavillon et qu'au bruit du coup de feu, levant l'ancre et se mouvant à force de rames, elle se disposait à mettre à la voile; comme, d'autre part, son canot, après avoir rangé son bord, s'en éloignait rapidement dans la direction de la côte où il débarqua un grand nombre de personnes, je tirai un nouveau coup de feu, cette fois sur la sambouque et à peu de distance, afin de l'obliger à s'arrêter et à hisser son pavillon, conformément à l'article 37 des instructions relatives à la répression de la traite des esclaves. Au même moment, je vis les hommes montés sur le canot mettre pied à terre et s'enfuir vers les collines; pour les intimider je tirai un troisième coup de feu, mais ils n'en poursuivirent pas moins leur course pour se réunir peu après sur le point le plus élevé, sans doute afin de mieux observer mes mouvements. Devant cette attitude, je me décidai à aborder la sambouque et lui enjoignis, par l'entremise des deux interprètes que j'avais avec moi, d'arborer son pavillon. Celui-ci fut aussitôt hissé. C'était le pavillon égyptien.
Je procédai à une visite sommaire du bâtiment et m'assurai qu'il ne portait ni nom, ni indication de tonnage, ni acte de nationalité, ni rôle d'équipage, ni liste des passagers; en outre, je découvris sous un faux pont plusieurs esclaves. Je donnai en conséquence l'ordre au patron de la barque à vapeur de prendre la sambouque à la remorque.
Tout d'abord l'équipage voulut résister, mais je l'obligeai, revolver au poing, à m'obéir, et je fis monter une partie des hommes sur la barque.
Comme je leur demandais ce qu'étaient allés faire les gens descendus à terre, il me fut répondu que le patron avait quitté la sambouque avec quelques hommes d'équipage et des esclaves pour prendre de l'eau.
Considérant ma présence comme nécessaire à bord et ne pouvant laisser mes hommes seuls, je me décidai à tirer dans la direction du point blanc qui s'offrait à notre vue sur la colline la plus élevée où les fugitifs s'étaient réunis. Je chargeai la carabine dont j'étais armé et fis feu : je vis un homme tomber, frappé sans doute d'une balle, et les autres s'enfuir. Je tirai encore quelques coups, et je ne vis bientôt plus personne.
Non potendo piîi nuocere in nessun altro modo ai fuggiaschi^ rimorchiai il sambuc a bordo.
Durante il viaggio» passai una visita più accurata al sambuc e trovai in un cofanetto di manifattura araba dieci talleri, in un cassetto altri due talleri, in un pezzo di futa délie monetine di argento ed alcune di rame, sotto il banco di poppa un fucile Remington e contai sotto coperta 33 schiavi tra ragazzi e ragazze.
Di quanto ho accennato pregiomi informare la S. V.
// Sotto Tenente di Vascello, Casano.
N'ayant plus d'autre moyen d'atteindre les fugitifs, je pris la sambouque à la remorque.
Pendant la traversée, je me livrai à une perquisition plus minutieuse à bord du bâtiment capturé et je trouvai dans un coffret de fabrication arabe dix thalers, dans une cassette deux thalers, dans un morceau de tissu quelques menues monnaies d'argent et autres de cuivre, sous le banc de poupe un fusil Remington et, sous un faux pont, 23 esclaves garçons et filles.
Tels sont les faits que j'ai l'honneur de porter à votre connaissance.
Le sous-lieutmatU de vaisseau, Casano.
// Comando délia Divisione Navale del Mar Rosso al Ministro délia Marina.
Mi onoro informare V. E. che la Regia Nave ce Aretusa » il giorno 17 corrente è tornata in questo porto dalla Crociera nel Canale Sud di Massaua, ove ha proceduto alla catlura del Sambuco « Edaruji » per realo di schiavismo a carico dcU'equipaggio dello stesso.
I relativi verbali di contravvenzione furono rimessi al Governo délia Colonia, il quale non avendo Irovato gli estremi prescritti dalla legge, non ha provveduto a carico delFequipaggio per taie reato, pero ha mantenuto il sequestro del sambuco in base alF art. XV del regolamento per la navigazione degli indigeni lungo la Costa délia Colonia.
Il contrammiraglîo comandante la divisione, (F^) C. TuHi.
Le Commandant de la division navale de la mer Rouge au Minisire de la Manne.
J'ai l'honneur d'informer Votre Excellence que, le 17 du courant, le navire royal V « Aretusa » est rentré ici de sa croisière dans le canal sud de Massaua, où il a capturé la sambouque ce Edaruji » pour fait de traite mis à charge de l'équipage de ce bâtiment.
Le procès-verbal constatant l'infraction a été remis au gouvernement de la colonie, lequel, n'ayant pas trouvé les éléments constitutifs du délit tels qu'ils sont définis par la loi, n'a point poursuivi à charge de l'équipage de ce chef, mais a néanmoins maintenu le séquestre de la sambouque, en se fondant sur l'article XV du règlement concernant la navigation des indigènes le long du littoral de la Colonie.
Le Contre- Amiral commandant la division,
{8.) C. TURI.