‹ Documents relatifs à la répression de la traite des esclavesChapitre 93 sur 227 · PROTECTORAT DE L*AFRIQDE ORIENTALE · texte numérisé non relu

PROTECTORAT DE L*AFRIQDE ORIENTALE

Rapport de M, Ainsworth sur les progrès réalisés dans la province d'Oakamba, depuis l'époque où le Protectorat a été placé sous Tadministration du « Foreign Office », c'est-à-dire du l-rJuiUet 1895 Jusqu'à février 1905.

Esclavage»

(Extrait.)

La principale raison pour laquelle la Grande-Bretagne s'est intéressée à TAfrique orientale a été le désir de mettre un terme à la traite des esclaves. Nous nous sommes bornés d'abord à surveiller la côte à l'aide de chaloupes canonnières et de croiseurs et à arrêter les dhows des négriers. Mais ces mesures, suflBsantes pour empêcher l'exportation des esclaves, étaient incapables d'empêcher la traite à l'intérieur.

La seule manière d'enrayer le mal étai d'en tarir la source. Ce résultat fut obtenu lorsque la (k)mpagnie à charte inaugura son œuvre de pénétration. Les centres d'approvisionnement de la traite étaient nombreux et la province de l'Oukamba était du nombre ; en outre, les routes venant du Kavirondo et de l'Ouganda ou y aboutissant passaient par son territoire.

En 1892, une importante caravane d'esclaves partie du Kavirondo et dirigée vers la côte par un Arabe du nom d'Abdoulrehman-bin-Loulou s'arrêta à Nzawi. La présence en cet endroit d'un fonctionnaire de la Compagnie à charte fit disperser ces esclaves dans différents villages appartenant aux amis de l'Arabe en question ; ce ne fut que longtemps après que nous parvînmes à nous les faire remettre et à les renvoyer dans le Kavirondo. En une autre circonstance, en 1894, un nombreux convoi fut surpris dans le Kitoui. Les Arabes furent arrêtés et expédiés à Mombasa pour y être jugés, tandis que les esclaves, composés en majeure partie de femmes et d'enfants, furent renvoyés chez eux. Enfin de petites troupes de traitants arabes et de Souahélis furent également arrêtées en différents endroits.

Ce genre de trafic continua dans le pays d'Oulou jusqu'en 1894, et dans le Kitoui pendant quelques années encore. Vers la

were continually dealing with Wakamba raids for slaves. Thèse natives continued their raids for some time after we had practically put an end to the Arab and Swahili trading, but in the course of time this raiding was ahsolutely stopped.

The passage of slaving caravans finally ceased when the raiiway made progress into the interior, and our occupation of Kitui in 1897 prevented the possibility of slavers using the eastern route to the coast.

The occupation of the interior and the building of the raiiway hâve together bcen the means of ahsolutely killing the demand for and supplyof slaves in Britisb East Africa. The old slave raids, the slave sticks and slave caravans, are now only memories of « darkest y» Africa, and of the days when men hunted and raided men and drove them like cattle to the coast. Those days bave gone, webelieve, never to return, and, if the Government had nothing else but this to show as a record of the work performed, many will maintain that it bas not feiled.

The condition oftkc people.

Previous to our occupation of the country the varions conditions that existed amongst ail the tribes were such as to cause life to be held very cheaply. Property could only be held by the stronger, as raids by the Masai for live-stock were fréquent. Each of the tribes in turn suiTered from raiders who seized their women and children. Wakamba kept in the mountains, the Wakikuyu hid themselves in the forests, while the Masai swooped down on cattle kraals like birds of prey and left a train of blood behind them. As time passed and the Masai became, through famine and disease, less powerfui, the other natives made counter raids upon them, and for some time raiding parties were met everywhere; and, with cattle raids, slave raids, internai fighting, etc., the condition of aiTairs was not what could be called a désirable one. With a settled administration this is ail changed and peace exists in ail the districts. The local law courts are resorted to for the purpose of settling différences, and it is no unusual sight to behold a Masai suing a Kikuyu or M'kamba or vice versa or appearing as prosecutor in a criminal charge.

The physical condition of the people was,

môme époque nous eûmes à nous occuper constamment des razzias des Wakamba. Ces razzias, qui se continuèrent encore un certain temps après que nous eûmes mis fin au trafic des Arabes et des Souahélis, furent absolument entravées par la suite.

L'arrivée du chemin de fer dans l'intérieur mit finalement un terme au passage des caravanes d'esclaves, et notre occupation du Kitoui en 1897 empêcha les esclavagistes de se servir de la route de l'est vers la côte.

L'occupation de l'intérieur du pays et la construction du chemin de fer ont eu pour résultat de supprimer complètement la demande et la fourniture des esclaves dans l'Afrique orientale anglaise. Les razzias, les mauvais traitements et les convois d'esclaves ne sont plus que des souvenirs de la « sombre» Afrique d'autrefois, alors que l'homme chassait l'homme et le poussait devant lui comme du bétail, vers la côte. Ces temps ont disparu pour ne plus revenir, croyons-nous, et le Gouvernement n'eût-il d'autre œuvre à son actif, qu'il pourrait encore déclarer qu'il n'a pas manqué à son devoir.

La condition des indigènes.

Avant notre occupation, les conditions sociales des différentes tribus étaient telles que la vie y était tenue pour peu de chose. La propriété appartenait aux plus forts, et les Masai se livraient à de fréquentes razzias pour enlever le bétail. Chaque tribu se voyait tour à tour victime de pillards qui venaient lui enlever ses femmes et ses enfants. Les Wakamba se tenaient dans les montagnes, les Wakikouyou se cachaient dans les forêts, tandis que les Masai fondaient comme des oiseaux de proie sur le bétail, laissant derrière eux une traînée de sang. Plus tard, ceux-ci s'étant trouvés affaiblis par la famine et la maladie, se virent attaqués à leur tour par les autres indigènes, et pendant tout un temps le pays fut livré à des bandes de razzieurs. Dans ces conditions la situation du pays ne pouvait être que déplorable. Cette situation s'est modifiée grâce à une administration régulière, et aujourd'hui la paix règne dans tous les districts. Des tribunaux locaux tranchent les différends et il n'est pas rare de voir un Masai poursuivre un Kikouyou ou un M'kamba et réciproquement, ou se porter plaignant dans une affaire criminelle.

Au point de vue moral, la situation des

hqwever, perhaps better then than it îs now. The morals of the tribes were never of a high order, but with the advance of civilization the Masai and the western Wakamba havedeteriorated considerably in practicallyall points of their character wich concern their mora|ity. As tribes, their condition of living has not materially changed. There is, of course, an évidence of change in clothing — cloth and blankets hâve largely displaced skins, while umbrellas, hats, etc., are much purchased in the bazaars. The Wakamba of Kitui (distant about 90 miles from the raiiway) were about the first natives of thèse parts to take, in a gênerai way, to the wearing of cloth. This was due to the fact that Swahili and Arab traders visited the country more than fifty years ago.

With few exceptions the manner of cultiyating remains the same; their iocally made tools, instruments, pottery, and décorative ideas are practically the same now as ten years ago.

Hany of their customs are, however, changing, and as the présent génération grows up there is no doubt that most of the old customs will be things of the past, so far as the tribes are concerned who live near the raiiway and Government stations, or on settlers' lands, etc. Those of the natives who live in places like Nairobi hâve already totaliy changed their habits, etc.

With illiterate, almost savage, tribes it is, of course, a slow process to bring in measures 10 improve their gênerai conditions, and it is only time that will efTect it.

The example of work, the opportunities of obtaining it, the necessity of earning a certain amount of money with which to pay the hut-tax or meet other wants, must hâve effect soon, and so assist still further in changing the condition of the natives.

The Government assures peace and safety to ail natives, roads and communications are maintained and distant stations garrisoned, and so the gênerai condition of affairs has changed where perhaps some of the old habits and conditions of the people remain.

indigènes était peut-être meilleure autrefois que de nos jours. Leur moralité n'^ jan^ais été bien élevée : mais par suite des progrès de la civilisation, elle s'est encore considérablement abaissée chez les Masai et les Wakamba de l'Ouest. Quant à leur manière de vivre, elle n'a pas changé. Il en a été autrement en ce qui concerne la manière dç se vêtir, les étoffes et les couvertures ayant remplacé généralement les peaux de bête; de même les parasols, les chapeaux, etc., sont fort demandés dans les bazars. Les Wakamba du Kitoui (à 90 milles environ du chemin de fer] ont été les premiers à adopter, d'une façon générale, l'usage du vêtement. La chose s'explique aisément. Il y a plus de cinquante ans, en effet, que leur pays a été visité par des marchands souahélis et arabes.

A peu d'exceptions près, le mode de culture est resté le même; les outils et les instruments, la poterie, les idées en matière de décoration, rien n*a changé depuis dix ans.

Beaucoup d'habitudes se modifient cependant, et à mesure que la génération actuelle avancera en &ge, la plupart des vieilles coutumes disparaîtront, pour autant, bien entendu, qu'il s'agisse de tribus vivant près du chemin de fer et des stations du Gouvernement, ou sur des terres de colons, etc. Les mœurs des indigènes habitant des localités telles que Nairobi ont déjà subi une modi6cation complète.

Ce n'est d'ailleurs que par une lente évolution que la condition générale de peuplades dépourvues de toute culture et presque sauvages, pourra s'améliorer ; le temps seul amènera ce résultat.

L'exemple du travail, l'occasion de s'en procurer, la nécessité d'avoir de l'argent pour payer la tiixe sur les huttes ou pour donner satisfaction à d'autres besoins, produiront rapidement leur effet et contribueront puissamment dans l'avenir à modifier la condition des populations indigènes.

Le Gouvernement assure la paix et la sécurité à tous les indigènes, les routes et les communications sont entretenues en bon état et des forces militaires occupent les stations éloignées; la situation générale s'est donc modifiée là même où les anciennes coutumes locales se sont partiellement maintenues.

Page 1