DE JEAN VIII A CLEMENT XII
Nous nous proposons de rappeler dans ce chapitre et dans les deux suivants que les Papes, aussi bien comme Souverains Pontifes dans leurs rapports avec les autres patriarchats que comme patriarches de rOccident *, ont toujours montré le plus grand
1. Dans le patriarchat particulier de Rome, il a toujours existé des Églises de rite oriental et de langue non latine : ainsi aujourd'hui les Églises grecque unie d'Italie, ruthénienne, bulgare unie et valaque unie sont comprises dans le patriarchat du Pape. L'on célèbre encore dans une chapelle de la cathédrale de Tolède en Espagne, d'après le rite mozarabique, qui ne rentre pas dans notre sujet. Voir MisscUe mixtum secundum regulam S, Isidori dictum mozarabicum, Tolède, 1500, et Rome, 1785-1804. — Liturgia antiqua Hispana, Rome, 1746. — Neale, A history of the holy Eastern church. Londres, 1850. Consulter aussi les historiens de Ximénès.
respect pour les rites , la discipline et la hiérarchie des Églises orientales. Nous indiquerons chronologiquement quelques extraits de leurs actes.
Au mois de juin 880, Je Pape Jean VIll adressait la lettre suivante à Sviatoplouk, roi de la Grande- Moravie, à l'occasion des missions de saint Méthode chez les Slaves :
Nous appprouvons, pour rendre à Dieu les louanges qui lui sont dues, les lettres slaves inventées par le philosophe Constantin (saint Cyrille), et nous ordonnons que la gloire et les œuvres de Notre Seigneur Jésus -Christ soient racontées dans celte même langue slave. Car ce n'est pas seulement dans les trois langues hébraïque, grecque et latine, mais dans toutes les langues, que Fautorité sacrée de FÉcriture nous avertit de louer le Seigneur, en disant : Louez le Seigneur y 6 toutes les nations; peuples, louez-le lous^. Et les Apôtres, après avoir été remplis de TEsprit-Saint, ont répété les grandeurs de Dieu dans toutes les langues.