‹ Documents relatifs aux églises de l'Orient considérées dans leurs rapports avec le Saint SiégeChapitre 40 sur 56 · Édition de Vilna, 1577, pages 369 et · texte numérisé non relu

Édition de Vilna, 1577, pages 369 et

3. La Mission de Maduré, d'après des documents inédits, par le P. Bertrand. Paris, 1847-48, Poussielgue-Rusand.

les missions de Grèce adressé aux archevêques, évoques et députés du clergé de France :

Depuis qu'ils habitent dans cette ville (Smyrne), les Francs et les Arméniens se sont unis ensemble d'un lien étroit de charité. Les Arméniens conversent avec les Francs et les Francs avec les Arméniens.

Quand nous célébrons nos fêtes, nous les y invitons; en leur présence, nous offrons notre encens, nous nous revêtons d'ornements sacerdotaux et nous faisons notre office et nos cérémonies selon que porte la coutume arménienne. De même, quand les Arméniens célèbrent leurs fêtes, ils nous y invitent, ils nous conduisent à Téglise, où ils disent la sainte messe selon la coutume de l'Église romaine, tellement que nos deux nations vivent dans une si grande intelligence qu'il ne peut pas y en avoir une plus parfaite..»

La maison de Chio entretient dix à douze jésuites. Tous sont natifs de l'île même, d'où la province de Sicile tire continuellement de très-bons sujets. C'est parmi eux qu'on choi-

LES JÉSUITES. lia

sît les confesseurs de la langue grecque, qui sont à la pénitencerie de Saint- Pierre de Rome, et à celle de Notre-Dame de Lorette*.

Le 21 juillet 1723, le supérieur général des missions de la compagnie de Jésus en Syrie écrivait au P. Fleuriau :

Les patriarches schismatiques accusent les missionnaires de faire changer de religion aux Grecs, Arméniens et Syriens, et il est visible à tout le monde que les sujets du Grand-Seigneur conservent leur même rite, tel qu'ils l'ont toujours observé. Leur rite est bon, approuvé du saint -siège et dans des conciles œcuméniques 2.

Dans le Mémoire de VÈtiiiopie, qui se trouve au même volume, on verra que les pères jésuites attri-

i. État des missions de Grèce, par le P. Fleuriau, de la compagnie de Jésus. Paris, 1695. Pages 132 et 215.

2. Nouveaux mémoires des missions de la compagnie de Jésus dans le Levant, Paris, 1724, t. IV, p. 352.

buent rinsuccës de leur mission en Abyssinie au zèle malencontreux du roi de ce pays pour abolir les anciens rites de l'Église éthiopienne.

A la compagnie de Jésus appartient aussi le P. Gagarin qui, en 1856 , écrivait ce qui suit :

De quoi s'agit-il, en effet? de bouleverser toute Torganisation religieuse de la Russie pour y établir une nouvelle foi, un nouveau culte, un nouveau clergé? pas le moins du monde. Aux yeux de Rome, les évoques russes sont de véritables évêques, les prêtres russes sont de véritables prêtres, qui offrent véritablement sur leurs autels le sacrifice du corps et du sang de Jésus-Christ.

Les catéchismes de l'Église russe présentent des lacunes plutôt que des erreurs..., et ce qu'ils peuvent contenir de défectueux se trouve complété et corrigé par les offices de la liturgie orientale. Il faut en dire autant de la discipline de TÉglise russe; on peut y déplorer quelques altérations récentes dues à l'intervention irrégulière du pouvoir civil ; mais, à part ces points, l'Église romaine est

loin de blâmer les différences qui existent entre la discipline de TOrient et celle de l'Occident. Il fut un temps où, malgré toutes ces différences de rite et de discipline, rOrient et TOccident ne formaient qu'une seule Église, dont les enfants étaient unis entre eux par les liens d'une même foi et d'une même charité.

C'est ce temps que nous aspirons à voir renaître; il ne s'agit donc nullement, on le voit, de l'absorption de l'Église russe par l'Église latine: il s'agit d'une réconciliation*.

1. La Russie sera-t-elle catholique? P&ris^ Douniol, 1856. Cet ouvrage a été traduit en russe par le P. Martiaof.

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