‹ Documents relatifs aux Eglises de l'Orient et à leurs rapports avec RomeChapitre 4 sur 13 · TABLEAU DES HIERARCHIES EN ORIENT · texte numérisé non relu

TABLEAU DES HIERARCHIES EN ORIENT

Il y a en Orient deux hérésies et un schisme. Première hérésie : c'est celle de Nestorius qui croyait à deux personnes en Jésus- Christ. Cette erreur a été condamnée au concile d'Ephèse.

Deuxième hérésie : elle est l'opposée de la première. Eutychès, par horreur pour la dualité des personnes, soutint qu'il y a en Jésus-Christ une seule nature. Cette erreur, appelée Monophysismcy a été condamnée au concile de Chalcédoine. Les Arméniens- Grégoriens, tout en rejetant ce concile, ne veulent pas être considérés comme monophy sites.

Les autres hérésies ont disparu de TOrient.

Le schisme grec a été commencé par Photius et consommé par Michel Cérulaire. Les Grecs séparés s'appellent eux-mêmes Orthodoxes. En effet, ils ont rejeté les hérésies de Nestorius et d'Eutychès et résisté énergiquement au protestantisme malgré la défaillance temporaire de Cyrille Lucar. Les Grecs sont séparés de l'Eglise romaine seulement par le schisme ; mais la persistance raisonnée dans le schisme peut finir par se confondre avec l'hérésie, puisque le schisme arrive à nier la suprématie des successeurs de saint Pierre, qui est d'institution divine et article de foi.

Un certain nombre de Nestoriens et de Monophysites, d'anciens Monothélites , des Grecs séparés ont abandonné leurs erreurs à diverses époques. Us sont alors rentrés dans l'unité catholique.

Mais les chrétiens orientaux ne sont pas seulement séparés des Occidentaux par les hérésies ou par le schisme. Ils ont, avonsnous dit, des hiérarchies, des rites, des usages spéciaux reconnus et approuvés par l'Eglise romaine. C'est pourquoi les Orientaux qui ont abjuré l'hérésie ou le schisme forment des groupes distincts dans le sein du catholicisme.

6 LES ÉGLISES DE L'oRIENT

Pour comprendre le tableau qui va suivre, il faut se rappeler que ni les hérétiques ni les schismatiques ne sont constitués hiérarchiquement d'après un principe unitaire suivant la croyance. En général, chaque nationalité forme ou tend à former une Eglise distincte. Celles de ces Eglises qui ont la même croyance peuvent dans certains cas être considérées comme une sorte de république fédérative.

Je ferai remarquer que, dans ce tableau, ayant à opter entre plusieurs systèmes également acceptables, je me suis borné à exposer simplement l'état de fait, sans prétendre à trancher les délicates questions de droit que cet état laisse pendantes. C'est sou» le bénéfice de cette explication que, parmi les démembrements du patriarcat de Constantinople, j'indique des séparations consommées de fait, mais qui n'ont pas été consacrées en la forme canonique, comme Ta été en son temps l'érection d'une autonomie à Ochrida, à Ipek, à Moscou, à Athènes.

Observation. — D'après ce qui précède, il est facile de voir que l'expression Eglise orientale n'a pas de sens au singulier (1) : on doit dire les Eglises orientales. En effet, il n'y a pas d'unité religieuse orientale : il y a trois groupes, le nestorien, le monophysite et l'orthodoxe, lesquels s'anathématisent réciproquement, dans leurs livres sacrés et ailleurs (2).

A plus forte raison n'y a-t-il pas de chef religieux unique pour tout l'Orient non catholique. C'est à tort qu'on applique quelquefois cette qualification à l'empereur de Russie, lequel n'a aucune attribution sacerdotale même en Russie, ou au patriarche grec de Constantinople qui, aux yeux des Nestoriens et des Monophysites, est tout aussi hérétique que le pape de Rome et pour les mêmes motifs.

(1) L'expression Eglise orientale est aussi en contradiction avec celle de catholique, c*est-à-dire universelle, que se donnent les orthodoxes grecs. « A church cannot be both the eastern and the catholic church. » (Neale's A history of the holy eastemi church.)

(2) Voici, par exemple, comment un patriarche grec de ConstantiDopIe parlait des autres Orientaux : « Il y a quatre sectes avec lesquelles notre Eglise n'a aucuiv communion. Ces sectes sont Tarménienne, la copte, la maronite et la jacobite. X. rite de ces sectes est difforme et absurde, leurs cérémonies plus que brutes. ) sont hérétiques quant à la foi, et dans leurs mœurs, comme dans les autres q.^ constances de la religion, rien ne les distingue des animaux. » (Monum^ authentiques de la religion des Orecs^ p. 154.)

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