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LES PAPES ET LES EGLISES d'oRIBNT
Il existe ab antiquo dans le patriarcat de Rome des Eglises de rite oriental et de langue non latine. Les Eglises unies des Bulgares, des Ruthènes, des Valaques sont comprises dans ce patriarcat. D'un autre côté, la messe latine est célébrée aujourd'hui dans la Sicile en langue grecque, dans la Dalmalie en langue slavonne. Le rite mozarabique est encore observé dans une chapelle de la cathédrale de Tolède.
Non seulement comme patriarches particuliers de l'Occident, mais comme souverains pontifes dans leurs relations avec les autres patriarches, les Papes ont montré le plus grand respect pour les rites et la hiérarchie des Eglises orientales. Nous rapporterons chronologiquement quelques extraits de leurs actes.
Au mois de juin 880, le pape Jean VIII adressait la lettre suivante à Sviatoplouk, roi de la Grande-Moravie, à Toccasion des missions de saint Méthode chez les Slaves :
Nous approuvons, pour rendre à Dieu les louanges qui lui sont dues, les lettres slaves inventées par Constantin le Savant (saint Cyrille), et nous ordonnons que la gloire et les œuvres de Notre-Seigneur Jésus- Christ soient racontées dans cette même langue slave. Car ce n'est pas seulement dans les trois langues hébraïque, grecque et latine, mais dans toutes les langues, que l'autorité sacrée de l'Ecriture nous avertit de louer le Seigneur, en disant : Louez le Seigneur^ ô toutes les nations; peuples, louez-le tous (1). Et les Apôtres, après avoir été remplis de TEsprit-Saint, ont répété les grandeurs de Dieu dans toutes les langues. Aussi saint Paul a-t-il dit : Que toute langue confesse que Notre-Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père (2). A propos des langues, dans sa première Epître aux Corinthiens (3), cet apôtre nous engage surabondamment et manifestement à édifier l'Eglise de Dieu en nous servant des diverses langues. Ni la foi ni la doctrine ne s'opposent
(1) Ps. cxvi, 1.
(2) Philipp., II, 11.
(3) I Cor., XIV.