‹ Documents relatifs aux Eglises de l'Orient et à leurs rapports avec RomeChapitre 8 sur 13 · LES ÉGLISES D*ORIENT ET LA FRANCE · texte numérisé non relu

LES ÉGLISES D*ORIENT ET LA FRANCE

Pour ce qui est du rite et des superstitions qui s'y sont glissées,... il faut pousser la circonspection si loin que non seulement il ne faut jamais que les missionnaires parlent ou écrivent contre le jeûne et le rite des Arméniens et des Grecs, mais qu'ils doivent obliger ceux d'entre eux lui se réunissent à l'Eglise romaine d'observer en tout leur ancien rite et leurs jeûnes sans se distinguer en rien de ceux qui, pour la croyance, restent encore attachés à ces Eglises. Il n'y a peut-être rien de si nécessaire que cela.

Il n'y a pas encore trente ans, nos missionnaires allaient célébrer et prêcher avec toute sorte de liberté dans les églises des Arméniens, et ils le font encore (en 1724) en Grimée. Quelques-uns d'entre eux voulurent changer cette méthode et cherchèrent à les attirer dans nos églises. Je suis persuadé qu'ils le firent à bonne intention ; mais la chose réussit mal, et ce fut le premier motif de la persécution qui suivit bientôt après. Présentement, on voudrait bien revenir à cet usage, mais les Arméniens y ont mis un obstacle difficile à surmonter, en une espèce d'anathème qu'ils prononcent à certains jours de l'iinnée dans leurs églises contre le concile de Ghalcédoine et le pape saint Léon.

En général, il paraît que, tant par rapport aux Grecs qu'aux Arméniens, le plus important est de chercher à s'approcher d'eux, de diminuer les préventions dans lesquelles ils sont élevés et nourris contre nous, de leur inspirer le plus de respect et d'admiration qu'il se pourra pour la pureté des mœurs, et pour l'étendue des connaissances et de doctrine de ceux qui s'emploient à les réunir. Ces sentiments une fois étabUs, le reste ne sera pas difficile à faire ; mais il faudrait, pour cela, préparer de bonne heure des sujets, les appliquer aux langues, et n'en point employer qui ne les sussent parfaitement, etc., etc.

Il y aurait bien autre chose à dire sur les rapports des Français avec les communions orientales ; mais les quelques faits qui viennent d'être rappelés suffiront à caractériser ce que j'appellerais la tradition de la France dans la question religieuse d'Orient.

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