‹ Documents relatifs aux incursions des rebelles sudistes sur la frontière des États-Unis et à l'invasion du Canada par les FéniensChapitre 26 sur 44 · SERVICE DE LA FRONTIÈRE · texte numérisé non relu

SERVICE DE LA FRONTIÈRE

27 Juin 1865.

Vu la recommandation de l'honorable ministre de la milice et pour les raisons assignées dans son rapport en date de ce jour, le comité est d'opinion que les corps de milice volontaire actuellement stationnés sur la frontière soient licenciés à compter du 3 juillet prochain, et qu'une gratification équivalente à sept jours de solde soit accordée à chaque officier et soldat, d'après son grade, et qu'on les tienne quittes de la partie non acquittée de leur contribution pour l'achat de la tenue de corvée.

Le comité recommande également que le personnel du corps de police stationné à la frontière sous le commandement du colonel Ermatinger, soit immédiatement réduit au plus faible chiffre possible — et que des instructions à cef, effet soient transmises au colonel Ermatinger.

Rapport.

Ordre en Conieil, Québec, 27 Juin 1865.

Le ministre de la milice croit devoir attirer l'attention de ses collègues sur les bataillons de la milice volontaire actuellement stationnés à la frontière canadienne,

La cessation du regrettable conflit qui a pendant si longtemps désolé la république voisine, la paix profonde qui règne maintenant sur toute notre frontière et que rien ne saurait dorénavant troubler, engagent le soussigné à recommander le licenciement des corps volontaires stationnés à la frontière à une date biou plus rapprochée qu'on ne le croyait d'abord.

De plus, les frais énormes occasionnés par le maintien de ces détachements, particulièrement à une époque où la baisse considérable qu'a subie le revenu exige l'application de la plus stricte économie dans toutes les branches du service civil, constituent une raison majeure pour ne pas tenir ces troupes sur un pied d'organisation plus longtemps qu'il n'eit indispensablement nécessaire de le faire.

Le soussigné désire en conséquence recommander que les troupes volontaires stationnées à la frontière soient licenciées le 3 juillet prochain; mais qu'en considération de ce licenciement inattendu il soit accordé à chaque officier, sous-officier et soldat de ces corps une gratification équivalente à sept jours de solde, d'après les grades respectifs à la date du licenciement, et qu'on les tienne quittes de la partie non-acquittéc de leur contribution pour l'achat de la tenue de corvée.

Pour les raisons ci-haut, le soussigné recommande, en outre, que le personnel du corps de police stationné à la frontière sous le commandement du colonel Ermatinger soit immédiatement réduit au plus faible chiffre possible.

E. P. Taché,

Ministre de la Milice.

Québec, 27 Juin 1865.

27 Juillet 1865.

Le comité a pris en considération le rapport des conseillers légaux de la couronne, Haut et Bas-Canada, dans lequel il est dit que la paix est maintenant si parfaitement réta-

blio Nur la frontiAro nii«1 du Oaiiudii (\\i'ï\ n'y a plun liou do redouter lo ronouvcllciiicnt d6M dôprédafions (jui «rit n('H;e.HMito ror^uniHution d'un corps do polioo mut la frontirr*' du Haut et du liaM-Ouiiadu ; lo ooinitn recoin iimiido en conN^xpicnco (juo co corpH de polin: Moit Jiccnoiô ot (|U() dt>M iiistructioiiH h cet nliot Hoiciit truriHiiUHun aux inti^intratM Htip(:ndi.'iir<-H.

11 roooniiuiuido de pluH <iu'il Noit oiijoint i\ oos inu^istratH do choinir dariM Icurf corpn respectifs ciiKj tl«'M horimus Irn pluH cupalilc.s pour n;.Mr on qualité do polino «nrr * ''irit biou ontiMidu <jut) im's lioiumcs, ou aucun d'eux, pourront en tout temps ôtrc lier juh

uu muid d'avis uu eu rucovrunt un inoin do loldo.

Lo ooinit('> soumet los rccominandations qui précèdent a la consid^'jratiou d': Votre KxcoUeuco.

Affaire pk i/Ii-k Johnson, sur lk Lao Krié.

jAjnl Lijons au Vicomte Monde.

Wasuinoton, 13 Novcrabro 1863.

MiLORD, — J'ai l'honneur do transmettre à Votre Excellence copie d'une lettre que j'ai écrite à M. Scward aussitôt après réception de votre télégramme on date d'avant-hier, au sujet des projets des soi-disant confédérés réfuj^iés en Canada. Je vous transmets également sous co pli copies de trois rapports relatifs à ces projets qui m'ont été envoyés par M. Seward, ainsi que copio d'une communication que j'ai également reçue de M. Seward, dans laquelle il m'apprend qu'il a prié l'honorable Preston Kin^; d'avoir une entrevue avec Votre Excellence dans le but d'en venir à une entente parfaite entre Votre Excellence et les agents des Etats-Unis.

J'ai, etc.,

Lyons.

Son Excellence le Vicomte Monck,

etc., etc., etc.

Lord Lyons à M. Seward.

Washington, Mercredi soir,

11 Novembre 1863.

Mon cher monsieur, — Des ennemis des Etats-Unis qui ont cherché asile en Canada semblent y organiser un complot formidable. Leur projet, si les renseignements communiqués au gouverneur-général sont vrais, est d'.envahir les Etats-Unis et d'attaquer et détruire la ville de Buffalo. lis se proposent de s'emparer de certains bateaux à vapeur sur le lac Erié, de tomber à l'improviste sur l'Ile Johnson et de libérer les prisonniers de guerre qui y sont détenus, et ensuite d'attaquer Buffalo conjointement avec eux. Le gouverneurgénéral recommande que l'on surveille activement les bateaux à vapeur. Il semble aussi craindre une attaque sur Ogdensburg. Il a pris toutes les précautions possibles, a fait placer des patrouilles sur le canal Welland et ordonné la détention des bateaux à vapeur pouvant faire naître des soupçons à raison du nombre ou de l'apparence de leurs passagers. Veuillez me pardonner de vous troubler à une heure si avancée du jour ; mais ces renseignements viennent de m'être expédiés par le télégraphe et j'ai cru qu'il importait de vous les communiquer sans retard, vu que le gouverneur-général en avait exprimé le désir.

J'ai, etc.,

Lyons.

L'Hon. W. H. Seward,

etc., etc., etc.

Le Gouverneur Tod à E, M. Sianlon.

Télégramme reçu à 10.20 p. m.

CoLUMBUS, Ohio, 12 Novembre 1863.

" Rien d'extraordinaire de l'Ile Johuson ce soir. — Je suis convaincu que, grâce aux mesures que nous avons prises, on est tout à fait Ji l'abri d'un coup de main. La garde placée sur l'Ile est maioteuaDt forte de 500 hommes. Le général Ma«?son y Cht allé ce matin et le général Cox cette après-midi. J'ai envoyé 2,000 volontaires à Sandusky, et ordonné à ceux de Clevcland et Toledo de se tenir prêts à agir à- un moment d'avis".

David Tod,

Gouverneur.

L'Hon. E. M. Stanton,

Secrétaire de la Guerre.

Le Lieutenant- Colonel W» iS. Par&ons au Colonel W. Hoffman. Télégramme reçu à 9h. 20 p. m.

Sandusky, Ohio, 12 Novembre 1863.

Au Col. Wm. Hoffman, Com. Gén. des Prisonniers :

Une batterie de quatre canons cherche à débarquer à la Pointe au Cèdre. Placez deux canons ici. Le ♦' Michigan" est mouillé en vue de l'Ile. 500 hommes sont arrivés de Cleveland d'après les ordres du général Cox. Le colonel Smith télégraphie que Texpédition s* organise à Port Stanley.

Wm. s. Par son s,

Lt. Col. Commandant.

Le Brigadier Général Cox à VEon. E. M. Stanton.

Télégramme reçu à lOh. 5 a. m., 13 novembre 1863.

Sandusky, Ohio, llh. 50 p. m.,

12 Novembre 1863.

Je viens d'arriver ici. Le gouverneur Tod va envoyer deux régiments de volontaires demain ) avec ces derniers et la batterie Parrott que l'on attend de Cincinnati, la place et le dépôt seront en sûreté.

L'on dit que Port Stanley, en Canada, est le rendez-vous des rébelles. Je vous en dirai plus long demain.

J. D. Cox, L'hôn. E. M. Stanton, Brigadier Général.

Secrétaire de la Guerre.

M, Seîoard à Lord Lyons.

Département b'Etat,

Washington, 12 Novembre 1863.

MiLORD, — J'ai l'honneur d'accuser réception de la communication qui m'a été envoyée tard hier au soir par Votre Seigneurie, dans le but de m'apprendre, de la part de Son Excellence lord Monck, gouverneur-général du Canada, qu'il se formait un complot ayant pour objet de jeter le trouble et le désordre sur la frontière qui avoisine les lacs. Après vous avoir remercié, au nom du Président, de ce que vous avez bien voulu nous transmettre ces renseignements d'une manière aussi cordiale, je dois vous informer que de^ mesures ont été prises dans le but de déjouer les projets criminels auxquels je viens défaire allusion. Le major-général Dix va sans délai se rendre à la frontière pour veiller à l'exécution de CCS mesures. Désirant que les démarches que nous avons prises soient agréables

aux uuturitéH do Su MajoHt^), j'ai, par ordro du PréNidmt, prié l'hotiurablo VrcHUm Kio^ d'avoir uiin ciitrovutî uvoo lord IMonck à «o Hiijrt, uiiti (jno rentouto la pluH parfaite puinno régucr cnlro 1« ^()uvcrn«ur-;;<'"iK''r!il et 1"M a^ciiU doM KtuUilIniii.

Je vous denmndo donc ("jiiinio uno favuur do vouloir hicMi ootnmuaiquor h Son lîiocl' lonoo lo8 iuitH (|uc jo viens d'ozpu.sur et l'opinion <|uo j'expriniu dann cette ouuiniunicalion.

•J'ai, oie,

W. II. Skwaud.

A Lord Lyonn.

Jj<- Licuttiiant Colonel Ji. //. Hill au Colond Frij,

liuilKAU DE i/Ah8I8T. TllKYOT 1)K i/AHMKE DES EtAT8-(JnIS,

Détroit, 1) Novembre 1SG3.

C\)i,um:I/, — Il uicsL rcccuniu-iiL .irnvc un ^riind nombre do runieur.s au .sujet de» mouvoinonts projetés eu Canada par les rebelles (jui y sont rél'ugiij.s. Ces rumeurs mc rapportent généralement à l'occupatiou des lacs du nord, à la libération des prisonniers détenus sur l'Ile .lobnsou et à Chieai;o, ainsi f{u';i la capture du steamer des Ktats-l'nis le '* Michigan" ; mnis, d'ordinaire, elles ont été si vagues que je n'y ai pas attaché d'importaDoe. Cependant, depuis quelques jours il m'a été fait, ainsi qu'au colonel Smith, certaines révélations <]uc je no puis laisser passer inaperçues. II vient d'arriver à Windsor un agent des rebelles porteur de certiticats de dépots en espèces opérés dans les Etats du Sud, au montant do plus de §iOU,OUO. Ces certificats sont revêtus de la signature de M. Menninger et sont faits à l'ordre de M. Henry Marvin. L'ajzent eu question est muni d'une lettre do roeommandatiou de M. Benjamin pour W. M. Marvin. Ces certificats, à ce que l'on dit, peuvent être facilement négociés \ Windsor et sont en tous points semblables à ceux que l'on a lancés sur le marché Européen. L'on en attend d'autres sous peu. Or, les renseignements que l'on me communique portent q;ie l'on se propose d'acheter des steameis à iMontréal au moyen des fonds ainsi transmis en Canada.

* John M. Jones, ci-devant assistant-adjudant-général au service des Etats-Unis, vient d'arriver i\ Toronto. L'on me dit qu'il y a en Canada plusieurs ofiSciers de la marine des Etats rébelles.

Je suis positif à dire qu'il s'organise un complot gigantesque, tellement que j'ai cru devoir en écrire au consul général des Etats-Unis à Montréal.

Depuis que j'ai écrit ce qui précède, j'apprends que presque tous les rébelles sont en route pour Montréal, et l'Ile Johnson parait être le but avoué du complot.

J'ai mis à la disposition du colonel Smith, commandant militaire, un officier qui devra se rendre ce soir à l'Ile Johnson, avec mission de constater par lui-même l'exactitude de

mes renseignements.

J'ai, etc.,

R. H. HiLL,

Lt. Col. Artillerie Vol.

* Il y a onviron 2,000 rebelles en Canada.

hord Monch au Duc de Newcastle.

No. 113. Hôtel du Gouvernement,

Québec, 19 Novembre 1803.

MiLORD Duc,— J'ai l'honneur de vous informer que mercredi après-midi, le 11 de ce mois, des renseignements particuliers dont l'exactitude m'était garantie, me furent communiqués au sujet d'un projet organisé en cette province par des réfugiés du sud des Etats- Unis, dans le but de faire une incursion sur le territoire américain avoisinant la frontière du Canada.

D'après ces renseignements, les maraudeurs devaient venir de différents points et prendre passage à bord d'un des vapeurs ordinaires desservant le commerce sur le lac Erié, soumettre l'équipage lorsque le vapeur serait hors de vue de la côte, se diriger sur l'Ile

Johnson dans la baie do Sandusky, où so trouvent actuellement un grand nombre de prisonniers confédérés, libérer ces prisonniers, et à l'aide de ces derniers qui auraient grossi leur nombre, opérer une descente sur Buffalo, ou quelqu'autre ville des Etats-Unis sur les bords du lac.

Je crus de mon devoir de faire connaître immédiatement à lord Lyons les renseignements que l'on venait do me communiquer pour qu'il en fit part au cabinet de Washington, et elîectivement j'expédiai sans tarder un télégramme à Son Excellence.

Je crus aussi que je devais exercer tous les pouvoirs que me conférait la loi pour mettre obstacle à l'invasion des Etats-Unis par des individus qui faisaient du Canada la base de leurs opérations.

Ayant cet objet en vue, je chargeai une personne de confiance dans l'emploi du gouvernement de surveiller les bateaux traversant le canal Wclland du lac Ontario au lac Erié.

Ce fonctionnaire avait antérieurement été mis au fait des dispositions de l'acte de renrôlcment à l'étranger par l'intermédiaire du procureur-général du Bas-Canada, et il connaissait en outre les mesures qu'il aurait à prendre dans le cas oii les circonstances feraient naître des soupçons bien fondés sur les passagers à bord des vapeurs traversant le canal.

J'enjoignis également au lieutenant-général commandant les troupes de Sa Majesté de donner ordre aux carabiniers canadiens, stationnés pendant l'été sur le canal Welland mais rappelés d'ordinaire vers cette époque de l'année, de continuer ce service jusqu'à nouvel ordre.

Je ne dois pas ici passer sous silence le fait que l'existence d'un complot de la nature de celui dont je viens de parler, a été, il y a à peine quelques jours, ouvertement reconnue et admise par un journal de cette province que l'on considère généralement comme l'organe des chefs sudistes, mais il ajoute en même temps que les secrets du complot ayant été prématurément dévoilés il a nécessairement dû échouer.

Je n'hésite pas à croire que la vigilance déployée par les autorités des Etats-Unis aura à coup sûr l'effet d'empêcher la répétition d'incursions de ce genre, et j'ai l'espoir que Votre G-race approuvera les mesures que j'ai prises dans le but de faire respecter la neutralité britannique par les réfugiés qui sont venus chercher asile en Canada. "

Je dois ajouter que j'ai raison de croire que pas un seul sujet anglais n'a été impliqué dans ce complot.

J'ai, etc.,

MONCK

Sa Grâce

le Duc de Newcastle.

Le Duc de Newcastle au Vicomte Monck.

No. 21. * DowNiNG Street,

1er Mars 1864.

MiLORD, — J'ai l'honneur de vous transmettre sous ce pli, pour l'information de Votre Seigneurie, copie d'une lettre adressée au comte Russell par M. Adams, ministre américain près cette cour, dans laquelle il attire l'attention du gouvernement de Sa Majesté sur un article publié dans le journal 1' " Index," que je vous transmets également, au sujet de la tentative récente entreprise dans le but de libérer les prisonniers de guerre détenus à l'Ile Johnson.

J'ai, etc.,

Newcastle.

Vicomte Monck.

M. Ailnms au, VonUô JiuucU.

Légation de» Ktatb-Vsîh,

Londrefl, 22 Février 1801.

MîTiOUD, — .lo prondM lu liberté do «oumettro à votre considération rcxcmnlairo ciinoluM d'un journal npiudo l' "Indox," publié dans l'inténH ci houm la direction doM émi»saircM dos instuf^M'H -i LondroM. A la pago 107 «o trouve une lettre d'un individu qui a pris part i\ l'cxpéditit)» orf^'aniHéo en Canada danH le but d'envabir une partie du tcrrit/jirc des KtatH-Unis. I)'apr*\s 1(>m propre» aveux do l'individu m (jue.stion, il Kemblerait que len elîbrt.s tontes dans le but, do faire du Canada la bnHO d'opérations boHtiles avaient rer;u la pleine sanetion du soi-disant •,'ouverncnicnt de lliebmond, houh le prétexte de n'exercer que le simple droit do circuler sur lo territoire. Inutile pour moi d'insister auprès de Votre Seii^nourio sur la supercbcrie qui préside à ces opérations et (juc l'on peut retracer d'ailleurs dans tous les aotes de ces mêmes individus en pays étrangers.

J'ai^ etc.,

Chaules Francis Adams.

l'expédition canadienne.

Un monsieur qui a pris part à la tentative entreprise sans succès dans le but de libérer les prisonniers coniédérés détenus sur l'Ile Johnson, près de la frontière canadienne, nous écrit ce qui suit ii l'ciTct de rectifier certaines erreurs propagées par la presse fédérale : — '' Vous connaissez les points saillants de cette affaire, et vous n'ignorez pas non plus le fait que notre projet a été déjoué par les autorités de la province. Il se peut que vous ayiez appris les secrets de notre expédition ; au cas contraire, quelques mots de ma part pourraient vous être d'une grande utilité. Les détenus échappés de l'Ile Johnson, prison fédérale établie sur le lac Erié, avaient formé le projet de s'emparer de l'île et de libérer un grand nombre d'officiers qui y sont confinés. Le gouvernement confédéré avait pendant longtemps hésité à sanctionner ce projet, vu qu'il ne croyait pas possible de le mettre à exécution sans violer la neutralité du territoire britannique. En définitive l'objection fut écartée à tel point qu'un certain nombre d'officiers curent la permission de tenter cette entreprise périlleuse, mais après avoir reçu instruction formelle de ne commettre ni tolérer aucun acte qui, directement ou indirectement, pût être interprété comme une violation de la neutralité, de ne pas acheter de munitions de guerre ni d'enrôler de recrues sur le sol anglais, ne se bornant qu'il exercer le simple droit de circulation sur le territoire. Conséquemment, en arrivant en Canada, l'on fit faire à New- York l'achat d'armes et de munitions qui furent dirigées sur le lac Erié. Pas un seul article ne fat acheté en Canada. Même les remèdes et les instruments de chirurgie furent expédiés de New- York, et la correspondance échangée avec les prisonniers fut conduite par l'intermédiaire des colonnes du Heio York Herald. Plusieurs officiers anglais manifestèrent le désir de se joindre h nous, mais leurs services, de même que ceux de plusieuro Canadiens, furent refusés. Pour base de nos opérations nous avions choisi le sol Fankee, et c'était sur ce sol uniquement que nous devions poursuivre l'objet que nous avions en vue, c'est-à-dire la libération des prisonniers. Ce principe nous l'avons intégralement suivi et de la meilleurs foi possible, et non sans de grandes difficultés. Le succès était certain, n'eût été un obstacle inattendu qui causa des retards. Le" Michigan," canonnière fédérale, était mouillé en vue de l'île ; il devenait alors nécessaire de le capturer avant de libérer les prisonniers. Pour atteindre ce but il nous fallait plus d'hommes que nous n'en avions, et quelques confédérés, récemment échappés des camps Chase et Douglas, furent enrôlés comme volontaires. Il n'y avait pas dans l'expédition un seul sujet anglais, ni un individu ayant cherché asile sur le sol britannique, bien que les journaux aient affirmé le contraire. Nous venions donc de compléter nos préparatifs à l'aide de nos amis des Etats-Fédéraux, lorsque le jour môme qui devait précéder l'exécution de notre projet, la nouvelle en fut transmise au gouverneurgénéral qui la communiqua immédiatement aux Yankees, ce qui fit échouer notre expédition.

En quelques mots tel est lo récit complet de toute l'affaire. Vous verrez donc que tout ce que nous demandions au gouvernement du Canada était le simple droit de franchir son tarritoire pour nous rendre sur celui des Yaîikees, individuellement et sans armes, n'ayant ni les moyens ni l'intention de commettre d'hostilités avant d'avoir foulé le sol Yankee. Vous pouvez inférer de ces faits les conclusions qu'il vous semblera bon. L'on

so

me dit que quelques uns de journaux canadiens et mGme certains journaux anglais ont envisagé la question à un point de vue tout à fait différent, et partant absolument faux/'

Déprédations Commises sur le Lac Erié — et Bennett G. Burley.

No. 51. Lord Monde au Secrétaire d'Etat.

Québec, 10 Février 1865.

Monsieur, — J'ai l'honneur de vous transmettre, pour votre information, une copie complète de tous les témoignages pris devant le recorder de Toronto, dans l'affaire de Bennett Gr. Burley dont la reddition au gouvernement des Etats Unis, en vertu du traité d'extradition, formait le sujet de ma dépêche (N"o. 43) du 3 de ce mois.

Je vous transmets égalementjcopie du rapport du recorder, dans lequel il fait connaître au secrétaire provincial l'ordonnance qu'il a rendue dans la cause.

J'ai, etc.,

MONCK

Secrétaire d'Etat.

No. 37. Lord Monde à M. CardwdL

Québec, 30 Janvier 18G5.

Monsieur, — Relativement à des communications antérieures au sujet de l'affaire de Bennett Gr. Buriey, accusé de vol commis sur le territoire des Etats-Unis, et dont l'extradition a été demandée par le cabinet de Washington, j'ai l'honneur de vous transmettre, pour votre information, un exemplaire du (rZo6e de Toronto, contenant un compte-rendu très-exact, selon moi, des jugements prononcés par les juges devant lesquels la cause a été portée sous forme de demande de bref à'haheas corpus.

Je vais ce jour môme émettre mon mandat pour la reddition de Burley au gouvernement des Etats-Unis.

MoNCK.

Le Très-Honorable

E. Cardwell, M. P.

Lord Monde au Secrétaire d'Etat.

îso. 3. Québec, 2 Janvier 1865.

Monsieur, — Relativement à ma dépêche (No. 211) da 30 décembre, j'ai l'honneur de vous transmettre, pour votre information, copies de certains autres documents relatifs à l'affaire de Bennett G. Burley.

J'ai, etc.,

MONCK

Le Secrétaire d'Etat.

Lord Monck à M. Cardwell.

No. 211. Québec, 30 Décembre 1864.

Monsieur. — Relativement à mes dépêches indiquées à la marge, j'ai l'honneur de vous transmettre copies des dépositions prises devant le magistrat dans l'affaire de Ben-

ncîtt (î. Hurloy, uocuh6 do j)arti(Mi)iiiion dann \v.h cl«''j»r<'''lutior.M nuT()iH'II(;H j'ai fait alluMion et dont l'tw tradition a 6\o d(Miiand<''0 par lo ^ouverncrncrjt dcM KtatH-l-nlM.

.J'ai, etc.,

MoNCK.

L'honorablo 10. Cardwcll.

Lord Monrk à AI. CardœeJl.

No. 145. 7 OoTOHRK 18C4.

Monsieur, — Kolativoment K ma d('!j)ècho (confidontiello) du 20 Hcptciabrc, j'ai l'honneur dt; vous transniottro copio d'une dépochoquo j'ai adrcsséo au charj^i'* d'affairerj de S'i IMnjobti'* à Washint^ton, lui coinmunifjunnt les nieHur(;!«i (|ue j'ai prison f.w CfjnH^rjucncc des événcuicnt.s récents survenus Bur lo lac Kri6, ainwi (|ue copio do la réporjHc (jue j'ai aujourd'hui reçue de M. Jîurnlcy.

J'ai, etc.,

MONCK

L'honorable E. Cardwcll,

etc., etc., etc.

Lord Monde à M. Burnley.

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