‹ Documents relatifs aux incursions des rebelles sudistes sur la frontière des États-Unis et à l'invasion du Canada par les FéniensChapitre 34 sur 44 · Hume Burnley, Ecr · texte numérisé non relu

Hume Burnley, Ecr

etc., etc., etc.

Chargé d'Affaires, Washington.

Québec, 26 Octobre 1865.

Monsieur, — L'on a signalé à mon attention l'article ci-joint du " New-York Post " contenant les termes mêmes d'un ordre transmis par voie télégraphique ii l'officier commandant à Burlington, Vermont, par le major-général Dix, au sujet de l'incursion récente sur St. Albans.

N'ayant pas les moyens de constater si un pareil ordre a été émis par le major-général Dix, et comme de plus les journaux l'ont reproduit sans le contredire et qu'il contient des instructions adressées par un officier des Etats-Unis aux troupes de ce gouvernement leur enjoignant d'entrer sur le territoire de Sa Majesté, je crois qu'il est de mon devoir de vous prier de soumettre ce fait à la considération du Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, afin qu'il ait l'occasion de désavouer l'ordre ^.u question ou de l'expliquer.

Il est loin de ma pensée de vouloir ici blâmer la conduite des citoyens de St. Albans, alors qu'ils avaient à repoujsîer l'incursion qui malheureusement vient d'être dirigée contre eux ; mais, d'un autre côté, il est évident qu'un ordre de la nature de celui dont je vous entretiens actuellement, s'il a été émis pnr un officier responsable des Etats-Unis, donne

lieu à iiiio iiitcrprolutioii diirùroutc, et il onI iiicontcHtublu r(u'cn lo laimant panier inapcrr;ii 00 Boruit (;r6(T un prccoclciit dun^tîiL'ux pour l'uvonir.

Vous pouvt'/. iillirriKM* à M. StîW.irtl <|u'il exinto c\n'/. U-a uiitor;li< du ('uii.vii i.- plus urdont do.sir do prolitor do tous Ich pouviur.s (juo lour (îoufùront lus luis pour préu^r luuinforto uux uflicior» doH Ktat.sUiiiH iIudh lu but do punir los autuurH dcHd^^'pr^'^dutiutiH du genre de oollos c;ui viennent d'iHro oonnniHiîM ;i St. AlbiuiH.

fl'oHO croire (pie les meHurcs (juo eeLto provinee a rooeninicnt prihcs convaiueruuL lo cabinet de Wushinj^tun (pie cette déolurutiun de ma part n'cHt pan une vaine oxprcHHiou de Heutiments, ot ([u'en toutes eircon.stanceH l'on ne mainjucra pas do recourir aux moyens les plus ('>ner;^i(|ues pour dcjoucr toute tentative d'agression organiwée en (Janada contro lus Ktats-llnis, ou pour emprelier ({u'ou abuse du droit d'asile dans Ick possessions de Sa Majesté;

tlo suis convaincu ((uo JM. Sevvard ne tardera pan à se convaincre (ju'il est nécessaire, dans le but de maintenir ces relations amicales, (jue les ofîieiers civils ou militaires des Etats-Unis n'enfrcif^neut pas les droits do Sa Majesté ni no violent lo sol do ses pcjHscssions, et que ces réprcHcntations, loin d'otro faites dans un but hostile, ne sont inspirées que par le désir siueùro de prévenir tout conllit entre les deux pays.

J'ai, etc.,

MONCK

ijonf J/f/ona (tu Vicomte Monde.

Washington, 29 Octobre 1864.

MiLOiiD, — J'ai eu, ce matiu, l'honneur do recevoir la dépêche de Votre Seigneurie à M. Burnley en date du 2G de co mois, contenant un extrait d'un journal qui prétend donner la teneur d'un ordre envoyé par voie télégraphique à l'officier commandant à Burlino-ton, Vermoufc, par le major-général Dix, à Toccasion de l'incursion récemment faite sur St. Albans. J'ai sans délai transmis copie do la dépêche et de l'extrait en question au Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, et ai recommandé le sujet à sa sérieuse considération.

J'ai, etc.,

Lyons.

A Son Exeellenco

le Vicomte Monck,

etc., etc., etc.

i/affaire st. albans.

" L'organisation en Canada de bandes de maraudeurs rébelles, atec l'intention arrêtée de violer nos frontières, de piller nos propriétés et de massacrer nos citoyens, est chose tellement grave que le gouvernement est tenu d'intervenir sans tarder et d'une manière énergique et décisive. Si l'on ne prend pas les moyens de mettre un terme à cet abus du droit d'asile et à la violation des lois de neutralité, nos citoyens sur la frontière se verront forcés de se faire justice eux-mêmes. Nous ne saurions trop fortement condamner ce système de représailles individuelles, et noKs maintenons que l'intervention doit venir du gouvernement. L'on devrait donc exiger des autorités canadiennes qu'elles expulsent de leur territoire les rébelles qui y organisent des expéditions contre nous, ou bien nos troupes devraient être échelonnées sur la frontière, prêtes au premier moment à exercer une vengeance somuiaire contre les maraudeurs, à Igs traquer, comme nous avons le droit, même au-delà des lignes, si c'est nécessaire. Après que le général Dix eût eu avis de l'affaire St. Albans, il expédia sans délai la dépêche suivante à l'officier commandant à Burlin<>ton: ' Envoyez à St. Albnns toutes les tro'ipcs dont vous pouvez disposer, et efforcez-vous d'arrêter les maraudeurs venus du Canada ce matin. Placez à leur tçte un officier discret,

poursuivez-lea en Canada si c'est n/5ce8saîrc, et anéantisscz-Ics.' L'ordre en question fut si bien suivi que les maraudeurs furent poursuivis jusqu'en Canada où huit d'entre eux furent faits prisonniers. Si on les eût massacrés comme ils ont massacré les paisibles citoyens de St. Albans, ce n'eût été que simple justice. Un seul exemple de sévèro rétribution no tarderait pas ;i jeter l'effroi parmi ces pillards. Mais c'est une question internationnale fort "•rave dont la solution devrait appartenir au gouvernement et non aux commandants Pocaux."— ^V. y. Fost.

Lord Monck à M. Burnley,

J. H. Burnley, Ecr.,

etc., etc., etc.,

Washington.

Québec, 28 Octobre 1864.

Monsieur, — J'ai l'honneur d'accuser réception de votre dépêche du 23 octobre, au sujet des mesures adoptées par le gouvernement canadien relativement aux auteurs des déprédations commises à St. Albans, Vermont.

En réponse, j'ai l'honneur de vous exprimer la satisfaction que j'ai éprouvée en apprenant que les motifs et la conduite du gouvernement canadien avaient été appréciés à leur juste valeur par le Président des Etats-Unis.

.Je vous serais très reconnaissant si vous aviez la bonté de communiquer à M. Seward la teneur de cette lettre.

J'ai, etc.,

MONCK

Lord Monde à Lord Lyons,

J. H. Burnley, Ecr.,

etc., etc., etc.,

Washington.

Québec, 31 Octobre 18G±.

Monsieur, — J'ai l'honneur d'accuser réception de votre dépêche du 25 de ce mois, contenant une lettre du Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, dans laquelle il demande l'extradition de C. M. Wallace et autres fugitifs des Etats-Unis qui sont venus chercher asile en Canada,

J'ai l'honneur de vous informer, en réponse, qu'aussitôt que les preuves exigées en vertu du traité d'extradition auront été obtenues, les mandats nécessaires serontémis à l'effet de livrer ces individus aux autorités des Etats-Unis.

J'ai, etc.,

Monck.

Lord Monde à Lord Lyons.

Québec, 12 iS'ovembre 18G1.

MlLORD, — J'ai l'honneur d'accuser réception do votre dépêche du 7 novembre accompagnant la communication de M. Sevrard, en date du 3, au sujet de la dépêche que j'ai cru devoir vous adresser le 26 octobre dans le but de signaler à votre attention un extrait du New- York Evcning Post, contenant la teneur d'un ordre émis par le major-général ])ix ù, l'occasion de l'affaire St. Albans.

Jo transmettrai au Socr^^'Uiiro d'Ktat pour iun 03lonioiila communication do M. flcwurd, pour ciu'il la aoumotto t\ la connid^ration du ^ouvornomont do Na Majcnlô.

Il y a cependant une nHscrtion dans la communication do M. Scward «juo je u.; (iijja paM passer BuiiH hilenco, en juHtiee pour nioi-mOmo et pour lo gouvernement du (^'unada.

JiO Soorétairo d'Ktut des Ktatu-( Juin dit :" taudin <(uo notre gouvornomont s'cmprcsM de donner toute l'attention poMsiMe i\ la demande formul/'Jî j»ar lo vieomto Monck, il CRt notoiriî (pie leH rr((uisitionH (jue nouH lui avons adreHH(!''jH pour l'extradition des criminels (jui ont commis des déprédations sur lo lac Krié, et des asHassins et voleurs (|ui ont envahi lo Vormont, restent sans répoiise."

Quant au ]>romior des crimes en (jucstion, il fut commis lo 1!) septcjibro.

1^0 22 octobre, jo reçus uuo dépêche do iM. IJurnley, en date du Uj octobre, contenant une réquisition du Secrétaire des Mt4its-llnis à l'cfTet d'obtenir l'extradition do Jiell et autres individus impli(|ués dans les déprédations commises sur lo lac Krié.

Lo mémo jour (22 octobre), j'envoyai une dépétdic à M. JiurrjJey dans laquelle j'accusais réception do sa ootnmunicatiou et lo priais d'informer M. Howard '* qu'aussitôt que j'aurais appris que les individus en question avaient été arrêtés en Canada, et (jue les preuves cxij!;ées en vertu du traité d'extradition étaient complètes, les mandats nécessaires seraient émis aux lins do livrer les inculpés aux autorités des Ktats-Unis."

Quant à l'incursion dirij^éc sur St. Albans, c'est lo 11) octobre que cette affaire a eu lieu.

Lo 31 octobre, je reçus de M. ]5urnley une dépêche, en date du 25 du même irois, doniaudant l'extradition do C. M. Wallace et do douze autres individus impliqués dans cette affaire.

Le môme jour, je répondis à la dépêche de M. Burnley, l'informant qu'aussitôt que les preuves requises auraient été produites les mandats d'extradition seraient émis.

Lo 4 novembre, jo reçus une autre dépêche en date du 29 octobre, au sujet des mêmes individus emprisonnés en Canada, et demandant leur extradition.

Le même jour, je répondis à cette dépêche informant M. Burnley que les individus en question étaient emprisonnés en Canada, et que les mandats pour leur extradition seraient émis aussitôt que les preuves requises en vertu du traité auraient été fournies.

Le 7 novembre, je reçus do lord Lyons une autre dépêche en date du 1er novembre, contenant une réquisition pour l'extradition de Hutchison, dont le nom n'était pas compris dans la première liste.

Le même jour, je répondis h cette dépêche dans les mêmes termes qu'aux communications précédentes.

Si je suis entré dans des détails minutieux à ce sujet, c'est que j'aurais été bien peiné que l'on eût pu croire que les communications que vous m'avez adressées h la demande du ministre d'un pouvoir ami, étaient pour une cause ou une autre restées sans réponse.

J'ai, etc.,

Monck.

Son Excellence Lord Lyons.

Lord Monck à Lord Lyons.

Québec, 28 Novembre 1SG4.

MiLORD, — J'ai eu l'honneur de recevoir hier (dimanche) votre dépêcho du 22 de ce mois, contenant une communication du Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, dans laquelle M. Scward dit que des erreurs se sont glissées au sujet des noms de certains des prisonniers mentionnés dans sa première lettre demandant l'extradition de Samuel Eugène Lackey et autres, accusés de meurtre et assaut avec intention de meurtre dans l'Etat du Vermont, en conséquence de quoi il transmet une liste correcte des noms ainsi que des copies authentiques des plaintes formulées contre ces individus, et les mandats émis pour leur arrestation par les tribunaux compétents de l'Etat du Yermont.

En réponse, j'ai l'honneur de vous informer que des individus répondant aux noms mentionnés dans la communication de M. Seward, sont confinés dans la prison de Montréal

en attendant leur jugement, et qu'aussitôt que les preuves requises par le traité d'extradition auront 616 fournies, les mandats nécessaires seront émis pour leur reddition aux officiers des Etats-Unis.

J^ai, etc.,

MONCK

Son Excellence Lord Lyons.

Lord Monde à Sir F, Bruce. ^

Québec, 25 Septembre 18G5.

Monsieur, — J'ai l'honneur de vous transmettre copies des différents arrêtés du conseil de la province du Canada, en vertu desquels les fonds enlevés aux banques de St. Albaus en octobre 18G4, et irrégulièrement restitués par le chef de police à Montréal, ont été remboursés à ceux qui y avaient droit.

Un crédit pour le montant nécessaire a été voté par le parlement canadien, et je vous transmets copies des quittances fournies par les personnes auxquelles les sommes ont été payées.

J'ai, etc.,

MONCK

Son Excellence l'Honorable

Sir F. Bruce, G. C. B.

M. J. Hume Burnley au Vicomte Monde.

Washington, 23 Octobre 1864.

MiLORD, — J'ai l'honneur de vous transmettre copie d'une communication en date du 21 do ce mois que j'ai reçue de M. Seward, dans laquelle il remercie Votre Excellence et le gouvernement canadien de leur coopération cordiale dans l'affaire St. Albans, Vermont.

J'ai, etc..

J. H. Burnley.

Son Excellence le

Vicomte Monck,

etc., etc., etc.

M. Seward à M. Burnley*

Département d'Etat,

Washington, 21 Octobre 1864.

Monsieur, — J'ai reçu du consul des Etats-Unis à Montréal des communications dans lesquelles il m'informe que Son Excellence le gouverneur Monck et les autres autorités canadiennes déploient le plus grand zèle et la plus grande énergie pour faire arrêter les individus impliqués dans l'affaire St. Albans, Vermont. Il n'y a pas à douter que l'objet de ces déprédations est le même que celui qui a inspiré les brigandages récemment commis sur le lac Erié, c'est-à-dire que l'on cherche par tous les moyens possibles à engager les gouvernements des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne dans une guerre qui aurait la frontière pour théâtre. Sous ces circonstainces, je crois devoir vous[faire connaître que le Président apprécie hautement la conduite du gouvernement canadien et les mesures qu'il a prises à ce sujet.

Je n'ai pas encore reçu de rapport officiel ou autre des actes du pouvoir civil ou militaire des Etats-Unis, mais je suis heureux d'apprendre de sources non-officielles que les officiers et agents des deux gouvernements coopèrent ensemble de bonne foi et s'efforcent

(le fjiîro roypootrr Ioh droifH ctrniitnriK'i rrnpoctif» don doux payH — principe» qui lont en pirfuito htiriuuiiio uvco Icn vcjuux des lOtuiH-lInis.

J'ui, titc,

W. II. «KWAKD.

J. 11. Hurnlcy, Kcr.

M. ./. Ilumt', Burnleij au Vicomte Monde.

WAHiriNfiTON, lif) Octobre 1801.

Mi LORD, — tl'ai l'IioHuoiir ili; trausnKîttro à Votr(; Kxcolloucc copie d'une communica tion (jUP j'ai ce jour rt'^'iio du Scorc'tairo d'IOtat dt-H KtaLs-Unis, priant le gouvernement do Sa Mnjesto d'i'unettro les niaiidatH nécesHuires pour l'extradition do C. M. Wallaco et autre» actuelloniont détenus en Canada.

J'ai, etc.,

J. H. liURNLEY.

Son Excellence

lo Vicomte Monck, etc., etc., etc.

M. Seward à M. J. Hume BurnUy.

Département d'Etat,

Washington, 25 Octobre 1864.

MoNBiEUR, — Ayant appris par des renseignements reçus à ce département que C. M. Wallace, Charles Swazer, Bennett Youug, Squire Travis, Dudiey Moore, George Williams, alias George Scott, Samuel Gregg, Marcus A. Spiers, S. B. Collias, H. P. Bruce, S. C. Lackey, S. Doty et J. McGrostey, accusés d'avoir commis le crime de meurtre, assaut avec intention de meurtre et de vol dans la juridiction des Etats-Unis, à St Albans, Etat du Vermont, se sont réfugiés en Canada où ils ont été arrêtés et emprisonnés par les autorités de Sa Majesté dans le but de subir un interrogatoire, conformément aux dispositions du Xe article du traité d'extradition, j'ai l'honneur do requérir, par votre entremise, le gouvernement de Sa Majesté de faire émettre les mandats nécessaires à l'effet qu'ils soient livrés à la personne désignée par lo gouverneur de l'Etat de Vermont pour les recevoir, afin qu'ils puissent ôtrc ramenés aux Etats-Unis pour y subir leur procès.

J'ai, etc.,

W. H. Seward.

J. H. Burniey, Ecr.

Lord Lyons au Vicomte Monch.

W/shington, 29 Octobre 1864.

MiLORD, — Relativement à la dépêche de M. Burniey, en date du 25 octobre, j'ai l'honneur de transmettre à Votre Excellence copie d'une autre communication du Secrétaire d'Etat des Er.its-Unis, contenant une réquisition pour l'extraditioa de certains individus des Etats Unis réfugiés en Canada.

J'ai, etc.,

Ltons.

(Son Excellence le • Vicomte Monck,

etc., etc., etQ.

Mr. Seward à Lord Lyons.

Département d'Etat,

Washington, 29 Octobre, 18G4.

MiLORD, — Ayant appris par des renseignements reçus à ce département que Samuel Kuprènc jjackey, Squire Turner Travis, Charles Moore Swazer, George Scott, Hennett II. Young, Caleb McDowell Wallacc, James Alcxander Doty, Joseph McGrosty, Samuel Simpson Gregg, Dudley Moore, Thomas lîronsdon Collins, Marcus Spurr et Alcxander Pope Bruce, accusés d'avoir commis le crime de meurtre, d'assaut avec intention de meurtre et de vol dans la juridiction des Etats-Unis, sont actuellement incarcérés à St. Jean, Canada Est, en attendant que le gouvernement demande leur extradition, j'ai l'honneur de requérir, par votre entremise, le gouvernement de Sa Majesté de faire omettre les mandats nécessaires à l'effet qu'ils soient livrés à la personne désignée par le gouverneur de l'Etat de Vermont pou: les leccvoir, afin qu'ils puissent être amenés aux Etats-Unis pour y subir leur procès.

J'ai, etc.,

William H. Seward.

Son Excellence Lord Lyons.

M, J. H. Burnleg (pour Lord Ly&ni) au Vicomte Monck.

Washington, 7 Novembre 1864.

MiLORD, — J'ai eu l'honneur de vous informer, le 29 du mois dernier, que j'avais transmis au Secrétaire d'Etat des Etats-Unis copie de la dépêche de Votre Excellence en date du 26 du mois dernier, au sujet de l'ordre que l'on a dit avoir été envoyé par voie télégraphique à l'officier commandant à Burlington, Vermont, par le major-général Dix, à Toccasioa de ri^'.'':rsi.on récente sur St. Albans, et j'ai maintenant l'honneur de transmettre à Votre Exce^ :' i copie de la réponse de M. Seward.

J' i.er>ette qu'une maladie grave m'oblige de m'abstenir momentanément de toute partic.p.i': ;û dans les affaires de la légation.

J'ai, en conséquence, prié M. Burnley de signer pour moi en mon absence.

J'ai l'honneur d'être, Milord, De Votre Excellence,

Le très-humble et obéissant serviteur, (Pour Lord Lyons) J. Hume Burnlet.

A Son Excellence

le Vicomte Monck, etc., etc., etc.

M, Smfotd à Lord Lyont. ♦

Département d'Etat, Washington, 3 Novembre 1864.

Milord, — J'ai l'honneur d'accuser réception de la communication de Votre Seigneurie en date du 29 octobre dernier, accompagnée de copie de la dépêche qui^vous a été adressée par Son Excellence lord Monck, gouverneur général du Canada, dans laquelle il demande que j'explique ou désavoue le contenu d'un article publié dans le JS'ew York Uuemng Fost, au sujet des crimes de vol et de meurtre récemment commis à St. Albans par des individus yeoiie d\j Can^ida et retournés ensuite ©n Canada pQ^^ s'y niettr© à l's,\>v\ ^? J['af r^^^f'^i^H î)^

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nu chlltiiiiont. Ijc 2 le juur d'octobro «Icriiicr, j'ai adrcsBÛ une commuuication à M. Adiriin (lu Niijrt <!«' riiiriiro <'ii (|ue>4tioii, dauH ltti{Uullo jo lui >ii oxfiliquo nu lon^' U:n tuea et \vn ne.u liiiM'iits <li' ce t^oiivfi iirini'iiL ail huJuI. do l'otat iilarmant. d' ' n lu frf)rjti«*'rc do l'Arué-

ri(|ti(^ liiiLuiini(iuo du Nord, do M(9M cauMCH, do MON r<''MiiitHlM I i d<-M Kiciiiroit ik prendre

pour y retnif'ditT. Do.s ^«orit!! roinpli« «l'intli^nntion «lo la part do journuliNtc» cntièrr'ineni ind<''poii(IiintM du ^^ouvornciiitînf,, niiiHi ((u'uin; dohîruiinîitioij Hpont;iru'e chez le peuple de ropou.s.scr 1cm «ttu(|ue.s p:ir (U':\ rcpré-iiille-H, tcllcd M'»nt, entre autre», \c» con»6(|uence« (jui doivont nnturelleinent mo produirai (|UAud Ium u^roflflionH du Canada, (|uu nulio provocation no peut juMtilier, ncî pennuttcnt jilus it nos eitoyens d(« pourhuivre leur commerce Hur le/» lacM ou do HO reposer en paix dans leurs foyerR do crainte d'exposer leur.i propri<ités ou leurs yicH. Tout en étant Hineùrement Oimvuincu »]U(^ lo:d Monck est ^uidé par le Hentimcnt le }»lu.s pur do l'honneur et do la justice, cependant, après mûr examen de la question (ju'il a Boulevée, jtî 0(5 pui.^ iu'cmj)è(;her dt^ déclarer (ju'il ne saurait s'attendre do ma part à aucune modification des vues que j'ai déjà fait connaître au gouvernement de »Sa Majesté par l'entremise do M. Adaujs. Tandis (juo eo piouvernements'eniprcflHe de donner toute l'attention possible :\ la demande formulée par le vicomte Morick, il est notoire (jue les réfjuisitions que nous lui avons adressées pour l'extradition des criminels qui ont commis des déprédations sur le lac Erié, et des assassina et voleura qui ont envahi le Vermont, restent sans réponse, — (lu'une nouvelle incursion a eu lieu à Castinc, dans l'Etat du Plaine, et qu'il se trame des complots à Montréal dans le but d'incendier les principales villes de l'Union. Ce n'est pas à coup sûr le gouvernement ou le peuple des J'itats-Unis qui a failli dans raccomplissement des obligations internationales.

J'ai, etc.,

Lord Lyon s,

W. II. Seward.

LES INVASIONS FÉNIENNES.

No. 14. Sir John Michel à M. Cardwell.

Montréal, 10 Novembre 1865.

MoNSiEUii, — J'ai l'honneur de vous informer qu'avec l'approbation de mon conseil exécutif, j'ai appelé au service actif neuf compagnies de la milice volontaire de la province. Cette mesure a été adoptée dans le but de se préparer à repousser les invasions féniennes qui s'organiseraient aux Etats-Unis. J'ai l'intention d'échelonner les volontaires sur ces parties de la frontière qui sont le plus exposées aux attaques.

J'ai, etc.,

J. Michel.

Le Très-Honorable Edward Cardwell, etc., etc., etc.

No. 15. Lord Monch à M, Cardwell.

Montréal, 9 Mars 1866.

Monsieur, — J'ai l'honneur de vous transmettre copie d'un arrêté du conseil exécutif 7 mars 1866. de cette province à l'effet de mettre sous les armes dix mille hommes de la milice volontaire du Canada.

Vous avez appris, par les récentes dépêches qui vous ont été transmises par Sir John Michel et moi-môme, que des renseignements venus de différentes sources me portent ^ croire que les féniens ont l'intention de faire une incursion sur le territoire canadien.

De ces renseignements que confirment les agents de police, il ressort que des individus suspects ont été vus entrant en Canada du côté des Etats-Unis et reconnus dans les rues de nos grandes villes.

Ces rumeurs jointes aux déclarations faites en pleine assemblée par les chefs féniens, que leur intention était d'envahir le Canada, avaient créé un sentiment de grand malaise chet les habitants de ce pays.

Mes conseillers en vinrent h la conclusion, que j'adoptai sans réserve, que le temps était venu où le gouvernement devait de toute nécessité prendre des mesures décisives qui auraient l'effet de convaincre le peuple de la province, ainsi que ceux qui manifestaient l'intention de l'invahir, que le pays était à l'abri de tout coup de main et prêt à repousser les attaques que l'on serait tenté de diriger contre nous.

Vous apprendrez sans doute avec satisfaction que l'ordre appelant les volontaires a été émis par voie télégraphique des quartiers-généraux aux différentes stations, tard dans l'aprèsmidi de mercredi le 7 de c« mois, et que jeudi à midi, le 8, l'on y avait reçu des réponses qui nous apprenaient que 8,000 hommes étaient sous les armes et prêts à marcher sur tout point indiqué.

Je dois également ajouter que l'on continue h recevoir aux quartiers-généraux des offres de service qui dépassent de beaucoup le nombre d'hommes requis, et je n'hésite pas à croire que si l'occasion se présentait malheureusement, le nombre de volontaires prêts à voler à la défense du pays ne tarderait pas à se grossir de toute la population mâlo en état de porter les armes.

J'ai, etc.,

MONCK

Le Très-Honorable Edward Cardwell, etc., etc., etc.

No. 17. Lord Monch à M. Cardwell.

Montréal, 12 Mars 1866.

Monsieur, — Relativement h ma dépêche (No. 15) du 9 de ce mois, j'ai l'honneur de . vous transmettre un exemplaire de la Gazette du Canada^ contenant les ordres que j'ai émis à l'effet d'appeler au service actif dix mille hommes de la milice de cette province.

J'ai, etc.,

Monok.

•Le Très-Honorable

Edward Cardwell,

etc., etc., etc.

No. 43. Lord Monch à M. Cardwell.

Ottawa, 1er Juin 1866.

Monsieur, — J'ai l'honneur de vous annoncer que six cents féniene ont envahi la province ce matin. Ils ont traversé la rivière Niagara à Black Rock, près Buffalo, dans l'Etat de New-York, et se sont établis dans le village de Fort Erié, en Canada. Je m'occupe en ce moment des mesures à prendre pour repousser cette incursion.

J'ai, etc.,

Monck.

Secrétaire d'Etat.

No. 45. Lord Monch à M. Cardwell,

Ottawa, 4 Juin 1866.

Monsieur, — Relativement à ma dépêche (No. 43) du 1er juin, j'ai l'honneur de VOUB apprendre que les conspirateurs féniens qui traversèrent la frontière de Buffalo à Fort

J<]ri^, veiulicMli matin, Ii? Icr juin, /"-f'iîenf, iiii riombn; de litn' ■< r.. nP i-<.nfs ÎKiinfucH l.irn uriiit'H on a|i|mi'jn(M'.

il'nvais 6{() pr/'VtMm <|iio riiivuHii)ii on (jUc.Hlioii (Irvuit avciir b»i;iiloi. iicu, cl ,«;ii corin*;quonoo, un f()i|)M do V'dontairoM avait OU) Htationno lï l'ort (îolborn»' «-m viio do l'attaque (>r\)jot/'e,

Ii(5 tonjpH no n»'a pan onooro pcrnuM dn recevoir do coniptcu-rcndus ofTio'K-lM don opératiouH militaires ; main, d'après Kvs ii(»nv«'ll('«i ti''l<''|^rapln(iuc:<t «pii me Hont oxpédi^'CH, jo ino trouvo en mrsuro da pouvoir vous Iranstncttro h; raj»j)(»rr. Muivanf (]W^ j'rii lioti «le croirn authonti(|Uo.

Imjni'diatciiHMit. aj)ri'>-i avoir appris l'inva^^ion du pays, lu inajor-;j;r-riLrai ^aj-i'-r rjin-.'u parc'lioniin de lor sur ('liippi'Wa un corps d'artillerie ot, «i(! troupes régulières hous le commandcmout du colonol l'eacoeko, du Kîo r(!'''çnncrit. Clii[»p'^wa est à environ 11» millcH do Fort Krié, et, il n'y a |)as de eheniin do fer (pji r«;lio cesdtMix loealités. Kn arrivante (yliiptpcwa, le colonel Teacooko prit la route do l^'ort l'irié. Samedi nuitin, 2 juin, lo corps de volontaires stationné, comuiO je l'ai dit, ti J*ort ('olborno prit lo chemin do fer ({ui court parallèlement à la rivo du lae Kri6, et, prenant la direction de I''ort Krié, attci;:nit un endroit apjielé Kid^cway. Arrivés en ce lieu, les volontaires quittant la voie ferrée procédèrent à pied dans le but apparent d'elfectuer une jonction avec le colonel l-^cacockc et ses troupeg.

Ils tcuubèront sur les féniens campés sous bois et sans désamparer les attaquèrent, mais ils no tardèrent pas à être écrasés par le nombre et se virent forcés de retraiter sur Port Colborne. Cet engagement eût lieu dans la journée de samedi, 2 juin.

Pendant ce temps le colonel Peacockc, quittant Cliippewa, s'avançait vers Fort Kr\6 en longeant les bords de la rivière Niagara, mais il lui fut impossible d'atteindre cette localité avant la tombée de la nuit.

Cependant les f«5niens n'avaient pas attendu son arrivée pour retraverser la rivière pendant la nuit du 2 au i), au nombre de sept cent cinquante ; mais, comme l'indique le télégramme ci-joiut de M. le consul Hemans (No. 1), ils furent immédiatement arrêtés par les autorités des Etats-Unis.

Je suis heureux de pouvoir vous mentionner le fait que les officiers du gouvernement des Etats-Unis paraissent avoir fait tout en leur pouvoir pour empêcher les envahisseurs de recevoir des renforts. Je vous transmets copies des télégrammes (Nos. 2 et 3) reçus ù ce sujet du consul des Etats-Unis, M. Hemans.

Nous avons soixante-et-cinq prisonniers en notre position et, sur mes ordre.^, ils ont été écroués dans la prison de Toronto en attendant leur procès.

Un fait qui retourne grandement à Thonneur de l'armée et de la milice en Canada est que, 24 heures après l'invasion du pays, elles étaient en face do l'ennemi et le forcèrent de précipiter sa retraite avant même de songer à les attaquer.

Je ne manquerai pas de vous fournir tous les renseignements possibles dès que j'aurai reçu les rapports des officiers qui ont pris part i\ l'expédition ; mais, somme toute, les faits sont tels que je viens de vous lesi relater.

J'ai, etc.,

» MONCK

Le Très-Honorable

Edward Cardwell,

etc., etc., etc>

No. 47. Lord Monch à M. CardicelL ^

Ottawa, 8 Juin 1866.

Monsieur,— Continuant ma relation commencée dans ma dépêche (No. 45) du 4 juin, j'ai l'honneur de vous annoncer que les féniens n'ont pas, depuis cotte date, tenté d'envahir de nouveau le Canada.

Je n'ai pas encore reçu les comptes-rendus officiels de l'engagement du Fort Erié, mais 1b temps des officiers a été telleùieat employé, la semaine dernière qu^ils n'ont pu veiller à la correspondance.

Rien n'est venu contredire l'exactitude dea renseignements que je Tous ai transmis dans ma dernière dépêche,

Immédiatciiicnt après avoir appris les premières ncuvelles de l'invasion, je me suis empressé do placer sous les arni'^s toutr^s les troupes vuloutaires de la province.

J'<!;prouve le plus grand plii^ir à vous parler du patriotisme manifesté en face de l'invasion, tant j)ar radriiiuistratioij (|uc par la population de la province. J>a première a mis nans réserve à ma disposition, pour le service de Tarmée de Sa Majesté, toutes les ressources du pays. La seconde a répondu instantanément à l'appel aux armes, et je suis convaincu que je n'exagère pas la vérité en disant que 24 heures après que l'ordre eût été promulgué, UO,OUO hommes étaient sous les armes, et que 48 heures après, ces derniers ainsi que les troupes régulières avaient rejoint, sous les instructions du lieutenant-général, les différents postes qui leur étaient assignés dans le but de met^^^re h province à l'abri de l'invasion.

Grâce aux officiers et aux équipages des bâtiments de guerre actuellement dans le St. Laurent, une flotille de bateaux à vapeur a été nolisée par le gouvernement provincial et devra faire le service de canonnières sur le St. Laurent et les lacs.

Je suis également heureux de pouvoir vous annoncer que le gouvernement des Etats- Unis fait les efforts les plus énergiques pour déjouer les projets des féniens sur son territoire.

Je vous transmets la proclamation qui a été lancée par le Président ainsi que l'ordre émis par le procureur-général des Etats-Unis à l'effet de faire arrêter tous ceux qui ont pris une part active dans le complot. L'arrestation du général Sweeney et de certains membres de l'association fénienne qui se rendaient au nord par la voie ferrée prouve que cet ordre a été mis à effet, bien que non officiellement.

En face des préparatifs que nous avons faits et des mesures prises par le gouvernement des Etats-Unis, je suis convaincu qu'il n'y a plus de danger à moins que les bandes féniennes assemblées sur la frontière ne se livrent au pillage, ce que je ne redoute cependant pas.

Le parlement s'assemble aujourd'hui-même, et l'on doit sans délai proposer la suspension de l'acte d^haheas corpus et étendre au Bas-Canada l'acte en vigueur dans le Haut- Canada, (Statuts Refondus, Haut-Canada, c. 99,) au sujet de l'instruction du procès des prisonniers devant les cours martiales.

J'ai, etc.,

MONCK

Au Très-Honorable Edward Cardwell.

etc., etc., etc.

No. 1. Télégramme de Buffalo à Lord Monde,

3 Juin 1866.

Les féniens, au nombre d'environ 850, ont évacué le Canada à trois heures a. m. Sept cents d'entre eux avec leurs chefs sont arrêtés et surveillés par le bâtiment de guerre Michigan, •

H. W. Hem AN s.

No. 2. Télégramme de Buffalo à Lord Monch.

2 Juin 1866.

Les féniens, après avoir levé le camp à 2.30 a. m., ont descendu la rivière à environ 4 milles ; on les dit à moitié morts de faim et très démoralisés. On a pris six canons, c'est positif. La rivière a été surveillée toute la nuit par des bateaux à vapeur armés et nolisés par le procureur-général des Etats-Unis. Plusieurs arrestations ont été faites ; il n'est pas venu de renforts de l'autre côté. Le général Napier a régulièrement reçu des nouvelles télégraphiques.

H. W. Hemans.

Consul Anglais.

No. 3. Télfijrnmmf (/<■ lUilhil,» à Ijonl Miiml:.

'\ .Juin iKm).

li.'i IVontJÔr»', (lojniis l'iiio ius(|ir.L ( )..vv»';.'o, ii ctù |*l.iit <• par le ^'i-ru-ral (îraiit hoiih In «iirvoillauco (lu ^'('«m'-ral IJarry, do l'artilliirio doH Ktîit.s-l 'nirt, aujourd'Inii iiilmijo, JIu \'.\ ooinpupnieH, avco pouvoir d'en uu;;iuoijtLT lo nombre au boHoin. IJu bâtiment du revenu vi.'nt d'arriver pour faire lo ^uot Hur la riviùro. On aurait bien bcMoin ici d'une canonnière an^laine.

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