Zacharise, cap. 6, vers. 12 et
prêts à se secourir, toujours d'accord ; qu'ils soient le salut du peuple; que d'eux lui viennent tous les biens spirituels et temporels : que par eux enfin, tout ce qui est dans le monde se conserve dans une tranquillité agréable à Dieu et aux hommes.
Cette précieuse paix nous étant si fort recommandée par une Tradition que les Pères fondent sur l'autorité des Prophètes, et sur celle de Dieu même, nous n'avons pu la voir en danger d'être troublée par les contestations que la Régale a fait naître, sans avoir recours à l'Histoire, pour apprendre de nos Prédécesseurs et des Souverains Pontifes, ce que nous avions à faire en cette rencontre, nous proposant leurs paroles et leur exemple comme une règle infaillible de la conduite que nous devions tenir., Et nous avons trouvé que tout ce qui est établi par l'autorité de l'Evangile et par la Loi éternelle, doit demeurer immuable ; mais qu'en ce qui regarde ce que l'Eglise défend, les Evêques ont souvent jugé selon toute la rigueur des Canons ; que quelquefois aussi ils ont toléré beaucoup de choses selon la nécessité des temps; et que quand ils n'ont point vu de danger pour la Foi ou pour les mœurs, ils ont consenti à quelque adoucissement, non toutefois par un relâchement de discipline aveugle et inconsidéré, mais pour céder à une nécessité de telle nature, qu'elle auroit pu même faire changer les Loix. Car vos Prédécesseurs ont jugé que, les Décrets^ des saints Pères dévoient demeurer inviolables, à moins qu il n'y ait une grande nécessité de les changer ; d'où il suit que ces Décrets peuvent quelquefois être adoucis, s'il y a nécessité de le faire ; et les Pères disent qu'elle y est, quand on est menacé de ces grandes dissensions ou de ces mouvements pleins de troubles, qu'ils appellent avec raison la ruine des peuples \ (\\\iàoYs\a. Charité, qui est la souveraine Loi de l'Eglise, doit tempérer les autres Loix, et diminuer- quelque chose de la sévérité des Canons, pour remédier à de plus grands maux que ceux que ces mêmes Canons ont voulu
1. S. Bernardus, Tractatu de Praecepto et Dispensatione, cap. 4.