‹ Documents relatifs aux rapports du clergé avec la royauté (volume 2)Chapitre 9 sur 77 · S. Augustinus, Epistolâ · texte numérisé non relu

S. Augustinus, Epistolâ

empêcher ; et que c'est pour cela que les saints Pères et même le saint-Siège ont loué tant de fois cet adoucissement des Canons, quand il sert à édifier l'Eglise, à appaiser les différends, et à affermir la paix entre la Royauté et le Sacerdoce.

Voilà ce que nos Prédécesseurs ont appris de saint Augustin, et des autres Pères, de saint Léon, de Gélase et des autres Souverains 'Pontifes ; c'est la doctrine qu'ils nous ont laissée ; ils ont cru que, pourvu qu'on ne touchât pas au fondement de la Foi, et à la règle générale des mœurs ^, on pouvait user de quelque tempérament, quand même il sembleroit approcher de la faiblesse; ce quon ne devait considérer que comme un effet de la Charité qui couvre la multitude des péchés, qui se fait faible avec les faibles, qui souffre quand ses Frères sont scandalisés, et qui est tout à tous pour être utile à tout le monde.

Cela posé, si ce Droit, que nous appelons Régale, ébranloit les fondements de la Morale ou de la Foi, il est évident qu'Alexandre III, Innocent III, et tant d'autres Souverains Pontifes, si recommandables pour leur doctrine et pour leur piété, n'auroient pas approuvé ce Droit, et que le Concile de Lyon 2 ne l'aurait pas autorisé en faveur de tant de personnes et sous tant de titres différents. Véritablement on pourra dire qu'il a défendu de l'étendre aux Eglises qui jouissoient encore de leur ancienne et naturelle liberté ; mais, sans entrer présentement dans cette question, et sans examiner en détail toutes les paroles de ce Concile, les différents sens qu'on peut y donner, et toutes les choses qui l'ont précédé, ou qui l'ont suivi, il est constnnt qu'on ne doit pas craindre qu'un droit déjà établi dans la plupart des Eglises de France, sans que la Foi ou la Morale en aient souffert, puisse nuire à l'un ou à l'autre, si on l'étend aux autres Eglises. D'où il suit que la Régale ne touche en aucune manière la règle de la Foi'-\ ni celle des mœurs, qui ne

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