‹ Documents relatifs aux rapports du clergé avec la royautéChapitre 38 sur 88 · Voir cet article page · texte numérisé non relu

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Sujets du serment inviolable de fidélité qu'ils doivent à leur Souverain en tout événement et en toute épreuve ; de disposer des Couronnes et des Monarchies et d'érig-er en règle de foi des propositions si contraires à toutes les lois divines et humaines; dans tous ces cas, l'Autorité souveraine de Votre Majesté demeureroit-elle impuissante? Chargés par leur institution de veiller sans cesse à la conservation de vos Droits, les premiers Magistrats auroient-ils les mains liées par de pareilles innovations? Leur seroit-il permis de se taire sans trahir le plus essentiel de leur devoir? Ne seroient-ils pas au contraire dans le droit et dans Tobligation de s'élever contre des entreprises d'autant plus dangereuses qu'elles tendroient à soulever et à séduire vos peuples sous les dehors respectables de la Religion ? Et leur silence ne deviendroit-il pas criminel s'ils ne réclamoient pas et ne faisoient pas valoip toutes les Maximes du royaume jpour le mérite de votre Personne, de votre Couronne et de votre État?

Non, Sire, les sentiments de bonté qui régnent dans votre cœur, la justice et la protection que vous devez à vos peuples, votre amour pour leur bonheur et leur tranquillité nous rassurent aujourd'hui contre toutes ces craintes.

Qu'il nous soit permis d'espérer qu'instruits de la pureté des motifs qui ont amené les démarches de votre Parlement et de l'importance des précautions qu'il avait jugé nécessaires pour maintenir dans les conjonctures les plus critiques la paix de l'Eglise et de l'Etat, bien loin de le regarder comme incompétent sur des matières qui intéressent si directement la Police générale et l'ordre public. Votre Majesté voudra bien le juger digne de ces marques de protection et de confiance qui lui seront toujours si précieuses et lui donner par là de nouvelles forces pour remplir toute l'étendue des obligations que les Ordonnances lui imposent et pour réprimer avec succès en votre nom toutes les démarches qui pourraient tendre au schisme.

L'intérêt de votre Parlement n'est pas ce qui nous touche le plus aujourd'hui; d'autres motifs encore plus pressants

RÉPONSE DU KOY 87

ont excité notre ministère et notre zèle : c'est le bien de votre Service, c'est l'intérêt de Votre Majesté ; c'est la tranquillité de votre Royaume d'où dépend le salut de votre Etat qui ont animé toutes nos démarches et qui font encore toutes nos espérances.

Ce sont là les très humbles et très respectueuses Remontrances qu'ont cru devoir présenter à Votre Majesté

Vos très humbles, très obéissants, très fidèles et très affectionnés Sujets et Serviteurs,

Les gens tenans votre cour de Parlement.

Fait au Parlement le quinzième jour de may mil sept cent trente trois. Signé Portail.

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