‹ Documents relatifs aux rapports du clergé avec la royautéChapitre 62 sur 88 · Requête à Charlemagne, t. I des Capital., p · texte numérisé non relu

Requête à Charlemagne, t. I des Capital., p

Les Capitulaires* de nos Rois rappellent incessamment la même maxime. Ils reconnoissent non seulement, que les Sacrifices offerts par les Prêtres, mais encore toutes les offrandes faites par les Fidèles, soit en meubles soit en immeubles, sont indubitablement consacrés à Dieu. Ils enseignent que c'est aux Ministres seuls de la Religion qu'appartient le droit d'en disposer. Ils condamnent dans les termes les plus forts ceux qui violeroient Tlmmunité de TEglise en levant des taxes sur ses biens. Ils déclarent les Princes plus inexcusables que les autres parce que les biens Ecclésiastiques sont particulièrement sous leur protection.

Nos Souverains ont non seulement toujours reconnu les principes sur lesquels sont fondées les Immunités de l'Eglise, mais ils ont encore signalé leur piété en protégeant les défenseurs de ses droits. Pendant que Saint Thomas de Cantorbéry étoit banni d'Angleterre, dit M. Bossuet, comme ennemi des droits de la Royauté, la France plus équitable le recevoit en son sein comme le Martyr des Libertés ecclésiastiques ^. Nos Rois donnèrent cet exemple à tout V univers. Le même prélat dit ailleurs en parlant encore de Saint Thomas : plus la cause que ce saint Martyr soutenoit a paru douteuse et équivoque aux politiques et aux mondains, plus la divine puissance s'est déclarée d'en haut en sa faveur.

Dès le commencement de la Monarchie, nos Rois avoient fait passer en pratique les principes que nous avons établis ; quoique l'Immunité des biens Ecclésiastiques fût appuyée sur leur nature, l'Eglise avait besoin pour en jouir que le Prince la reconnût et l'autorisât. L'histoire nous fournit plusieurs exemples de concessions par lesquelles nos premiers Rois assurèrent aux Eglises des Gaules l'Immunité dont elles avoient joui sous les Empereurs romains.

Il se tint en 511 un Concile à Orléans dans lequel on voit

1. CapiluL, liv. VI, chap. i04 et 407; liv. V, chap. 339; liv. VII, chap. 142.

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