‹ Documents relatifs aux rapports du clergé avec la royautéChapitre 70 sur 88 · Voir page 104, note · texte numérisé non relu

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« ... Et comme ces didèrcntes atteintes aux immunités de TÉglise et du "clergé et aux franchises, libertés et exemptions de biens et droits qui lui ■appartiennent sont entièrement opposés à nos intentions et que, suivant l'exemple des rois nos prédécesseurs, bien loin de souffrir qu'il soit entrepris quelque chose, au contraire nous serons toujours portés à les maintenir et même à les augmenter, nous avons regardé comme un devoir essentiel •et conforme à la protection que nous devons à l'Eglise de pourvoir sur le tout tant pour le présent que pour l'avenir, par un règlement perpétuel et irrévocable. «(Déclaration du 8 octobre 1726).

trats, Tordre des conditions, la stabilité des fortunes, le repos et le bonheur des peuples ?

Mais nous vous avons présenté encore des considérations plus propres h nous rassurer parce qu'étant tirées de la Religion elles sont plus capables d'intéresser en notre faveur la piété de Votre Majesté. Nos biens sont voués, consacrés à Dieu ; c'est à l'entretien des Temples, à la décence des Autels, c'est à la subsistance des Ministres de Jésus-Christ et au soulagement des pauvres que ces biens doivent être employés. Est il une destination plus sainte et plus respectable? N'est-elle pas même tout entière à l'avantage et à la décharge de l'Etat? L'Eglise peut et doit secourir l'Etat, mais c'est au Clergé à juger si ce qu'on lui demande pour la Patrie ne porteroit pas un trop grand préjudice au culte extérieur de la Religion.

Sire, quand le Clergé se seroit prévalu de ces maximes pour témoigner à Votre Majesté moins de zèle que ses autres sujets, elles n'en seroient ni moins sages ni moins certaines; nous serions seuls coupables d'en avoir abusé; mais peut-on nous reprocher d'être moins ardens que les autres Corps de l'Etat pour le bien de votre service? Epuisés par les efforts que nous avions faits au commencement de la guerre, nous n'avons jamais craint d'ajouter un nouveau poids aux dilférens fardeaux que nous nous étions imposés et nous pouvons assurer que la partie du Clergé, même la plus soulagée, porte des charges plus considérables que ne sont celles des autres Ordres du Royaume. Il est vrai que nos secours sont volontaires, mais, pour être volontaires, ils ne perdent certainement rien de leur mérite aux yeux d'un prince moins jaloux de sa puissance que de l'amour de ses Sujets.

Non, Sire, i^l n'est pas à craindre que les Ecclésiastiques veuillent jamais s'autoriser de leurs Immunités pour en devenir citoyens moins généreux et moins zélés. S'il y a aujourd'hui un écueil k redouter, c'est qu'à force de se familiariser avec Tusage des biens de l'Eglise, on ne perde de vue leur sainte destination. C'est que le cas de nécessité qui

Mention. — Riipporls du Clenjé avec la BoyuuU'. — II. 10

seul donne droit d 'y avoir recours ne dégénère en habitude et que le désir de plaire à ses Princes ne fasse illusion au Clergé lui-même sur les loix du dépôt qui lui a été confié.

L'objet de nos représentations, Sire, intéresse la Religion par lui-même et dans ses suites. Nous oserons vous dire que les moindres nouveautés introduites dans ses maximes et dans ses usages lexposent à de grands dangers. Des Etats voisins nous en fournissent des preuves trop funestes et, s'il y a jamais eu un temps où ces exemples ayent dû nous effrayer, c'est sans doute celui où nous vivons.

Une affreuse philosophie s'est répandue comme un venin mortel, et a séché la racine de la Foi dans presque tous les cœurs. Le scandale de l'impiété, enhardie parle nombre et la qualité de ses partisans, ne garde plus de mesures. Des Ecrits pleins de blasphèmes se multiplient tous les jours ; ils bravent la vigilance des Magistrats et le zèle des Pasteurs.

Sire, vous devez aujourd'hui à la Religion une protection plus éclatante que jamais parce qu'elle n'a jamais été aussi vivement attaquée et les marques de votre attachement, qui, dans tous les temps, lui ont été infiniment précieuses, lui sont aujourd'hui indispensablement nécessaires.

Nous lisons dans les Actes du Concile, tenu à Thionville sous Charles-le-Chauve en 845, cette prière : Nous vous conjurons avec instance^ disoient ces prélats, de ne point oublier la protection que les Rois, vos Prédécesseurs, ont accordée à VEglise, ce qui a attiré la protection de Dieu sur leur Gouvernement et leur a mérité de vaincre leurs ennemis. Nous vous conjurons de vous vappeller que, lorsque VEyypte fut contrainte de payer à ses Rois le cinquième de ses revenus, les prêtres des faux Dieux furent exceptés de cette loi, qu'ils le furent par le conseil de Joseph, le plus sage et le plus éclairé de tous les Ministres, Princes chers à l'Eglise, qui avez été nourris dès votre enfance du lait de la parole de Dieu, qui avez puisé la science du salut dans les saintes Ecritures, où nous trou-.

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