‹ Documents relatifs aux rapports du clergé avec la royautéChapitre 71 sur 88 · LETTRE DU ROI · texte numérisé non relu

LETTRE DU ROI

vons cet exemple de Religion de la part d'un Prince infidèle^ ne souffrez point qu^on enlève à V Eglise les biens et les avantages dont elle jouit; ne souffrez point qu'on la dépouille de cet éclat extérieur ^ qui est comme la robe dont fut revêtu Jésus-Christ^ son divin Epoux,

Vous les voyez, Sire, ces mêmes ministres de la Religion, prosternés aux pieds du Trône, pour vous tenir le même langage. Ils ne vous demandent que d'être rassurés sur la liberté de leurs Dons et sur une Imposition incompatible avec la nature de leurs biens. Ils ne vous demandent que la conservation des Immunités dans lesquelles plus de soixante Rois, vos Prédécesseurs, les ont constamment maintenus ; ils ne vous demandent que d'être traités par le Fils aîné de l'Eglise comme ils l'ont toujours été par tous les Princes de l'Univers Catholique. Ils ne vous demandent que l'exécution des engagements que Votre Majesté a pris au jour de sa Consécration. Ils ne vous demandent que la grâce de revoir leurs Eglises sans la douleur de les avoir trahies, sans le malheur de vous avoir déplu.

Ce sont. Sire, les très humbles et très respectueuses Remontrances que présentent à Votre Majesté ses très humbles, très soumis serviteurs et fidèles Sujets, les Cardinaux, Archevêques, Evêques et autres Ecclésiastiques députés, composants l'Assemblée générale du Clergé de France.

Le bureau de TAssemblée fut reçu le 10 septembre à Versailles et admis à présenter ses Remontrances. Le Roi, pour toute réponse, engagea TAssemblée à délibérer le plus promptement possible sur la contribution de sept millions et demi qu'avaient réclamée en son nom ses Commissaires.

Le lendemain, l'Assemblée, délibérant par province, déclare que « n'étant point rassurée sur la conservation de ses immunités

et sur la liberté de ses dons », elle était toujours dans l'impossibilité de répondre à la demande qui lui avait été adressée.

Le Roi lui dépêche alors le comte de Saint-Florentin qui communique à l'Assemblée la lettre suivante :

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