LETTRE DU ROI
répartitions dans les Diocèses particuliers. Après tant de témoignages d une protection singulière et distinguée, je n'aurois pu, en répondant à vos Remontrances, que vous renouveller les mêmes assurances de bonté. Je vois, en effet, par le compte que je m'en suis fait rendre en mon Conseil que je les avais prévenues , et il ne devoit plus être question que de prendre une délibération précise sur la demande faite par mon ordre à votre Assemblée. Je ne m'attendois pas que le Clergé de TEglise Gallicane, si zélé défenseur de Tautorité souveraine et indépendante des Rois sur le Temporel, semblât vouloir en affranchir ses possessions, comme si l'obligation où je suis de veiller à la défense et à la conservation de ses Biens ne faisoit pas naître de sa part celle de contribuer aux besoins de l'Etat dont il fait partie. C'est donc avec regret que je me verrois obligé d'avoir recours à des voies d'autorité qui, en maintenant les maximes de mon Royaume, n'auroient pour objet que le véritable bien du Clergé, si vous persistez à ne pas prendre une délibération sur la demande faite par mon ordre à votre Assemblée et que je dois attendre de votre respect, de votre reconnoissance et de votre attention pour les intérêts du Clei^é.
Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait. Messieurs, en sa sainte garde.
Ecrit à Versailles le 15 septembre 1750.
Signé : Louis.
Et plus bas : Piielypeaux.
En transmettant cette lettre à TAssemblée, le comte de Saint- Florentin lui avait fait savoir qu'il attendait au nom du Roi une délibération et une réponse immédiates. Et, comme on lui faisait remarquer qu'une affaire si j^rave demandait le temps de la réflexion, il annonça qu'il avait ordre de ne pas sortir du Couvent des Augustins, où siéjj^eait alors l'Assemblée, avant qu'elle n'eût pris une délibération positive.
A cette mise en demeure, leCler|^é, obstiné dans sa résistance.
déclare que « n'ayant pu trouver dans la lettre du Roi de quoi se rassurer contre les atteintes portées à la liberté de ses dons », il se trouvait dans l'impossibilité de délibérer et de répondre aux ordres du Roi autrement que « par ses larmes ».
Le comte de Saint-Florentin remet alors au Président la Lettre de cachet et TArrêt du Conseil que voici :