Voir la note de la page
2. A ces « Kxtraits des assertions dangereuses », les Jésuites répon-
tout genre, que lesdits soy disans Jésuites ont dans tous les temps et perse véramment soutenues, enseignées et publiées dans leurs livres, avec l'approbation de leurs Supérieurs et Généraux, il seroit nommé des Commissaires de notre dite Cour, qui s'assembleroient le mardy 15 décembre suivant ;
Mémoires et Avis des Bailliages, Sénéchaussées, Gorpsde-ville et Universités, du ressort de notre dite Gour, sur la nécessité et les moyens de confier à autres qu'aux dits soy disans Jésuites l'éducation de la jeunesse ;
Arrêts des 17, 19, 20, 26, 27 février, 2, 6, 9, 13, 20, 23 et 27 mars 1 762 et autres concernans la tenue des collèges dans les villes de Laon, Mauriac, Aurillac, Ghâlons-sur- Marne, Bourges, Nevers, Angoulême, Ghaumont-en-Bassigny, Auxerre, Langres, Fontenay-le-Gomte, Amiens, Blois, Orléans, Tours, Saint-Flour, Sens, Glermont-Ferrand, Billom, Lyon, la Flèche, Bar-le-Duc, Mâcon, la Rochelle, Gharleville, Poitiers, Gompiègne, Roanne, Moulins, Eu, Arras, Hesdin, Saint-Omer, Béthune et Aire, par autres que par lesdits soy disans Jésuites ;
Extraits des Assertions dangereuses et pernicieuses en tous genres que lesdits soy-disans Jésuites ont dans tous les temps et perse véramment soutenues, enseignées et publiées dans leurs livres avec l'approbation de leurs Supérieurs et Généraux, vérifiées et colla tionnées par les Gommissaires de notre ditte Gour en exécution de l'Arrêt du 31 Aoust 1761 et Arrêt du 3 septembre suivant, sur les
daient que, pour les établir, on n'avait pas falsifié moins de 758 textes. Dans son mandement du 8 novembre 1763, l'archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, insiste aussi sur « la partialité évidente des rédacteurs des Extraits »>, et l'infidélité de la traduction. Il ajoute : « Il n'est aucune branche de ces opinions pernicieuses que V Éj^lise n'ait extirpée dans les temps convenables... Depuis lonjj^temps, la doctrine meurtrière avait été foudroyée par les censures théolof^iques, par la définition du Concile de Omstance, par l'cnscij^nement contraire des Pasteurs du premier et du second ordre. L'indépendance des Souverains avait été vengée par les écrits de nos controversistes et par les dilïerentes déclarations de l'K^lise g:allicane. La pureté de sa morale avait été maintenue par quantité de décisions émanées du St. Siège et des Évoques. »>
livres, thèses, cahiers, composés, dictés et publiés par les dits soy disans Jésuites et autres actes autentiques déposés au Greffe de notre ditte Cour en exécution des Arrêts des 3 Septembre 1761, 5, 17, 18, 26 février et 5 mars 1762, desquels Extraits il résulteroit :
Unité de sentiments et de doctrine. — Unité de sentiments et de doctrine des soy-disans Jésuites établie tant dans le livre intitulé : Imago primi Sœculi, ouvrage de tous ceux de ladite Société qui composoient la province de Flandre, et par eux mis en lumière en Tannée 1640, que dans la Remontrance des dits soy-disans Jésuites à TEvêque d'Auxerre en 1726, dans les ouvrages de Daniel en 1724, de Gretzer en 1738, et dans les Constitutions de laditte Société imprimées à Prague en 17S7 :
Probabilisme. — Le probabilisme * enseigné par Henriquez en 1600, par Tolet en 1601 et en 1630, par Salas en 1607, par Suarez en 1608, par de Valence en 1609, par Sanchez en 1614, par Coninck en 1619, par Reginald en 1620, par Vasquez en 1620, par Fagundez en 1626, par Laymann en 1627, par Castro-Palao, en 1631, par Filliuciusen 1633, par Baldel en 1637, par Amicus en 1640, par Caussin en 1644, par Martinon en 1646, par Escobar en 1652, par de Lessau en 1655 et en 1656, par Poignant en 1656 et en 1657, par Tambourin en 1 659, par Jean de Lugo en 1660, par Scildere en 1664, par Guimenius (Moya) en 1664, par Terillus
1. Le « probabilisme » tend à faire sortir la morale du dpmaine de la certitude et de « rimpëratif catégorique. » Le doute peut naître soit de situation complexes où l'on n'aperçoit pas clairement du premier coup tout son devoir. Il peut venir aussi du secret désir de concilier les apparences de la morale avec les suggestions de l'intérêt ou des passions. Les adversaires des Jésuites leur reprochaient de considérer une opinion comme « probable » et, par suite, excusable, quand elle pouvait s'appuyer sur la diversité des doctrines ou les opinions particulières des docteui-s, quia selon l'expression d'Escobar, ex opinionum varielate jugum Christi suaviter sustinetnr. « Le probabilisme a le double avantage d'adopter toutes sortes de propositions et de les désavouer toutes quand il le faut. Il se désavoue lui-même au besoin et l'espèce de pyrrhonisme qui en est le principe, permet de professer tour à tour et sans répugnance les opinions contradictoires ». Ripert de Monclar, Compte-rendu des Conslitutions^ p. 254 et suiv.
en 1669, par Fabri en 1670, par de Rhodes en 1671, .par Platel en 1679, par Gobât en 1700, par Gardenas en 1702, par Perrin en 1710, par Gasnedy en 1711, par les soy-disans Jésuites de Reims en 1718, par Marin en 1720, par Gabrespine en 1722, par Gharli en 1722, par Daniel en 1724, par Taberna en 1736, par Arsdekin en 1744, par Deschamps en 1749, par Fegeli en 1730, par Zaccheria en 1750 et en 1753, par Gagna en 1753, par Gravina en 1752 et en 1754, par Balla en 1753 et 1755, par Garpani en 1753 et 1755, par ledit Zaccheria en 1755, par Stoz en 1756, par Ghezzi en 1756, par ledit Zaccheria en 1757, par Busembaum et Lacroix en 1757, par Muszka en 1757, par Reuter en 1758, par Trachala en 1759, tous membres de ladite Société :
Péché philosophique^ Ignorance invincible^ Conscience erronée, — L'enseignement du système du péché philosophique^, de l'ignorance invincible^, même de la loy naturelle et divine, de la conscience erronée^, servant d'excuse à tous genres de crimes, constamment soutenu depuis 1607 jusques et compris 1761, sçavoir par Salas en 1607, par Sanchez en 1614, par Reginald en 1620, par Laymann en 1627, par Filliucius en 1633, par Jean de Lugo en 1633, par Dicastille en 1641, par Gaussinen 1644,
1. Un adultère et un homicide peuvent mériter des châtiments devant les tribunaux, mais ils ne mériteront point les peines éternelles et Dieu ne pourra les punir si le coupable n'a pas fait attention à la malice du péché et à son op])osition avec la divine loi. C'est un péché philosophique parce qu'il blesse la droite raison ; il n'est point théologique parce que Dieu auquel on ne pensait pas n'est point offensé, « peccatum philosophicum ». Ripert de Monclar, p. 249.
2. « L'existence du Créateur peut être invinciblement ignorée par la créature et il suffit à ceux qui le connaissent d'avoir banni d'avance toute idée de sa justice et de sa loi lorscju'ils commettent les plus grands crimes pour s'assurer l'impunité. Si la C(mscience erronée peut transformer en cruvre de lumière l'oHivre de ténèbres, la conscience distraite ou inattentive suffît pour nous exempter des peines du péclié. » /c/., p. 248.
3. « Toutes les actions qu'un homme fait de bonne foi, sans remords et sans scrupules, sont légitimes... Ce n'est plus la lumière éternelle qui nous éclaire ni la vérité immuable, c'est une conscience vraie ou fausse qui est notre règle propre et personnelle. Le bien et le mal moral dépendent du jugement que nous portons dans nos Ames. Le crime même devient méritoire et agréable à Dieu lorsque notre conscience, trompée par une ignorance moralement invincible des préceptes de la loi naturelle, nous le présente comme une bonne action, et l'nomicide commis par l'impulsion de la conscience est un acte de religion. » /d., p. 247.
par Escobar en 1636, par Tambourin en 1659, par de Rhodes en 1671, par Pomey en 167S, par Platel en 1678 et en 1679, par de Bruyn en 1687, par Bonucci en 1704, par Perrin en 1710, par Casnedy en 1711, par Georgelin en 1717, par les soy disans Jésuites de Reims en 1718, par Mingrival en 1719, par les soy disans Jésuites de Caen en 1719 et en 1720, par Marin en 1720,parSimonnet en 1721, par Charli en 1722, par Cabrespine en 1722, par Le Moyne en 172S, par les soy-disans Jésuites de Caen en 1726 et en 1729, par Busserot, en 1732, par Taberna en 1736, par les soy-disans Jésuites de Paris en 1737, par Bougeant en 1741, par Arsdekin en 1744, par Fegeli en 1750, par Muszka en 1756, par Stoz en 1756, par autre ouvrage dudit Muszka en 1757, par Busembaum et Lacroix en 1757, par Trachala en 1759, par les soy-disans Jésuites de Bourges en 1760, par les soy-disans Jésuites de Caen en 1761;
Simonie et Confidence, — La Morale concernant la Simonie et Confidence enseignées depuis 1590 jusques et compris 1759, savoir par Sa en 1590, par Tolet en 1601, par de Valence en 1609, par Reginald en 1620, par Filliucius en 1633, par Longuet en 1654 et en 1655, par Poignant en 1656 et en 1657, par Escobar en 1663, par Fabry en 1670, par Taberna en 1736, par Arsdekin en 1744, par Laymann en 1748, par Busembaum et Lacroix en 1757, par Trachala en 1 759 ;
Blasphème, — La Morale concernant le Blasphème, enseignée pendant le cours du siècle passé et du siècle présent, sçavoir par Amicus en 1640, par Bauni en 1653, par Casnedy en 1711, par Fegeli en 1750, par Stoz en 1756;
Sacrilège, — La Morale, concernant le Sacrilège, enseignée par François de Lugo en 1652, par Gobât en 1700 et en 1701;
Maléfice, — La Morale concernant la Magie et le maléfice enseignée depuis 1663 jusqu'à 1759, sçavoir par Escobar en 1663, par Taberna en 1736, par Arsdekin en 1744, parLaymann, en 1748, par Trachala en 1759.
ÀhKË^T DE Là couk bt 6 AdbT l76â 17â
Àsiroloffie» — La Morale concernant l'Astrologie enseignée par ledit Arsdekin en 1744, par Busembaum et Lacroix en 1737 ;
Irréligion, — L'Enseignement concernant l'irréligion de tous les genres, publiée depuis 1607 jusques et compris 17S9, savoir par Salas en 1607, par Suarez en 1621, par Gordon en 1634, par Alagona en 1620 et en 1635, par le livre desdits soy-disans Jésuites de la province de Flandre intitulé : Imago primi Sseculi Societatis Jesu en 1640, par Antoine Sirmond en 1641, par Gaussin en 1644, par Adam en 1650, par Escobar en 1652, par de Lessau en 1655 et en 1656, par Tambourin en 1659, par Guimenius (Moya) en 1664, par Estrix en 1672, par Pomey en son petit Catéchisme Théologique en 1675, par les nouveaux éloges donnés audit Catéchisme par Zaccherriaen 1754, par Platel en 1680, par de Bruyn en 1687, parles thèses des soy-disans Jésuites de Gaen en 1693, par Gobât en 1701, par Garaenas en 1702, par Francolin en 1707, par Gasnedy en 1711, par les thèses des soy-disans Jésuites de Gaen en 1719, par Marin, confesseur de Louis-Philippe, Infant d'Espagne, en 1720, par Gabrespine dans ses cahiers dictés à Rhodez en 1722, par Le Moyne dans ses cahiers dictés à Auxerre en 1725, par Simonnet en 1726, par Berruyer en 1728, 1733 et années suivantes, par Hardouin ne 1741, par Oudin en 1743, par Pichon en 1745, par autre ouvrage de Berruyer en 1753 et en 1754, par Stoz en 1756, par Muszka en 1756, par Ghezzi en 1756, par Busembaum et Lacroix en 1757, par autre ouvrage de Berruyer en 1758, par Reuter en 1758, et par Trachala en
Idolâtrie, — L'enseignement concernant l'idolâtrie et
superstition en général et spécialement l'enseignement et pratiques desdites idolâtrie et superstition dans les missions Chinoises et Malabares depuis 1614 jusqu'en 1745, établi parles livres de Vasquez en 1614, de Fagundez en 1640, par les suppliques des soy-disans Jésuites à Rome en 1756 et autres subséquentes, par leurs apologies publiées
par le Comte en 1697, par l'acte d'appel desdits soy-disans Jésuites en 1707, par Jouvency en 1710,^ indépendamment des autres Actes, Pièces, Décrets et Balles cy-après énoncés jusques et compris la Bulle de 1745 ;
Impudicité, — L'enseignement concernant Timpudicité*, publié par les soy-disans Jésuites depuis 1590, jusques et compris 1759, sçavoir par Sa en 1590, par Corneille delà Pierre en 1622, par Castro Palao en 1631, par Gaspard Hurtado en f633, par Gordon en .1634, par Dicastille en 1641, parEscobaren 1652 et en 1663, par de Lessau en 1655 et en 1656, par Tirin en 1668,* par Gobât en 1700, par Charli dans ses cahiers dictés à Rhodez en 1722, par Tabernat en 1736, par Sanchez en 1739, par Fegeli en 1750, par Busembaum et Lacroix en 1757, par Trachala en 1759 ;
Parjure^ fausseté^ faux-témoignage , — L'enseignement concernant le parjure, fausseté, faux-témoignage depuis 1590 jusqu'en 1760, sçavoir par Sa eu 1590, par Tolet en 1601, par Eudémon Jean en 1610, par Suarez en 1614, par Sanchez en 1614, par Reginald en 1620, par Lessius en 1628, parle Manuel des Congrégations à l'usage des Escoliers desdits soy-disans Jésuites en 1633, par Filliuciùs en 1633, par Gordon en 1634, par Castro- Palao en 1638, par Fagundez en 1640, par Dicastille en 1641, par François de Lugo en 1652, par Escobar en 1652 et en 1653, par Platel en 1680, par Gobât en 1701, par Cardenas en 1702, par Casnedyen 1719, par Marin en 1720, par Charli dans ses cahiers dictés à Rhodez en 1722, par Taberna en 1736, par Laymann en 1627 et en 1748, par Fegeli en 1750, par Tambourin en 1659 et en 1755, par Stoz en 1756, par Busembaum et Lacroix en 1757, par Reuter en 1758, et par Antoine en 1761 ;
1. « S'il (rordre des Jésuites) avail les vices qu'on lui reproche, comment ces vices auraient-ils échappe aux yeux de TE^Iise, soit assemblée, soit dispersée, aux yeux de tant de papes et de tant d'évêques, aux yeux de toutes les puissances catholiques et de leurs conseils, aux yeux môme des magistrats qui l'ont vu si longtemps en vigueur et qui ne l'avaient jamais inculpé. » Instruction pastornle de l'arch. de Ptiris^ 8 novembre 1763.
XIII. Prévarications des Juges, — L'enseignement, en ce qui concerne les prévarications des juges par Fabry en 1670, par Tabernaen 1736, par Laymann, éditions de 1627 et 1648, par Fegeli en 1750, par Busembaum et Lacroix en 1737;
XIV. VbZs, Compensations occultes. Recelés^ etc. — L'enseignement concernant les vols, compensations occultes, recelés, etc, continué depuis 1590 jusques et compris 1761, par Sa en 1590, par Tolet en 1601, par Rebel en 1608, par Reginald en 1620, par Granados en 1624, par Filliucius en 1633, par Gordon en 1634, par Alagona en 1620 et 1635, par Fagundez en 1640, par Dicastille en 1641, par Amicus en 1642, par les preuves résultantes de l'interrogatoirre de Jean Alba en 1647, par Jean de Lugo en 1652, par Bauny en 1653, par Longuet en 1654 et 1655, par de Lessau en 1635 et 1656, par Escobar en 1663, par Moya sous le nom de Guimenius en 1664, par Gardenas en 1702, par Casnedy en 1*711, par Marin en 1720, par Charly en ses cahiers dictés à Rhodez en 1722, par La Moyne en ses cahiers dictés à Auxerre en 1725, par Mulina, éditions de 1602, et 1733, par Taberna en 1736, par Laymann, éditions de 1627 et 1748, par Fegeli en 1750, par Tambourin, éditions de 1659 et 1755, par Stoz en 1756, par Busembaum et Lacroix en 1757, par Reuter en 1758, par Trachala en 1759, par Antoine, éditions de 1745 et 1761 ;
XV. Homicide, — L'enseignement concernant l'homicide, aussi continué depuis 1590 jusques et compris 1761, Savoir par Sa en 1590, par Henriquez en 1600, par Rebel en 1608, par de Valence en 1609, par Azor en 1612, par Reginald en 1620, par Tanner en 1627, par Lessius en 1628, par Filliucius en 1633, par Gaspard Ilurtado en 1633, par Baldel en 1637, par Fagundez en 1640, par Dicastille en 1641, par Amicus en 1642, par Ayrault dans ses cahiers dictés à Paris en 1644, par Jean de Lugo en 1652, par Bauny en 1653, par Longuet dans ses cahiers dictés à Amiens en 1654 et 1653, par Escobar en 1663, par Moya sous le nom de Guimenius en 1664, par Fabri ea 1670, par Pomey en
Iï6 La àÙt>PRESSlON DES îÉsciTÊé
son Catéchisme en 1675, par Platel en 1679 et en 1680, pat* de BrujTi en une Thèse en 1687, par Cadenas-en 1702, par Casnedy en 1711, par Marin en 1720, par Charly en ses cahiers dictés à Rhodez en 1722, par Molina, éditions de 1609 et 1733, par Taberna en 1736, parLaymann, éditions de 1627 et 1748, par Fegeli, en 1750, par Tambourin, éditions de 1659 et 1755, par Busembaum et Lacroix en 1757, par Antoine, éditions de 1745 et 1761 ;
XVI. Parricide et homicide. — L'enseignement concernant le parricide et homicide, par Dicastille en 1741, par Escobar en 1663, par Gobât en 1700, par Casnedy en 1719, par Stoz en 1756 ;
XVII. Suicide et homicide. — L'enseignement en ce qui concerne le suicide et homicide par Laymann, éditions de 1627 et 1748, par Busembaum et Lacroix en 1757 ;
XVII I . Majesté et Régicide . — L'enseignement et pratique d'attentats à l'autorité et à la vie des Rois, par les membres de ladite Société, tant ceux dont les ouvrages ont déjà été flétris par les précédents Arrêts de la Cour, qu'autres auteurs et leurs apologistes, leurs aveux et autres pièces juridiques, desquels la tradition se continue depuis 1590 jiisques et compris 1759, savoir par Sa en 1590, par Delrio en 1593, par Philopater autrement Person en 1593, par Bridgwater en 1594, par Bellarmin en 1593, par Salmeron en 1602, par de Valence en 1603, par Tolet en 1603, par Varade, Guignard et Odon Pigenat, suivant les Remontrances de la Cour de laditte année 1603, par autre ouvrage diidit Salmeron de 1604, par Mariana en 1605, par Scribanius sous le nom de Bonarscius en 1606, par Azor en 1607, par Ozorius en 1607, par les attentats successifs de Holte, de Creswel, de Parsons, de Walpole, de Baldewin, de Gérard, de Tesmond dit Greenwel, de Hall dit Oldecorne, de Garnet, ainsy qu'il résulte du procès fait audit Carnet en l'année 1607 : par Heissius apologiste de Mariana en 1609, par autre ouvrage dudit Bellarmin en 1610, par Eudemon-Jean, apologiste des coupables de la conjuration des poudres en 1610, par Keller en 1611, par
Serrarius en 1611, par Salos en 1611, par Vasquez en 1612, par Benoît Justinien en 1612, par Suarez en 1614, parLorin en 1617, par Lessius en 1617, par Fernandius en
1617, par ledit Toi et en un autre ouvrage imprimé en 1601,
1618, 1619, par Sanctarel en 1625, par Tanner en 1627, par Corneille de la Pierre en 1627, par ledit Lessius en 1628, par Castro-Palao en 1631, par Becan en 1633, par autre ouvrage dudit Becan en 163i, par Gordon en 1634, par Alagona en 1620 et 1635, par l'ouvrage desdits soy-disans Jésuites de la Province de Flandre intitulé Imago primi sœculi Societatis Jesu en 1640, par Dicastille en 1641, par Ayrault en ses cahiers dictés au collège de Paris en 1644, par Bauny en 1653, par Jean de Lugo en 1656, par Pirot en son apologie des casuistes en 1657, par Escobar en son livre de la Théologie morale imprimé quarante-deux fois et singulièrement en 1656 et 1659, par Platel en 1679, par Comitolus en 1709, par Jouvency en 1710, par Davrigny en 1720, par Berruyer en 1728, par Turselin en 1731, par Molina, éditions de 1702 et 1733, par Taberna en 1736, par Gretzeren 1736 et 1738, par la Santé en 1741, parLaymann en 1748, par Muszka en 1756, par plus de cinquante éditions de Busembaum, dont la dernière, ensemble des annotations de Lacroix, son commentateur, en 1757, par les annotateurs, éditeurs et panégyristes dudit Busembaum, savoir par les soy-disans Jésuites, journalistes de Trévoux en leur journal du mois d'Aoust 1729, par Colonia en 1730, et, suivant lesdits journalistes et ledit Colonia, par Collendall et par Monta uzan en différents temps, par Zaccheria en 1749, par Fegeli en 1750, par Dessus-le-Pont, autre panégyriste des dits Busembaum et Lacroix en 1758, suivant la sentence du Présidial de Nantes du 1*^ Aoust 1759, par Mamaky, suivant TArrêt du Parlement séant à Rouen du 2 Avril 1759, et enfin mis en pratique par Malagrida, Martos et Alexandre en Portugal, suivant le jugement du 12 Janvier 1759, rendu par junte de Tinconfidence, duement légalisé et déposé au greffe de la Cour le cinquième Mars dernier ;
Mention. — Rapports du Clergr avec la HoyauU\ — II. 12
Approbations par les docteurs de lad. Société, — Approbation, de chacun desdits livres par trois théologiens de laditte Société à ce commis, et quant à aucun d'iceux, nommément par Château-Blanc, Gowea, de la Croix, Reynauld, Giballin, Dulieu, Palavicin, de Saint, Rigaud, Guterot, de la Chaise, Violet, Tiram, Le Bras, Alby, Roy, Maturus, Furtado, Alvarado, Albert Hungerus, tous lecteurs, docteurs ou censeurs de ladite Société ;
Provinciaux. — En outre par Tollenar, Mayr, Richeome, Jacquinot, Suffren, Gusman Charlet, Mundbrot, de Vegas, Boniel, Summerecker, de Bugis, Godefre, Ricard, Antoine, Pimentel, Ibarra, Lichiana, Bomplan, de Clein, de Clar, Granon, de Egues, Preumonteau, Nicolas Dias, Tavarès, Dirckes, Burckart, Truchses, Dirkink, Milliet, Caetan, Balduc, Flamen, Charon, Lavaud, Huth, Rumer, de Lingendes, Van-Schoone, la Guille, Bernard, Gorrez, Dozenne, Le Picard, Agrado, Indoc, Scheren, Michel, Capanus, Galarca, Armand, de Los Cobos, Rosephius, Alvarus, Pereira, Copper, Millei, Confalonier, Mascarenhas, Manaré, Hojeda, Busée, tous provinciaux et visiteurs de ladite société ;
Généraux, — Tous les susnommés autorisés pour lesdittes approbations par Aquaviva, Viteleschi, Gonzalès, Michel, Oliva, Picolomini, Caraffe, Tambourin, Retz et Noyell, tous Généraux de laditte Société, ainsi qu'il est mentionné dans lesdits extraits, et conformément à ce qui est prescrit pour l'édition des livres des auteurs de ladite Société par les Constitutions d'icelle, approuvées ellesmêmes par la dix-huitième Congrégation générale de la dite Société tenue en 17S6 ;
Catalogues. — Lesdits livres des dits soy disans Jésuites, inscrits à l'époque de leurs éditions et avec les plus grands éloges dans les différents catalogues que la ditte Société a fait faire successivement de ceux de ses écrivains dont elle entend honorer la mémoire, et aucuns desdits susnommés (lesquels auroient été suppliciés pour attentats à la personne des Souverains) placés esdits
Catalogues dedans le chapitre et au rang des Martyrs de la foy, sçavoir dans le catalogue qui a pour auteur Pierre Ribadenaira, théologien de laditte Société, imprimé en 1613 avec approbation de Ferdinand Lucerus, vice-provincial, dans celui qui a pour auteur Philippe Alegambe de laditte Société, imprimé en 1643 avec approbation souscrite par Mutio Vitelleschi, Général, et dans le dernier desdits catalogues qui a pour auteur Nachanael Sotuel de laditte Société, imprimé en 1675, avec permission souscrite par Paul Oliva, aussi Général de ladite Société ;
Arrêt du 5 Mars 1762, par lequel pour aucunes considérations mentionnées en icelui. Notre ditte Cour auroit ordonné que lesdits Extraits et Assertions persévéramment soutenus par lesdits soy-disans Jésuites, et les traductions desdits Extraits seroient portées au Roy, imprimées et envoyées aux Archevêques et Evêques du ressort, et ledit Seigneur Roy très-humblement supplié de considérer ce qui résulte d'un enseignement aussi pernicieux, combiné avec ce que prescrivent les règles et les Constitutions desdits sovdisans Jésuites sur le choix et uniformité des sentiments et opinions dans laditte Société ;
Arrêté du 15 Février 1762 portant qu'il sera écrit par notre Procureur-Général aux Universités et Facultés de Théologie du ressort, à ce qu'elles ayent à envoyer au greffe de notre ditte Cour les censures, même les dénonciations intervenues esdittes Universités et Facultés contre le Doctrine desdits Soy disans Jésuites ;
Autre Arrêté du 9 Mars 1762 portant qu'il sera nommé des Commissaires à l'effet d'examiner lesdites censures et dénonciations ;
Autres points^ Morale, Dogme, Discipline, Dénonciations, avis... doctrinaux, Censures, Ordonnances Episcopales, Lettres Pastorales, Mandements, Décrets des Congrégations et des Papes, Brefs, Lettres Apostoliques, Bulles et autres suffrages et témoignages rendus, tant contre lesdits auteurs dénommés auxdits Extraits et sur les points de morale qui y sont traités, que contre autres de laditte Société,
notamment sur ce qui concerne rYvresse, les injures, le duel, la charité, la correction fraternelle, la messe, la communion, Tusure, le mensonge, TofEce canonique, les impôts, le jeûne, la pénitence, les censures, les vœux, les peines du Purgatoire, les plaisirs des sens, les quatre articles de TAssemblée du Clergé de 1682, le rapport des actions à Dieu, la calomnie, les donations frauduleuses, l'autorité des Canons et des Pères, la direction dUntention le scandale, T aumône, la puissance paternelle, la manière d'entendre la messe, Toccasion prochaine du péché, la crainte des peines temporelles, la confession, l'absolution, le sacrement de l'Ordre, l'examen des Ordinans, l'impénitence des Religieux, la crapule, la nécessité de la foy, le second commandement, le Contrat Mohatra*, l'adultère, l'observation des fêtes, le précepte d'oùir la messe, la fréquente Communion, les péchés d'habitude, l'abstinence, les privilèges des Réguliers, l'exécution des fondations, la récitation de l'Office Divin, l'honoraire des Messes, les cas réservés, les abus du Sacrement de pénitence, l'inceste spirituel, la rébellion contre les lois des Souverains.
Censures, Qualifications, — Sur tous lesquels objets et autres, les dittes dénonciations et censures auroient noté et condamné la morale et la doctrine enseignées dans la ditte Société sous différentes qualifications et entr' autres comme téméraires, fausses, erronées, scandaleuses, remplies d'arrogance et d'orgueil, s'éloignant de la signification propre des termes de l'Ecriture, y substituant des termes allégoriques, production d'un délire pernicieux conduisant à l'hypocrisie, cachant des pièges sous l'apparence d'un zèle sincère pour la foy, détruisant le précepte Evangélique sur l'aumône, éludant par de mauvaises ruses les lois du jeûne, se jouant des commandements de l'Eglise, propres à séduire les simples et ôtant à la Bienheureuse Marie
1. Le Contrat dit Mohatra ou Mahatra, — d'un mot arabe, à ce qu'il semble, — est un prêt usuraire qui consiste à vendre une chose à un prix élevé tout en se réservant le droit de la racheter plus tard à un prix inférieur. Il est ainsi défini en latin théolofi^ique : coniractus quo quis vendil rem carias crédita^ campacto retrovendilionis^ minoriprelio numeratapecunia. Cette sorte de contrat a été condamnée et interdite par Innocent A.
le titre qui lui est dû de Mère du Fils de Dieu, favorisant rimpiété et le sacrilège, conduisant à Timpénitence finale, conduisant à l'hérésie et au schisme, tendant à décharger les fidèles des principaux devoirs du Christianisme, propres à leur donner du mépris et du dégoût pour le Pain Ehicharistique, sous prétexte de leur fournir les moyens de le recevoir souvent, capables d'inspirer de la témérité aux pécheurs, une lâche complaisance aux Confesseurs, et de multiplier les communions indignes et sacrilèges, rendant inutile le premier et grand Commandement, et éteignant Tesprit de la loy Évangélique, impies, blasphématoires, favorisant les ennemis de la Religion Chrétienne, ouvertement contraires aux préceptes de l'Evangile et des Apôtres et hérétiques * ;
Favorables au Schisme des Grecs, attentatoires au dogme de la procession du Saint-Esprit, favorisant FArianisme^ le Socinianisme ^ et le Sabellianisme ^, propres à exprimer les erreurs arienne et socinienne, expressives de l'hérésie de Nestorius, entièrement nestoriennes et hérétiques, pires que le Nestorianisme ^, ébranlant la certitude d'aucuns dogmes sur la hiérarchie, sur les rites du sacrifice et du sacrement, renversant l'autorité de l'Eglise et du Siège Apostolique, et favorisant les Luthériens, les Calvinistes et autres novateurs du seizième siècle et blasphématoires contre le Saint-Esprit, introduisant sous un autre nom et par l'artifice d'une direction d'intention l'hérésie de la
1. « Au surplus, il faut convenir que la morale des Constitutions est en général sage et pure. Saint Ignace ne tendait qu'à la perfection des conseils evangéliques et la foule des casuistes relâchés est venue depuis dans la Société. Ils ont corrompu par des subtilités la pureté de la morale du fondateur et la politique tes a laissé faire. » La Chalotais, Compte- rend u^ p. 167.
2. Anus, au iv* siècle, soutint, comme Sabellius, que, le Fils étant égal au Père et de même nature, l'essence divine était nécessairement une et simple.
3. Les sociniens, au xvi" siècle, ont nié la divinité de Jésus-Christ en prétendant que la Bible devait être l'unique règle de foi.
4. Hérésie du m* siècle qui niait la distinction des trois personnes divines dans la sainte Trinité.
5. Hérésie du v« siècle qui niait la divinité de Jésus-Christ et défendait d'appeler la sainte Vierge mère de Dieu.
Simonie, offrant dans Tinterprétation des Ecritures des sens hérétiques et afifoiblissant en faveur des Ariens et des Sociniens les arguments qui se tirent du premier chapitre de Saint-Jean et de tous les textes de TEvangile qui établissent la divinité de Jésus-Christ, pertubatrices de Tordre hiérarchique, injurieuses à la dignité Episcopale, combattant Tancienne institution des paroisses ressentant l'hérésie de Wicleff, renouvellant les erreurs de Ticonius, de Pelage, des semi-Pélagiens, de Cassien, de Fauste, des Marseillois et restes des Pélagiens, ajoutant le blasphème à Thérésie; Calomnieuses contre les Chrétiens, superstitieuses, injurieuses aux Saints Pères et aux Interprètes Catholiques, éversives de la tradition, injurieuses aux Apôtres et aux fidèles des premiers siècles et induisant une très-perverse explication du Symbole des Apôtres, affoiblissant la satisfaction et les mérites de Jésus-Christ et les prérogatives de la nouvelles loy, s'appuyant sur un principe pélagien, déprimant F adoption et la religion des anciens Justes, faisant injure à ces mêmes Saints, quels qu'ils soient, à Abraham, aux Prophètes, à Saint Jean-Baptiste, outrageuses et blasphématoires contre la bienheureuse Vierge, mère de Dieu, tournant en dérision les actes des Saints Pères, injurieuses aux Anges, outrageuses envers Jésus- Christ, impies, pleines d'outrages contre le Dieu Rémunérateur et contre le nom du Christ Médiateur, conduisant
à Toubly de la foy et de l'Evangile, détruisant la définition de la foy donnée par l'Apôtre, suspectes de rejetter les voyes de reconnoître et prouver par l'Ecriture Sainte contre les hérétiques le mystère de la Sainte Trinité, abusant, au détriment de la foy, de plusieurs passages de l'Ecriture Sainte, ôtant aux preuves du Dogme tirées de l'Ecriture Sainte leur force, contraires aux Ecritures, aux Saints Pères, aux Théologiens, à l'Eglise Universelle, à la raison et au respect dû à la parole de Dieu écritte, interdisant à l'Eglise les voyes de discussion propres à convaincre et à réduire les hérétiques et usitées dans tous les siècles, affoiblissant l'autorité de l'Eglise, injurieuses à toute l'Eglise, schisma tiques, abaissant et brisant l'autorité du premier
ARREST DE LA COUR Dl 6 AOUT 1762 183
texte du nouveau Testament et de l'édition de la Vulgate ; ébranlant les fondemens de toute la foy chrétienne et l'exposant aux dérisions des impies, contraires à la doctrine de rÉglise sur les deux seuls avènemens de Jésus-Christ, diminuant la nécessité de la Religion Chrétienne, destructives de la foy de la divinité de Jésus-Christ, dégradant et renversant la Religion, infectées de Nestorianisme, contredisant les symboles de la foy, ouvertement opposées aux Symboles de Nicée et de Constantinople, proscrittes par le sixième Concile, attaquant le Mystère de la Rédemption, méprisant le sentiment des Saints Pères, éversives des Mystères de la Trinité et de F Incarnation, contraires à la foy de tous les siècles, propres aux seuls ennemis de la divinité de Jésus-Christ ; interprétations bâtardes des Ecritures, destructives de la règle de foy, trahissant la cause de la foy catholique sous prétexte de la défendre avec plus de zèle, attentatoires à la divinité de Jésus-Christ, à ses augustes qualités de Sauveur, de Messie, de Pontife, à la vérité du péché originel; favorisant Timpiété des déistes; tendant à affaiblir et à obscurcir les principales preuves de la vérité de la religion chrétienne et du dernier jugement ;
Otant à la nouvelle loy sa perfection, et aux nations réunies en Jésus-Christ leur fraternité ; ouvrant la voye d'excuser et atténuer les péchés de tout genre, et l'imputant à Saint-Augustin; rendant arbitraire la théologie morale et préparant la voie à raffermissement des opinions et traditions humaines contre la défense de Jésus-Christ ; au mépris de la vérité, référant au nombre des auteurs la décision des questions de morale ; ouvrant des voies innombrables à la corruption, préparant par l'iniquité des préjugés l'oppression de la vérité Evangélique; établissant une nouvelle règle de mœurs et un nouveau genre de prudence, fruit détestable de la probabilité * ; corrompant les bonnes mœurs ; excusant les blasphèmes et autres péchés ; excusant les parjures; résistant contre le commandement de Dieu à