Fréd. Masson, Le cardinal de Bernis, p. 109 et suiv
3. « C'est par complaisance que le Roi a adopté le système de ce prince (le roi d'Espagne) relativement à la Société des Jésuites et Sa Majesté persévérera constamment dans les mêmes principes jusqu'à la fin de cette affaire. » D'Aiguillon à Bernis, 5 mai 1771. Voir aussi une lettre de Louis XV au roi d'Espagne dans le même sens. (Masson, le cardinal de Bernis, p. 210.)
C'est en effet le ministre d'Espagne, Monino, qui, brusquant la situation, fit dresser en projet l'acte de suppression et l'imposa au pape après Tavoir fait ratifier par son souverain. Le 16 août 1773, Clément se résigne à signifier au général des Jésuites le bref Dominus ac Redempior. ^
Nous en publions les parties essentielles. Tout le préambule est consacré à établir les droits des Souverains-pontifes sur les Ordres religieux. Libres de les fonder, ils sont également libres de les détruire quand ces Ordres ont cessé d'être utiles.
Le bref énumère complaisamment ceux de ces Ordres qui ont été antérieurement supprimés par les papes Pie V, Urbain VIII, Innocent X et Clément IX.
En abolissant la Société de Jésus, le Souverain-pontife ne fait qu'user d'un droit qui lui appartient, que consacre la tradition de l'Eglise, que lui inspire le seul intérêt de la religion chrétienne.
Le pape entre ensuite dans le vif de la question. Il examine la raison d'être de l'Institut, son organisation, son but, son ingérence dans la politique, les plaintes des souverains, l'impuissance des papes à réprimer ces abus. La suppression de l'Ordre est, à ses yeux, le seul moyen de remédier aux maux de l'Eglise et d'assurer la paix des âmes.
SUPPRESSIO ET EXTINCTIO SOCIETATIS JESU