CHAPITRE XIV
Description dos pays occupés par les Souinal-Aiiji.
J'ai déjà nommé, on parlant de la descendance de I)aroud, les diverses tribus auxquelles elle a donné naissance. Favorisées, sans doute, par des circonstances particulières, telles que l’énergie ou l’intelligence des chefs, la vitalité plus grande de leur famille, peut-être aussi par les conditions atmosphériques et la position du territoire choisi par les fondateurs, quelques-unes de ces tribus en sont venues à former aujourd’hui des populations assez considérables pour constituer autant de nationalités distinctes , ayant leurs limites territoriales et conservant les unes à l’égard des autres une complète indépendance. J’ai réuni dans ce chapitre les renseignements que je me suis procurés sur la situation géographique, les productions et le commerce de chacune d’elles ^1).
(1 ) Pendant mon séjour à Hhafoun, je n’ai obtenu que des notions fort incomplètes sur le pays des Soumal-Adji, si ce n’est pour la partie occupée par les Medjeurtine ; mais, dans le désir de rendre ma relation aussi utile que possible aux navigateurs et aux commerçants, j’ai ajouté h mes renseignements particuliers des extraits d’un mémoire écrit,
À l’ouest du pays des Medjeurline s’étendent, du nord au sud, les territoires des Ouarsanguéli , des Loulbahanté et des Meurrihhân’ : le premier comprend un certain développement de côte, où se trouvent plusieurs petits ports et villages qui se présentent dans l’ordre suivant, quand on va de l’est à l’ouest :
A environ six milles de Bendeur-Zyada, le dernier des ports medjeurtinc, est le village d’Elaïo, et un peu au delà, dans l’ouest-nord-ouest, aljouiil le lit d’un torrent qui fournit de l’eau durant la saison pluvieuse. A quinze milles plus loin que celui-ci, la plage est interrompue par un groupe de mornes assez élevés aux pentes abruptes, et dont la base est baignée par la mer; le plus nord, formant un promontoire haut de quatre-vingt-onze mètres, est nommé Ado -Ado. A cinq milles dans l’ouest - sud-ouest de ce point est le village de Deurderi , situé , par 11° 19' de latitude et 46° 25' de longitude, sur le bord d’un bras de mer au fond duquel vient se perdre un ruisseau d’eau douce. Le village a une maison fortifiée. On mouille devant Deurderi, par des fonds de seize à dix-huit mètres, à un demi-mille de terre.
À partir de cet endroit, la côte se développe, sur un espace de douze milles, dans !a direction générale de l’ouest j sudouest, sauf quelques pointes avancées, dont l’une, placée
en 1848, par le lieutenant Cruttenden c*), qui a visité tout le littoral de Ras-Hliafoun à Beurbcra. J’indique par des guillemets les fragments qui lui appartiennent eu propre, afin de lui en laisser tout le mérite eu même temps que la responsabilité.
(*) Voir le mémoire de M. Cruttenden inséré dans The journal of lhe royal geographical Society of London, vol. XIX, iS'*9, D® partie.
par 46° 20' de longitude, porte les noms de Ras-l)ofdellé et de Ras-Frenghi. A son extrémité s’élève un morne de cou leur rougeâtre, haut de 180 mètres et ayant de loin l’ap parence d’une citadelle. Environné, comme il l’est, de terres basses, il peut, vu d’une certaine distance, être pris pour une île, et il a été, en effet, indiqué, dans les anciennes cartes, sous le nom d’îlede Mette.
Cette partie de la côte, qui, depuis Ado-Ado, affecte la direction générale de l’ouest sud-ouest, se termine, à prè^ de six milles dans l’ouest de Ras-Frenghi, par une pointe basse, à trois milles de laquelle se trouve Bendeur-Gâam Sur ce point sont trois petits villages, l’un au bord de la mer et qui a une maison fortifiée, les deux autres en ar rière, à trois milles et à six milles du bord de la mer. Entre ceux-ci, il y a un étang dont l’eau est douce et potable Bendeur-Gâam est par 1 1° 15' 20" de latitude et 40° 10' de longitude.
A l’ouest de la dernière pointe mentionnée, le gisement de la côte se rapproche davantage du sud-ouest; mais, à neuf milles environ de Bendeur-Gâam, elle se relève un peu vers l’ouest et présente une nouvelle pointe, nommée Ras-Gueri, puis elle s’infléchit encore vers le sud. Ras Guéri est une terre basse et sablonneuse, dont la position est, en latitude, de 1 1° 12' 40", et en longitude, 4G° 5'.
A un peu plus de trois milles de cette pointe sont trois maisons fortifiées et deux grands villages, en face desquels il y a un mouillage désigné sous le nom de Bendeur-Gueri C’est sans doute l’un d’eux que les indigènes nomment Guerâd, village qui m’a été signalé comme étant tout près de Ras-Gueri et la principale ville des Ouarsanguéli. Ea simi-
litiule de ce nom avec le titre donné au chef de cette peuplade me ferait penser que Gucrâd tire son nom de ce qu’il est la résidence la plus habituelle du chef. Par le travers de Bendeur-Gueri , on a des fonds de 9 à 1 1 mètres à un demimille de terre, de 16 à 18 mètres à un mille. On s’y procure de bonne eau.
A p rès Bendeur-Gueri , la côte suit, sur un espace d’une quarantaine de milles, une direction presque est et ouest, jusqu’à Bendeur-Djedid, limite occidentale du territoire des Ouarsanguéli , dans lequel il est compris.
Sur toute la côte que je viens de décrire, on a généralement des sondes de neuf à dix-huit mètres à un demi-mille du rivage, et de vingt-sept à trente-six mètres à un mille. À cette dernière distance, le fond est de sable; plus près de terre, il est mêlé de corail et de roche. Pc rivage est plat et sablonneux, mais, en arrière, il est dominé par le premier plan des montagnes qui forment les contre-forts du Djebel ouarsanguéli , dont le plateau supérieur s’élève à près de 1,900 mètres au-dessus du niveau de la mer et s’étend de l’est à l’ouest , depuis le méridien de Bendeur-GAcem jusqu’à Bendeur-Meyt ou Milt, un peu au delà de Bendeur-Djedid.
Les indications données , pour la côte des Medjcurtine, relativement aux marées, aux courants, et au banc de sondes qui la borde, s’appliquent également à la côte des Ouarsanguéli.
« Les Ouarsanguéli (1), dit M. Cruttenden, forment une « population pu issante el guerrière. Descendants de la
(I) Ouarsanguéli , liorteur de bonnes nouvelles.
« même mère que les Medjeurtine, ils s’allient générale- « ment avec eux dans leurs guerres contre les autres tri- « bus; mais cette parenté et ces alliances n’empêchent pas « que de petites querelles ne s’élèvent fréquemment entre « eux et qu’ils ne profitent de toutes les occasions où ils « peuvent se dérober mutuellement ce qui leur appartient. « Les Ouarsanguéli sont divisés en plusieurs tribus , dont « les plus importantes sont : 1° les Guerâd-Abdallah, tribu « souveraine dans laquelle se transmet héréditairement le « titre de guerAd ou chef {*) ; elle réside sur le versant mé- « ridional du grand plateau d’Eyransid; 2° les Noh-Ahmar « établis à Bendeur-Djcdid ; 5° les Ogueis-Leubbah , qui « habitent deux des villages de Ras-Gueri ; 4° les Eddin- « Siyed , dont se compose la population de GAam et des « montagnes qui le dominent; 5° les Mayeds, qui résident « à Deurderi ; G0 enfin la populeuse tribu des Deubeiss f*), « qui occupe le village d’Elaïo et s’étend jusqu’à Bcndeur- « Zyada, où elle joint les Medjeurtine. Les Ouarsanguéli « ont beaucoup de chevaux; la sagaie et le bouclier sont « les armes de toutes ces tribus, à l’exception de celle des « Deubeiss, qui ne se sert que de l’arc et des flèches em- « poisonnées. Les articles d’exportation du pays des Ouar- « sanguéli sont l’encens, la myrrhe, les gommes, dont « une espèce nommée fel-fellahh; puis l’orseille et le ghi « ou semen .
(‘) Ce chef est aujourd’hui uu tout jeune homme à peu près de l'Age du sultan des Medjeurtine et nommé Mohbammed-beu-Ali.
(**) Je ferai remarquer, à propos de ce nom donné par M. Cruttcndcn à l une dos tribus ouarsanguéli , que celui de Dcudbeiss, qui me parait le même, m’a été cité comme appartenant à l’une des tribus ideurr 5 dont je parlerai plus loin.
« Au sud du pays des Ouarsanguéli s’étend le territoire « des Loulbahanté (*), abondant en prairies, en encens et « bois de construct ion ; mais on n’y rencontre pas une « seule pierre. Comme les autres tribus de la même fa- « mille, les Loulbahanté ont pour armes la sagaie et le « bouclier, et combattent principalement à cheval. Leurs « chevaux sont forts et courageux ; cette race provient, se- « Ion la tradition soumali, des haras de Soliman, le fds de « David, et est, par conséquent, grandement appréciée. Les « Loulbahanté, autant que j’en puis juger d’après ceux que « j’ai vus, sont une belle et mâle race d’hommes, ne le cé- « dant à aucun des enfants de Daroud, soit par le carac- « tère, soit par les apparences; on les représente comme « courtois et hospitaliers envers l’étranger qui les visite : « ils ont ordinairement deux sultans ou guerâd. Le plus « âgé des deux gouverne les parties orientales de la pro- « vince, tandis que son collègue est chargé de garder la « frontière nord-ouest, pour la préserver des incursions « des maraudeurs hâbeur-el-djallah , voisins de Keram et « des Ougadine de la famille de Noh-Ahmar (**). Le pre- « mier est actuellement Mohhammed-Ali-Harran ; son col- « lègue, récemment décédé, se nommait Ali-Guerâd.
« Les Loulbahanté n’ont aucune céréale et subsistent « principalement de lait, excepté lorsque le manque de « pluie les oblige à éclaircir les innombrables troupeaux « de gros et petit bétail, qui rôdent dans leurs prairies
(*) Loulbahanté, possesseur de la terre.
(**) Peut-être le mot Ougadiue a-t-il été mis, par erreur, au lieu de celui d’Ouarsanguéli ; car Noh-Ahmar nous a été déjà désigné comme le nom d’une tribu ouarsanguéli , voir la page précédente.
« sans fin. Ils n'ont que peu de gommes; mais ils portent « à la côte de l’ivoire, des plumes d’autruche et du ghi en « abondance.
« Les bêtes fauves, et particulièrement le lion, sont en « grand nombre dans le pays; la girafe s’y trouve dans les « plaines verdoyantes qui se déroulent au bas du versant « méridional de la gigantesque chaîne de montagnes des « Ouarsanguéli ; le coudou, l’onyx et le rhinocéros noir « sont aussi communs dans les mêmes endroits . »
On sait peu de chose des Meurrihhân’ ; leur pays est rarement visité par les Soumal du nord, eu égard à sa position avancée dans l’intérieur et à son enclavement partiel dans le territoire des Haouiya, peuplade réputée sauvage et inhospitalière. « Les Meurrihhân’ ne jouissent pas d’une « grande considération parmi les autres Soumal. Leur pays « doit être abondant en gommes, myrrhe et ivoire. La val- « lée de Nougal en forme la lisière du côté du nord. Ils sont « séparés de la mer et de la rivière Chebel-lèh (*) par des « tribus haouiya.
« Leur territoire ne produit pas de grains; ils expédient, « chaque année, à Beurbera, des caravanes qui y portent « la meilleure myrrhe, les plus belles plumes d’autruche « et de très-bel ivoire. La race de leurs chevaux est fort « estimée . »
Les Ougadine sont répandus sur un vaste territoire : ils ont, à l’est, le pays des Loulbahanté et des Meurrihhân’ ; au sud, les Haouiya et le cours de l’Ouébi-Denoq ; à l’ouest,
O La rivière Chebcl-lèli n’est autre que la rivière Denoq, dont les diverses parties reçoivent le nom du territoire qu elles traversent.
le même fleuve; et au nord les Guéri et les Ideurr, dont je parlerai plus loin.
La fertile vallée de Nougal se prolonge à travers la partie nord de ce pays et y prend le nom de Thoug.
« Parmi les tribus de Daroud, celle des Ougadine tient « le second rang ; mais, au point de vue de la force numé- « rique et de l’étendue du pays qu’elle occupe, elle aurait « probablement le premier. Elle est gouvernée par un chef « qui a le titre d'Ougass, mais qui, de même que les au- « 1res chefs soumal, n’a guère qu’une autorité nominale.
« Dans toute la province, le sol est cultivé et produit « en abondance du millet blanc, qui forme la nourriture « ordinaire des habitants. De pays des Ougadine est repré- « senté comme un pays plat, possédant, d’ailleurs, d’excel- « lents pâturages. On y trouve de l’eau partout; il suffit, « pour s’en procurer, de creuser des puits de deux mètres à « deux mètres cinquante de profondeur. La terre est d’une « couleur rouge remarquable : les naturels s’en servent « pour donner aux étoffes dont ils font leurs vêtements une « teinte rouge assez éclatante. En un mot, ce territoire « n’est qu’une vaste prairie dont le trajet exige vingt-neuf « journées de marche. Au dire des indigènes, on n’y réu- «. (lirait pas un nombre de [lierres suffisant pour construire « un foyer. L’air y est réputé très-pur
« Leur richesse en bétail permet aux Ougadine d’apporu 1er sur le marché de Beurbera un approvisionnement « considérable do ghi. Ils ont une grande quantité de che- « vaux cl de chameaux qu’ils vendent à bon compte; ils « entretiennent, en outre, un commerce fort actif avec les « tribus gai la, au sud de LOuébi-Chebeldèh, grâce au con-
« cours des gens de Ganâné, qu’ils emploient, à l’occasion, « comme courtiers. Les marchandises qui leur viennent de « la côte sont des cotons bleus et blancs, des cauris et de « la verroterie, sur laquelle, particulièrement, on réalise « d’énormes bénéfices. On y achète les gommes en sacs de « peau, du contenu de soixante livres, les plumes d’au- « truche à la livre et l’ivoire par frazela de 20 livres , « quand les dents sont de grande dimension et de bonne « qualité.... »
Les Guéri , les Habeusgoul et les Beurteri sont établis sur les territoires situés au nord-ouest des Ougadine. Ce sont tes tribus de la famille de Daroud qui ont pénétré le plus loin du côté de l’ouest.
« Les Beurteri tirent une certaine influence de ce que « les émirs de Iïarreur ont pris, pendant longtemps, des « épouses dans cette population. Ils ne visitent pas la côte « aussi fréquemment que les autres tribus, et ils paraissent « vivre à l’état de pasteurs, s’occupant exclusivement à soi- « gner leurs troupeaux de gros et petit bétail , et à cultiver « le calé sur les bailleurs, dans le sud-ouest de Iïarreur. »
Pour terminer cet aperçu du pays des Soumal-Adji , il me reste à parler de la partie de leur territoire habitée par les enfants de Deurr. D’après les renseignements qui m’ont été donnés sur l’origine de cet individu et sur sa descendance, renseignements déjà produits dans une note généalogique au sujet d’Adj i , Deurr serait le fils de ce dernier et la souche de toutes les tribus de l’ouest, ce qui expliquerait pourquoi celles-ci sont désignées par 1 appellation générique d’hleurr. Selon M. Crullendcn, au contraire, l’origine de ces tribus remonterait à un certain Isaac, Arabe venu du llhadeur-
maut postérieurement à l’arrivée de Daroud dans l’est, et le nom d’ ldeurr serait dérivé de celui de la famille galla dans laquelle le cheikh Isaac prit une femme. « C’est pourquoi, « dit cet oflicier, les tribus dont il s’agit, qui tiennent beau- « coup à n’ètre pas confondues avec les Galla , repoussent « l’appellation d’Ideurr. » 11 serait, je crois, aussi difficile que peu important de prouver quelle est la plus exacte des deux versions; je dirai, toutefois, que celle qui m’a été fournie me semble justifier mieux que l’autre le nom d’Ideurr, assigné aux Soumal de l’ouest : l’ensemble de la tradition à laquelle elle se rattache motive, en outre, celui de Soumal-Adji donné à tous les Soumal du Nord , et rend très-naturels l’établissement de Daroud et la migration progressive de ses descendants vers l’est.
Quoi qu’il en soit, d’après mes renseignements, d’accord ici avec ceux de M. Cruttenden , les enfants de Deurr, dont les tribus principales paraissent être les Habeur-Garhhadjeuss, les Habeur-Aouël et les Habeur-Touldjâalla , ont occupé et occupent encore le territoire limité à l’est par les Ouarsanguéli ; au sud, par les Loulbahanté et les Ougadine ; à l’ouest, par les Guéri, les Habeusgoul, les Beurteri et le pays des Danakeli; au nord, par la mer depuis Bendeur- Djedid jusqu’à Zéila. Sur l’étendue de côte comprise entre ces deux ports, on trouve, à partir du premier, par 11° 12’ latitude nord et par 44° 58' longitude est, une petite île (1) nommée Djéziret-el-Mitt ou Meyt et Bour (mont) Tereub-
(1) Le dépôt des cartes et plans de la marine ne possédant pas la partie du travail du lieutenaut Carless qui représente la côte comprise entre le méridien de Beurbera et celui de iô" 10’, j’ai été réduit, dans les indications que j’en donne ici, à mes seuls renseignements, sauf pour la posi-
chi, dans le sud-sud-ouest de laquelle est le village du môme nom ou Bendeur Mevt, en dedans d’une pointe appelée Bas-Seumkhat ou Ras-K.etib. « On exporte de Bendeur- « Meyt une grande quantité d’ébène blanche et de longs et « minces chevrons employés, à Aden et sur la côte voisine, à « la construction des maisons. Les hauteurs qui dominent « la ville produisent, en outre, de très-belle gomme, et ces « divers objets servent d’aliment à un commerce considé- « râble que Meyt entretient avec Aden et M’Kellé. C’est à « Meyt que se trouve le tombeau du fondateur de la nation « ideurr. Le cimetière qui l’entoure a plus d’un mille carré « de superficie : l'attachement à la mémoire de leurs ancê- « très porte beaucoup d’hommes âgés des tribus de l’ouest « à venir finir leurs jours à Meyt, afin que leurs tombes « soient placées près de celle de leur chef Isaac. Ainsi s’ex- «. plique l’étendue extraordinaire du cimetière. Beaucoup « de ces tombes ont une pierre tumulaire en madrépore « sur laquelle est sculpté en relief le nom de ceux qui y « reposent. Plusieurs d’entre elles datent de deux cent cin- « quante ans. »
A peu de distance dans l’ouest de Bendeur-Mitt, sont les ruines du village de Reukedah, et à une dizaine de lieues
tiou de l’ile Meyt, que j’ai prise dans le rapport déjà cité de M. le capitaine Jehenne. Toutefois je dois faire remarquer que la longitude de Bendeur-Gâcem, déterminée aussi par cet officier, étant de 3’ 30” plus faible que la longitude attribuée au même point par le lieutenant Carless, il est probable qu’une différence égale se reproduit dans celle de l'île Meyt, qui serait alors, d’après l’officier anglais, de 45° 1’ 30”. Au reste, les résultats obtenus par ces deux observateurs ne diffèrent réellement que de 2’ 27”, puisque le premier a adopté pour longitude du phare de Bombay 70° 33’ 12” et le second 70° 34’ 15”.
île Djéziret-el -Milt, gît une autre petite île nommée Djéziret-cl-1 lhaïs (1), très-probablement r île Bnrnl des cartes anglaises, en face du village et port du meme nom. A partir de ce point, le rivage décrit une courbe à l’extrémité occidentale de laquelle est situé Bendeur-Keram et qui forme un golfe peu profond, ayant environ dix-sept lieues entre les deux pointes. Les Arabes le nomment Roubbet-Anggueur (golfe ou baie d’Anggueur), du nom d’un village de cette baie.
Reram est le plus important de tous les points qui viennent d’être indiqués, tant à cause de son port, réputé fort bon, qu’à cause de sa situation par rapport à Aden. La posi-
(1) M. le capitaine Jehenne affirme que, sur toute la côte, il n’y a pas d’autre île que l’îl Mitt. Mais, comme cet officier u’a poiut exploré la partie dont il s’agit et que son assertiou n’est basée que sur le dire des patrons de barques qu’il a trouvées mouillées sous celte île, j’ai cru devoir reproduire, tels qu’ils m’ont été donnés, des renseignements que je u’ai pas, d’ailleurs, accueillis sans explication ni contrôle. Or ces renseignements sont positifs quant à l’existence , dans l’ouest de l’île Mitt, d’un poiut nommé Djéziret-el-Hhaïs. Le mot Djéziret étant employé par les Arabes pour désigner aussi bien uuc presqu’île qu'une île, la contradiction que je cherche à éclaircir disparaîtrait en adoptant le premier sens pour le poiut dont il s’agit; mais, ma-t-ou affirmé, Djéziretel-Hhaïs est entièrement entourée d’eau , c’est-à-dire une île , n’étant, il est vrai, séparée de la terre que par un canal fort étroit. D’autre part, dans une nomenclature des lieux situés sur la côte nord du pays des Sournal, nomenclature fournie par M. d'Abbadie O, il est fait mention de deux îles, l’une nommée Mâ’djlem, signalée comme nue et située près de la terre, à côté du port de Hhaïs; l’autre nommée Khabch (Rhebch), indiquée comme île et mont, couverte de fiente blauche, sise à 3 milles du rivage, à côté du port de Meyt. L’exactitude de ces indications étant admise, il n’est pas douteux que la première île serait Djéziret-el- Hhaïs et la seconde Djéziret-Mitt ou Bour-Tereubchi.
(*) Voyez Bulletin de la Société' de géographie^ mai et juin 1839.
tion relative de ces deux villes est, en effet, telle, que les vents de la mousson, étant à peu près traversiez, rendent toujours faciles les communications de l’une à l’autre. Grèce à cette circonstance, les bateaux chargés de petit bétail pour le marché d’Aden ne passent pas plus d’une nuit à la mer dans leur traversée du canal, tandis que ceux de Beurbera en passent souvent trois pour le même trajet. Au nombre des avantages de Reram, il faut encore compter sa proximité du pays des Loulbahanté, dont il n’est séparé que par quatre journées de marche, et qui fait tout son commerce extérieur par l’intermédiaire de ce port.
Ap rès Reram la côte s’incline davantage vers le sud, suivant la direction générale du sud-ouest j ouest, jusqu’ un peu au delà de Beurbera. Cette partie de. côte a été relevée par le lieutenant John Septimus Hoc, de la marine royale anglaise, et c’est de la carte dressée par lui et des remarques qui y sont inscrites que j’ai tiré les indications suivantes.
A environ trois lieues de Reram, où l’on construit, dit cet officier, des bateaux de cent cinquante tonneaux, est le petit port d’ Aïn-Terad (El-Tharan de nos cartes), dont la position est indiquée par une ouverture profonde dans le rivage, entre une pointe accore et rocheuse du côté de l’est et un promontoire escarpé du côté de l’ouest. Au delà de ce promontoire, le rivage s’abaisse et présente une succession de dunes de sable blanc, sans aucune végétation. A deux lieues en arrière de la côte s’élèvent plusieurs monticules dont le plus à l’est est remarquable par les buissons qui garnissent son sommet. A huit lieues d’ Aïn-Terad, le rivage fait une saillie terminée par une pointe de sable, basse et bordée d’un
haut fond qui commence à trois lieues dans l’est de cette dernière et se continue jusqu’à Beurbera. Ce haut fond s’avance, en certains endroits, à un peu plus de mille mètres au large ; sur plusieurs points il est signalé par des récifs sur lesquels la mer déferle. A deux lieues dans le sud-ouest de la pointe dont je viens de parler, se trouve Ouadi-Siara, village de quelques huttes, très-fréquenté, à cause de son aiguade, par les bateaux naviguant dans ces parages. Il y existe, en effet, des puits qui fournissent abondamment de l’eau douce. Ces puits sont à environ cent mètres de la plage auprès d’un monceau de pierres ayant l’apparence d’une petite tour. Le village ne s’aperçoit que lorsqu’on est très-près de terre, mais sa position est suffisamment indiquée par un groupe isolé de hauteurs rocheuses dominant la côte immédiatement après la plage. On peut mouiller devant ce point par 20 ou 21 mètres, à moins d’un mille de terre. Le haut fond dont il a été parlé s’avance devanl Ouadi-Siara à cinq cents mètres au large. M. le capitaine Jehenne a passé quelques heures à ce mouillage, en décembre 1841; il dit que la mer brisait sur le rivage et qu’on eut beaucoup de peine à débarquer. Quelques Soumal qui s’y montrèrent furent affables et sans défiance; ils possédaient un beau troupeau de chèvres et de moutons. Le lieutenant Roe place l’aiguade dont il s’agit par 10° 35' 35" de latitude et 43° 1’ de longitude. Comme il est d’accord avec le capitaine Jehenne sur la position de Beurbera et que les longitudes de ce dernier diffèrent de 5' 30" de celles du lieutenant Crutlenden, il faudrait, pour mettre la longitude d’Ouadi-Siara en rapport avec celle de tous les autres points à l’est, la porter à 43° 4' 3". Cette localité est,
du côté de l’ouest, le dernier point de la côte occupé par les Habeur-Touldjâalla, et qui commence, dans l’est, à Bendeur-el-Hhaïs.
Au sud-ouest des Habeur-Touldjâalla, sont les Habeur- Garhhadjeuss. « Ils résident principalement dans les mon- « tagnes au sud de Beurbera, d’où ils s’étendent jusqu’au « pays des Ougadine ; ils forment une tribu puissante et « belliqueuse, possédant beaucoup de chevaux, outre leurs « troupeaux de gros et petit bétail. Leur sultan, qui n’a de « son titre que le nom, exerce une très-minime influence « sur ses sauvages sujets. De cette branche de la famille « d’Isaac descend le vénérable saint Aber-Rhudle, dont le « tombeau, situé à deux journées de Beurbera, est encore « le rendez-vous des tribus ideurr quand surgit quelque « grave question touchant leurs intérêts généraux. Sur un « papier soigneusement conservé dans le tombeau et portant « le seing de Beîlat, l’esclave de l’un des premiers califes, « elles réitèrent leurs serments d’éternelle amitié ou renou- « vellent leurs alliances pour les rompre ensuite, comme « d’habitude, sans l’ombre d’une provocation.
« Les principaux produits et articles de commerce des « Habeur-Garhhadjeuss sont : le ghi, un peu de myrrhe u de qualité inférieure à celle des pays d’Ougadine et de « Meurribhân, l’encens de première qualité, l’ivoire, les « plumes d’autruche, la gomme arabique, une petite quanu tité de cheima (orseille) et une quantité moindre encore « d 'ouareus, espèce de safran employé par les naturels de u l’Yémen pour frotter leur corps. » M. Cruttenderi remarque à propos des gommiers du pays des Habeur-Garhhadjeuss, qu’ils appartiennent à une autre espèce que ceux II. 31
des territoires de l’est, l’arbre étant moins grand et la feuille de forme différente.
« Ce pays est, ajoute-t-il, infesté de lions, de léopards « et d’hyènes. L’éléphant, le renard, le chacal, diverses este pèces d’antilopes, le coudou et le kevel, y sont très-com- « muns. Des troupes d’autruches errent fréquemment dans « les plaines. Les montagnes sont sillonnées par de nom- « breux torrents, dont les eaux formant de petites cascades « se creusent un lit dans la plaine pour arriver à la mer ou « se perdent dans les sables. Les eaux de plusieurs de ces « torrents sont chaudes à leur source et plus ou moins sa- « turées de sels ferrugineux ou nitreux. Souvent, à quelques « pas de ces sources thermales, en jaillissent d’autres dont « l’eau est, au contraire, froide et douce.
« Les caravanes des bords de l’Ouebi-Chebel-Lèh, de la « petite province de Gannâné, située au sud de cette rite vière et d’Ougadine, traversent le pays des Habeur-Garh- « hadjeuss en se rendant à Beurbera. Ce sont les plus rite ches des caravanes qui fréquentent ce marché, si l’on en te excepte celles d’esclaves venant de l’Abyssinie; elles ee portent de l’ivoire, des plumes d’autruche, de la myrrhe « et de l’encens, et comptent fréquemment plus de deux « mille chameaux .
« Le territoire des Habeur-Aouël commence à Beurbera <t et finit un peu au sud de Zeïla. Il s’étend environ à « quarante milles dans l’ intérieur, et son développement u de l’est à l’ouest est de quatre-vingt-dix milles. C’est un « pays de plaines, assez fertile, entrecoupé de plusieurs « rangées de collines. La quantité de moutons, de chèvres, « de chamelles, etc . . qu’on trouve dans ces plaines, est
« inimaginable et réalise pleinement les récits qui nous « ont été transmis sur les troupeaux de bétail des anciens « patriarches, car plusieurs des aînés dans ces tribus possè- « dent chacun plus de quinze cents chamelles, et leur petit « bétail ne saurait se compter. Les ânes sont aussi très- « nombreux et admirablement appropriés au pays. Les cha- « meaux, petits et faibles, ne sont employés comme mon- « ture que par les malades et les blessés.
« Les Habeur-Àouël n ont pas de chef. Les coutumes de « leurs ancêtres sont les lois du pays, et paraissent être « basées sur ce seul principe, que la force donne le droit. Le « vol est punissable par la perte de la main droite, mais « heureusement pour eux, cette peine n’est pas rigoureu- « sement appliquée, car ils sont les plus invétérés voleurs « que j’aie jamais rencontrés sur la côte. Ils portent le rich « ou la plume d’autruche après le meurtre d’un homme, « quoiqu’ils parlent avec horreur de la coutume Eysa, « c’est-à-dire de l’émasculation après et quelquefois avant « la mort.
« L’existence de Beurbera, comme port de commerce « depuis plusieurs siècles, me paraît être suffisamment dé- « montrée par ce fait qu’il est, chaque année, le rendez- « vous d’un grand nombre de commerçants de nations u différentes, et de ce que l’époque à laquelle ils arrivent à « Beurbera est précisément celle de la mousson, qui permet « aux bateaux, tant de l’Inde que de la mer Rouge, de s’y « rendre et d’y séjourner. Mais, à l’exception d’un aqueduc « de pierre et de ciment d’environ neuf milles de long, « Beurbera n’offre aucune preuve d’antiquité. La foire « annuelle est ce qu’il y a de plus intéressant sur la côte,
« ne serait-ce que par l’affluence momentanée de tant de « tribus diverses et éloignées qui doivent se répandre en- « suite dans toutes les directions.
« Avant que les tours de Beurbera fussent bâties, rien , «. pendant l’intervalle d’avril à la première quinzaine d’oc- « tobre, n’eût indiqué l’emplacement de ce marché; car « durant celte partie de l’année il est entièrement dé- « sert ; on n’y trouve même pas un pêcheur; mais à peine « le changement de mousson a-t-il eu lieu, que les tribus « de l’intérieur commencent à descendre vers la côte et « à y préparer leurs huttes pour les visiteurs attendus. « Les premiers qui s’y rendent sont de petits marchands « de l’Yémen désireux de faire leurs achats avant l’arri- « vée des vaisseaux du golfe, et quinze jours ou trois se- « maines après se pressent à leur suite les bateaux plus « grands de Mascate, de Sour, de Bas-el-Kima et les beur-
« hela , richement chargés, de Bahrein, de Bossera, etc .
« Enfin les gras et riches banians de Porebendeur, de Man- « dévi et de Bombay abordent dans leurs larges cottia , « garnies à l’arrière d’une formidable guirlande de jarres « à semen. Ils prennent position en avant du front de « la ligne de bateaux déjà ancrés dans le port, et ils ne « tardent pas, grâce à leur puissant capital, à leur ruse et à « leur influence, à dominer leurs concurrents. Durant le « fort de la foire, Beurbera est une vraie Babel, tant par la « confusion des costumes que par celle des langues. Aucun « chef n’est reconnu, et les usages des années précédentes « sont les lois de la place. Il s’élève souvent, entre les tribus « de l’intérieur, des disputes que terminent la sagaie et le et couteau : les combattants ont soin de se retirer sur la
« plage, à quelques pas de la ville, pour ne pas troubler le « commerce. De longues files de chameaux arrivent et « partent nuit et jour, ordinairement sous la conduite de « femmes, qui les escortent seules jusqu’à une petite dis- « tance de la ville. De temps en temps, un groupe d’enfants « poudreux et harassés de fatigue indique l’approche des « riches caravanes d’esclaves de Harreur et d’Hifat.
« A Beurbera, le marchand d’esclaves de Harreur et de « Gouragué rencontre son correspondant de Bossera, de « Bagdad ou de Bendeur-Abbas ; et le sauvage Guideur- « Birsi, dont la tête est soigneusement ornée d’une peau de « brebis teinte en rouge en guise de perruque, vend paisi- « blement ses plumes d’autruche et ses gommes au douce- « reux parleur banian de Porebendeur, qui, laissant pru- « demment à bord de son arche le puggree (1), qui lui « serait arraché s’il en était vu coiffé, ne montre ses mar- « chandises que peu à peu et par petites portions, dans une « misérable hutte en nattes élevée sur la plage.
« A la fin de mars, la foire touche à son terme, et les « bateaux de toutes sortes pesamment chargés, mettant « généralement à la voile par groupes de trois ou quatre, « se dirigent vers leurs pays. Ceux de Sour quittent la place « les derniers, et à la première semaine d’avril, Beurbera « est de nouveau abandonnée : il ne reste plus, pour in- « diquer cette ville improvisée, qui contenait tout récem- « ment vingt mille âmes, que les os des chameaux et des « brehis égorgés, ou la frêle charpente de quelques huttes « soigneusement fixées sur la plage pour être réoccupées
(H Probablement le bonnet banian.
« l’année suivante. Les animaux carnassiers peuvent alors « s’approcher de la mer, et souvent, durant la saison chaude,
« on rencontre des lions près des puits de la ville. A la fin « d’avril, quelques jours seulement après la foire, j’ai vu « trois autruches se promener tranquillement sur le rivage.
« Considéré comme port, Beurbera a un grand inconvé- « nient; il manque de bonne eau , celle de ses deux puits « est saumâtre, ce qui oblige les plus riches marchands à « en envoyer prendre à Ouadi-Siara pour leur consomma- « tion. »
A ce tableau plein de détails intéressants concernant le marché de Beurbera, détails dont quelques-uns se trouvent également consignés dans le rapport du capitaine Jehenne, j’ajouterai l’indication d’une coutume qu’il importe de connaître. L’adoption de cette coutume, qui ne semble pas exister chez les Soumal de l’est, est une précaution indispensable chez ceux de l’ouest. Elle consiste à choisir, en arrivant dans le pays, un ami ou protecteur (hebban) pour vous servir d’intermédiaire dans les relations d’affaires et défendre vos intérêts et votre personne en toute occasion. Cette garantie, quoiqu’elle puisse paraître illusoire au milieu de populations barbares, n’en est pas moins prise en sérieuse considération par les plus turbulents. Comme les services de l’hebban lui valent toujours une rémunération, les concurrents ne manquent pas pour cet emploi , et il va sans dire que le rang et l’influence personnelle de celui qui le remplit augmentent l’efficacité de son intervention.
Beurbera, le seul port du territoire occupé par les Habeur-Aoucl , est le marché le plus important des Ideurr
et de toute la côte des Soumal du nord. Il est donc le plus propre à fixer l’attention de ceux de nos commerçants que la nature de leurs spéculations porterait à se diriger vers cette côte. Toutefois, comme on a dû le comprendre par les renseignements donnés sur les points où se fait quelque commerce, aucun d’eux n’est en mesure de fournir à un grand navire une cargaison complète d’un de ses produits, et Beurbera est peut-être le seul marché suffisamment approvisionné pour livrer une cargaison assortie. Aussi n’est-ce qu’au moyen de petits navires y faisant des escales successives, et dont les opérations seraient combinées et préparées à l’avance, que nos commerçants pourraient lutter contre les caboteurs indiens et arabes, qui ont seuls jusqu’à présent effectué les échanges de la partie nord-est de l’Afrique avec l’extérieur. D’ailleurs, le voisinage d’Aden placée en regard de cette côte et devenue possession anglaise, facilitant aux caboteurs soumal l’exportation des produits de l’intérieur, ces produits y seront offerts aux commerçants étrangers en moindre quantité encore qu’ils ne le sont aujourd’hui , et si , comme cela est probable, Aden venait à être déclarée port franc, ce serait certainement dans cette place qu’on aurait le plus d’avantages et de commodités à les aller prendre. Enfin la suite de cette relation montrera que les articles qui affluent dans les marchés soumal du nord arriveraient plus promptement dans ceux des Bénadir, moins éloignés que les premiers des pays de production. Je traiterai cette question en détail aux chapitres relatifs à Moguedchou, Meurka, Braoua et Maïotte. Je me borne ici à signaler le fait et conclus au sujet des ports du nord en exprimant l’opinion suivante : eu égard à l’attraction qu’Aden doit naturellement
exercer sur tous les petits marchés qui l’environnent et au peu de produits accumulés en chacun des ports dont il s’agit, nos navires ne trouveraient à faire, dans ceux-ci, que des spéculations fort restreintes; il n’y aurait pour eux quelque avantage à y toucher que dans le cours d’opérations entreprises avec Moka, Massouah ou Djedda, parce qu’à ces opérations peuvent se relier une ou deux escales à la côte soumali.